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fors et rampars, dont tirèrent contre le chasteau et Sainct Francisque. Ainsi que celle baterye duroit, le capitaine Allabre et partie de ses gens se misrent a leur deffence, et la conimaincerent a tirer coups contre le rempar de leurs ennemys. Mais la grousse artillerye d'iceulx Gennevoys tiroit si menu qu'ilz ne se ousoyent descouvrir, et tellement fut que l'ung des cannonyers gennevoys estant audit rampar, nommé Pavye, adressa vers une tour du jardrin ou estoit ledit Allabre et aucuns de ses gens, en sorte que le boullet entra tout au travers de la tour et rua si roidement que, des esclatz de la muraille, ledit Allabre fut fort blecé au visage et dessoubz la tétine au costé senestre, si qu'on pensoit qu'il fiist mort. Troys autres des siens furent ausi blecez et couvers d'ung pan de ladicte tour, qui tumba sur eulx, en manière qu'ilz cuyderent la estoffer; car homme n'ozoit la approcher, pour les secourir, pour l'orrible baterie qui la se faisoit. Mais, puys peu après la force de ladite baterye cessée, ledit Allabre et ses gens blecez avecques luy, par aucuns des autres des siens, furent tirez et emportez et mys en la litière.
Gommant les Gexnevoys assaillirent a toute force
LE chasteau de GeNNES , ET DE LA MERVEILLEUSE DEFFENCE QUE LA FIRENT LES FrANÇOYS * .
Merveilleuse fut celle balerie tout celuy jour de
1. Fol. L[ii du nis., miniature, roprésentant l'assaut : une iroui^e, avoc des écliollos, sort d'une porte (« Gcnncs))), gravit uiu-
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Pasques; le lundi, le mardi et le mercredi^, sans cesser, ruèrent coups les Gennevoys, sans ce que ceulx de la place eussent repoulx de leur part ; car, si ceulx de la ville envoyoyent souvant de leur relief au chasteau, de mesmes maiz estoyent servys, et tant que au travers de la ville et sur le siège y parut jucques a l'extimation de plus de cent mors et de deux cens blecez. Plusieurs de ceulx du chasteau furent ausi blecez et mors. Quoy plus? Si n'est que les Gennevoys, voyant approcher l'armée de France pour secourir le chasteau et assi[e]ger Gennes, disrent : < Il nous est mestier, a ceste foys, de prendre noz ennemys d'assault ou lever nostre siège pour aller au devant de l'armée de France et luy donner la bataille. Mais, pour le meilleur, devons nous efforcer a prendre ceste place ; car, si une foys elle est entre noz mains, prince du monde jamais ne nous assauldra; et ausi, en faillant a ce, nous summes frustrez de nostre intencion et decheuz de nostre entreprise. Pour ce, mectons les mains a l'œuvre, et que chascun de nous y face tel devoir que soit jucques a l'augmentation de nostre honneur et au profict de nostre seigneurye. » Telles paroUes dirent aucuns des seigneurs gennevoys pour donner cueur au peuple et bon vouloir a leurs souldartz. Dont advint que, le mercredi de Pasques, entre une et deux heures après mydi, lesdits Gennevoys commaincerent a sonner leur assault de trom-
montagne au bord de la mor, escalade une enceinte fortifiée, dont fait partie une église, sur le toit de laquelle on lit : S. Franciscus. Au fond de cette enceinte, au sommet de la montagne, un tort, portant l'inscription : Castelet.