IV. Guillaume Ier de Montesson, écuyer, seigneur de Saint
Aubin et du Cormier, épousa suivant contrat du 26 mai 1470, passé devant Leroy, notaire à Bourgnouvel, demoiselle Louise Bouschart, fille de Jehan, écuyer, seigneur de La Miterie (en Villaines), et de Gefferine du Boys, en présence de François de Vassé, François de Favière.
Sont issus :
1° Nicolas, qui va suivre;
2° Julien, curé de Landigouste ;
3° Louis, époux de Marie du Bueil ;
4° Jeanne;
5° René;
6° Elisabeth ;
7° Françoise, qui, veuve de Guillaume Martinaie, se remaria à Pierre du Pin, écuyer ;
8° Alexandre, ecclésiastique;
9° Ambroise, abbé de l'Étoile.
V. Nicolas de Montesson, écuyer, seigneur du Cormier et de Saint-Aubin, fils de Guillaume Ier, épousa :
1° Marie du Bouchet, avant 1507, fille de Pierre, seigneur de Maleffre et de Courbeschet (ou Courbehier ou Torbechet), et de Catherine de Saint-Remy ;
2° Andrée de Montécler, veuve de Guillaume d'Argenson.
Du premier lit sont issus :
1° Guillaume II de Montesson, qui suit;
2° et 3° Antoinette et Marguerite, religieuses ;
4° Hélène, qui, veuve d'André Mellet, se remaria à René de La Chapelle.
Du deuxième lit :
Marie, religieuse à Notre-Dame d'Essay, en Normandie (Dates, 1520,1507, 1543).
VI. Guillaume 11 de Montesson, écuyer, seign. de Saint-Aubin, du Cormier et de Douillet, passa deux actes, l'un d'appointenient, le 27 mars 1543, l'autre d'accord, le 8 mai 1544, avec sa bellemère, Andrée de Montécler (maintenue en 1698). Veuf de Françoise Jagu, il se remaria, par contrat passé, le 14 février 1555,
devant Georges Busson, notaire au Mans, avec damoiselle Rose de Ferrequin ( ou Ferraquin), fille d'Antoine, écuyer, seigneur de Douillet, qui, par le même acte, épousa Françoise de Montesson, fille dudit Guillaume et de Françoise Jagu. Il ne vivait plus le 22 septembre 1565, jour où ladite Rose de Ferrequin passa, comme veuve, un accord avec René de La Chapelle, mari d'Hélène de Montesson, devant Godemer, notaire.
Du premier lit sont issus :
1° Françoise, mariée à Antoine de Ferrequin, le 14 février 1555; 2° à Charles d'Orvaux, seigneur de Courdemanche ;
2° Madeleine, femme de Pierre de Corday :
3° Jeanne, femme de Jean de La Pommeraie.
Du second lit :
4° Jacques de Montesson, qui suit.
VII. Jacques de Montesson, écuyer, seigneur de Douillet, Saint- Aubin, etc., mentionné clans une transaction du 23 septembre 1565 passée entre sa mère et sa tante Hélène de Montesson, il obtint, le 16 août 1594, une sentence d'exemption de ban et arrière-ban, comme étant l'un des cent gentilshommes de la maison du Roi, sous la charge du sieur de Chauvigny. Il est qualifié noble et puissant seigneur Jacques de Montesson, dans son contrat de mariage, 21 novembre 1583, devant Brethonneau à Baugé, avec Jeanne de Rougé, fille aînée de Malhurin, chevalier, seigneur des Rues, de Lorière, etc., chevalier de l'Ordre du Roi, gentilhomme de la chambre, et de damoiselle Renée du Veille, veuve en premières noces de Jacques de Courtarvel.
De ce mariage étaient issus :
1° Charles;
2° Hélène;
3° Jacques religieux ;
4° Jean;
5° Thomas;
6° Louise, 2 novembre 1596 ;
7° François, marié, à Fresnay, le 7 janvier 1623, à Marguerite Se vin;
8° Jean II de Montesson qui a continué la descendance ;
9° Mathurin;
10° Françoise, mariée à François Le Maire de La Golletière ;
11° Jacquine ;
12° Mathurin Ier, écuyer, seigneur du Cormier, né à Douillet, le 23 octobre 1605, marié, le 15 juillet 1640, à damoiselle Marguerite du Boys, fille de Jacques, écuyer, et de Claude de Lonlay, sa femme. Leur fils unique, Mathurin II de Montesson, écuyer, seigneur du Cormier, fit enregistrer son blason dans l'armoriai général de France, en juillet 1698, et épousa, le 26 novembre 1687, damoiselle Renée de Lonlay, fille de feu François de Lonlay, écuyer, seigneur des Buats et de Jeanne de Guibert, dont il eu : », Jean de Montesson, qui épousa Marguerite du Val et mourut sans postérité; b, Nicolas-François,qui se maria, le 7 décembre 1739, avec damoiselle Marie-Marguerite Le Hayer, fille de feu Pierre André, écuyer, qui ne laissa pas d'enfants ; c, Mathurin, décédé sans enfants de Claudine Cousin, sa femme ; d, André-Henri ; e, Jean-Thomas ;
13° Bazile de Montesson, écuyer, seigneur de Launay.
VIII. Jean II de Montesson, écuyer, seigneur de Saint-Aubin et de Douillet, épousa, par contrat passé le 19 juillet 1640, devant Chauvin, notaire à Fresnay, damoiselle Elisabeth Picard, fille de Julien, seigneur de Villeneuve et de Madeleine Foulard, en présence de Charles du Plessis-Chatillon, écuyer, seigneur de La Droulinière, cousin du futur, etc.
Ils eurent les suivants :
1° René de Montesson ;
2° Elisabeth ;
3° Marie, qui épousa, le 25 avril 1678, Léonor de Jupilles, de Moulins, fils de Christophe et de Marie de Goué ;
4° Jeanne ;
5° Jean-Baptiste, capitaine au régiment de Normandie, tué au service du Roi ;
8° Charles;
9° Louis-Joseph ;
10° Robert-François;
11° Joseph, chevalier, capitaine-major au régiment de Normandie, mort sans enfants, de Anne de Sarazin, dame de Vezins, à Mayetoù il s'étaient mariés, le 18 août 1699. Il avait fait ses preuves de maintenue, avec Marguerite Maudet, veuve de son frère Jean III et avec Mathurin de Montesson, son cousin germain, devant l'intendant de Touraine, en 1698.
IX. Jean III de Montesson, chevalier, seigneur de Saint-Aubin, Douillet, Guiberne, etc., épousa, le 4 août 1685, par contrat passé devant Godemer, notaire à Fresnay, damoiselle Marguerite Maudet, fille de Jacques, chevalier, seigneur du Verger, maréchal général des logis des camps et armées du Roi, et de feue dame Anne de Langlée, en présence de Léonor de Jupilles, chevalier, seigneur dudit lieu et d'Oisseau, beau-frère du futur» de Julien Picart de Villeneuve, lieutenant-général au siège de Fresnay, de Jacques Maudet, père de la future, de Jacques Maudet le jeune, aussi chevalier, seigneur deSaint-Aubin-de-Locquenay, maréchal général des logis des camps et armées du Roi. Jean III ne vivait plus le 3 mai 1698, jour où Hue de Miromesnil, intendant de Touraine, rendit un jugement de maintenue de noblesse en faveur de Marguerite Maudet, sa veuve, qui lui avait apporté Guiberne, en Vallon, Moire, en Coulombiers.
Il laissa :
1° Jean-Thomas, qui suit ;
2° Marie-Marguerite, supérieure de la Visitation du Mans, elle décéda à Paris, le 9 mai 1768 et légua une partie considérable de son avoir aux enfants de L.-P.-J. de Montesson et de Marguerite Le Si Heur ;
3° Francoise-Aldegonde, religieuse.
X. Jean-Thomas de Montesson, chevalier, seigneur de Douillet Saint-Aubin-du-Désert, né à Douillet, le 19 novembre 1688 et inhumé dans l'église dudit lieu, le 29 avril 1758, fit ses preuves de page de la petite écurie du Roi en 1704, devint maréchal général des logis de la cavalerie légère, 5 janvier 1713.
Il avait épousé :
1° Le 5 février 1711, par contrat devant Lechalier, notaire à Rouez, et Blanche, notaire à Conlie, Madeleine-Paule du Prat, inhumée à Douillet, le 6 mars 1730, âgée de trente-huit ans, fille de Pierre, écuyer, seigneur de Rouez et de Dorothée Lemaire de Minières, en présence de Joseph de Montesson, chevalier, seigneur de Vezins ; de Jacques Du Prat, abbé ; de Pierre-Jacques Du Prat, conseiller au Parlement de Paris: de Jean-Baptiste, abbé Du Prat ;
2° Le 2 septembre 1734, à Saint- Victeur, Marguerite-Angélique de Gaultier-Chiffreville, fille de François de G., chevalier, marquis de Ghiffreville, et de Louise-Madeleine de Froullay de Tessé, dont il n'eut pas d'enfants.
