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XXVIII TABLE GÉNÉRALE

Sainte-Vierge, 234.

Sainton, 47.

Salaire des ouvriers, 358.

Salmondière, 326, 327.

Saragousserie, 3, 25, 27, 113.

Sarrazin, 342.

Sarthe (rivière), 28, 89, 139,

Sécheresse, 237, 240.

Sel, 76.

Sénat, 130.

Sénéchaussée, 212, 239.

Serment, 135.

Silleur (Le), 1, 12, (Armes), 13, 14, 57, (Arthur), 14, 16, 56, 205, 285, (Charles), 15, (Jehan), 15, (Julienne), 15, (Jacques), 15, 17, (Marguerite-Françoise), 15, 16, (René), 15, 16, 206, 209, 284, (Antoine), 17, (Eni.- Jacques), 16,17,18, 19,40, 210,213, 307, 319, (Yvonne) 18, (René), 16, (Marie-

ALPIIABÉTIQUE

Anne), 19, 50, (Marguerite-

Renée, Mmo de Mon tesson),

Sou des Chaumières, 153.

Souday, 4, 5, 6, 7, 8.

Sougé, (fief), 1,2, 4, 8,9,24,

Sougé (église de), 28, 87, 109,

111, 107, 171, (cure) 189,

(Saint-Martin), 266.

Sougé-le-Ganelon, 256, 261,

313, (Guillaume de), 326,

(limites), 333.

Souveraineté du peuple, 128.

Stabat, 202, 292, 297, 313.

Statistique, 333 à 365.

Statues, 169.

Suhardières, 27, 57, 59, 68.

Sureau, 52, 56, 180, 215.

Suzerain, 62.

Syndic, 75.

Synodes, 210, 218, 242.

Tabellions, 83.

Taille, 71, 73, 74, Taillon,73.

Taron (Pierre), 283.

Temple de la Raison, 121.

Terrier, 24.

Terville(de), 168, 233.

Thimont (Pierre), curé, 227, 229,233, (Joseph), 48, 110,

124, (André), 248, (Louis),

Thireau (Jacques), 144, 145,

Thomeret (Jacques), 129.

Tiers-Élat, 103.

Touannière, 337.

Tour, 169, 256.

TABLE GENERALE ALPHABETIQUE

Tours, 196. 233.

Touzardière, 46, 50.

Transfiguration (fête de la),

Tremblay, 27, 68, 87, (moulin), 186, 299.

Trente (concile de), 189.

Trépassés, 182.

Tresfoué, 381.

Trésoriers-procureurs, 177.

Tribunat , 130 , tribunaux

d'appel, 111.

Troubles, 247.

Trouesse(la),58, 59, 181,273.

Uhlans, 149.

Valangu, 311.

Vallée (la), 115, 183, Les Vallées, 23, 46, 56.

Vannier (curé), 266.

Vauledevin, 46.

Vaux (de), 3, 23, 25, 26, 31, 41, 112.

Vayer (le), 15, 16.

Vendômois (Renée de), 6, 7.

Vents, 335.

Ventes, 66., de l'église, 256,

Verneuil, 9.

Verrières, 216.

Vicaires, 176, 189.

Vicairie, 3, 171.

Vicinalité, 156, 159.

Vieux style, 251 .

Vignes, 178, 179, 180, 183,

Villaines-la-Jubel, 154.

Villette, 14.

Vin, 183, 184, 204, 235, 238,

Vingtaines, 335.

Vivoin, 10, 171.

Vove (de la), 4, 5.

Voyages, 208.

Yvon, (prêtre), 230, 231.

HISTOIRE FEODALE

§ 1er Étymologie de Sougé-le-Ganelon. — Familles de Saint-Berthevin, de Mésange, de Boispitard, Le Silleur, de Montesson, etc.

Sougé-le-Ganelon , Sougeium, Suggeium, Silgiacum de

Garnerio.

Sougé, lieu couvert de bois ; Garneron,Ganneron, de Garin, seigneur dudit lieu. Avant le xve siècle le nom de Sougé n'était point suivi d'épithète ; dans le xvf, apparaît le mot de Garneron, Ganeron ; dans le xvne, on écrit Ganelon; Ganeslon.

Dans un compte de fabrique d'Assé-le-Boisne, vers 1460, nous trouvons cette mention : Quinque dmdrios q. debebat Garinus de Sougeyo.. » N'est-ce point là le nom du seigneur de Sougé, et personne n'ignore que beaucoup de lieux portaient le nom de leur seigneur.

Les premiers seigneurs de Sougé et de Corbuzain appartenaient à la famille Garin de Saint-Bertbevin, dont nous trouvons trace à Laval dès le xr siècle, à Levaré et à La Tannière dans le xme siècle.

Guy II, seigneur de Laval, mort en 1048, éleva l'église d'Avesnières sur le territoire appartenant à Garin de Saint-Bertbevin, époux d'Oraine, sœur de Guy.

1142. Garin de Saint-Bertbevin déposa sur l'autel du prieuré de Saint-Martin de Laval, avec son épée, l'acte de donation qu'il

faisait aux moines, de la terre de La Gandonnière (Cart. de Saint- Martin) .

1150. Dans une charte, citée par Moncourt de Bourjoly, on lit ces mots: Guarinus de Sancto Berthevino... Exporte abbatis Garnerii.

1152. Garinus deSancto Berthivino.

1206. Signé : p. manum fratris Guarini. (Cart. de Fontaine- Daniel).

Peut-on, maintenant, se refuser à croire que Sougé tire son surnom de Ganeron, Garneron, Ganelon, du nom patronymique des de Saint-Berthevin, seigneurs de Sougé et de Corbuzain ?

Parmi les bienfaiteurs de l'abbaye de Fontaine-Daniel, se trouvent Herbert de Saint-Berthevin (1219), Mathieu de Saint- Berthevin-La-Tannière (1224 et 1248). (Cart. de Fontaine-Daniel). Voir l'article prieuré.

Mars 1234. — Garin de Sougé (de Sogeyo), prêtre, vend à la confrérie de Saint-Julien, du Mans, une vigne, située près Montollen (apud Montent Ollani), en La Chapelle de Saint-Aubin, près le pressoir de Jean Pinçl, au fief du chapitre de Saint-Julien, pour 11 liv. et demie de monnaie mansaise. Cette vente est garantie par ledit Garin, in verbo sacerdotis, et ratifiée par Aubericns, son beau-frère (Sororius), et par Eremburge et Marie, ses sœurs. (Charte latine de V Officiai du Mans, G. 50).

1371. Gervèse Berthevin, Pierre de Corbuzain doivent 30 s. à la recette de la châtellenie de Fresnay, pour la rivière de Saillie.

Il est pénible pour nous de voir l'histoire de Sougé commencer par l'aveu des incertitudes et de l'obscurité qui entourent son origine. Nous pouvons nous consoler en parcourant les annales d'un grand nombre de communes, môme de villes importantes, dont le berceau est resté enveloppé de ténèbres ou de fables, ou, n'est connu que par des traditions plus ou moins probables.

L'histoire de Sougé est très-incomplète avant le xvie siècle ; nous n'avons pu glaner çà et là que quelques documents qui ne peuvent former une chronique satisfaisante.

La seigneurie de paroisse était annexée au château du Ray,

situé tout près et au nord-ouest du bourg. De ce château il ne reste plus que quelques vestiges, une grange, un champ emmuraillé et servant autrefois de jardin, plusieurs champs portant le nom de Champs de l'Allée et occupant l'ancien parcours de Pavenue seigneuriale.

Au commencement du xvne siècle, le seigneur, effrayé par l'état de vétusté de sa demeure, la fit jeter à terre et vint reconstruire au midi du bourg un logis, avec les débris de l'ancien. Cette demeure, appelée Saragousserie, abrita ses maîtres jusqu'aux jours de la Révolution. Elle fut vendue par l'Administration centrale du Département, le 18 messidor an IV, au prix de 3,726 liv.

Les Vevets, faisant partie de l'habitation seigneuriale et y attenant, furent confisqués également sur la veuve de Mont esson et ses enfants, puis vendus, le 26 thermidor an VI, par l'Administration départementale, moyennant 7,000 liv., à Mma Antoinette de Vaux, née de Montesson ; elle y demeura quelque temps avec ses deux fils.

La seigneurie de Sougé avait, à ce qui paraît, le titre de vicairie, puisqu'on voit que, l'an 900, l'empereur Charles-le-Chauve confirme à l'abbaye de Saint-Évroult les biens qu'elle possède au Maine, au nombre desquels était la vicairie de Sougé, composée de la paroisse de Gesnes, limitrophe, de Courtiou et d'Entrevaux, situés à l'ouest et au sud-est de l'église de ce dernier lieu. Le lieu de Saint-Évroult, en Gesnes, à six kilomètres nord-est de Sougé, était sans doute un prieuré de cette abbaye. Aujourd'hui, il n'y a plus qu'une modeste chapelle, autour de laquelle se tient une assemblée au commencement du mois de mai.

Dans le ixe siècle, un Foulques de Sougé, probablement seigneur de cette paroisse, était bienfaiteur du prieuré.

1272. Foulques de Sougé se déclare solidaire dans une rente à faire au chapitre du Mans (Livre blanc).

1223. Guillaume de Sougé, dangereusement malade, fondeune chapelle dans l'église dudit lieu, avec dotation affectée sur des terres et des rentes à prendre sur sa succession.

29 mars 1400. Godefroy de Sougé figure comme témoin dans une ratification au fief du Rocher.

Dans un manuscrit, adressé à M. Belin, archidiacre de Montfort, dans le dernier siècle, probablement par le curé de Souday (Loir-et-Cher), qui a analysé les titres et papiers des trésors de la Seigneurie et de la fabrique dudit lieu, nous avons puisé des détails intéressants sur la famille de Saint-Berthevin, seigneur de Souday, par alliance avec les deLalleu? et de Soulgé le Ganeron (Sougé-le-Ganelon) (Archiv. municipales du Mans).

