‹ Chroniques de Louis XIIChapitre 63 sur 183 · Adorno, Gampofregoso · texte numérisé non relu

Adorno, Gampofregoso

ville, dedans grosses places et fors chasteaulx qu'ilz avoyent; et, combien qu'ilz fussent du peuple gras, si vivoyent ilz noblement, sans user de marchandise que par leurs facteurs. Or estoyent iceulx Âdournes et Furgoses tant auctorizez en ladicte ville de Gennes que toutes les auctres maisons dessus nomées, tant de nobles que du peuple, voyre et toute la commune de la ville, tenoyent les ungs pour Furgose et les autres pour Âdourne, tellement que par cy devant s'estoyent plusieurs foys mys en armes Gennevoys contre Gennevoys et faictz meurdres et occisions avecques grans tumultes et sedictions populiaires l'ung contre lautre; et tenoyent a Gennes leurs criz : Adourne et Furgose y comme a Rome : Coulonne et Oursin^ ou a Millan : Guelphe et Jubellin^; sur quoy avoit le Roy mys telle police et si bon ordre que de son temps n'avoyent eu iceulx criz concursoires, lieu auctorisé en manière que nouvelles en fust, a peine de la hart.

Pour entrer en propos historial sur le revoltement de ladicte ville de Gennes, est a reciter que iceulx Gennevoys, ayant le temps a plaisir etTeur a souhect, ne peurent longuement suffrir Taise de la paix ne soustenir la durté de la guerre, comme sera dit par après. Car, au premier, le peuple gras, tout enoingt de richesses et boussoufflé d'orgueil, avecques le populaire effrenné, qui ne demande que mutation de seigneuryes et cas de nouvelleté, voyant les nobles vouloir seigneurir et prendre auctorité sur eulx, dirent que telle injure ne sufiriroyent. Les nobles, de leur part, disans que a eulx appartenoit honneur et pre-

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