Du premier lit il avait eu :
1° Louis-Pierre-Joseph de Montesson, né le 3 janvier 1715, qui suit :
2° Pierre, mort page de la Reine:
3° Jean-Baptiste, né le 29 septembre 1723 ;
4° Angélique-Bonne-Léonore, supérieure de la Visitation du Mans.
XL Louis-Pierre-Joseph de Montesson, chevalier, seigneur de Saint-Aubin, More, Corbon, etc., épousa, le 19 septembre 1738, par contrat passé devant Me René Peltier, notaire à Assé-le- Boisne, Marguerite-Renée Le Silleur, fille de feu Balthazar Le Silleur, chevalier, lieutenant de vaisseau, capitaine d'une compagnie franche de la marine, chevalier de Saint-Louis et de Marie-Marguerite-Yvonne Lelong, en présence de Jacques-Einmanuel Le Silleur, chevalier, seigneur de Sougé, Mebzon, et de Catherine de Faudoas de Cérillac, sa femme, de René-Emmanuel de Pannard de Chantepie, chevalier.
Ils eurent pour enfants :
1° Louise-Marguerite, baptisée à Douillet, le 5 mai 1740.
Elle épousa :
1° Le 17 mars 1760, à Sougé, le marquis de Raffelange, seigneur de Régnier, au pays messein, âgé de quarante-huit ans;
2° En mai 1708, Louis-Auguste Le Roy de Montaupin, colo-
nel d'artillerie, né le 30 juin 1724, veuf de Marie-Thérèse de Moloré ; elle décéda à Oizé, le 28 février 1772 et laissa deux fdles de son second mariage :
Louise-Armande, qui épousa, le 1er mai 1788, Pierre-Etienne de L'hermite, né à Mortagne, le 12 mars 1752, capitaine d'artillerie, chevalier de Saint-Louis, demeurant au château de Montaupin ; Augustine-Louise-Madeleine, qui épousa, le5 juillet 1791, Jean-François-Marie d'Alexandre, néàRiom, le 31 octobre L766, officier au régiment de Chartres-Infanterie, décédé le 24 avril 1805 ;
2° Madeleine-Emmanuelle, mariée, le 24 août 1768, à Pierre Lecontede Souvré, capitaine au régiment de la Reine-Cavalerie. Leur fille, Emilie-Françoise épousa, le 30 août 1789, Messire René-Siméon-Charles Duhois de Monlulé, chevalier, seigneur de La Godinière, demeurant au Mans. De ce mariage naquit, le 12 mai 1792, Édouard-René-Pierre-Charles , connu par ses voyages dont il publia le récit. Sa mère mourut le 10 mars 1798. La cadette Le Conte de Souvré épousa M. DuRivault ;
3° Jean-Louis, dont l'article suit :
4° Marie-Françoise- Yvonne, épouse de Guillaume-François- René Dubouchet, seigneur de La Forterie, mourut à Sougé, à l'âge de trente-deux ans, le 24 novembre 1779 ;
5° Balthasar-Michel, dont l'article viendra après celui de son frère aîné ;
6° Antoinette, mariée, le 13 mars 1776, à Gilbert de Yaulx, chevalier, seigneur de La Roche, capitaine, fils de feu Jean-Paul et de Marie-Thérèse de Bardou, demeurant à La Roche, à Saint- Dier, diocèse de Clermont, laissa deux fils, dont un eut postérité, éteinte en 1875.
7° Antoine-Louis-Hector, vicomte de Montesson, né à Douillet, le 21 août 1752, mestre de camp, commandant en second le régiment d'Orléans, qui fit ses preuves et monta dans les carrosses du Roi, le 2 mai 1785. Il suivit le prince de Condé dans l'émigration, devint son aide de camp, et fut reçu par lui chevalier de Saint-Louis, le 25 août 1795. Nommé mestre de camp
du régiment de Montesson, en juillet 1795, maréchal de camp, le 19 février 1796, général major commissaire, avec son frère, pour établir Tannée sur les bords de la mer d'Azof, et enfin, capitaine commandant la septième compagnie des chasseurs nobles à pied de cette armée, le vicomte de Montesson, reçut le 13 août 1814, du roi Louis XVIII, le grade de lieutenant général. Il fut membre du Conseil général de La Sarthe de 1816 à 1830. Il est décédé, le 13 janvier 1830, sans laisser de postérité des trois alliances successives contractées avec Mesdemoisel les de Mariani, Jeanne-Louise de Hérisson de Villiers, en 1803, et Eulalie-Louise Vaillant de Savoisy. Cette dernière obtint par contrat de mariage, en 1817, la propriété du domaine de Douillet. Le neveu de son mari, M. le marquis Louis-Auguste deRincquesent, député du Pas-de-Calais à l'Assemblée nationale, décédé en août 1873, devint le légataire de ladite dame, décédée en 1865. Ce dernier laisse un fils, arrière-petit-fils de Louise-Marguerite de Montesson, dame deMontaupin.
XII. Jean-Louis, marquis de Montesson, né à Douillet, le 27 juin 1746, fut nommé syndic de Tordre de la noblesse du Maine par T Assemblée provinciale du 8 octobre 1787, et installé dans la séance du 21 du môme mois. Élu premier député de la noblesse de cette province aux États-Généraux, le 27 mars 1789, le marquis de Montesson donna sa démission après la fusion des trois Ordres en Assemblée nationale, et suivit dans l'émigration le prince de Condé, qui l'appela dans son conseil intime et lui confia les fonctions de général major commissaire pour l'établissement de son armée sur les bords de la mer d'Azof. Il mourut sans alliance, en Russie, le 12 mai 1802 (style russe). Il est auteur d'un Mémoire sur la vertu répulsive du feu, considéré comme agent principal de la nature... Petit in-8, de cinquante pages, imprimé au Mans, 1783. Son titre de marquis passa à son neveu René, fils de Balthazar, tué à Ballon. Ce dernier quoique puîné, avait acheté de son aîné, ses droits de principal héritier de leur mère, 1787.
XII bis. Baltbazar-Michel de Montesson, chevalier, né à Douil-
let le 14 octobre 1748, épousa le 30 juin 1774, par contrat devant Martigné, notaire au Mans, Marie-Charlotte Cureau de Roullée, fille de Charles-Pierre Cureau, écuyer, conseiller secrétaire du Roi, seigneur de Roullée, Garenne, Bonnebos, et de Marie-Madeleine Pinceloup. Il fut assassiné à Ballon, le 23 juillet 1789, ainsi que son beau-père, par des bandes révolutionnaires.
Il eut de son union :
1° Balthazar-Louis-Marie, né le 19 octobre 1775, au Mans, il ne vécut qu'une quinzaine de jours;
2e René-Charles, qui suit :
3° Alexandrine, mariée à Louis-Clovis Brillet, baron de Candé.
XIII. René-Charles, marquis de Montesson, né le 5 août 1780, fut emmené dans l'émigration par sa mère après l'assassinat de son père et de son aïeul. Il entra comme sous-lieutenant au régiment Dauphin-Cavalerie, à l'armée des princes, en juin 1795, et passa ensuite avec le même grade au régiment noble à cheval d'Angoulèine. Il fit toutes les campagnes de celle armée et fut honoré de l'amitié de Monseigneur le duc de Berry. Le marquis de Montesson fut nommé chevalier de Saint-Louis par LouisXVIII le 20 novembre 1816. Il avaitépousé, par contrat du2marsl808, Marie-Adélaïde Bel in des Roches, née le 6 juin 1789, de René Belin des Roches, écuyer, conseiller du Roi au Présidial du Mans, et de Marie-Louise Perrine de Blanchardon. La marquise de Montesson est décédée au Mans, le 1er février 1876. ■"
Ils eurent de leur union :
1° Charles-René-Louis-Roger, qui suit ;
2° Marie-Caroline de Montesson ;
3° Charles-Raoul, dont l'article viendra après celui de son frère ;
4" Marie-Charlotte, mariée, le 2 octobre 1832, à Julien-Ange de Marnière, marquis de Guer ;
5° Marie-Georgine, mariée, le 18 novembre 1834, à Hyacinthe- Balthazar, vicomte de Tournas de Boldéru.
xrv. Charles-René-Louis-Roger, marquis de Montesson, né
au Mans, le 13 avril 1809, ancien officier de cavalerie, démissionnaire en 1830, épousa, le 18 février 1841, Adrienne Charlery, sa cousine. De cette union est née, le 29 avril 1842, Marie- Charlotte-Hortense-Geneviôve. Le marquis de Montesson est mort, en son château de La Renaudière, le 4 décembre 1869.
XIV bis. Charles-Raoul, comte de Montesson, frère puîné du précédent, né au Mans, le 27 septembre 1811, ancien officier d'état-major, épousa, le 18 janvier 1842, Laure-Bonne-Agathe Ogier d'Yvry, décédée le 17 décembre 1847. Ce gentilhomme aussi distingué par ses allures franches que par son érudition, est mort, le 23 avril 1869, dans son hôtel, au Mans.
Il laisse trois fils :
XV. 1° Marie-Joseph-René, marquis de Montesson, né le 15 décembre 1841, capitaine-commandant de chasseurs à cheval, démissionnaire, conseiller général du canton de Loué, marié à Mlle Prost, Claire, dont Raoul-Marie-Joseph-Henri-Charles , 1er août 1879, et deux filles aînées.