Nous citons : Jean de Lalleu? décéda vers l'an 1390, et

laissa deux filles Jeanne et Agnès. Perrette, leur mère, les éleva avec beaucoup de soin et leur oncle les maria fort avantageusement.

Jean Le Gallais ? rendit, Tan 1404, aveu au seigneur de Mondoubleau, pour ses terres et fiefs. Hugues de Saint-Berthevin, seigneur de Sougé le Ganeron, était, pour lors, seigneur des fiefs de La Chônaye, desquels relèvent la plus grande partie de la paroisse de Vibraye et principalement les terres contiguës aux fiefs de Souday.

Si Jean Le Gallais ne songeait qu'à arrondir les biens de ses nièces, Hugues de Saint-Berthevin, de son côté, cherchait à composer une belle terre pour Jean, son fils. Ces considérations, jointes aux bonnes relations de voisinage, déterminèrent bientôt un mariage. Jean de Saint-Berthevin obtint de Jean Le Gallais la main de Jeanne de Lalleu, 1408. Hugues de Saint-Berthevin donna la Chônaye en mariage à son fils.

Agnès de Lalleu, sœur de Jeanne, épousa le seigneur de La Vove au pays du Perche, dont sont issus Odard, Michel et Robert de La Vove. Mess. Antoine de La Vove était seigneur de Saint-Agil, le dernier avril 1521.

Odard de La Vove épousa damoiselle de Tusse dont sont issus, entre autres enfants, Jean, Antoine et Louis de La Vove. Jean, l'aîné, était seigneur de Saint-Agil en 1504.

Jean de Saint-Berlhevin ne jouit pas des biens dont il espérait hériter à cause de Jeanne de Lalleu, son épouse, nièce et héri-

tière de Jean Le Gallais. Il mourut dès Tan 1413 et laissa deux enfants, Jean et Roberde de Saint-Berthevin. Hugues de Saint- Berthevin, son père, laissa par acte du 20 sept. 1414 à ladite Jeanne de Lalleu, sa bru, la terre de La Cbènaye, pour son douaire, et Jean Le Gallais fournit tout ce qui était nécessaire pour élever noblement Jean et Roberde de Saint-Berthevin, ses arrière-petits neveu et nièce.

Jean Le Gallais mourut en 1430, après avoir vécu six vingts ans environ, si nous en croyons la tradition vulgaire, et même les mémoires de Robert de Montereau.

Jean et Roberde demeurèrent seuls héritiers de Jean Le Gallais avecOdard de La Yove, qui avait épousé Alison de Tucé. Jean de Saint-Berthevin épousa Jeanne de Courtarvel, en premières noces; leur fille Marguerite épousa Guillaume de Boiscorin, seigneur de La Haberdière, au pays du Maine.

Le 15 janvier 1435, partages furent faits entre Jean de Saint- Berthevin et Odard de La Vove. Le premier eut les terres de Souday et de Villenoble, et le second eut celle de Sainl-Agil. 11 fut réglé que chacun d'eux donnerait aux cadets ce qui était nécessaire pour vivre selon leur état. Jean de Saint-Berthevin donna à sa sœur, Roberde, les terres de La Chênaye et de Pigré. Elle fit bâtir le manoir de La Chênaye qui, aujourd'hui, est en ruine. Elle y passa sa vie après avoir épousé Moreau, écuyer du roi de Castille et duc d'Anjou, seigneur de Montmirail, dont elle n'eut point d'enfant.

Jean de Saint-Berthevin perdit Jeanne de Courtarvel après quinze mois de mariage, et épousa, dès 1433, en secondes noces, Jacquette de Vassé. Ils eurent pour enfants Jean et Roberde. Dès 1448, suivant des lettres de bénéfices du 16 août de ladite année, appartenant au trésor de Souday, Jacquette de Vassé, devenue veuve, avait la garde noble de ses enfants.

Jacquette maria Roberde de Saint-Berthevin â Jean de Corbon (Douillet), seigneur dudit lieu, au pays du Maine. Ils eurent pour enfants Pierre et Jeanne de Corbon .

Vers 1460, décéda Jacquet te de Vassé, ainsi que Roberde de Saint-

Berthevin, épouse de Moreau, écuyer du roi deCastille. Jehan de Saint-Berthevin, neveu de Roberde, hérita de La Chênaye et de Pigré, qui demeurèrent unis à la terre de Souday.

Vers 1468, Jean de Saint-Berthevin, se A7oyant seul héritier, songea à conserver sa race et son nom, en épousant Jeanne de Tucé, fille du seigneur de Tucé, au Maine. De cette union naquirent Guillaume et Catherine de Saint-Berthevin.

Jeanne de Tucé mourut dès Tan 1474, Jean de Saint-Berthevin, en 1478, épris des charmes de Renée de Vendômois, jeune et belle veuve de Parceval LeGallais, seigneur de La Thibonnelière, l'épousa en secondes noces. Ils eurent François de Saint- Berthevin, au mois de janvier 1481.

L'an 1483, Renée de Vendômois, épouse dudit Jean de Saint- Berthevin, commença à oublier ses devoirs en écoutant les avances de Guillaume du Plessis, fils d'une dame des Mées ? Pour arriver plus facilement à assouvir leur passion, ils résolurent la mort de l'infortuné mari.

Renée soudoya un nommé Grandjean, serviteur dudit lieu des Mées, qui, quelques jours avant Noël de l'an 1483, sous le déguisement d'un mendiant, se présenta près du moulin de Taillefer, sur le passage de Jean de Saint-Berthevin, et lui enfonça un poignard dans le cœur au moment où, cet excellent seigneur s'arrêtait pour lui donner une pièce de monnaie.

Ainsi finit malheureusement Jean de Saint-Berthevin, et on voit encore la pierre sur laquelle était une croix de pierre entre ledit moulin de Taillefer et le château, à l'endroit où arriva ce meurtre. Son corps fut inhumé dans l'église de Souday, à côté de celui de Raoul de La Tour, seigneur de Glatigny, devant l'autel des Innocents, aujourd'hui celui de Saint-Anne.

Marguerite de Saint-Berthevin, fille de Jean et de Jeanne de Courtarvel,pour lors veuve de Guillaume de Boiscorin? seigneur de La Haberdière, et tante du côté paternel de Jean de Saint- Berthevin, qui venait d'être assassiné, vint au château de Souday, fit arrêter Renée de Vendômois et la lit conduire à Paris pour lui faire faire son procès. En même temps elle se fit accorder la

HISTOIRE FEODALE 7

garde noble de Guillaume et de Catherine de Saint-Berlhevin, fils et fille du premier lit dudit Jean et de Jeanne de Tucé, et celle de François de Saint-Berthevin, fils du second lit dudit défunt et de ladite Benée de Vendômois.

Le procès fut poursuivi avec vigueur, et, le vingt-deuxième jour de mars 1485, ladite Benée fut condamnée à être décapitée par arrêt de la Cour du Parlement de Paris.

Charles VIII, roi de France, sollicité par les parents de la victime, fit fléchir la justice, et changea l'arrêt de mort en une prison perpétuelle. Benée de Vendômois fut enfermée aux Innocents à Paris, où elle a fini ses jours en pénitence.

Comme il ne se trouva pas de preuves assez fortes contre Guillaume du Plessis, fils de la dame de Méez, adultère et complice de Benée de Vendômois, il fut seulement condamné à faire bâtir une chapelle à Souday et à la doter de quarante livres de rente pour y faire prier Dieu pour le défunt. Le patronage et la collation en furent donnés aux seigneurs de Souday.

Girard de Tucé, frère de défunte Jeanne, première femme de Jean de Saint-Berthevin, vint à Souday, au commencement de février 1487, avec une troupe de soldats. Là, il fit irruption dans le château ou demeurait Marguerite de Saint-Berthevin, veuve du seigneur de Boiscorin, et tutrice de ses petits neveux et de sa petite nièce. Il enleva malgré elle Catherine de Saint-Berthevin qui n'avait encore que treize ans, sous prétexte qu'elle n'était pas élevée selon sa condition. Mais c'était pour la marier selon son gré et son intérêt.

Marguerite, qui était déjà malade, conçut un tel chagrin de cet enlèvement qu'elle en mourut le même jour. Elle avait 76 ans. Son âge et les peines qu'elles s'étaient données à poursuivre le procès de Benée de Vendômois, avaient peut-être contribué autant à sa mort que les insultes que lui fit Girard de Tucé. Son corps fut ensépulturé en l'église de Souday,

Guillaume de Saint-Berthevin, fils de Jean et de Jeanne de Tucé, âgé de dix-huit ans, épousa Catherine de La Tour, fille de feu Raoulet de La Tour, seigneur de Glatigny, et d'Anne d'Avau-

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gour, au mois de mai 1487. Mais ayant suivi le duc d'Anjou, il mourut dans l'Anjou, le dimanche, 14 octobre de la même année. Il ne laissa point d'enfant et sa veuve prit son douaire sur la terre de Souday.

En 1488, un peu après Pâques, Girard de Tucé maria sa nièce Catherine de Saint-Berthevin, fille de Jean et de Jeanne de Tucé, avec François de Mésange, écuyer, fils de René, seigneur de Saint-Paul et de Marguerite de Saint-Paul, sa femme, du pays du Maine. Aussitôt que le mariage de François de Mésange avec ladite Catherine fut consommé, la seigneurie de Souday fut saisie par les seigneurs de Mondoubleau et de Yibraye pour rachat-gaige qui leur était dû par Catherine. François de Mésange leur en abandonna l'exploitation et le produit, depuis le 1er juillet 1488 jusqu'à pareil jour de l'année suivante. Ce qui fut accepté .

L'an 1489, François de Mésange fut nommé tuteur de François de Saint-Berthevin, frère de père de Catherine, son épouse. Il n'avait que huit ans, et, malgré les crimes de sa mère, il fut regardé comme seigneur de Souday. Il mourut célibataire, en 1500. François de Mésange, par sa femme, demeura seul héritier et seigneur.

