Lo 23 mars (Arch. nat., KK. S8, loi. 112 vo
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main tira droict a Grenoble^. Tandys, ledit bailly arriva a Lyon, ou fut receu par ledit cardinal d'Am* boise, lequel ouyt son dire ; et, entre autres propos, comment le Roy des Romains disoit qu'il estoit délibéré, si le Roy alloit faire la guerre aux Gennevoys, de leur donner tout le secours et ayde qu'il pourroit; et que si le Roy entreprenoit sur le Sainct Siège apostolicque, qui estoit de sa magesté impérial, que il luy contraryeroit a son pouvoir. Et, sur ce point, reprist le cardinal d'Âmboise celuy bailly, disant ainsi : c Gommant l'entend le Roy des Romains, vostre maistre? Il sembleroit, a ouyr vostre dire, que nostre Sainct Père le pape et les cardinaulx ne fussent que pour luy seul ! • A quoy celuy bailly fist responce que ausi n'estoyent ilz. Mais son propos luy fut, sur ce, par ledit cardinal d'Âmboise rabatu, en manière qu'il se trouva pour l'eure mal pourveu de soustenables responces; et eurent entre eulx parolles picquantes, tant que a la parfin ledit bailly se trouva estonné. Toutesfoys s'en alla a Grenoble devers le Roy, ou dist sa charge, et fut du Roy doulcement accueilly. Auquel bailly fist responce, que de sa part, combien que le Roy des Romains luy vouloit empescher son voyage, ja pourtant ne s'aresteroit, mais iroit en armes le plus tost qu'il pourroit ; et, s'il y avoit au monde homme qui se trouvast au devant pour le vouloir empescher, qu'il luy donneroit la bataille et se mectroit par armes en tel effort de passer qu'il esperoit, avecques l'aide de Dieu, qui est l'escu des justes querelles, que se seroit par sur le ventre de ses ennemys. Ce dit, celuy bailly
i. Il y arriva le 29 (Ibid., fol. 413).
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s'en retourna vers le Roy des Romains; et le Roy, faict ses pasqaes a Grenoble, le lendemain, comaincement de Tan mill V" et sept^, se mist a la voye et lessa la Royne tout adouUée pour son département.
Le temps durant que lesdites ambaxades venoyent de devers le Roy des Romains, le Roy fist despescher ung nonmié Gabriel Fourestier, Roy d'armes de Normendye, lequel envoya devers le Roy d'Angleterre qu'il trouva a Londres, et la ouyt ledit Roy d'armes sur sa charge, telle que le Roy, comme confédéré et amy dudit Roy d'Angleterre, luy faisoit assavoir son voyage de delà les mons, en le priant que tousjours ensemble fussent bons frères et loyaulx amys, comme tousjours de leurs temps avoyent esté. A quoy respondit le Roy d'Angleterre : « James, dist il, ne luy fàuldray, et, avecques ce, si le Roy de France, mon frère, a mestier de mon ayde, moy mesmes en personne me trouveray a son besoing et affaire. » Ce dit, le Roy d'armes, après avoir ouy sa bonne responce, s'en alla devers le Roy, auquel dist ce que, de par le Roy d'Angleterre, avoit en charge de dire, dont le Roy fut bien joyeulx^.
1. Légère inexactitude. Pâques fut le 4 avril, et le roi ne quitta Grenoble que le 6; mais il marcha à grandes journées (Arch. nat., KK. 88, fol. 136 et suiv.). Saint-Gelais dit à tort que le roi quitta Grenoble le 3 avril.
2. Nous avons le texte de cette réponse, affectueuse, mais moins ailirmative que ne le dit Jean d'Auton. Un héraut ne pouvait recevoir de mission diplomatique proprement dite. Normandie avait pour charge de demander simplement une extradition et de rapp)eler en même temps les communications antérieures de l'ambassadeur Marratin. Il remit sans aucun doute une note écrite, car il recjut une réponse écrite, également en forme de note, signée d'un secrétaire. Dans cotte note, en français, en réponse à la remonstrance de Normandie, ollicier d'armes de
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Ausi, quelque temps devant ce, avoit le Roy envoyé ung s[i]en segretaire, nommé maistre Jehan Bouchier, vers le pays des Ligues, pour savoir le vouloir des seigneurs des ligues et quantons des pays sur le consentement de tirer et avoir dudit pays ung nombre de gens ; a quoy lesdits seigneurs des ligues et quantons donnèrent leur consentement. Dont le Roy, de ce adverty, transmist devers messire Jehan de Durefort, seigneur de Duras ^ estant lors delà les mons en la duché de Millan, auquel manda que a toute dilligence s'en allast devers aucuns des seigneurs desdites ligues et quantons, et que la choisist, prist et levast jucques au nombre de dix mille poyes, ce qu'il fist. Et, iceulx levez et prestz de marcher, eurent le premier de leur payement, ains que desemparer leur pays, disant que ainsi Tout de costume ; et, de vray, ja ne marcheront ung pas qu'ilz ne voyent la croix devant. Le lieutenant du Roy, qui lors estoit a Millan, sachant lesdits Suyces marcher, leur envoya au devant messire Jehan de Bessey, gruyez de Bourgoigne, pour iceulx recepvoir. Lequel s'en alla a une ville nommée Varaiz, de la
France, le roi d'Angleterre proteste d'une vive et intime amitié avec la France ; il approuve le désir de Louis XII de châtier les Génois rebelles. Quant à la communication couverte que LouisXII lui a faite des projets de ligue contre les Vénitiens, il se réserve et attend des explications ultérieures. Louis XII a fait réclamer par Norinandie Textradition d'un génois rebelle, Iheronimo Saulijj qui s'est enfui en Angleterre de Lyon, où il était interné. Le roi proteste qu'aucun Génois ne se trouve en Angleterre; néanmoins, les recherches continuent (datée de Richemont, 30 avril 1507; fr. 2930, fol. 11).