2° Marie-Robert, né le 4 janvier 1844, marié en 186., à MUe de Charnacé, d'Auvers-le-Hamon ;
3° Marie-Charles, né le 22 décembre 1845, officier démissionnaire peu de temps avant la mort de son père, puis, en 1870-1871, commandant dans la mobile, chevalier de la Légion d'honneur, marié àMUe Menjot d'Elbenne.
§ 4. — Mouvance des seigneuries de Sougé, de La Mahonnière ou Monhonnière, etc.
18 octobre 1410. Aveu rendu par le procureur de la fabrique de Fresnay, pour raison de 12 s. 6 d., à prendre sur le lieu du Rocher-Billon, aux plaids de Sougé, tenus par Michel Leboucher, bailli.
17 février 1560. Testament de Fleury Garnier, faisant mention de La Grouas-Forget, d'un journal de terre joignant d'un côté le chemin tendant de l'église de Sougé à la croix. Clémence (à l'entrée de l'ancien chemin du Chènay), d'un bout, les choses
de défunt Michel Forget Le puits Forget a, sans aucun doute, tiré son nom dudil Michel. Dans ce testament apparaissent Messire Jehan Thoysnier, prêtre, et Guillaume Thoysnier, de Sougé: la hutte dite de La Thoysnière a probablement emprunté le nom de cette famille.
20 janvier 1542. « Me Robert Poyvet, procureur de la fabrice de leglise de Notre-Dame de Fresnay le Vicomte, cest aujourdh ad voue subjet de la seigneurie de céans pour raison de douze sols six deniers tournois de rente quil dit lad. fabrice avoir droit d'avoir et prendre chun an au terme de Nouel, sur une pièce de terre contenant troys journaux ou environ, joignant d'un coste la Ire qui fut Robin Rraindel appellee le Rocher, daustre coste unenoë cy après déclarée d'un bout a laistre du Rocher, dautre bout une pièce de terre appellee le champ Coetard. Item sur deux pièces de pre content, journ. a deux homes fauscheurs ou environ ; une appellee laNoë Longue ; joignant d'un coste la terre des seigneurs de céans, daultre coste la terre feu Jehan Val lin aboutant a la noë Thebault Fouscher, dautre bout au ruisseau de lestang delà mare du Rocher ; une aultre pièce appellee le pre de Mons, joignant d'un coste la ruelle tendant de laistre du Rocher au moullin de La Gaudinière? Dautre coste le pre qui fut..., aboutlant au champ Macé Desmons, autrement Vallin. Rem, une pièce de terre contenant ung journ. appel, le ch. des Aproches, joignant dung coste la terre qui fut Evrard, daultre coste la terre Julian Blanchart et a la terre de Boysfroust, abouttanl des deux bouts la terre qui fut Laurent Lefeuvre. Item, la moitié de la grange du Rocher par le bout du hault. Rem, la 5e partie de toutes les vignes que la feme feu Jehan Vallin, mère de feue Jehanne, autref. feme de Jehan Piace, tenue en la paroisse de Souge et de plusieurs autres héritages qui furent aud. de Piace et sa feme à Jehan Billon, de la paroisse de Souge, a trente souz tournois de rente acquys par Jehan Salmon, clerc, fut donne et laisse a la fabrice et au secretain d'icelle douze solz, six deniers tournois de rente a estre prins sur lesdits trente solz. Toutes les dites choses en la seigneurie de céans (Sougé) ; quelles choses il
dict estre tenues a présent par Jullian Galpin, héritier, a cause de sa feme, de feu Georget Petiot, qui est seigneur desdiles choses ; frère Jehan Dampon, prieur de Sougé pour son acquiest et autrefois Georges Petiot, rente faict faire obéissance telle quelle appartient et portant en demande obéissance et nous envoie pour raison d'icelle pour donner es pieds de Souge, tenus par nous Philibert Foucque, licencie enloix, bailli... Ce 30 janvier 1542.» (Arch. de la fabrique de Fresnag).
lor mars 1580. Partage de la succession de François Gervaiseaux, époux de Noëlle Chereau, entre ses enfants : Jean, de la paroisse de Saint-Léonard ; Julienne, femme de Jehan Gallery, demeurante Sougé; Noëlle G..., femme de Jehan Bresteau, demeurant à Saint-Paul; Guillaume G... Dans ce partage figurent : le lieu de Vauledevin avec deux pièces de terre, côtoyant les vallées de la métairie des Hayées ; un jardin devant la maison et une lotie de pâtis à prendre par marques aux terres desdites vallées ; un journal de terre aux Courteilles ; une pièce de terre des pâtis ; un quartier de vigne au clos des Dordrelle ; un petit pré, joignant la noë de Corbuzain ; une portion du pré de Vauledevin ; la pièce de terre, la Blancheterre ; un petit lot de vigne, nommé les Noyers, joignant la vigne de Me Pierre Saillant, curé de Sougé. Le tout relevant de Songé ou de Corbuzain.
3 juillet 1601. Vente du champ Donnays par R. Peltier, à Jeanne Gervaiseaux, femme Fouquet, avec charge de payer un denier tournois de devoir au fief de Sougé, en la frarache des détenteurs du lieu du Rocher.
1605. Vente d'un demi journal de terre en taillis, près les Pruniers, par Philippe Behier à Jehan Gervaiseaux, moyennant 105 s., sous le devoir de 6 d. au fief de Sougé, par les fraracheurs des Vallées.
30 juillet 1604. Partage de la communauté de René Saillant et de Françoise Gallery, sa femme. La Touzardière relevant de La Monhonnière y est comprise. En 1772, ce bordage, affermé 63 liv., appartenait à M. Bigot de Bellemare, fils de Jacques.
6 novembre 1638. Acquisition des Hardières, en Sougé, par Jean de La Mare, quittancée par la dame de Sougé, Marguerite de Boispitard. Ledit lieu situé dans la seigneurie de Sougé, avec plusieurs devoirs.
9 août 1665. Acte de vente par devant Me René Perdreau, notaire, à Sougé, par Messire Jacques Le Si Heur, chevalier, seigneur de Sougé, à M9 André Bigot, seigneur de Saint-Martin, maître chirurgien, et à Marie Quisnier, sa femme, de deux journaux à prendre dans la pièce des Longrais, nommée le champ du Pain-Bénit ; la pièce de La Gàtine, joignant d'un côté le chemin tendant du village de Mons à celui de La Pannetière; un petit closet, d'un quart de terre ; le pré de l'Étang, alias le pré Sainton, situé au-dessous de la chaussée du grand pré de La Monhonnière, moyennant une somme de 486 liv. d'une part, de 240 liv. à déduire sur celle de différents mémoires, et de 600 liv. que les seigneur et dame de Sougé avaient promis à ladite Marie Quisnier, par le contrat de mariage fait entre ledit Bigot et elle, le 18 octobre 1659, passé par devant M6 Perdreau. Lesdiles choses étaient tenues censivement des seigneuries de Sougé et de La Monhonnière. De cet acte il résulte : 1° qu'en 1665, l'étang de La Monhonnière n'existait plus, puisqu'un grand pré était audessus de la chaussée du pré Sainton, qui appartient en 1880 au sieur Séb. Vannier; 2° que le lieu de La Paffetière portait le nom de Pannetière, nom bien plus rationnel .
29 août 1672. Déclaration deMe André Bigot, faite auxplaids de la seigneurie de Sougé, tenus par Alex, de Bordeloy, bailli, à Messire Jacques Le Silleur, d'héritages, sis à l'Aître-Outin ou Couretterie, sous le devoir de 8 s., au regard de la seigneurie de Sougé ; de simple obéissance pour le champ de La Chédorière d'un journal, pour le champ nommé le Petit-Bénit, dans la plaine des Longrais ; du champ de La Gàtine, sous le devoir de 2 d. Il se déclare sujet du moulin blared du Gué-Ory. — Le bordage de La Couretterie en 1772, était affermé par son propriétaire, M. Bigot de Bellemare, la somme de 150 liv. et deux oies. Il Fut vendu en 1871, à un spéculateur : M. Couasnon, marchand bou-
cher, à Fresnay, fit l'acquisition des bâtiments et 'd'une partie des terres.
1675. Bail de la métairie de La Bussonnière avec le pré Beusnard, consenti par le seigneur de Sougé, au profit de Julien Billon, pour six ans, au prix de 120 liv. en argent, vingt-quatre livres de beurre en pot, quatre chapons à Noël, six poulets à la Pentecôte. Cette terre vendue nationalement au sieur Joseph Thimont, fermier alors dudit lieu, forme aujourd'hui, 1880, plusieurs bordages, pour partie, entre les mains de ses héritiers.
16 juin 1786. Sentence de la maîtrise des Eaux-et-Forôts de Perseigne à Mamers, condamnant Jean Billon, domestique de Joseph Thimont, fermier de La Bussonnière, condamné aussi solidairement à 100 liv. d'amendes, en faveur de Mme de Montesson, propriétaire dudit lieu, pour lors habitant Alençon, avec réserve de faction du procureur du Roi, pour outrage au garde de ladite dame et délit de chasse dans les bois de Roche-Moignon.