De leur mariage naquirent deux filles, Françoise, en 1492, et Alexis de Mésange, en 1500. — Catherine de Saint-Berthevin mourut le 26 décembre 1504, en son hôtel à Paris, et son corps fut inhumé en l'église des Augustins de ladite ville. Mess, de Mésange maria sa fille Françoise, âgée de quatorze ans, avec Mess. François de Marescot, seigneur de Source, en janvier 1506, et lui donna la terre de Souday en mariage.

Nous nous arrêtons là dans l'analyse du document précieux des archives de Souday, au moment où la seigneurie de paroisse passe, par alliance de la famille de Saint-Berthevin-Mésange, en celle de Marescot. La seigneurie de Corbuzain en Sougé, de Sougé même appartenait à la famille de Saint-Berthevin, puis par alliance à celle des Mésange. Tout ce qui précède convient à l'article féodalité. Le lecteur n'oubliera pas que Sougé tire son nom

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de la famille Garin de Saint-Berthevin, comme le prouvent les citations du commencement de cet article.

Dans les xve et x\T siècles je trouve plusieurs personnages prenant en même temps la qualification de seigneur de Sougé. Ceux de La Rivière, de Corbuzain, de La Bussonnière sont du nombre. Étaient-ils co-seigneurs, ou voulaient-ils partager les honneurs réservés au seul seigneur du fief du Ray. Vers la fin du xvi" siècle, le seigneur de Sougé possédait tous les fiefs et seigneuries de la paroisse, à l'exception de ceux de La Chapelle et de Puigné.

Pesche, à l'article Sougé, présume à tort que Gervais Anne et Simon Anne, en rendant aveu pour Sougé, en 1407 et en 1445, sont seigneurs de Sougé-le-GaneronoudeSoulgé-le-Bruant. Pour le prouver il n'y a qu'à se reporter à l'aveu du 20 mars 1424, au chapitre du Mans, pour la portion de la terre de Marcé, tenue de son fief, par noble homme- Simon Anne, écuyer, seigneur de Sougé, héritier de défunt Simon Bourrel, seigneur du Broussin {Série G., p. 21).

12 novembre 1456. Huet de Fontenay, écuyer, s'intitulait seigneur de Fontenay et de Sougé. Dans le procès-verbal d'estimation de la vicomte de Beaumont, par M. Tahureau, je lis, p. 66 : Ancien titre peu lisible d'un ancien aveu de la terre, fief et seigneurie de Sougé le Ganeron, rendu par Louis de Fontenay, le 9 décembre 1456.

1424. Un seigneur de Sougé contribua à sauver le duc d'Alençon, à la bataille de Verneuil, perdue par la France contre les Anglais.

Au xve siècle, la plus grande partie du Maine fut soumise à la domination anglaise, surtout du 10 août 1425, jour où Le Mans se rendit aux Anglais, au 16 mars 1448, date de la reprise de cette ville par les Français.

Les Français jusqu'à la bataille de Verneuil, 1424, avaient déjoué les efforts des envahisseurs. Mais il fallut reculer, le comte de Salisbury, prenant pour base d'opération Fresnay et quelques autres places, soumises dès 1423, s'était avancé en

vainqueur vers le sud, et, en 1425, Le Mans, Sainte-Suzanne, Mayenne, Tennie, Beaumont-le-Vicomte , Sillé-le-Guillaume, Assé-le-Boisne, le fort de Saint-Cénery, étaient aux mains des Anglais.

Vers la fin de 1432, les Français avaient reconquis la plus grande partie de ces places. Les envahisseurs, vers la fin de 1433 et le commencement de 1434, avaient repris l'offensive, sous la conduite du comte d'Arundel, lieutenant-général de Henri VI. Depuis le milieu de 1433 jusqu'au milieu de Tannée suivante, le Maine fut le théâtre d'une lutte acharnée. On se battit à Vivoin, à Sillé, etc. Saint-Cénery fut pris, malgré la valeur de Jean Armange, lieutenant d'Ambroise de Loré.

Combien il serait intéressant de savoir comment ont vécu les habitants de Sougé et du Maine, soumis à la dominaton anglaise dans le xve siècle !

Chaque paroisse, pour se mettre à couvert du pillage des garnisons anglaises, payait une rançon appelée appatis. Elle était de douze salutsdans le Maine, à raison de trois saluts par terme. 1434, le salut d'or valait 28 s. 4 d. t. LX saluts d'or, à XXVIII s. IV d. t. pièce, valent 85 liv. t.

En outre, on devait se procurer moyennant finance un billet ou bullettes de ligea?ice, délivrées au nom du duc de Bedford, prouvant qu'on avait prêté serment d'obéissance aux Anglais. Il fallait en acheter autant qu'il y avait de feux dans chaque paroisse.

Le clergé était rigoureusement surveillé. Adam Chastelain, évoque du Mans, était suspect aux Anglais : il se fit délivrer plusieurs congés, moyennant un salut chaque fois.

Aucun religieux ne pouvait s'absenter de son abbaye ou de son prieuré sans payer un droit à l'ennemi. Un congé de trois mois ne coûtait pas moins de deux saluts.

Les Anglais soumettent les congés à un droit encore plus élevé que les sauvegardes. Le 26 oct. 1433, un congé d'un mois coûte à frère Etienne de Saint-Berthevin, prieur de Torcé, dans la suite abbé de Évron, pour lui et Raoulet Josselin, son serviteur, 4 saluts. (Arch. nat. KK. 324, f° 135).

Au moyen-âge les pèlerinages étaient très en usage. Jean, duc de Bedfort, trouva une belle occasion de battre monnaie en mettant à contribution les pèlerins. Aussi ses receveurs, au Mans, à Sainte-Suzanne et à Mayenne, prodiguent-ils les saufs-conduits, en les faisant acheter aux personnes de toutes les classes qui veulent se rendre à quelque pèlerinage.

1481. Aveu par Mess. Jehan Denis, prêtre, fermier de la cure de Saint-Paul-le-G., procureur de Me René Leurson, curé, à René de Mésange, écuyer, seigneur de Saint-Paul et de La Bussonnière, à cause de Marguerite sa femme, pour raison du presbytère dudit lieu. Signé : Lemoine, tabellion, sous les contrats deBourgnouvel.

1498. Sentence, baillée aux assises royales du Mans, par laquelle noble homme René de Mésange, seigneur de Saint-Paul et de La Bussonnière, dont le père Jean a été enterré dans le chanceau de Notre-Dame de Beaumont, se désiste du droit de fondateur et de sépulture qu'il prétendait avoir pour lui et ses hoirs, au profit de la duchesse d'Alençon.

En 1471, les de Mésange étaient possesseurs de la seigneurie de Boisserinet en Maresché.

1506. Parchemins des assises de la seigneurie de Sougé, du 1er juillet, signés de Mésange.

9 mars 1518. Procuration de noble Jean Guillon, curateur ordonné par justice aux enfants de Messire François de Mésange, au dos de laquelle est l'acte de foi et hommage fait aux assises de Fresnay, pour raison de la terre, fief et seigneurie de Sougé. [E. 16.).

19 janvier 1521. Acte de foi et hommage à la baronnie de Fresnay, par Christophe de Mésange, seigneur de [ Sougé. En 1532, le même chevalier, seigneur de Sougé, signe les comptes de fabrique, et a pour receveur Me Jehan Lemaignan, prêtre.

Messire Christophe de Mésange, chevalier, seigneur de La Rivière, Sougé-le-Ganeron, Saint-Paoul et de La Chapelle des Chardonnerets, maréchal-ordinaire-de-logis du Roi, avait épousé Jeanne Girard, dame de La Bardillère, fief et seigneurie dans la

paroisse de Trizay, diocèse de Chartres. Cette dame était issue de Florentin Girard et de Marie Chollel ; après le décès de son mari, elle fixa son séjour au Mans. Son testament, en date du 16 février 1553, le confirme. La manière dont elle dispose de ses biens laisse supposer qu'elle n'avait pas d'enfant. René de Prunelay, seigneur de La Porte, est son principal héritier. Jehan de Biars, écuyer, seigneur de Saint-Georges et ses enfants sont mentionnés sur ledit testament, comme pouvant être condamnés à lui payer des indemnités, dues à la suite d'un procès (Ins. eccl.)

1554. François de Mésange, seigneur de Sougé et de La Bussonnière, mari de Jeanne de Clermont, règle ses droits dans la dotation de la chapelle de La Chalonnière. « Le chapelain et ses successeurs iront ou enverront devers le seigneur et dame de Sougé étant en ladite ville de Sougé, les advertir de l'heure que sera dicte la messe d'icelle chapelle et les prier d'y assister... » (Voir l'art. Notre-Dame de Pitié).

1541. L'étang de la seigneurie de Sougé aboutait à la noë de Flouville, au-dessus de La Pannetière.

La seigneurie de La Rivière cesse d'être mentionnée après le xvie siècle ; il est probable qu'elle fut absorbée par celle de La Mahonnière, sise tout près. On voit au haut du village de La Rivière une grange avec toiture très-allongée paraissant remonter an xve siècle. Un peu au-dessus, les cultivateurs trouvent des murs recouverts de terre et offrant la plus grande résistance à la pioche par le mortier d'une dureté peu ordinaire. Ces murs servaient d'assise à une habitation importante.

1529. Jehan Le Seilleur (Le Silleur) est qualifié de seigneur de Sougé. Dès le 4 septembre 1474, dans un aveu d'Etienne d'Aligny, seigneur de Chauffour à celui de Sillé, je trouve mentionné l'aveu dudit Etienne à noble Pierre Tragin, seigneur de Saint-Georges-le-G., portant ces mots : Jehan et Hubert Le Silleur, 3 d. pour une journée au pâtis de la Besche, pour portion du lieu de La Courterie, 20 d. et autres redevances. Sont-ils de la famille de Sougé (E. 248) ?