1. Lieutenant de la compagnie d'Albret, puis capitaine de 50 lances (Quittance de 1512; fr. 26112, 1067), il prit pour lieutenant le dauphinois François de la Font de Savines (A. Rivalii, De Allobrogibus, p. 541),
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duché de Millan, et la receut iceulx Suyces, lesquelz n'estoyent ancores tous assemblez ; mais partie d'eulx avoit marché devant et les autres venoyent après. Audit lieu de Yaraiz fut faict au premiers venus second payement. Ce faict, partirent dudit lieu de Yaraiz et marchèrent jucques en Allexandrye, ou séjournèrent quelque temps, en actendant le surplus de leur suyte, qui ancores estoit derrière.
Messire Charles d'Âmboise, lieutenant du Roy, fîit adverty lors que les autres du demeurant desdits Suyces marchoient vers Yaraiz; par quoy leur envoya messire Jehan de Bessey pour iceulx recevoir, comme avoit faict les autres, lequel y alla et les trouva ja arrivez, ou pouvoyent estre en nombre troys mille cinq cens, lesquelz furent la pareillement payez. Et, après leur payement faict, firent aucune difficulté de marcher en avant, disant qu'ilz ne savoient si leurs gens estoyent devant ou non, et que sans eulx n'yroyent oultre, et tout plain d'autres propos signifiant quelque don par les capitaines, ce que entendit bien ledit messire Jehan de Bessey ; dont mist la main a ses coffres, sans espaîrgner pourpoins et soyes de veloux et autres bagues qu'il leur donna, et fist tant qu'il les fist marcher droict a leurs compaignons, qui d'Alixandrye ne voulurent partir que premier ne fussent asseurez que ceulx qui après eulx venoyent ne fussent hors le lieu de Varaiz pour tirer vers eulx, disant que, s'il n'estoyent tous ensemble, ja ne se trouveroyent en camp pour combatre. Toutesfoys, par dons et promesses que leur firent les capitaines de l'armée de France et autres gentishommes françoys, ilz se misrent tous en avant.
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Gommant le Roy transmist maistre Georges, cardinal d'Amboise, devant, en Ast, pour avancer son affaire et faire haster son armée; et du nombre de ses gens d*armes et autres choses sur le faict de la guerre.
 toute dilUgence passoit le Roy son pays du Daulphiné, et prist son chemin, de Grenoble a Gap, a Ambrun, a Rrianson, au mont Genevre, a Ourse ^, ou la luy vint au devant le duc de Savoye^, bien accompaigné de seigneurie de son pays, lequel conduist le Roy jucques a Moncalier, une de ses villes de Piemont.
Le Roy, ainsi estant a sondit voyage, transmist devant le cardinal d'Amboise, en Ast, pour faire haster son armée de marcher en avant. Car ja estoyent passez long temps devant quatorze mille hommes de pié, que conduisoient Mollart Suffray^, AUemant, gouverneur de Grenoble ; Jacques d'Allègre, seigneur de Uilho; messire Yves de Mallerbe, et autres capitaines
1. Le roi partit de Grenoble le 5 avril; il coucha le 5 à la Mure, le 6 à Corps, le 7 à Gap, le 8 à Embrun, le 9 à Briançon, le 10 à Oulx, le 11 à Suze, le 12 à Avigliana, le 13 à Villanuova en Astesan, où il séjourna le 14. Le 16 il était à Asti (x\rch. nat., KK. 88, fol. 137-138). D'Avigliana à Villanuova, le roi traversa Moncalieri, mais sans s*y arrêter.
2. Par ordre du 8 avril, le duc avait prescrit de préparer des logis pour le roi à Suze et lieux voisins (AUi délia Società Ligure, p. 659).