Guillaume Gouffîer, seigneur de Bonoivet
2. Lors de la monstre du 27 juillet 1505, cette compagnie était réduite à 42 hommes et 98 archers (Parme; à la date, fr . 25784 , fol . 82) .
3. Chargée de la garde du Tésin, au fort de c Salles, » à Pavie (Monstre du 23 juillet 1505 ; ms. Glairambault 241), cette compagnie avait été, à l'automne de 1505, transférée à Valenza, sur le Pô (Monstre du 3 octobre 1505; ibid.).
4. Ils y revinrent après la campagne (Monstre du 13 avril 1507; ms. Glairambault 241).
5. Le 17 janvier 1504 (1505), cette compagnie ne comprenait que 45 lances et, en réalité, 44 hommes, 88 archers (Monstre; fr. 25784, fol. 79).
6. Ils y avaient remplacé la compagnie Dunois (Monstre du 8 juillet 1504 ; ms. Glairambault 241).
7. Galeazzo di S. Severino avait une autre compagnie différente, également de 50 hommes d'armes (Monstre du 26 mai 15U9, à Brpscia; ms. Glairambault 241).
162 CHRONIQUES 0£ LOUIS XU. [Avril ibOl
Marye Palvesin, tous a Plaisance ; cinquante hommes d'armes de messire Yves d' Allègre, tenant garnison a TEstizane; quarante hommes d armes de Adryen de BrymeUy seigneur de Humbercourt, en l'Astizane; quarante hommes d'armes du seigneur de Ghastellart, en TAstizane ^ ; trente hommes d'armes du seigneur de Fontrailles, en l'Astizane; xxv hommes d'armes de messire Théodore Trevolce, a Mairignen ; les cent Albanoys de messire Mercure, en l'Astizane : lesquelz, comme j'ay dit, avecques les gens de pié françoys et Tartillerye, estoyent lors audit lieu de Tourtonne.
Maistre Georges, cardinal d'Amboise, estoit en Ast, auquel lieu manda venir aucuns capitaines et gens de conseil^ pour trecter des affaires du Roy. Par lequel conseil fut conclut que les gens d'armes desdites garnisons, avecques les piétons et artillerye, a toute dilligence marcheroyent droict a Bourg de Busalle, xnu mille près de Gennes, et de la, scelon la menée et conduyte de messire Charles d'Amboise, lieutenant du Roy, besoigneroyent ; et que la ausi se rendroyent les dix mille AUemans qui estoyent venus du pays des Ligues.
Et fut dit ausi que devers messire Yves d'Allègre, qui lors a toute grosse puissance estoit a Savonne, seroit envoyé, pour le faire rendre audit lieu de Bourg, devers le lieutenant du Roy. Dont fut la transmys audit lieu de Savonne ung des gentishommes du Roy, nommé
1. A a SérizoUes, » au comté d'Asti (Monstre du 29 juillet 1505; ms. Clairambault 241).
2. C'est sans doute à ce titre que Claude de Seyssel accompagna le roi dans cette campagne, qu'il décrit (iej Louanges du bon
Roy de France..., édit. Godefroy, p. 44, 45).
Avril 4507] COHMt LE ROY TRANSMIST MAISTRB GEORGES. 463
celuy gentilhomme messire Jehan Picart, bailly d'Estellan, lequel s'en alla a Savonne, et la advertist ledit seigneur d'AUegre qu'il estoit appoincté que avecques ses gens se rendroict au Bourg de Busalle, pour la se joindre a Farmée du Roy et de la marcher en avant, et qu'il failloit gaigner la montaigne pour tirer vers Besaigne avecques partie de l'armée pour assaillir Gennes de deux costez, dont estoit requis que toute l'armée se trouvast a Bourg pour illecques estre départie, si mestier estoit, ou mise a chemin droict a Gennes.