Le Silleur, au Maine, famille originaire de Bretagne, forma trois branches : la première éteinte : deuxième est celle de Silleur du Val de Pissot, à La Chapelle-Moche (Mayenne) ; troisième, Le Silleur de Sougé, proche Fresnay, xvi9 xvn6 et xvme siècles ; d'azur à bande d'or, accostée de deux molettes d'or et de trois coquilles d'argent; supports, deux lions (La Cli. VI, Cauvin, Armoriai du diocèse du Mans, dictionnaire Le Paige art. Lncé en Passais).

Dans la deuxième partie du xvie siècle on voit disparaître de Sougé la famille de Saint-Berthevin, ainsi que celle de Mésange, au moment, 1571, où Françoisde Boispitard, seigneur de Sougé, nous est signalé.

1578. Antoine de Boispitard, mari de Marguerite Corbin, tille de Jean, seigneur de Laignelière et Barillère, figure dans un acte de partage, du 17 février, des biens d'André Mellet et de Françoise Corbin (Voir art. Corbuzain).

Par ce mariage, les principaux fiefs de Sougé furent possédés par le même seigneur.

Marguerite Corbin, épouse du seigneur de Sougé fut trèsbienfaisante ; elle fut marraine d'un grand nombre d'enfants, enrichit l'église de sa munificence et réédifia une maison d'école en lui donnant le nom de Collège avec une dotation (Voir l'Hist. de l'Église, id. École).

Elle n'eut pas d'enfant ; sa belle-sœur, Marguerite de Boispitard, femme d'Arthur Le Silleur, fut héritière pour partie des biens de Sougé.

Armes de la famille Corbin : d'argent à trois corbeaux de sable, supportant chacun un tourteau de gueules. (Roy d'armes, Cauvin) .

La famille Pitard, appartenait au Passais et descendait de Jehan Pitard, chirurgien de Saint-Louis, qu'il suivit aux croisades et auquel il survécut.

François Pitard, seigneur de Boispitard, jeune chevalier, arrivant de l'armée, fut chargé en 1562, par les catholiques de Doinfrontde la garde de leur ville (Caillebothe, H. de Domfront).

Les de Mésange avaient succédé aux de Saint-Berthevin, par alliance. Mais comment s'est opérée la succession pour les de Boispitard?

21 mars 1595. Déclaration, rendue à Messire Antoine de Boispitard, seigneur de Sougé, Chênelon et La Barillère, des bien-s de la fabrique de Sougé, par Michel Bedeau, procureur, devant Me Picard, bailli de Fresnay, aux plaids de Sougé, tenus à Fresnay.

1619. Aveu d'Antoine de Boispitard, seigneur de Sougé, au Roi, comme baron de Fresnay. Il se qualifie de fondateur de l'église paroissiale de Sougé, et porte le curé comme tenant sa maison presbytérale en censive à son fief dudit lieu.

19 juin 1631. Décès de Messire Antoine de Boispitard, chevalier, époux de Marguerite Corbin, fille de noble Jehan, seigneur de Laignelière ; il fut inhumé dans l'église de Sougé. Il laissa pour héritière sa sœur, Marguerite. Sa veuve, le 7 septembre de la même année, fonda par un testament,' passé au lieu et maison de La Girardière, paroisse de La Poôté, l'école ou petit collège de Sougé. Cet établissement a son article particulier.

Dès le 10 avril 1633, le testament de Marguerite est mis à exécution pour ce qui concerne la fabrique de Sougé. Cette dame était donc décédée.

En 1632, elle demeurait à Falaise chez les Ursulines où, probablement, elle mourut {Voir Hist. de l'Église).

Son écusson est chargé de trois fasces, qui est de Boispitard.

8 février 1628. Mariage à Lucé, en Passais, de Jacques Le Feron, écuyer, sieur de Pré (en Assé), et damoiselle Suzanne Le Silleur, fille du sieur de Cheniez et Marguerite de Boispitard, son épouse. — Le 8 décembre 1628. Baptême de Jacques Le Feron, fils des précités. Parrain, Antoine de Boispitard, chevalier, seigneur de Sougé ; marraine, damoiselle Claude Le Silleur, femme d'Urbain de Villette, écuyer, seigneur dudit lieu et de Leschenay (Reg. cl' Assé).

1636. René Le Silleur, écuyer, sieur de Cheniers, demeurait en la paroisse d'Étrigé. Il était fils aîné de Marguerite de Bois-

pitard, veuve d'Arthur Le Silleur, écuyer, sieur de Cheniers, dame de Sougé, y demeurant, le 29 août 1640. Dans son testament devant Me Perdereau, notaire, elle demande à être inhumée auprès de son frère, Antoine de Boispitard, chevalier, seigneur de Sougé, si elle décède dans cette paroisse, ou proche son mari, feu Arthur Le Silleur, dans le cas où elle décéderait dans la paroisse de Lucé, de la vicomte de Domfront, sa précédente et ancienne demeure.

28 novembre 1647. Inhumation, dans l'église de Sougé, du corps de Marguerite de Boispitard, dame de Sougé, par Me René Cohon, curé de Douillet, entouré de seize prêtres.

René Le Silleur, fils d'Arthur et de Marguerite de Boispitard, fut inhumé dans l'église de Sougé, le 24 avril 1653, en présence d'un grand nombre de prêtres. Il s'intitulait seigneur de Sougé, Cheniers, Mebzon, La Barillère et de Corbuzain. Son épouse, Françoise Le Vayer, lui avait apporté Mebzon. Le château de ce nom, paroisse d'Étrigé, auxiliairede Sept-Forges (Orne), dans le Passais, renfermait une chapelle, fondée le 29 juillet 1649 par le seigneur et la dame de Mebzon.

2 février 1651. Prise de possession de la cure de Lucé en la vicomte de Domfront, par Me François Ledebotté, prêtre habitué à Paris, en présence de M° Charles Le Silleur, seigneur de La Charnière, sous-diacre, Me Jehan Le Silleur, écuyer, seigneur de La Foucrie (Inst. eccl.).

13juin 1654. Mariage de Julienne Le Silleur, fille de René et de Françoise Le Vayer.

6 octobre 1655. Inhumation de Marguerite de Luine ou de Loynes, dame de Sougé, épouse de Jacques Le Silleur.

18 juin 1657. Baptême de Marguerite-Françoise, issue, le 15 février précédent, de Messire Jaccraes Le Silleur, chevalier, seigneur de Sougé et de dame Marguerite Fournier, épousés à Dollon, le 26 avril 1656. Parrain, Louis Rousseau, chevalier, conseiller du Roi, grand prévôt de la généralité d'Orléans ; marraine, Françoise Le Vayer, veuve de René Le Silleur.

6 octobre 1658. Partage de la succession de René Le Silleur,

chevalier, seigneur de Sougé, fait devant Lambert, notaire à Lassay.

5 novembre 1662. Baptême d'Emmanuel-Jacques Le Silleur, issu des précités, le 11 juillet précédent. Parrain, Emmanuel d'Averton, comte de Blin; marraine, Catherine d'Angennes, comtesse d'Olonne, dame de Vaux, en Gesnes-le-G...

1663. Une vente consentie par le titulaire de La Guyardière, prouve que le seigneur de Sougé n'habitait plus depuis longtemps le château de La Basse-Cour.

9 septembre 1663. Baptême de Renée, fille de Jacques Le Silleur et de Marguerite Fournier.

20 octobre 1670. Baptême d'Antoine, issu, le 4 avril 1669, de Jacques et de Marguerite Fournier. Parrain, Messire Charles Courtin, aumônier du Roi, prieur de Saint-Remy et de Sougé ; marraine, haute et puissante dame Antoinette d'Averton et de Blin.

14 octobre 1672. Baptême de François Le Silleur. Parrain, Emmanuel-Jacques Le Silleur ; marraine, Marguerite-Françoise Le Silleur.

20 février 1675. Inhumation, dans l'église de Sougé, de dame Françoise Le Vayer, veuve de Messire René Le Silleur, écuyer, seigneur de Sougé, Cheniers.

Reconnaissance des legs faits à l'église de Sougé dans le testament de Mme Marguerite de Boispitard, 29 août 1640, donnée à Me de La Fosse, curé, par Messire Jacques Le Silleur, seigneur de Sougé, aîné et principal héritier en la succession de dame Marguerite de Boispitard, par représentation de feu René, son père, qui était l'aîné et principal héritier de feu Arthur Le Silleur, chevalier, et de dame de Boispitard, ses ayeux.

A la mort de son frère, Marguerite de Boispitard devenait héritière par retrait sur la veuve, sa belle-sœur, décédée sans enfant, et par le fait, propriétaire de la seigneurie de Corbuzain et de nombreux immeubles.

1689. Dans le rôle des comparutions des nobles, etc., au ban et arrière-ban de la Sénéchaussée du Maine, Jacques Le Silleur,

seigneur de Sougé, âgé de 72 ans, comparaît par le seigneur de La Semerie : il a deux enfants au service du Roi, dont un capitaine au régiment de Picardie.

4 octobre 1712. Mariage, dans l'église de Moulins, de Messire Antoine Le Silleur, écuyer, seigneur de Corbuzain, tils de feu Jacques Le Silleur, chevalier, seigneur de Sougé, et de dame Marguerite-Françoise Foumier, ses père et mère, avec demoiselle Marie-Renée Le Bigot, fille de feu Messire René, chevalier, seigneur de Charbon, et de dame Marguerite-Françoise de Jupilles, ses père et mère, en présence de Messire Emmanuel- Jacques Le Silleur, chevalier, ancien capitaine au régiment de Picardie, seigneur de Sougé, frère de répoux, de Messire Léonor de Jupilles, chevalier, seigneurde Moulins et Oisseau, de Messire Antoine Le Feron, seigneur des Roches, de Léonor de Jupilles, de Messire Jean François de Jupilles, seigneur de Moulins, de Messire Jacques du Mesnil, chevalier, seigneur de Saint-Denis.

