Capitaine de laquais
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nerenl le oosté et se retirèrent a ung autre rampar, delà près ang gect de pierre, lequel rampar estoit fort et gardé par aucuns françoys qui s'estoyent mys a la soulde des Gennevoys. Ausi y avoit audit rampar Pizans a force, lesquelz pouvoyent estre en nombre de troys a quatre cens. Âvecques le seigneur de Monigue estoit ung homme d'armes basque, nommé Arigoys, porteur de renseigne de messire Yves d'ÂUegre, lequel Arigoys estoit hardy homme, et la se mist des premiers. La noise fut grosse, car ceulx du dedans ne faillirent a charger a grans coups de picque et de hallebarde. Le seigneur de Monigue, qui estoit en la meslé, enhardioit ses gens en donnant a tour de bras. Quoy plus? Si a point se bâtirent que cinq de ceulx du seigneur de Monigue furent la pris et ung tuhé, et le capitaine Ârigoys blecé. Du party des Gennevoys moururent de XX a xxv et plusieurs blecez . Ce faict, après que allarmes furent faictz par tout le camp, ledit seigneur de Monigue, âvecques ses gens, se retira le petit pas et fut suyvy des Gennevoys ; mais furent iceulx repossez a coups d'artillerye et de trect, tant que sans autre dommage entra dedans sa place a toute sa brigade.
Les Gennevoys, qui espies et descouvreurs avoyent par tout le pays, sceurent par vray que messire Yves d'Allègre, âvecques grosse roupie de gens d'armes, estoit ja sur les champs pour aller secourir Monigue et leur lever le siège. Lors furent envoyez de Gennes a Monigue deux commissaires nouveaulx, c'est assavoir Paule de Nove, leur duc, et ung nommé Silvestre Justiniani ; et disrent tous les Gennevoys audit Paule de Nove, leur duc, que s'il pouvoit prendre Monigue, que a sa venue seroit receu en curre trium-
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phal, a la manière antique de Romme. Iceulx arrivez audit lieu de Monigue, sachant la venue dudit seigneur d' Allègre et que besoing estoit de mectre briefve fin a leur entreprise*, disrent : t Seigneurs Gennevoys, vous voyez que ja quatre moys entiers sont que tenons ycy le siège, ou n'avons exploicté chose a nous hounourable, ni proffitable a la chose publicque ; et tant plus y demeurerons et moings y aquesterons, si de meilleur vouloir et plus hault courage ne mectons mains en besoigne. Assez estes advertiz de la venue du seigneur d'Allègre, qui a toute grosse puissance vient pour lever nostre siège, s'il est le plus fort. Mais, pour obvier a tout inconvénient, nous est surtout mestier de prendre ceste place ; ce que en brief nous fault exploicter ou demeurez frustrez de nostre intencion, de laquelle est ja le Roy de France ascaventé. Par quoy donnons y telle provision que de plain assault soit par nous ladite place emportée. Et ce faict soyons seurs de demeurer tous temps seigneurs en terre et Roys en la mer. i> A chief de sez motz, chascun desdits Gennevoys reprint cueur, disant qu'ilz mouront tous ou qu'ilz auront la place ; et firent recomancer une baterye, qui dura troys jours et troys nuytz sans cesser du costé de Serra val, ung lieu ainsi nommé dedans Monigue ; et la aterrerent plus de cent toises de muraille ; et, a la ruyne et choite d'icelle, les defFences basses furent estouppées, en manière que l'artillerye du dedans ne pouvoit nuyre aux ennemys,
1. Ils étaient informés des dispositions énergiques de Louis XII. Depuis le mois de décembre, le gouvernement génois et Puul de Nove en particulier ordonnaient absolument aux commissaires une action énergique et décisive (Saigo, II, 73 et suiv.).
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et ne se osoient montrer oeulx de la place a la deffence de la brèche, car elle estoit sugecte aux moDtaignes ou les Genuevoys avoyent faict leurs rampars et la lever leur artillerye atiltrée ; et si estoint ceulx de Monigue devers le costé de la mer tout a descouvert, dont, des carracques et galleres, tiroyent les Gennevoys sur eulx, en manière que homme ne se ousoit la arester sans sa vye trop hazarder. Toutesfoys, le seigneur de Monigue délibéra de mourir la avecques tous ses gens ou reposser ses ennemys. Voyant les Gennevoys que brèche a suffire avoyent pour devoir donner Tassault, ordonnèrent le lendemain icelluy estre donné par quatre mille hommes, lesquelz Paule de Nove, duc des Gennevoys, voulut mener et conduyre, ayant souvenance du triumphe que les Gennevoys luy ont promys s'il gaigne la place. Or, vient le jour que lesdits Gennevoys, avecques leurs eschelles et crampons, s'aprestent de donner l'assault; lesquelz sur Taube du jour font sonner trompettes et groux labours de Suyces et sortent en place pour comancer le butin. Et, eulx ainsi en camp, Paule de Nove, leur duc, devant tous commança a dire : € A ceste foys ce monstera le vouloir vertueulx et pouvoir invincible du peuple gennevoys, qui oncques par puissance d'omme vivant ne furent surmontez ne a servi tu te soumys. Sur doncques, Seigneurs ! esvertuez voz cueurs et exploictez voz forces a cest affaire, car a ce fil pend le priz de vostre loz, l'avancement de vostre honneur et le rabays de vostre réputation. Si a ce coup estes vaincueurs, vye prospère aquesterez et immortelle renomée ! Si laschement estes vaincus, la fin de vous sera reprochable a vostre nom et honteuse a voz amys! Si fortune vous est adverse, mieulx est mourir en bataille que fuyr
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vaincu ! > Ces paroUes dictes, chascim des Gennevoys et tous ensemble levèrent la main, disant que, pour craincte de mort, ne recuU^ront ung seul pas*
D'UNG ASSAULT QUE LES GeNNEVOYS DONNERENT AU CHASTEAU DE MONIGUE, OU FURENT ICEULX REPOSSEZ ET PLUSIEURS d'euLX OCCIS.
Messire Lucyan de Grimaulx, voyant que Tassault est [oit] prest a donner, ordonna, pour la defifence de la brèche, sept postes, chacune de trente hommes, desquelles il en prist une pour luy, ordonnée a estre mise au millieu des autres ; a ung sien frère, nommé messire Charles de Grimaulx, bailla l'autre ; a Berthelemy de Grimaulx, son lieutenant, ung autre ; au capitaine Arigoys, a Christofle Royer d'Ast, a Anthony Bence* et au comit^ de ses galleres, a chascun d'iceulx une desdites postes ordonnées estre mises tout le long de ladite brèche, qui estoit grande a passer cent hommes de front. Et iceulx advertist que, au besoing et a relays, ceulx desdites postes qui seroyent les plus froiz secourussent les lassez. Au seigneur de Saincte Colombe, lieutenant de messire Yves d' Allègre, bailla une brèche près une des portes du chasteau a garder, avecques trante hommes françoys^. Et ainsi assist ses postes pour actendre Tassault, en disant a ses gens^ :