27 janvier 1675. Déclaration de Mathurin-Julien et Michel Gervaiseaux, marchands laboureurs, enfants de feu Noël Gervaiseaux,mari de Françoise Chouin, basée sur celle de leur père, à la date du 14 juin 1656, par devant Me Lefebvre, bailli, et Perdreau, greffier de la seigneurie de Sougé, à la dite seigneurie, du lieu des Chauvières, sous le devoir annuel de 10 liv. en argent, treize chapons au terme de Noël, et de ses autres héritages en frarache, sous le devoir de 29 s. 12 d.
5 octobre 1682. Sentence du bailli de Touvoie, condamnant Michel Gervaiseaux, demeurant au lieu de Coslin, en Saint-Léonard, à faire une montrée sur le lieu des Chauvières. — Celte ferme, au nord de Sougé, n'est pas sortie de la famille Gervaiseaux ; elle appartient à la petite-fille de Jacques, fille de MagloireG...,1880.
26 mars 1647. Devant Edmond Testu, notaire à Saint-Paul-le- G..., Jean Vannier-Lamotte, vend à honorable Éléonor Delelée, seigneur de La Huardière, demeurant à Averton, la moitié indivise du lieu et bordage du Gué-Ory, composé de bâtiments, du champ des Pavés de cinq quarts; du champ du Moulin, d'un
journal ; d'un pré nommé le Pavé, etc., le tout aux environs du Gué-Ory. R. Le Silleur signe après avoir reçu les rentes.
1670. Le lieu du Chênay était tenu à foi et à hommage du seigneur de Sougé, à cause de ses fiefs de Sougé et de La Monhonnière.
1679. Contrat de vente du bordage du Rocher par Mathurin Billon, mari de Jeanne Moine, et Ambroise Delinthe, mari de Marguerite Bi lion, à René Lepelletier, charron, à Assé-le-Boisne, moyennant 500 liv., avec le cens dû à la seigneurie de Sougé et à celle du Pin, relevant de la seigneurie d'Assé. Au pied de la minute se trouve l'acquit seigneurial montant à 22 liv.
2 janvier 1712. Acte de vente devant Me Urbain Pavet, notaire à Saint-Ouen, par Messire Ém.-Jacques Le Silleur, seigneur de Sougé, à René Fresnais, fermier général du prieuré de Sougé et Marguerite Bigot, sa femme, d'une portion de jardin où se trouve un puits, dans la rue aux Gelines, moyennant 25 liv. avec réserve au profit du vendeur du droit de puisage audit puils pour sa métairie de La Martinière.
8 août 1713. Contrat d'acquêt passé devant Me Julien Blanche, notaire à Saint-Paul, et M6 Jean Thimont, notaire à Saint-Georges le-Gaullier, par Me Jacques Bigot, seigneur de Bellemare, maître chirurgien, demeurant à Saint-Georges, du lieu et bordage de Hautéclair, en Sougé, relevant censivement de la seigneurie de Sougé, à l'exception d'une portion de taillis relevant de la seigneurie de Linthe, en Saint-Léonard, avec le devoir annuel de 16 liv. 17 s., 6 d. ; plus une rente annuelle de 100 s., au sieur curé de Saint-Georges, cà l'acquit du testament de feu M. Haireau, prêtre; plus 10 liv. 5 s., 6 den., à la veuve et aux enfants Godefroy, de Sougé, et 110 sols à Françoise Bury, veuve Renée Duval. Vente faite moyennant 270 liv., portant quittance de Messire Ém.-Jacques Le Silleur, et de J. Le Roux, procureur du seigneur de Linthe. En 1772, le lieu de Hautéclair était affermé 130 liv. par la famille Bigot.
15 juin 1732. Vente du champ du Gibet, d'un demi journal, par Jacques Peltier a Martin Galpin, demeurant aux Hayées,
au prix de 40 liv. Ce champ relevait censivement de la seigneurie de Sougé»
13 novembre 1736. Dans les plaids et assisses tenus au logis seigneurial de Sougé, par Me Joseph Levrard, seigneur du Fougeray, licencié en droit, bailli de ladite seigneurie, en assistance de Me René Peltier, Me René Pottier, prêtre, principal du collège de Sougé, curateur des enfants mineurs de Martin Galpin et de Louise Pottier, est condamné à rendre aveu, par déclaration, qu'il tient censivement de cette seigneurie la pièce nommée la Vigne- Ganier, d'un demi journal, sous le devoir de 7 s., 6 den., et une corvée ; un journal de terre à La Bussonnière, joignant le chemin tendant de Sougé à la Croix-Gendry, sous le devoir de 57 s. 6d., deux poules, huit boisseaux d'avoine, trois corvées ; portion du pré Gruau.
8 septembre 1746. Acquisition par Mathias Beaussé d'une maison, située sur le Placitre, de Messire Guillaume-René-François Du Bouchet, mari de damoiselle Yvonne Le Silleur, au prix de 440 liv. Cette maison a été remplacée par celle qui, présentement 1880, sert d'auberge avec l'enseigne de Saint-Martin.
12 juillet 1756. Règlement sous-seing entre Marguerite Le Silleur, épouse séparée de Messire Louis-Pierre-Joseph de Montesson, chevalier, seigneur de Douillet, dame de Sougé, Corbuzain, d'une part; Guillaume-René-François Du Bouchet, seigneur de La Forlerie, mari de Marie-Françoise-Yvonne Le Silleur, à cause d'elle, propriétaire de la métairie des Bruyères, en Sougé, d'autre part; Me René Pottier, principal du collège de Sougé, procureur de son neveu, Me Martin Galpin, ancien recteur de l'Université d'Angers, recteur de Saint-Hilaire-du-Bois , pays nantais, Me Charles Bigot, curé de Fille, se faisant fort de ses sœurs, d'autre part ; — du droit de pacage dans les bruyères du Bois-Ory, par les propriétaires de la métairie des Bruyères, par Me Martin Galpin, pour le lieu des Chatonnières ; par Me Bigot, pour le lieu de La Touzardière.
En conséquence, chacun clora sa part, les points de repère sont posés et Mmo de Mon tesson se réserve les cens et les rentes aux-
quels étaient tenus les copartageants pour le droit de pacage dont ils jouiront à l'avenir en propriété. Signé : Marguerite-René Le Silleur de Montesson, Dubouchet, Le Silleur Dubouchet, René Pottier, prêtre, C. Bigot, curé de Fille. — Aujourd'hui, les propriétés sus-énoncées n'appartiennent plus aux mêmes familles et les bruyères ont été mises en culture. Le lieu et mélairie des Bruyères fut vendu par l'Administration centrale, le 26 thermidor an VI, au sieur Baudet-Dubourg, commissaire du Directoire, au prix de 140,000 fr. Depuis, il y a eu vente et morcellement ; le noyau, avec partie des bâtiments, forme encore une ferme qui appartient, aujourd'hui, au sieur Auguste Renard-Lamare.
La métairie du Bois-Ory, appartenant à la veuve et aux enfants de Montesson, émigrés à la suite du massacre de M. de Montesson, fut vendue par l'Administration centrale, le 19 nivôse an VI, au sieur Tbibault-Desbois, Nicolas, deParis, au prix de 189,500 fr. Elle fut dépecée et, aujourd'hui, appartient à plusieurs.
1788. Les métairies de La Monlionnière, La Bussonnière et du Gué-Ory, faisaient partie du fief de Sougé.
§ 5. — Fiefs et seigneuries de Corbuzain et de Puisgné (Paigné).
Cette seigneurie la plus importante, après celle de la paroisse, reposait sur le lieu de Corbuzain et s'étendait sur de nombreux héritages au sud de Sougé, en partant de l'École-Corbin et de La Reculerie. Elle tenait dans sa dépendance les fiefs et seigneuries du Molland, de Cerisay, de Léchenay, de Fontaines et d'autres en Assé-le-Boisne ; de Cons, du Bu, de Mellay, en Fyé ; de Linthe, en Saint-Léonard. Une bonne partie des notes suivantes, puisées dans le Chartrier de Cerisay, qui m'a été ouvert avec complaisance par son propriétaire, M. le comte R. de Beaurepos, viennent à l'appui de ce que j'avance, en jetant un nouveau jour sur la famille de Sainl-Berthevin.
Avant le xiv° siècle, la famille de Sainl-Berthevin est en pos-
52 HISTOIRE FÉODAGK
session de Corbuzain el du Uef et seigneurie du Molland, en Assé-le-Boisne.
En 1409, Huet de Saint-Berthevin, le jeune, fait foi et hommage au seigneur de Si Ilé-le-Guillaume, à cause de son fief de Louzier et de Mussevilain, en Assé.
G octobre 1-457. Jehan de Saint-Berthevin fait aveu à Sillé pour pour les mêmes lieux.
De 1499 à 1575 à peu près, les officiers de la seigneurie de Corbuzain tiennent « par congé » les assises de la seigneurie du Molland, appartenant à la même famille.