2 mars 1715. « Articles de mariage entre Messire Emmanuel- Jacques Le Silleur, chevalier, seigneur de Sougé-le-Ganelon, Mebzon et autres lieux, fils de défunt Messire Jacques Le Silleur, chevalier, seigneur de Sougé et de dame Marguerite Fournier, son épouse, ses père et mère d'une part, et Louise-Catherine de Faudoas, damoiselle, fille de défunt Messire Pierre de Faudoas, vivant, chevalier, seigneur, comte de Cérillac et de dame Marie- Charlotte de Courtalvert de Pezé, sa veuve, ses père et mère d'autre part, iedit seigneurde Sougé et ladite damoiselle de Faudoas de l'avis et consentement de ladite dame, sa mère et de leurs parents et amis soussignés, ont promis se prendre en mariage et en faire les solennités en face de notre mère, sainte église, catholique, apostolique et romaine, à la première réquisition qui en sera faite de l'un à l'autre, pourvu qu'il ne s'y trouve empêchement légitime et canonique.

« Entreront en communauté de biens du jour de la bénédiction nuptiale... Ledit sieur futur époux, avec tous les biens, meubles et immeubles à lui appartenant et qui lui sont échus des successions|desdils seigneuret dame de Sougé, son père etsa mère.

« Et au regard de ladite future épouse, elle y entrera avec tous et chacuns des biens immeubles à elle échus par les partages de la succession du comte de Cérillac, son père, lesquels biens pour la part de ladite damoiselle, la dame comtesse de Cérillac, sa mère, a promis l'aire valoir la somme de 14,000 liv., outre laquelle a promis en faveur dudit mariage donner et payer en avancement d'hoirie à ladite damoiselle, sa fille, la somme de 6,000 liv. en argent avec 200 liv. de principal, à la volonté de ladite dame, comtesse de Cérillac et sans y pouvoir être contrainte... »

Fait double au Mans, le 2 mars 1714, par devant Luc Hatton et Charles Cureau, licenciées-droits. Signé : Emmanuel-Jacques LeSilleur, Louise-Catherine de Faudoas, M.-C. de Courtalvert de Pezé, René de Faudoas, N. de Carrey, F.-C. Faudoas, comte de Faudoas, M. de Vassan, M. de Pezé, Courtalvert de Pezé, L. de Pezé, Anne Le Gendre, Levayer, Duval, A. de Belryant, G. de Moloré.

6 août 1746. Partage de la succession d'Eni. Jacques Le Silleur, décédé le 25 octobre 1745, par lequel est échu à Mme de Montesson la terre, fief et seigneurie de Sougé, ayant droit de haute, moyenne et basse justice. Le 24 août 1746, sa veuve, Louise-Catherine de Faudoas, âgé d'environ cinquante ans, se remaria avec Messire Jacques d'Anthenaise, chevalier, demeurant à René. Dès Tannée suivante ils étaient séparés quant aux biens.

24 novembre 1745. Baptême, à Yvré-le-Pôlin, de Guillaume, fils de Guillaume-René-François Du Bouchet, seigneur de La Forterie, et de dame Marie-Françoise- Yvonne Le Silleur de Sougé, Cette dame fut inhumée au Lude, le 23 août 1784, à l'âge de 68 ans.

19 septembre 1738. Louis-Pierre-Joseph de Montesson, chevalier, seigneur de Saint-Aubin, More, Corbon, La Moire, etc., issu, le 3janvier 1715, du mariage de Jean-Thomas de Montesson, seigneur de Douillet, et de dame Madeleine-Paul Du Pral, fille de Pierre, seigneur de Rouez, et de Dorothée Lemaire de

Minières, épousa, le 19 septembre 1738, par contrat passé devant Me René Peltier, notaire à Assé-le-Boisne, Marguerite-Renée Le Silleur, fille de feu Balthazar, chevalier, lieutenant de vaisseau, capitaine de compagnie franche de la marine, chevalier de Saint- Louis, et de Marie-Marguerite- Yvonne Lelong, en présence de Jacques Le Silleur, chevalier, seigneur de Sougé, Mebzon, etc., de Catherine de Faudoasde Cérillac, sa femme. Par ce mariage la famille de Montesson réunissait les seigneuries de Douillet et de Sougé.

Marguerite-Renée Le Silleur, héritière de la maison de Sougé, avait un caractère opiniâtre ; les querelles au milieu desquelles elle vécut le prouvent au-delà de l'évidence. Son père lui avait légué son tempérament énergique ; sa vie aventureuse de marin avait déteint sur l'esprit de sa fille. Malgré les nombreux enfants qu'elle eut de son union avec M. de Montesson, elle se sépara de lui. Leurs enfants ne les virent point assister ensemble à leur mariage.

Elle eut des procès touchant ses prétendus droits sur la nomination à la cure de Sougé, sur le fief du temporel du prieuré. Le curé de Sougé, son contemporain, ne perdit aucune occasion de lutter contre elle. Au reste, les notes qu'il nous a laissées sur les registres paroissiaux le confirment (Voir l'Hist. de l'Église).

Entrée chez les Ursulines du Mans, en 1751, Marie- Anne Le Silleur de Sougé, sœur de Marguerite, mourut au Mans, le 16 octobre 1781, à l'âge de soixante-trois ans, après vingt-trois ans de profession religieuse. Louise Desportes qui la remplaça comme supérieure, exerçait encore cette charge au commencement de la Révolution. « Le lundi, 6 juillet 1778, M. l'Évêque était au chapitre des religieuses ursulines pour nommer une supérieure en place de Mme de Sougé que M. de Grimaldi a fait révoquer par lettre de cachet. Cette lettre a fait beaucoup de bruit dans le diocèse et le royaume ; les gazettes ecclésiastiques en ont beaucoup parlé. Les religieuses avaient protesté contre cette nomination du Roi, et avaient envoyé des mémoires au ministre. C'est Mme Desportes qui a été nommée presque d'une voix unanime et

Mme de Sougé, la dernière prieure, nommée sous-prieure. » (Mémoire de la M...)

Balthazar-Michel de Montesson, né à Douillet le 14 oct. 1748, épousa le 30 juin 1774, par contrat devant Martigné, notaire au Mans, Marie-Charlotte Cureau de Roullée, fille de Charles- Pierre Cureau, écuyer, conseiller, secrétaire du Roi, seigneur de Roullée.

11 mars 1756. M. Charles-Pierre Cureau, négociant au Mans, époux de Marie-Madeleine Pinceloup, acheta de Claude-Jean- Nicolas Leroy de Sanguin, les terres et seigneuries de Roullée, Garennes, Bonnebos, etc., moyennant un capital de 60,000 liv. et 3,000 liv. de rente perpétuelle et non rachetable.

M. de Montesson fut assassiné à Ballon par des fanatiques révolutionnaires en voulant défendre son beau-père. Sa mort est ainsi relatée sur un registre de PÉtat-Civil de Montbizot que nous avons dépouillé dans le temps, pour V Inventaire des Archives départementales, série E, page 12 : «... Le peuple de Paris surtout commit des cruautés inouïes, prit la forteresse appelée la Bastille, et massacra plusieurs gens en place, dans le courant de juillet 1789. La nuit du 22 au 23 du même mois, le bruit se répandit dans ce pays-ci que 4,000 brigands ravageaient le pays et venaient assiéger Ballon. Aussitôt on sonna partout le tocsin de la manière la plus lamentable, toutes les paroisses voisines de Ballon prirent les armes et coururent au secours de cette petite ville. 200 personnes du Bizot y furent, ayant à leur tête M. Rousseau, leur vicaire, tous armés de faux, de brocs, de vouges, de piques et même de broches à rôtir. Ainsi, le 23 juillet 1789, sur les dix heures du matin, il se trouva 6,000 personnes à Ballon, au nombre desquelles étaient plusieurs curés et même des femmes armées. Alors ont fut informé par des courriers envoyés à la découverte qu'il n'y avait point de brigands, mais que dans toutes les villes voisines, tout le monde était sous les armes pour repousser ces prétendus brigands.

« Aussitôt après les courriers arrivèrent à Ballon, M. Cureau, le plus riche bourgeois du Mans, et M. de Montesson, son gendre,

avec les habitants de Nouans et de Lucé-sous-BalIon. Des gens ivres insultèrent M. Cureau en le traitant de blalier ; il n'était cependant pas marchand de blé, mais d'étamines. On lui porta plus de mille coups sous lesquels il expira. M. de Montesson fut tué à coups de fusils. Ensuite on coupa leurs têtes et on les porta au bout de deux brocs le long de la rue de Ballon, au milieu des cris et des hurlements de la population.

« Un des meurtriers, nommé Barbier, de Soûl igné-sous-Bal Ion, a été rompu vif, au Mans ; un autre, nommé Couasnon, pendu et un troisième, condamné aux galères à perpétuité... »

Le registre de Ballon porte celte mention : « 24 juillet 1780, par nous, curé soussigné, ont été inhumés, dans le cimetière de cette paroisse, en vertu de l'ordonnance du sieur Manguin, avocat au siège de cette ville, faisant par l'absence et vacance de l'ancien avocat et de l'office de bailli, les corps des sieurs Charles- Pierre Cureau et Balthazar-Michel de Montesson, ancien officier militaire, son gendre, décédés hier en cette paroisse. »

Le massacre de Ballon est ainsi relaté dans les Mémoires de Nepveu de La Manouillère : « Le jeudi 23 juillet 1789, entre dix et onze heures du matin, M. Cureau, lieutenant de la ville du Mans, et M. le comte de Montesson ont été massacrés et assassinés par une populace effrénée et barbare. Voici le fait : M. Cureau, sachant que le mauvais peuple lui en voulait, prétendant qu'il faisait commerce de blé, ce qui était faux, prit le parti de partir la nuit du dimanche au lundi pour aller à la terre de Nouans, qui appartient à M. Buttet, son neveu, qui est en Angleterre, et dont il a la procuration. Il s'était retiré dans ce château pour être ignoré ; il n'est éloigné de Ballon que de cinq quarts de lieue. Il est malheureusement arrivé qu'il y a eu fausse alarme dans ce canton, ainsi qu'au Mans, Nogent-le-Rotrou, La Ferté- Bernard, Bonnétable et tous les environs de deux lieues à la ronde ; l'on sonnait le tocsin partout. Au soleil levant, on vint dire à M. Cureau qu'on allait sonner le tocsin, pour faire avertir tout le monde de se rendre à Nouans et de prendre des armes pour le défendre. Le bruit courait qu'il y avait plus de 4,000 bri-

gands qui étaient répandus pour piller et mettre partout à feu et à sang.