Messire Yves d' Allègre, oyant les parolles de celuy bailly d'Ëstellan, dist : < Je pensoye qu'il fust besoing de ^oxier la marine d'entre cy et Gennes pour l'effroy que pourroyent par la les villains de Gennes faire sur nostre armée; en quoy les eusse tousjours empeschez et tenu en seurté le chemin, et, avecques mes gens d'armes, ladite marine et les environs de la ville de Gennes tenu en craincte; mais puysqu'il est dit qu'il fault, toutes choses mises a part, se rendre a Bourg, je transmetray la partye de mes gens et de moy seray tousjours prest de me trouver ou mestier sera. » Et, ce dit, envoya deux mille hommes audit lieu de Bourg et demeura a Savonne jucques mestier fust d'aller oultre. Ce faict, ledit gentilhomme s'en alla devers le lieutenant du Roy pour l'assavanter de ce qu'il a voit faict.
Entre Gavy, terre des nobles de Gennes, et ladite ville de Gennes, avoit plusieurs grous bourgs et fors villages, comme Bourg Çusalle, Pontadesme, Riveru\
i. Rivarolo,
164 CHRONIQUES DE LOUIS XII. [Avril 1507
Sainct Pierre d'Âraine et autres lieux de la seigneurie de Gennes, lesquelz estoyent demeurez inhabitez pour double de la guerre, dont les habitans avoyent retirez leurs biens a Gennes, et eulx gardoyent les montaignes avecques la commune du pays, qui se nommoit la comune de Poulcevre, de laquelle estoit capitaine ung nommé Guilhon, par qui estoit venu l'occasion de tout le mutin; lesquelz viilains estoient en nombre de dix mille, ou plus, et gardoyent iceulx les montaignes et passages du pays, si que nul n'y passoit qui ne fust destroussé.
Et ausi du royaume de France venoit tant de gens d'armes que toute la Savoye et le Daulphiné en estoyent plains ; car tous les princes et grans seigneurs de ce royaume (réservé Françoys d'Orléans, conte d'Angoulesme, seconde personne de France) y estoyent, et grant nombre de jeunes gentishommes qui, sans gaiges, pencent qu'il y cust la mortelle bataille et honneur a aquerir, et, voyant la personne du Roy prendre le voyage, se trouvèrent les ungs en poste, doubtant n'y estre a temps, les autres des premiers pour y estre sans faillir.
Le Roy Ferrand d'Arragon, qui estoit lors a Naples avecques dame Germaine de Foix, sa femme, laquelle estoit nyepce du Roy, et sachant, ledit Roy d'Arragon, l'entreprise du Roy sur la ville de Gennes, et comme elle s'estoit rebellée, luy envoya par mer quatre galleres et deux fustes armées, desquelles estoit capitaine ung nommé Miquel Pastour, lesquelles se rendirent par la mer du Levant devant Gennes, ou estoit ung nommé Pregent le Bidoulx, capitaine de quatre galleres et de viii gallyons qu'il avoit pour le
Avril 4507] DU SIEGE DU CHASTEAU DE GENNES. 165
Roy, et ainsi tous deux assemblez tindrent Gennes en telle sugection que homme sans leur mercy n'y ayoit entrée ou issue, et ne pouvoyent, pour leur destour, Gennevoys avoir vivres ni autres choses a eulx nécessaires par mei;, ce qui moult les grevoit.
Du SIEGE DU CHASTEAU DE GeNNES ET d'uNG ASSAULT TRES DUR QUE LA DONNEREINT LES GeP^EVOYS.
Tousjours continuoit le siège du chasteau de Gennes, qui sans cesser estoit par les Gennevoys batu et assailly, mais si bien deffendu par les Françoys que sur eulx ne gaignerent les ennemys ung seul fort, dont leur ennuyoit moult. Et eulx, sachant la venue de l'armée de France, qui ja estoit près plus fort qu'onques, mais ruèrent coups et abbatirent murailles de tous costez, et avecques ce firent mines soubz terre pour tirer vers une tour de la place et icelle ruer par terre.