1504. Edmond, frère de Jehan de Saint-Berthevin, seigneur de Corbuzain et du Molland, reçoit pour lui les aveux.
Ces amendes et remembrances des plaids sont tenus dans la maison de Jehan Teilleul, 1499, 1500 ; dans la grange de Messire Jehan Daigron, prêtre; dans la maison où se tient l'école, près le bourg de Sougé, laquelle appartient à la seigneurie de Corbuzain, 1504 : au lieu du Seureau, 1505: au Verger de l'école de Sougé, 1506 ; au lieu de La Pataudière, 1510 ; en la maison de l'École, 1512-1513, etc., par Robert Guillon, licencié en lois, bailli de Corbuzain, accompagné d'un sergent et de deux recors.
1502. Jehan de Saint-Berthevin, éeuyer, seigneur de Corbuzain. (Voir le § ierJ.
1511. Claude de Saint-Berthevin, écuver. seigneur de Corbuzain.
1511. Grand et Petit-Puisgné, les Bruyères, le champ des Martineaux, près LaFrecte, les Grattas, près les Chaussées, sont du fief de Corbuzain.
26 mars 1527. Devant Loison, notaire en la courde Bourgnouvel, vente par Samson Foucquet, à noble homme Claude de Saint-Berthevin, du champ des Rottes, de neuf journaux, sis sur la rotte à aller de Sougé à Assé, et d'une autre pièce, le champ de Lespine, à semeure de six boisseaux de blé, dans la pièce de La Couture, moyennant 561 liv.
1536. Contrat où figurent Messire de Saint-Berthevin. Jacquine de Cirai, veuve de Messire de Saint-Berthevin et Catherine de Saint-Berthevin.
20 avril 1559. « De vous noble... André Guilart, chevalier, seigneur du Mortier, d'Assé-Ie-Riboul, Lespichelières, Lisle et Valon, j'ai, Girard Dubu, seigneur de Cons et du Bu, avoué, tenir deux fois et deux hommages au regard de Cons que je tiens en foi et hommage simple du seigneur de Corbuzain... ». A la suite de cet aveu je trouve l'observation suivante : a Le Bu, qui est le nom du seigneur de Cons, qui rend cet aveu, est aussi le nom que Ton donne à un (ief imaginaire pour frustrer si Ton pouvait le seigneur de Corbuzain du droit de profiler du dépiéde fief, encouru par l'aliénation des hommages deCerisay et de Lechenay. »
26 janvier 1613. « Extrait du trésor du marquisat de Lavardin : Antoine de Boispitard, écuyer, sieur île Songé et de Corbuzain, s'est transporté au château de Malicorne,où il a trouvé... Messire Jean de Beaumanoir, marquis de Lavardin, auquel seigneur il a dit : Monseigneur, je suis fondé comme sieur de la terre de Corbuzain d'avoir l'obéissance de la terre et fief de Mellay appartenant à présent à Jean Prudbomme. Laquelle obéissance mes prédécesseurs, seigneurs de Corbuzain, ont autrefois rendue à Messieurs vos prédécesseurs, par votre seigneurie d'Assé-Ie-Biboulle, comme il a été certifié par votre procureur fiscal en votre marquisat de Lavardin, et combien que l'obéissance en suzeraineté soit revendiquée par Monsieur le Révérend évoque du Mans, à cause de sa baronnie de Touvoie, et que le procès pour raison de ladite obéissance soit pendant, et indécis au siège de la Sénéchaussée du Maine, néanmoins, je vous offre exhiber mes titres et payer les ventes et issues qui n'ont été payées par le seigneur de Hertré, mon prédécesseur, et vous otîre faire et jurer la foi et hommage pour raison de ladite obéissance directe, laquelle je vous rends en suzeraineté, pour raison du fief et domaine de Mellay (en Fyé), à la charge de me garantir vers mondil sieur du Mans; à cette lin, je venlille ladite obéissance à la somme de 900 liv. tournois. Lesquelles ventes et issues mondit seigneur le maréchal a prises... et en tient quitte le sieur de Sougé et tous les autres et lui cède ses actions féodales pour s'en faire rembourser... sans préjudice d'autres obéissances qu'il prétend lui
54 HISTOIRE FKODALE
être dues par ledit sieur de Sougé, à cause de sa terre de Corbuzain et pour les fiefs de Cons, Cerisay, Lechenay, Fontaines et autres fiefs dépendants de ladite terre de Corbuzain, pour lesquelles il proteste se pourvoir par les voies de droit, suivant les obéissances anciennes. . . et de ce que dessus avons décerné acte pour servir respectivement à mondil seigneur et audit lieu de Sougé. .. Fait au château de Malicorne, le jour et an que dessus, en présence de... Simon Boullay, sieur dudit lieu, demeurant avec ledit seigneur de Sougé... » Copie délivrée par Martineau, à Sougé, le 15 avril 1768.
15 juillet 1494. Jehan de Saint-Berlhevin, seigneur des terres de Corbuzain et du Molland, fait aveu à noble Jehan de Mathefelon, seigneur de lachàtellenie d'Assé-le-Boisne, aux assises dudit lieu tenues par Michel Leboucher pour Me Paul Querlavoine, licencié en lois, bailli, pour raison d'une pièce de terre contenant trois cents journaux, nommés les bois du Molland, côtoyant le bois de Sougé, noQimés Behier, pour partie, et partie à la tasse Colain, d'autre côté, les terres aux enfants Richard-Rimbault, un ruisseau entredeux, abouttanl d'un bout aux bois de Doucelles, appartenant au seigneur de Boisaprestre, M. de Mellay, et aux bois appartenant aux héritiers de Jacques Gouin, d'un bout à Paître de Beauvas et terre dudit lieu. « Item, mon four à ban du Molland, sis au bourg d'Assé. Par contrat passé devant Pillon, notaire à Fresnay, le neuvième jour de septembre 1459, noble Jehan de Saint-Berthevin, seigneur de Corbuzain et du Molland, vend à Jehan de Mathefelon, écuyer, seigneur d'Assé, le four à ban du bourg d'Assé, avec tous les sujets cuisants pain à icelui et l'usage à prendre bois pour le chauffage dudit four aux bois dudit lieu du Molland, où il a acouslume d'estre pris d'ancienneté. Lequel four appartenait audit vendeur et avec ce lui transporte ledit de Saint-Berlhevin tel droit etaction, part et portion comme il a et peut avoir es communes d'Assé... et ce pour le prix et somme de 45 liv. tournois, présentement payées en présence dudit notaire en 30 écus d'or valant 30 s. pièce. . . »
1574. « Par contrat en forme de transaction passé devant Au-
toine Leroy et Martin Houdayer, notaires en court royal duMans, le quatrième jour de juillet 1574, il savait que Claude de Sainl- Berthevin, père de Christofle avait vendu à Messire Etienne Chereau, le lieu du Molland pour la somme de 1,200 liv. tournois. Laquelle vendilion ledit Christofle voulait faire casser et en avait pour cette fin obtenu lettres en vertu desquelles, il avait fait appeler devant le juge du Mans ledit Chereau pour les voir entériner. Pendant lequel procès noble Pierre de Bordigné, mari de demoiselle Antoinette de Saint-Berthevin, sœur dudit Christofle, avait eu à retrait lignagersur ledit Chereau la terre du Molland. Ce que ledit Christofle de Saint-Berthevin impugnait, voulant rentrer en possession de sa dite terre du Molland, en vertu desdites lettres, soutenant avoir eu lésion au contrat de vendition que son père en avait fait et esleu par ledit de Bordigné, lesdits de Saint-Berthevin et de Bordigné étant en péril de tomber en procès accordèrent pour ladite transaction que ledit Christofle de Saint-Berthevin, fils dudit Claude, renonçait au profit dudit de Bordigné, son beau-frère, a demander aucune propriété audit lieu du Molland, consentant que ledit de Bordigné, sa femme et leurs enfants en jouissent en pleine propriété, et ce moyennant la somme de 3 liv. tournois, »
2G juin 1579. Christofle de Saint-Berthevin, seigneur de Corbuzain, défend au boulanger du four à ban d'Assé de couper du bois dans les bois du Molland, sinon en temps convenable.
21 septembre 1584. Noble homme Christofle de Saint-Berthevin, seigneur de Corbuzain, est condamné à bailler par déclaration les obéissances à la seigneurie du Molland, pour raison des bois taillis, nommés les bois du Molland, aux plaids dudit lieu tenus par Caucher Picard, bailli, licencié en lois.
25 juillet 1587. Devant Fontenelle, notaire à Sougé, noble Christofle de Saint-Berthevin, seigneur de Corbuzain, cède à Messire Charles de Brie, mari d'Anne de Mathefelon, chevalier, seigneur d'Assé, représenté par Me Paul Cesneau, seigneur de La Barre, tous les droits qu'il prétend avoir sur les bois taillis du Molland, moyennant 500 écus, payés par ledit Cesneau.
Comment la famille Corbin élait-elle devenue propriétaire de Corbuzain ? était-ce par héritage ou par achat ? Nous sommes porté à croire que ce fut par ce dernier moyen ; car Corbuzain perdit de son étendue. On voit successivement se détacher de cette seigneurie ; La Chapelle des Chardonnerets, et d'autres terres. A la mort de Marguerite Corhin qui n'eut pas d'enfants, Corbuzain perdit encore de son importance ; son possesseur, Marguerite de Boispitard, femme d'Arthur Le Si Heur, dès 1633, prend le titre de dame de Sougé, Chesniers et de Corbuzain; elle avait usé du retrait lignager. (Voir page 13.)