« M. Cureau leur représenta qu'il croyait que c'était un faux bruit et qu'il ne fallait pas qu'on sonnât le tocsin . Tout ce peuple qui s'amassait de toutes parts, murmurait et enfin se mit à jurer après lui, et, comme il leur parlait de ses croisées, il lui dirent en jurant, que s'il ne sortait/pas ils allaient mettre le feu chez lui.

« Il céda et vint leur parler. Pendant ce temps, il vint d'autres paroisses voisines, qui venaient là pour aller au devant des prétendus brigands ; quelques-uns lui dirent que c'était lui qui était la cause de ce qu'ils mangeaient le pain aussi cher. Il n'en fallut pas davantage pour le rendre odieux...; tous voulurent le conduire à Ballon pour le faire périr. M. de Montesson qui venait d'arriver avec Madame son épouse et ses deux enfants, voulut parler en faveur de son beau-père ; ils lui dirent qu'il était aussi coupable et que c'était son frère, le député, qui était à Paris, qui était la cause de tous les malheurs, et ils le traînèrent avec M. Cureau. Pendant tout le chemin, ils lui disaient mille invectives. Arrivés à Ballon, ils les firent mettre à genoux dans la place du marché.

« Ils offrirent toute leur fortune pour avoir la vie, et, auparavant cette dernière proposition, M. Cureau offrit 50,000 liv. pour donner à leur hôpital, qui n'est pas riche; rien ne put les toucher. M. de Guibert qui était aux environs, accourut et parla à ces forcenés, dont il ne put rien gagner, et même ont lui dit que s'il ne se retirait, on lui en ferait autant, et il fut obligé de se retirer... Un commis à cheval voulut aussi parler ; on lui en dit autant. On commença par donner un coup de volant sur le front de M. Cureau, qui lui fit tomber la peau sur le bas du visage ; il se releva encore pourvoir ses bourreaux.

« Ils tombèrent sur lui à coups redoublés et le tuèrent. Avant qu'il expirât, ils l'achevèrent à coups de fusils et lui coupèrent la tête, qu'ils mirent au haut d'une fourche pour la faire voir au public. Après ces horreurs, ils vinrent achever leur rage contre M. de Montesson.

« Ils lui donnèrent plusieurs coups de bâtons et le tuèrent à coups de pistolets, et de fusils, et ils en firent tout autant pour la tête. Ensuite, ils forcèrent plusieurs des fermiers de M.Cureau et plusieurs autres bons fermiers, de tirer sur les corps morts ; ils les laissèrent sur place et furent boire. Le lendemain, M. le curé de Ballon leur donna la sépulture. M. Cureau pouvait avoir soixante-trois ans. Mme Cureau est restée à Nouans, dans la crainte qu'on y vint la tuer ou mettre le feu au château. M. Cureau laisse Mme de Montesson, qui a aussi deux enfants, et un garçon, âgé de vingt-huit ans, qui devait avoir une des charges de receveur des Tailles »

« Le jeudi 3 décembre 1789, il y a eu une exécution des assassins de MM. Cureau et de Montesson ; il y en a eu un de roué vif, un de pendu, un marqué aux épaules et un envoyé aux galères perpétuelles. Il y en a encore plusieurs de décrétés qui pourront subir le même sort, si on les prend... »

Balthazar-Michel de Montesson laissait de son union avec Marie Charlotte Cureau de Roullée : René-Charles, né le 5 août 1780, et Alexandrine, mariée, plus tard, à Louis-Clovis Brillet, baron de Candé. Ils émigrèrent avec leur mère après l'assassinat de leur père et de leur aïeul maternel.

23 juillet 1758. Jean-Baptiste Martineau, notaire à Douillet, quittance un acte de vente en qualité de commis procureur fiscal des plaids et assises de Sougé .

1751. Mmo de Montesson doit au chapitre de la cathédrale du Mans, 6 liv. à prendre sur le Hayeaume, par recensement du 12 février. Celte ferme, vendue par dame Antoinette de Montesson, comtesse de Vaux, appartient en partie à M. Jules Gervaiseaux, en 1878.

31 juillet 1762. Sentence du siège royal de Fresnay en faveur de Mme de Montesson, contre Julien Leriche, demeurant à Moulins, et ses cofraracheurs dans la frarache des Vallées, condamnés à payer à ladite dame 189 liv. 19 s. et 232 chapons pour vingt-neuf années d'arrérages de la rente féodale de 6 liv. 11 s.

et 8 chapons par chacun an, au regard de la seigneurie de Sougé pour raisons de certains héritages.

1768. Edit du Roi, ordonnant des dons gratuits pour six ans : Sougé y était taxé à la somme de 300 liv.

7 janvier 1758. Lettres patentes du Roi permettant à Mme de Sougé de renouveler son terrier. Jean-Baptiste Martineau, notaire à Douillet, fut choisi à cet effet. Voici quelques passages de ces lettres :

« Marguerite Le Silleur, femme séparée de corps et de biens de Louis-Pierre-Joseph de Montesson, chevalier, seigneur de Douillet, et autorisée par justice à la poursuite de ses droits,

dame de la paroisse de Sougé-le-Ganelon et de Corbuzain

Nous a été exposé qu'à cause de ses fiefs dudit Sougé et Corbuzain, situés dans la coutume et province du Maine ; elle a plusieurs baux, droits, manoirs, domaines, garennes, cens, rentes, corvées, tailles, chevaux de service, et banalités de moulins et fours, droits de chasse, de pêche, eau, rivière, rentes et blés de plusieurs espèces et autres droits seigneuriaux et féodaux, établis tant par la coutume général du Maine, que par les titres et terriers de l'exposante Depuis trente ans et plus, il n'y a pas eu

de terrier en règle des dites terres et annexes, que les anciens sont en assez mauvais ordre, que pour la conservation des droits de l'exposante, elle a intérêt de faire procéder à la confection d'un nouveau terrier de tous ses dits fiefs et justices, et d'obliger les vassaux, tenanciers, etc., de lui fournir et bailler titres nouveaux, aveux, dénombrements, déclarations des terres qu'ils tiennent, ou dont ils relèvent tant en directe qu'en arrière-fiefs, ce qu'elle ne peut faire sans avoir recours à nos lettres »

Ce document précieux a, sans doute, été brûlé en 1792 avec le chartrier.

Madame de Montesson se présentait dans les assemblées de paroisse comme dame patronne, fondatrice et présentatrice de la cure et de l'église de Sougé. Toutefois, dans son opposition à M. le curé Fortis, elle ne fut pas heureuse, son candidat à la cure ne put arriver à ses fins, 1769. De temps immémorial la

cure de Sougé était à la nomination [de l'abbaye de la Couture, avec la collation de révoque du Mans.

21 janvier 1774. Décès, au château de La Saragousserie, de dame Marie-Marguerite-Yvonne Lelong, âgée de quatre-vingtsept ans, veuve de Messire Balthazar-Louis Le Silleur de Sougé, chevalier de l'Ordre militaire de Saint-Louis, lieutenant de vaisseau du Roi, capitaine d'une compagnie franche de détachement de la marine, père de Mmo de Montesson.

31 octobre 1775. Inhumation de Ballhazar de Montesson, chevalier, âgé de quinze jours, en présence du sacriste Simon Granger et d'une autre personne. Cet enfant était le premier né de Balthasar-Michel et de Marie-Charlotte Cureau de Roullée.

Au mariage de leur fille Antoinette avec M. Gilbert de Vaux, M. et Mme de Montesson brillèrent parleur absence ; la mauvaise intelligence se continuait entre eux.

7 juillet 1776. Inhumation, dans le cimetière, de dame Em. de Montesson, épouse de Messire Pierre Le Conte de Souvré, née à Douillet, âgée de trente et un ans, en présence de Jean de Montesson, son frère, et de François Le Conte de Souvré, prêtre de l'Oratoire, curé de Sainl-Martin-de-Connée, son beau-frère.

1781. M. le curé Fortis déclare lui-même dans une note que la paix a été faite entre lui et Mme de Montesson, par transaction mutuelle.

26 janvier 1781. Condamnation, au siège royal de Fresnay, du nommé Lemercier, bordager, demeurant à La Rivière, en Sougé, à 10 s. de dommages et aux dépens, 10 liv. 4 s., pour ne pas avoir conduit au moulin du Gué-Ory, ses grains sujets à moute. Le fermier dudit moulin était Pierre Joussel in.

15 février 1783. Condamnation, au siège royal de Fresnay, de Louis Gervaiseaux, à payer à Mrae de Montesson, les rentes dues à cause de son fief et seigneurie de Sougé, pour contrats d'acquêt.

§ 2. Partages des biens de Mrae de Montesson.

1787. La succession de Marguerite Le Silleur, dame de Montesson, est ouverte par suite de son décès, arrivé le 12 avril.

Les partages se firent par acte sous-seing,en date du 27 avri 1 1788 .

« Partages nobles des deux tiers au tiers des immeubles dépendants de la succession de dame Marguerite Le Silleur de Sougé, épouse de Messire Louis-Pierre-Joseph, comte de Montesson, décédée le douze avril mil sept cent quatre-vingt-sept,

« Que fait et présente Messire Ballbazar-Michel comte de Montesson, fils puîné dudit seigneur, comte de Montesson et de ladite dame Le Silleur, au nom et comme acquéreur, à titre de licitation par contrat passé devant MeMartigné et son confrère, notaires, en cette ville, le 23 du présent mois, de la part indivise de Messire Jean-Louis, marquis de Montesson, son frère aîné, dans la succession immobilière de ladite dame Le Silleur, mère commune, en qualité d'aîné noble et principal héritier.