Assez près du chasteau demeuroit une femme gennevoise, de laquelle estoyent les Françoys bien voulus, comme elle leur monstra ; car, ainsi que les Gennevoys faisoient leurs mynes soubz terre pour les vouloir surprendre, icelle monta au plus hauK estage de sa maison, qui en la veue du chasteau estoit, et se mist en lieu ou ceulx du chasteau et de Saincl Francisque la pouvoyent bien ad viser; et la, par plusieurs foys et divers signes, leur monstroit commaiit on faisoit mynes soubz terre pour les prandre. Et après chevauchoit ung baston et mectoit en sa main uhc
466 CHRONIQUES DE LOUIS Xn. [ÂTiil i&07
gaule longue, faisant manière de courir la lance, puys faisoit ung estandart et monstroit comme leur secours venoit de France. A Fautre foys leur monstroit ung chat, qui estoit le cry du seigneur Jehan Louys, pour bailler a cognoistre qu'il venoit, et a toute eure leur faisoit divers signes, lesquelz ne peurent clerement entendre les Françoys, si n'est qu'ilz se doublèrent des mynes qu'on faisoit soubz terre pour les signes que ceste femme leur faisoit. Dont s'assemblèrent messire Gallas de Salluzart, capitaine du chasteau, Louys de Sainct Âulbin, capitaine de la cytadelle, et Allabre de Saule, capitaine de Sainct Francisque, et parlèrent ensemble de cest affaire, disant que celle femme ne leur faisoit lesdits signes pour nyent. Par quoy se doublèrent et lindrent sur leurs gardes; mesmemenl la nuyl se mirent contre terre, l'oreille aux escoutes, ayant tabourins et des poix dessus, bassins a barbier et aiguilles dedans qu'ilz posoyent aux lieux ou pencoyent estre faictes les mynes, mais ilz n'y cognoissoyent rien, car les Gennevoys, afïîn qu'on n'entendist le bruyt de leursdites myne[sj, illecques au plus près, et de nuyt, charpentoyent leurs eschelles, manteaux et chevretes, et faisoyent le plus de bruyt qu'ilz pouvoyent, mesmement es lieulx ou ilz faisoyent leursdites mynes.
Or advint que, le mercredy de la sepmaine saincte, Allabre de Saule, capitaine de Sainct Francisque, sur le point de dix heures de nuyt, estant aux escoutes avecques ses gens dedans le jardrin d'en bas, ouyt niyner soubz terre et le bruyt de leurs coups entendit, dont tout en Teure, sans bruit, envoya quérir aucuns de ses gens, (|ui guectoyerît d'autre costé, esquelz se
Avril 1507] DU SIBGB DU CHASTEAU DB GBNNES. 167
fioit; si leur dist ce qu'il avoit ouy, et les fist escouter et ouyr pour savoir ce c'estoit myne, lesquelz dirent que si estoît; dont advisereut pour ce que a leur semblaot la myne tiroit vers une tour de leur fort et ja en estoit a xmi pas près ou environ, que la feroyent une tranchée et contreroyne, et a la traverse, pour copper le chemin a leurs enneroys, ce qu'ilz firent, en manière que le lendemain, a mydy, jour de jeudy absoulu, trouvèrent ladite myne et les Gennevoys dedans; laquelle fut assaillye par les Françoys qui la estoyent et deffendue des Gennevoys, ou furent blecez deux d'iceulx Françoys ; mais, a grans patacz, furent iceulx Gennevoys oultrez, tellement qu'ilz habandonnerent lesdites mynes que les Françoys gaignerent et fortiffierent de leur part, en manière que par la n'eurent plus doubte de leurs ennemys.
Le vendredi sainct^ et la vigille de Pasques, d'ung costé et d'autre tirèrent quelques coups de menue artillerye sans faire grant effort. Mais le lendemain ^, après que chascun eut faict ses Pasques, sur le point de XI heures du matin, recomancerent les Gennevoys a tirer de leurs grosses pièces d'artillerye, c'est assavoir de groux canons serpentins et grans coullevrines, tirans tous boulletz de fer, lesquelz tiroyent de plusieurs lieux, et mesmement d'ung lieu nommé Pavye devers Besaigne, près d'ung colliege de nonnains, ou la avoient ung fort rampar, et, des le commaincement du siège, mys la ung gros canon, nommé le Lizard ; ausi tiroyent d'ung autre lieu du costé devers Sainct Roch et de plusieurs autres lieux, ou avoyent faictz