30 juin 1614. Déclaration d'Antoine de Boispitard, écuyer, seigneur de Souche, Corbuzain, Chesne-Sec, La Baril 1ère, à cause de damoiselle Marguerite Corbin, son épouse, à Messire Léon Pottier, conseiller du Roi en son Conseil d'État, baron de Gesvres et Fresnay, comte de Trêmes, seigneur de Courcité, La Poôlé, Saint-Léonard-des-Bois, Pré-en-Pail et de la châtellenie et seigneurie d'Assé-le-Boisne, de foi et hommage simple, au regard de ladite châtellenie d'Assé, pour raison du domaine et métairie deMusevilain, sous le devoir annuel, à la recette d'Assé, au terme d'Angevine, de Ils. 11 d. tournois.
Dans un acte de partage, du 17 février 1578, des biens d'André Mellet et de Françoise Corbin, en cinq lots, Jehan Corbin, seigneur de La Bigottière, demeurant à Saint-Mars, père de Marguerite, femme d'Antoine de Boispitard, obtint le cinquième lot, composé de la métairie de Musevilain, du moulin de Rance et de l'étang déjà en pré, du lieu de Beauregard, enPiacé, près de Beaumont.
13 octobre 1635. Sentence rendue par Antoine Chauvin, seigneur du Sureau, licencié en droit, bailli et juge ordinaire d'Assé, contre Jacques de Mellay, chevalier, seigneur de Cerisay et Jehan de Mellay, écuyer, son frère, en faveur de Gilles de Bordeloy, prêtre, seigneur de La Girardière (qui est remis en possession de Musevilain, du moulin de Rance et du pré de Folleton), et dame Marguerite de Boispitard, veuve d'Arthur Le Silleur, héritière unique de feu Antoine de Boispitard, seigneur de Sougé, son frère.
HISTOIRE FEODALE Oi
Après la famille de Saint-Berthevin, les Corhin, les 'de Boispitard,puis les Le Silleur, prennent le titre de seigneurs de Corbuzain. Le lecteur trouvera beaucoup de détails sur les seigneurs dudit lieu à L'histoire féodale de Sougé, en parlant de François de Boispitard, seigneur de Sougé, qui, en 1571, était au nombre des gentilshommes qui défendaient Domfront pour Montgommery.
Pesche nous apprend que Marguerite de Boispitard, bellesœur de Marguerite Corhin, fut taxée, en 1638, à fournir un piquier au rôle de l'arrière-ban de ladite année, pour la terre et seigneurie de Corbuzain.
Extraits de déclarations au fief de Corbuzain et de ventes d'héritages relevant de ladite seigneurie :
1581-1624. Les héritages de La Mare doivent la rente de 23 s. 3 d., à l'Angevine, deux gants, à la Toussaint, six cochets, à la Pentecôte. Je vais citer les principales déclarations: celle de René Seichet, pour le champ de l'École; de Me Jean Gayet, prêtre, 1581, comprenant une maison, cave dessous, chambre haute, un jardin devant, une grange, le quart du jardin du Puits, la tierce partie du jardin du Cormier, sur la ruelle allant au champ Dorase;un lot, au clos des Fresches, demi journal au champ de l'École, etc. — Autre rente en frarache de 11 s. et trois corvées à faner, à vendanger et biener au moulin des Suhardières, moulin banal de Corbuzain ; — le champ du Gros-Chêne doit 3 s. de rente; — le champ de La Bourbe, 2 s. ; — un journal de terre aux Chédorières, 2 s. ; — le champ Chàlon ; — le jardin de derrière, sur la ruelle de l'École, à Pierre Gayet, en 1624; — les vignes de La Mare, etc.
Dans ces titres mention est faite de la ruelie du champ de l'École, du champ de l'École, ce nom est venu du voisinage d'une maison où était l'École. Depuis bien longtemps l'école de Sougé existait, même avant 1500, dans le lieu où Marguerite Corhin, par son testament, en 1631, permit de reconstruire un nouveau bâtiment.
15 février 1615. Assignation lancée contre Me Pierre Morin,
prêtre, procureur de la fabrique de Songé et le curé dudit lieu, en retard dans la reddition de la déclaration de certains héritages, au regard de la seigneurie de Corbuzaiu.
1615. Le champ de La Tuaudiére, d'un journal, dans le Rigaire, doit audit fief une couple de chapons, au jour de Noël.
12 juillet 1641. Acquisition du champ des Plantes d'un journal et demi, proche le village de La Mare, par Messire Mathurin Chouin, chanoine de l'église cathédrale de Saint-Polde-Léon, gouverneur de Lamballe, curé de Sougé, moyennant 200 liv. payées en pistoles d'or d'Espagne, écus d'or et quart d'écus de 20 s. de poids. Ledit champ relève de Corbuzain sous le devoir de 2 s. de rente.
6 janvier 1657. Acte de vente du lieu et du bordage de la Haute-Bouglière et de la Trouesse par Jean Boistard au profit de Jean Lemoine, moyennant 950 liv. Le vendeur, mari de Marthe Lemoine, demeurant à Saint-Léonard, sous-fermier de la terre de Saint-Léonard, poursuivi par Pierre Lucas, seigneur des Noyers, fermier et receveur général pour le duc de Tresmes, de la terre, fief et seigneurie de Pré-en-Pail, pour des arrérages, dut vendre les deux héritages afin de se libérer, à M. Jean Lemoine, seigneur de la Chesnaie, demeurant à Paris, neveu de Messire Mathurin Chouin, prieur commendataire de Saint-Mathieude-Morlaix, conseiller et aumônier ordinaire du Roi, demeurant à Sougé, chargé de sa procuration.
Je cite quelques parties : le champ de Derrière, joignant d'un côté le chemin tendant de la Croix au Ladre à Monnay, aboutissant sur le chemin de Fresnay au Gué-Ory ; le pré Petiot, d'une hommée, joignant le chemin de la Croix au Ladre à Monnay ; deux journaux de terre à prendre dans le champ du Froc ; trois quarts de journal dans le champ de laVigne-Garnier; le petit pré des Mottais, d'une hommée, joignant le grand pré des Mottais appartenant aux hoirs de Claude Rebours.
29 août 1672. Déclaration des biens de la fabrique, par le procureur, aux plaids de la seigneurie de Corbuzain, tenus au lieu de l'École, par Alexandre Bordelay, licencié es-droits, bailli
de ladite seigneurie ; 1° la pièce de l'Angotière ; 2° le champ Moranne, aboutant au Poulier de Corbuzain, d'autre bout le chemin tendant du Gué-Ory à Fresnay, d'un bout la terre du seigneur de La Croquerye, à cause du lieu de Launay, sous le devoir de 8 d. de rente et d'une chandelle à la Chandeleur ; 3° le champ de la Blanchetière ; 4° La Poulinière, pièce de terre côtoyant le chemin tendant du Repouzouer au bois de Corbuzain, à raison desquelles choses il est dû obéissance.
22 octobre 1682. S'ensuit la déclaration des choses héritaux que André Bigot, maître chirurgien, demeurant à Sougé, tient et avoue tenir censivement de M. Monseigneur Jacques Le Silleur, écuyer, seigneur de la terre, fief et seigneurie de Sougé, à cause de sa seigneurie de Corbuzain, les héritages qui suivent : 1° au lieu de La Mare, une maison, « sur le chemin à aller à la fontaine et douet Dorase auquel j'ai usage de puisage et d'abreuvage pour moi et mes bestiaux ; etc. »
23 mai 1702. Achat de la Trouesse, de Jean Lemoine, par M. André Bigot, maître chirurgien, moyennant 40 liv. de rente et la somme de 800 liv. en amortissant. En 1772, la Trouesse était louée 94 liv. et 2 oies grasses, par M. Bigot de Bellemare, demeurant à Paris, rue Gaillon. Il possédait le bordage de La Mare, loué 142 liv. et relevant de Corbuzain.
Le moulin des Suhardières était le moulin banal de la seigneurie de Corbuzain. Il fut vendu comme moulin à foulon par la Nation, le 14 messidor an IV, à Etienne Guéranger, pour le prix de 2,396 liv. M. Roussel, maître des forges de la Gaudinière, ayant encombré le lit de la Sarthe par le nettoyage d'une butte de sorne ou scorie qu'il soumettait ensuite à la fusion, dut acheter, en 1865, ce moulin, un prix probablement inférieur à celui de l'indemnité qu'il aurait payée à la famille Guéranger. Des mains de M. Roussel, ce moulin est passé dans celles de deux propriétaires successifs. Dans tous les cas, il a été métamorphosé en pilerie à chanvre et en moulin à farine.
La métairie du Hayaume, sise au-dessus dudit moulin, faisait aussi partie des domaines du lief de Corbuzain. Dans les partages
du 12 avril 1787, après la mort de Mme de Monlesson, sa fille, femme de M. le comte de Vaux, obtint le Hayaume qu'elle ne tarda pas à vendre. Cette ferme appartient aujourd'hui à M. Jules Gervaiseaux.