« A Messire Antoine-Louis-Hector vicomte de Montesson , mestre de camp en second du régiment d'Orléans-Infanterie ;

« A Messire Gilbert comte de Vaux, seigneur de La Roche et autres lieux, capitaine au régiment de Chartres, chevalier de l'Ordre royal et militaire de Saint-Louis, et à dame Antoinette de Montesson, son épouse ;

« A Messire Louis-Auguste Leroy, chevalier, seigneur de Montaupin, ancien lieutenant-colonel d'artillerie, chevalier de l'Ordre royal et militaire de Saint-Louis, au nom et comme tuteur naturel des deux filles mineures, issues de son mariage avec dame Louise-Marguerite de Montesson ;

« Et Messire Pierre Le Conte, écuyer, seigneur de Souvré, ancien officier de cavalerie, au nom et comme tuteur naturel des deux filles mineures, issues de son mariage avec dame Madeleine-Emmanuelle de Montesson ;

« Ledit seigneur vicomte de Montesson, ladite dame de Vaux et lesdites demoiselles de Montaupin et Le Conte, par représen-

tation desdites dames leurs mères, héritiers puînés de ladite dame Le Silleur, conjointement avec ledit seigneur comte de Montesson personnellement et lesdits seigneurs comte et vicomte de Montesson, héritiers en propriété, comme ayant été rappelés par ladite dame Le Silleur, leur mère, par les articles de mariage dudit seigneur comte de Montesson, du 15 juin 1774, reconnus devant Me Martigné, notaire au Mans, le 30 du même mois.

« Et premier, ledit comte de Montesson comme étant aux droits et comme subrogé au lieu et place dudit seigneur marquis de Montesson, aîné, par sa dite acquisition, déclare choisir et retenir pour sonpréciput le château de Sougé avec les bâtiments, cour et jardin en dépendant, tel que le tout se poursuit et comporte.

« Et au premier lot, des deux tiers, il emploie et se retient la métairie de La Martinière, telle qu'elle se poursuit et comporte, et est affermée à Louis Rivière ;

« Plus la métairie du Ray, telle qu'elle se poursuit et comporte et est affermée au nommé Deschamps ;

« Plus la métairie du Bois-Ory, telle... affermée au nommé Testu;

« Plus la métairie de Corbuzain, telle... affermée à Pierre Douet ;

« Plus le moulin du Gué-Ory, avec les domaines et moutaux en dépendant... affermé au nommé Jousselin ;

« Plus le moulin à foulon des Suhardières, avec les domaines et sujets en dépendant, affermé au nommé Guéranger ;

« Plus la maison des anciennes Halles de Sougé, avec ses dépendances, louée au nommé Ferrand ;

« Plus le Four-banal de Sougé, loué au nommé Châtelain;

« Plus une petite maison au bourg dudit Sougé et dépendances, occupée par le nommé Vaillant;

« Plus les terres labourables et prés détachés, partie affermés au nommé Trouillet et partie fait valoir par le garde ; plus le jardin de l'ancien château de Sougé, l'ancien étang de Corbuzain, le champ Nogeau, une petite maison à La Mare, louée à

la femme Bigot, et généralement tous les objets détachés, qui sont situés dans la paroisse de Sougé, à l'exception du petit pré qui sera employé au tiers lot ;

« Plus une rente foncière de dix livres due sur le lieu du Tremblay;

« Plus tous les bois taillis de Sougé et de Corbuzain en différentes parties et portant différents noms, sans exception ni réserve, sinon du petit bois de La Mauhonnière, qui sera employé au tiers lot, à la charge du passage sur le bois Mondain, pour tirer le foin d'un petit pré dépendant de la métairie de La Bussonnière, qui sera aussi employée au tiers lot, et réciproquement il y aura passage sur une pièce de terre dépendante de ladite métairie pour l'exploitation du bois de Roche-Moignon ;

« Plus les fiefs de Sougé et de Corbuzain, avec les devoirs, cens et rentes seigneuriales, profits casuels, droits utiles et honorifiques en dépendant, notamment le patronage et fondation de l'église et la seigneurie de la paroisse de Sougé-le-Ganelon,dans laquelle tous les biens ci-dessus sont situés ;

« Plus les droits de pêche dans la rivière de Sarthe, dépendants desdites terres de Sougé et de Corbuzain, y compris celui affermé au maître de forges de La Gaudinière, avec faculté de tirer de la castine, dans une pièce de terre, laquelle est comprise au présent lot, comme faisant partie delà métairie du Ray;

« Plus la lande duBois-Ory, à la charge des droits de pacage, qu'on peut être fondé à y prétendre, et au surplus toutes autres terres vaines et vagues dépendantes desdites terres :

« Enfin la grande métairie de More, située paroisse de Douillet, telle qu'elle se poursuit et comporte, et est affermée au nommé Denis ;

« Le présent lot demeure chargé :

«< 1° D'une rente 525 livres au principal de 10,500 livres, due par ladite dame Le Silleur, mère commune audit seigneur comte de Montesson ;

« 2° D'une rente aussi constituée de 50 livres au principal de 1,000 livres, due à l'hôpital deFresnay:

« 3° D'une rente foncière de 25 livres due à l'église de Sougé, sur des pièces de terre dépendantes de la métairie de La Martini ère ;

« 4° D'une rente viagère de 100 livres sans retenue, due à M. Duboulay, médecin à Fresnay et à sa femme.

« Au second lot, du tiers, le dit seigneur comte de Montesson, emploie la métairie de La Mauhonnière, avec le petit bois du môme nom, telle que ladite métairie se poursuit... et est affermée au nommé Lebrelon,

« Plus la métairie du Gué-Ory, telle qu'elle se... et est affermée au nommé Gaucher ;

« Plus une maison au Gué-Ory, avec les domaines en dépendant, ladite maison servant de cabaret, louée au nommé Laigneau ;

« Plus la métairie de La Bussonniére, telle qu'elle... affermée au nommé Thimont, à la charge du passage sur une pièce de terre de cette métairie pour l'exploitation du bois de Roche- Moignon.; mais aussi elle aura passage sur le bois Mondain pour tirer le foin d'un petit pré, qui en dépend ;

« Plus la métairie du Hayaume, avec un petit pré près le lieu des Plouseaux, telle que ladite métairie se... et est affermée au nommé Bel langer, à la charge de deux rentes foncières de 6 livres chacune, l'une due à Mme Livré et l'autre prétendue par le chapitre du Mans, sauf à celui à qui écherra ladite métairie à se défendre de cette dernière rente, à ses frais, risques et périls ;

« Plus la métairie de La Petite-Chapelle, telle qu'elle se poursuit

« Tous les biens ci-dessus, situés paroisse de Sougé.

« Enfin la métairie du Plessis, située paroisse de Douillet, telle qu'elle se poursuit... et affermée au nommé Lhommeau;

« Tous les biens ci-dessus sont employés auxclits deux lots, tels qu'ils dépendent de la succession de ladite dame Le Silleur, avec leurs annexes, circonstances et dépendances, sans réserve, y compris les bois de futaie, épars et les baliveaux des taillis, et seront pris par les co-parlageanls dans l'état où ils se trouvent.

« Lesdits co-partageants se garantiront respectivement leurs lots pendant le temps et dans les termes de droit.

« Ils entreront chacun à leur égard en jouissance desdits lots du jour du décès de ladite dame Le Silleur, à partir duquel jour ils payeront les rentes, dont lesdits lots ont été ci-dessus chargés.

« Ils jouiront de tous droits de servitudes actives et souffriront les passives, sauf à se défendre, chacun à ses frais... Entretiendront chacune leur égard les baux des fermiers...

« Ils pourront échanger et contr'échanger leurs lots en tout ou partie dans l'an, si bon leur semble, sans donner ouverture aux droits seigneuriaux.

« La métairie du Hayaume faisant partie des domaines du fief de Corhuzain et les métairies de La Mauhonnière, de La Bussonnière et du Guè-Ory faisant partie du fief de Sougé, et généralement tous les autres objets compris au tiers lot, qui se trouveront faire partie desdits domaines, seront tenus par les puînés censivement desdits fiefs de Corbuzain et de Sougé, sous le devoir d'un sol de cens pour chacune desdites métairies et maison, et d'un denier de cens pour chacun des objets particuliers.

« Au surplus, les co-partageants relèveront chacun à leur égard les biens de leurs lots, tant à foi et hommage que censivement des seigneurs dont ils sont et peuvent être mouvants sous les devoirs, services, cens et rentes tant féodaux que fonciers, dont ils sont et peuvent être chargés, lesquels seront payés par chacun, à partir du jour de l'entrée en jouissance.

« Ledit seigneur comte de Mon tesson, déclare ne point entendre réunir ni consolider auxdits fiefs de Sougé et de Corbusain les objets compris dans son lot, qui en sont et peuvent être mouvants, non plus que la métairie de La Bruyère par lui acquise dans la mouvance du fief de Sougé, mais au contraire la tenir séparément desdits fiefs, sous les devoirs anciens et accoutumés.

« Les litres de propriété et baux des biens compris au tiers lot seront remis lors de l'acceptation du présent partage audit sei-

gneur de Montaupin pour lui procéder à la subdivision du tiers lot, comme représentant l'aînée des puînés.

« Nous soussigné, Ballbazar-Michel comte de Montesson, au nom et comme acquéreur dudit seigneur marquis de Montesson, notre frère aîné, déclarons faire arrêt aux présents partages, sans vouloir y rien changer, augmenter, ni diminuer et les présenter audit seigneur vicomte de Montesson, auxdits seigneur et dame de Vaux, et auxdits seigneurs de Montaupin et Le Conte, pour leurs filles mineures, à l'effet d'accepter par eux le tiers lot tenu, ou autrement y dirent ce qu'ils aviseront et être ensuite ledit tiers lot subdivisé entre eux et nous personnellement, comme puîné, et avons évalué tous les biens compris auxdits partages à la somme de deux cent quarante mille livres.