Présentement Corbuzain est divisé en plusieurs corps de bâtiments, occupés par des cultivateurs. Il reste peu de vestiges de l'ancienne maison seigneuriale. La fuie, la tasse, la garenne et l'étang ont disparu. Assurément, le site n'a rien de séduisant dans cette vallée humide.
Le 18 messidor an IV, l'administration centrale du département vendit le lieu et la métairie de Corbuzain aux sieurs Pierre Douet et Julien Dioré, pour la somme de 32,588 liv. 8 s.
Puisgnè (Paignê).
Puisgné alias Paigné, comme son nom l'indique, était ou devint l'apanage du puîné de Corbuzain, lorsque ce domaine était dans la famille de Saint-Berthevin.
1554. Jacques Chapelain, officier à la prévôté du Mans, possédait la Courbe, More, etc. Dès 1621, Puisgné était réuni à la seigneurie de More.
22 avril 1596. Un contrat d'acquêt fait par Mathurin Bigot, d'une maison, située au lieu des Hantelles, porte qu'elle relève du fief de Puisgné.
En 1621, Puisgné appartenait à Jeanne-Jacqueline de Laval, des seigneurs de Lezai, dame de More et femme d'Honorat d'Assigné ; en 1652, à Messire Louis Du Bellay, chevalier, seigneur des Buards en Anjou, mari d'Anne d'Assigné. Dans les années 1680, 1683, il passe des baux au nom de son fils Charles et de sa fille Anne-Madeleine, décédée en 1680.
En 1789, Messire Quillet de Fontaine, en Assé, possédait les métairies de Puisgné, en Sougé, et de La Métairie, en Douillet. Un de ses ancêtres avait donné le lieu de Launay pour doter la chapelle de Saint-Joseph, en l'église de Monsort. M. Chevalier fit
l'acquisition de Puisgné vers 1820 ; une de ses filles la possède encore en 1879.
17 janvier 1690. Devant Urbain Deshaies, notaire à Douillet, Guillaume Leverard, seigneur du Ronceray, époux de Marie Cormaille, fermier général de la terre, fiefs et seigneuries de More et Puisgné, demeurant au logis seigneurial de More, en Douillet, consent un bail de neuf ans, de la Petile-Courteille, en ladite paroissse, en faveur de Michel Leroux.
10 novembre 1699. Devant Jacques Pavet, notaire à Fresnay, dame Hardouine-Françoise de Bressin deMéré, épouse de Philippe deCordouan, chevalier, marquis de Langey, procuratrice et nièce de dame Suzanne de Neuillan-Parabère, veuve du maréchal et duc de Navailles, consent un bail de la terre de More, moyennant 1,600 liv. payables en deux termes, chaque année, en faveur de dame Marie Cormaille, veuve de Guillaume Leverard, seigneur du Ronceray, demeurant à Assé. Ce bail comprenait la terre de Puisgné, La Métairie, La Bergerie, la métairie du Souillet, le domaine de More, le moulin, sujets et moutaux, rivière, garenne, bois, cens, rentes, issus, amendes et tous autres profits, à l'exception de la terre, fief et seigneurie de la Courbe, réservée au profit de ladite maréchale, par retrait féodal. Par contrat de vente de ladite terre de More par les notaires du Châtelet de Paris, à la date du 19 avril 1689, Messire Charles Du Bellay, chevalier, non profès de l'Ordre de Saint-Jean-de-Jérusalem, vend à dame Suzanne de Neuillan-Parabère, duchesse de Navailles, lesdites terres pour 21,794 liv. ; mais avec la faculté de réméré en remboursant ladite somme.
En 1700, la duchesse d'Elbeuf, légataire universelle de sa mère la duchesse de Navailles, eut de grandes difficultés pour demeurer en possession de More. Cette terre fut saisie, et, par suite, morcelée et vendue.
§ 6. — Droits et Privilèges.
Avant de quitter la vieille société, il est important de définir certains droits ou privilèges qui existaient autrefois ; je vais les passer en revue dans l'application concernant l'histoire de Sougé.
Un fief en latin feodum était un immeuble, un bien-fonds, à la possession duquel étaient attachés des droits et des prérogatives utiles et honorifîques,qui s'exerçaient sur des possesseurs d'autres immeubles, sur la population d'un territoire. En France, et spécialement dans le Maine où l'on admettait la maxime : Nulle terre sans seigneur, toutes les terres généralement étaient dans le régime féodal. (Essai sur le régime féodal).
Le propriétaire du fonds était le seigneur. Les terres composant son domaine, et les droits inhérents, formaient un tout indivis, quelquefois indivisible, qui était son fief; il était seigneur du fief de... et seigneur des propriétaires soumis à des droits envers ce fief. Ceux-ci étaient les vassaux, les sujets, les hommes, les tenanciers du fief de...
Pour exprimer que le propriétaire d'un fonds était assujetti à des droits envers celui d'un autre fonds, qu'il était son vassal, son tenancier, etc, on disait qu'il relevait de tel fief, que sa terre était dans la mouvance de tel fief, qu'il tenait sa terre de tel seigneur. C'était la tenure féodale.
Il y avait des degrés et une subordination dans les fiefs. Le propriétaire ou seigneur qui avait des vassaux était lui-même vassal d'un autre seigneur. Le supérieur était leur seigneur suzerain ; ils formaient l'arrière-fief de celui-ci ; ils étaient ses arrière-vassaux.
Le fief inférieur était le fief servant ; le supérieur était le fief dominant.
Ces degrés formaient une chaîne, dont le premier anneau était le Roi, seigneur dominant, sans être dominé. Si le Roi possédait un fief auquel étaient attachés des degrés inférieurs de seigneuries,
tous les arrière-vassaux relevaient de lui, par le moyen de son fief de... Mais il y avait telle chaîne de seigneuries dont le fief le plus élevé n'appartenait pas au Roi. Il relevait cependant de la Couronne. Ce fief relevait du château du Louvre ou de la grosse tour du Louvre, expressions synonimes de la Couronne.
Les immeubles étaient divisés en terres hommagées et terres censives. Les premières relevaient à foi et hommage de tel fief, et leurs possesseurs étaient plus spécialement appelés vassaux. Les secondes relevaient censivement et leurs possesseurs étaient des censitaires.
La terre censive ou roturière ne conférait à son propriétaire aucun droit, aucune prérogative. Dans les familles non nobles, elle se partageait sans droit d'aînesse. En conséquence, la terre censive avait plus de valeur que la terre hommagée.
Pour l'intelligence de ces définitions donnons un exemple : la terre de Beaumont était un immeuble composé d'un château et de domaines.
La possession de cet immeuble conférait à son propriétaire des droits et des prérogatives honorifiques sur les possesseurs d'autres immeubles situés dans ses environs. L'ensemble du territoire qu'occupaient les vassaux composait la mouvance du fief de Beaumont ; Fresnay formait un fonds qui relevait de Beaumont. Alors chaque propriétaire qui relevait du seigneur de Fresnay pour tel fief ou seigneurie, tenait de lui et de son fief. Cette tenure était à foi et hommage, féodale, noble ; ou bien elle était censive, roturière, selon que ce fonds était hommage ou censif.
La terre de Sougé était un immeuble composé aussi d'un château et de domaines. C'était un fief relevant de Fresnay. Les tenanciers et sujets du seigneur de Sougé composaient son fief servant ; ils étaient l'arrière-fief, les arrière-vassaux du seigneur de Fresnay. Celui-ci était leur suzerain ; son fief, à l'égard de celui de Sougé, était le fief dominant.
La baronnie, vicomte de Fresnay relevait anciennement de Beaumont, grand fief. Le siège royal de Fresnay fut installé le 15 décembre 1597.
On appelait Francs-aleux lesimmeublesnoblesou roturiers trèsrares qui ne relevaient d'aucun seigneur et qui étaient exempts de tout lien féodal, de tous droits féodaux. Dans lesCoutumesduMaine et d'Anjou, il n'y avait qu'un franc-aleu imparfait ; le propriétaire était dit tenir d'un seigneur, quoiqu'il ne lui dût rien, et il était obligé de venir une fois pendant la vie de chaque seigneur lui déclarer qu'il tenait sa terre en franc-aleu.
Les droits seigneuriaux étaient réels ou immobiliers, attribués à un immeuble et non à une personne. Si le seigneur abdiquait sa propriété, tous les droits utiles, toutes les prérogatives passaient à son successeur; il ne lui restait que la considération personnelle due à sa naissance ou à son mérite.
La servitude personnelle ne procédait pas de la féodalité. Elle avait d'autres sources et était d'une nature différente du vasselage.
L'esclavage existait chez les Germains et les Francs, chez les Gaulois avant et sous le régime des Romains ; il subsista en France pendant plusieurs siècles de la monarchie. Il y produisit les dénominations de serfs, gens de main-morte, hommes de pôte, mortaillables, etc.
Remarque importante, c'est qu'on ne voit dans les Coutumes, qui étaient nos codes féodaux, aucunes peines corporelles, établies contre les vassaux et sujets, pas même pour le refus des corvées. Elles infligent seulement des amendes et des confiscations de revenus ou même de fonds. Les lois non écrites de l'honneur y ajoutaient au besoin leur sévérité.