« Fait quintuple au Mans, ce vingt-six avril mil sept cent quatre-vint-huit . J'approuve l'écrit ci-dessus. B. M. de Montesson. »

27 avril 1788. Louis-Auguste Le Boy, chevalier, seigneur de Montaupin, tuteur naturel de ses deux filles ; Pierre Le Conte, écuyer, seigneur de Souvré, tuteur naturel de ses deux filles mineures, et Laurent Hamard, agréé au Consulat du Mans, au nom de Messire Antoine-Louis-Hector vicomte de Montesson, et de Messire Gilbert comte de Vaux, et dame Antoinette de Montesson, son épouse, — ayant pris communication et lecture des partages ci-dessus et des autres parts, présentés par ledit seigneur comte de Montesson, comme acquéreur, à titre de licitation de la part indivise et de tous les droits dudit seigneur marquis de Montesson, aîné, dans la succession immobilière de la dame Le Silleur, mère commune, par acte du 23 du présent mois, — déclarent approuver lesdits partages, ainsi que toutes les charges, conditions, et accepter le tiers lot, offert par M. le comte de Montesson, pour en faire la subdivision avec ledit comte de Montesson comme héritier de son chef pour un quinzième. Les parties ont signé et ont procédé immédiatement à la subdivision du tiers dudit lot en cinq lots égaux.

1er Lot, comprenant la métairie de La Mauhonnièrc avec le

petit bois du môme nom, à la charge d'un rapport de 1,521 liv. au cinquième lot, est échu à M. A.-L.-H. vicomte de Montesson.

2e Lot, comprenant la métairie et la maison ou cabaret du Gué-Ory, à la charge d'un rapport de 496 liv., à M. le comte de Montesson, est échu aux demoiselles Le Conte.

3e Lot, composé des métairies de La Bussonnière et de La Petite-Chapelle, à la charge d'un rapport de 4,809 liv., dont 1,541 liv. à M. et à Mme de Vaux, et 3,268 liv. à M. le comte de Montesson, est échu aux demoiselles Le Roy de Montaupin.

4e Lot, composé de la métairie du Hayaume avec le petit pré ùesPlouseaux, et la somme de 1,541 liv. à recevoir de l'optant du troisième lot, échu à M. et à Mme de Vaux.

5e Lot, comprenant la métairie du Plessis avec la somme de 5,285 liv. à recevoir de M. le vicomte de Montesson et des optants des second et troisième lots, échu à M. le comte de Montesson.

Tous les titres de propriété, de jouissance et de féodalité desdites terres de Sougé et de Corbuzain sont restés entre les mains du comte de Montesson, comme représentant ledit marquis de Montesson, son frère aîné, à la charge d'en aider les cohéritiers, au besoin. Les droits de contrôle et d'insinuation des partages furent payés, pour les deux tiers et un quinzième par M. le comte de Montesson, et les quatre autres quinzièmes par les autres copartageants; les mêmes fraisa l'égard de la subdivision du tiers, se divisaient en cinq parts. Passé au Mans, le 27 avril 1788, en quintuple exemplaire.

Les biens composant les fiefs et seigneuries de Sougé et de Corbuzain furent en grande partie confisqués par la Révolution sur les enfants et petits-enfants de Mme de Montesson, Alarguerite Le Silleur, dont plusieurs émigrèrent. La mort affreuse de leur frère et oncle, Ralthasar-Michel de Montesson, était plus que suffisante pour les engager à se soustraire, en compagnie de sa veuve et de ses enfants, aux dangers incessants d'une tourmente.

M. Louis-Pierre-Joseph de Montesson survécut à sa femme, Marguerite Le Silleur, jusqu'en 1798 ; il n'émigra point à l'exemple de ses fils, de sa bru avec ses enfants... Il demeurait à Paris, rue du Théâtre-Français, numéro 8, au moment où, en vertu de la loi du 9 floréal an III, la nation mit la main sur les biens qui pouvaient revenir aux héritiers de Montesson émigrés. Le 29 ventôse an V de la République, M. de Montesson reçut une décharge des abandonnements faits à la nation, sur ses biens de Douillet, du Cormier en Saint-Aubin-du-Désert ; ils montaient au chiffre de 142,919 fr. 89. L'estimation de la totalité desdits biens s'élevait à 438,826 fr. 43. Le mobilier de la maison de Paris avait été estimé à 792 fr., preuve de l'état de gêne ou se trouvait ce vieillard. M. de Montesson portait haut et était considéré comme un gentilhomme des plus distingués. Son certificat de résidence à Paris, délivré le 16 juin 1792, est ainsi conçu : citoyen, natif de Douillet, âgé de soixante-dix-huit ans. Taille de cinq pieds sept pouces, cheveux et sourcils bruns, yeux bleus, nez un peu aquilin, bouche ordinaire, menton double, front élevé, visage gras.

§ 3. — Généalogie de la famille de Montesson.

Armes : d'argent à trois quintes feuilles d'azur. Devise : Rallie au Roi.

La maison de Montesson, primitivement Hubert de Montesson, est d'ancienne chevalerie, ainsi que l'ont établi les preuves qu'elle a faites pour obtenir les honneurs de la cour et monter dans les carrosses du Roi. Elle est originaire du Maine, qu'elle n'a jamais quitté et que ses descendants habitent encore aujourd'hui. L'annuaire de la noblesse, année 1868, publié par M. Borel d'Hauterive, dans un article fourni par M. le comte Raoul de Montesson, ancien officier d'état-major, établit sur preuves authentiques une généalogie qui commence en 1350.

La maison de Montesson a été représentée aux Croisades,en 1191, par Payen Hubert de Montesson. Elle offrit un régiment levé à

ses frais, à l'époque des revers éprouvés par Louis XIV. Elle a donné quatre lieutenants généraux, dont l'un commandait à Fontenoy la maison du Roi, lorsqu'elle décida la victoire, d'autres officiers généraux, brigadiers ou maréchaux, dont un, le baron de Montesson, est inscrit sur les tables de bronze de Versailles, au nombres de ceux qui sont morts pour la France. La maison de Montesson s'honore encore de quatre chevaliers de Saint-Louis.

Cette maison s'est alliée à celles de Bailleul, des Escotais, de Lemaire (de La Mairie, de Minières et de Courtemanche), Vassé, Bouille, du Bouchet de Maleffre, Assé, des Rotours, Lecornu de La Courbe, Barat, Anthenaise, Chastillon d'Argenton, Poix, du Breil, Rougé, Montécler, Jupilles, du Prat, Gauthier-Chiffreville, Lonlay, Brillet de Candé, Roullée, de Guer, Fournas de Botdéru Ogier d'Ivry, de Charnacé, etc,

Nous ne reproduirons pas la généalogie de la branche mère des seigneurs de Bais, Champgeneteux, Saint-Ouen, Deux- Évailles, Châlons, Anthenaise, Soulgé-le-Bruant, etc., éteinte avec Jean-Baptiste de Montesson, chevalier, marquis, marié, le 14 novembre 1719, avec Iris de Poix, veuve du comte de Bienassis La Massais, dont il n'eut pas d'enfants, puis, en 1753, à Jeanne Béraud de La Haie de Riou, issue en 1737, d une famille noble de Bretagne, qu'il laissa veuve sans en avoir eu d'enfants 1769 (1).

La marquise de Montesson, veuve, et devenue riche par la mort de son frère unique, le marquis de Riou, se fit rechercher dans le grand monde par son esprit et ses grâces. Elle épousa secrètement le duc d'Orléans, le 23 avril 1773, dans l'église de Saint-Eustache. Devenue veuve une seconde fois, en 1785, elle put jouir, après quelques contestations, du douaire stipulé dans son contrat. Elle n'émigra pas, l'Empereur lui fit payer son

(i) Elle laissa, nous croyons, sa fortune à Cyrus-Marie-Alexandre de Timbrune, comte de Valence, mari de la fille cadette de Mmc de Genlis, 1806.

douaire jusqu'à sa mort, arrivée à Paris, le 6 février 1806. La marquise était instruite en chimie, physique et surtout adonnée à la littérature ; elle nous a laissé plusieurs ouvrages.

Les héritiers du dernier de Montesson, mort en 1769, furent :

1° Les de Vassé ;

2° Les Du Bellay, ou représentants ;

3° Le marquis Prévost de Saint-Cyr.

Le vieux château et" dépendances de Montesson, commune de Bais, vendu pendant la Révolution sur le marquis de Vassé, a été racheté de M. Buon, par le marquis René-Charles de Montesson, de la branche de Douillet-Sougé.

I. Jehan Ier Hubert de Montesson, écuyer, seigneur de Montruesson (Montesson), né vers 1340, épousa en 1370 demoiselle Jehanne des Barres (de La Barre), dont Jehan, Marguerite et Jehanne.

II. Jehan II Hubert de Montesson, fils des précédents, dont trois enfants, une fille, Raoullet Hubert de Montesson, pour la branche de Bais, et Jehan pour la branche du Cormier et de Saint-Aubin qui va suivre.

Branche du Cormier, de Douillet et de Songé,

(Seule aujourd'hui existante).

III. Jehan Hubert de Montesson, écuyer (scutifer), seigneur du Cormier et de Saint-Aubin-du-Désert (le Cormier, en ladite commune, fut vendu nationalement), fils de Jehan Hubert; le jeune, et de Marie du Cormier, épousa, par contrat du 26 novembre 1450, devant Gervaise Bardenne, notaire à Sillé, damoiselle Émerie de Champeaux, fille de Jehan de Ch., écuyer, seigneur de Generre, etc.

Ils eurent pour enfants :

1° Guillaume, qui suit-;

2° Etienne, religieux;

3° Marguerite, mariée à Raoul Morin, dame de La Villette;

4° Jean, abbé de l'Étoile.

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