Les droits du seigneur étaient perpétuels. Le tenancier n'avait pas la liberté de les effacer en payant une indemnité.
Les actes de reconnaissances des vassaux et sujets avaient au fond le même objet ; les omissions exposaient à des amendes et même à la confiscation des parties non déclarées.
L'intégrité du fonds dans la mouvance du fief avait été jugée si importante que plusieurs Coutumes (celle du Maine, art. 7), autorisaient, parfois, le seigneur à exiger que le sujet lui en fit la montrée (au doigt et à l'œil).
Ces reconnaissances composaient un régime hypothécaire, peut-être plus parfait, plus sûr pour le créancier, que celui de notre législation moderne. Pour les rendre plus vraies et plus parfaites, la plupart des seigneurs faisaient lever des plans et dresser des cartes topographiques de leur territoire. Cet usage, particulièrement pratiqué en Anjou vers le milieu du dernier siècle, commençait à s'étendre dans le Maine. Aujourd'hui l'application du cadastre n'est que le développement des essais particuliers du siècle dernier.
Les actes ou obéissances féodales avaient des formes d'un style différent pour les terres hommagées et pour les terres censives. La terre hommagée devait deux obéissances : d'abord, la prestation de foi et hommage, et ensuite l'aveu et dénombrement. La lerre censive ne devait qu'une déclaration censive avec dénombrement.
Le seigneur tenait ses assises pour recevoir les obéissances, et plus souvent ses officiers d'assises les recevaient en son absence, dans la maison seigneuriale, chez eux ou dans une maison quelconque.
Ceux qui possèdent encore les vieux titres de leurs corps d'héritage y trouveront des copies de ces diverses espèces d'obéissances. Ces documents conservent une grande utilité pour les intérêts privés, pour les servitudes réelles, l'existence de chemins d'exploitation, ou même publics, les limites des terres, les généalogies, etc.
Il est bien regrettable que le chartrier de Sougé ait été brûlé pendant la Révolution ; l'histoire locale, surtout pour les siècles assez reculés, perd sa base la plus solide. Il faut remarquer que les titres des petites propriétés et des fiefs peu considérables, comme celui de Sougé, remontent rarement au-delà de l'an 1400.
Lorsque le sujet vendait son immeuble, l'acquéreur payait au seigneur le droit de lods et ventes, appelés communément les ventes. Dans le Maine, il était le même pour les terres hommagées et pour les terres censives. Dans d'autres, il y avait le quint pour les terres hommagées et les lods et ventes [tour les censives.
Les ventes étaient le plus considérable des profits du fief.Dans le Maine, c'était le onzième du prix. Dans quelques cantons, on payait les ventes et issues, ou doubles ventes, le sixième du prix. Assez souvent, les seigneurs faisaient sur ce droit une remise, du cinquième du tiers, et même plus, ordinairement motivée, en considération de l'acquéreur. Courtoisie qui avait pour effet de faciliter et de multiplier les contrats de vente.
L'acquéreur devait exhiber son contrat dans la huitaine de sa date, sous peine d'amende pour ventes recelées, de 6 den. à 60 s. mançais, selon le retard. Au surplus, il était intéressé à demander sans délai l'agrément du seigneur, qui avait le droit de préférer le retrait féodal. En vertu de ce droit, le seigneur pouvait retirer des mains de l'acquéreur l'immeuble relevant de son fief, qui avait été vendu par le sujet, et en prendre la propriété pour luimême en remboursant le prix et tous les frais.
Dans la coutume du Maine, il s'exerçait également sur les terres hommagées ou féodales, et sur les terres censives ou les rotures. C'est indifféremment le retrait féodal ou seigneurial.
Les principales règles en cette matière étaient : 1° Le seigneur était exclu de son droit et réputé y renoncer en agréant la prestation de foi et hommage, en recevant les lods et ventes de l'acquéreur. Un délai d'un an et jour, à partir de l'exhibition du contrat, demeurait au seigneur pour se déterminer entre le profit des ventes et le retrait ; 2° Les parents du vendeur étaient préférés au seigneur; le retrait féodal disparaissait devant le retrait lignager; 3° Le seigneur pouvait céder à autrui son droit de retrait. S'il en avait usé, il pouvait, quand bon lui semblait et sans observer aucun délai, revendre l'héritage retiré.
Les produits du fief étaient, les uns fixes et annuels, les autres casuels et indéterminés, tels que les ventes, le rachat, profits ou aventures du fief et droit de billette.
Au commencement du xvie siècle il y avait une billette ou droit de péage sur le chemin du Gué-Ory et sur celui des Vallées, aux Pruniers. Ce droit ne devait pas rapporter beaucoup au seigneur, et insensiblement il dut tomber en désuétude comme à Fresnav.
Le 18 septembre 1751, François Leblanc, entrepreneur d'ouvrage à Fresnay, et Louis Barat, aussi entrepreneur à Beaumont, sont nommés d'office par le Tribunal pour observer les droits de billette de la ville de Fresnay et marchés en dépendants, de Beaumont, elc. Ces droits produisent à Fresnay 12 liv. par an ; les particuliers refusent de payer ce droit à Fresnay aussi bieû qu'ailleurs, et il faudrait autant de procès que de récalcitrants, de sorte que le fermier de la billette ne perçoit de droits que de ceux qui sont de bonne volonté... « Quantité de personnes ont dit au fermier qu'ils payeront quand les ponts et chemins seront faits... » Rien ne se faisait, tout était en mauvais état.
La rente due par le fonds censif avait le nom spécial de cens. Celle due par le fonds hommage était nommée devoir ou service ; on disait 12 den. de devoir, 12 den. de service. Les prestations et redevances des fonds hommages étaient souvent d'une espèce plus distinguée : un épervier à voler le merle, une messe de service, mie paire d'éperons blancs ou dorés, des gants blancs, faire la bouche et les mains du seigneur, un chapeau de boutons de roses de trois rangs, une chaufferette neuve, pleine de charbon allumé la nuit de noël à heure de matines sur la tombe de Clermont dans l'église de Segrie ; le prieur de Pezé doit à René de Courtarvel : « à Noël, Pâques et la Toussaint, deux, pots de vin blanc sain et net, tenant chacun pot deux pintes, une Masse de pain du prix de 2 den. tournois, deux chandelles de cire ardente, le tout de devoir à chacune desdites fêtes, lequel devoir doit présenter devant moi mon fermier ou commis à issues des grandes messes desdites fêtes, à l'heure du premier mets de mon dîner, et celui qui présente ledit devoir doit avoir sur la tête un chapeau de fleurs ou de verdure suffisamment beau et honnête et souliers à simples semelles. »
Les corvées étaient des journées à faner le foin, à scier et battre les grains, des charrois au profit du seigneur. Elles n'étaient exigibles qu'en vertu de titres positifs. Les amendes et la saisie féodale étaient les voies de contrainte. Quelques auteurs ont cru que les corvées des vassaux avaient contribué à la construction
des anciens manoirs, des tours et des fortifications avec douves ou fossés, je n'ai point rencontré de titres à l'appui de cette idée ; la législation est également muette. Par contre, en temps de guerre, il y avait des réquisitions et pour exemple : « Le lor juillet 1592, le procureur de la fabrique de Fyé alla à Fresnay pour supplier le seigneur Dumesnil, gouverneur, pour excuser les paroissiens dudit Fyé de ce qu'il n'avoient pas trouvé pyonyers pour travailler aux fossés du château. »
Dans le Maine il y avait trois banalités qui sont celles du four, du moulin et du pressoir. A Sougé, le four était dans le milieu du bourg, en face du placitre, aujourd'hui il appartient à la veuve Denis Olivier, boulangère ; le moulin du Gué-Ory était le moulin banal de la seigneurie de Sougé ; celui des Suhardières appartenait à la seigneurie de Corbuzain ; celui du Tremblay, à la seigneurie de la Chapelle des Chardonnerets jusqu'en 1532, époque où il fut détruit pour favoriser la forge de La Gaudinière. Le seigneur avait le droit de contraindre ses sujets à se servir exclusivement de ces établissements, ce qui lui formait des revenus de quelque importance.
Dans les anciens temps de pauvreté, les sujets, ne pouvant faire les frais de construction et d'entretien, les seigneurs s'en chargèrent, sous la condition d'un privilège exclusif en faveur du fief, sans besoin d'un titre spécial.
Le seigneur astreignait ses sujets à son moulin, lorsque leur maison n'en était pas éloignée de plus d'une lieue. « Lieue de moulin, dit notre coutume, art. 23, doit contenir mille tours de roue, ayant ladite roue quinze pieds de tour et de circuit, par dehors. » Le droit de mouture était réglé par l'usage au seizième du blé donné à moudre. Les moulins s'affermaient pour une somme d'argent et des redevances. Le prix de mouture ou mieux le droit de moudre était ainsi réglé à Beaumont en 1540 : « Il sera tenu payer le déchet au poulce en la manière accoutumée, sera tenu ledit fermier avoir et tenir de grandes balances pendues et y avoir poids pour y peser lesdits grains davant que de es mouldre et en rendre la farine en pareil poids sans aulcune
diminution fors un seizième que ledit meulnier pourra prendre et non plus, pour son droict de moulle. »
Le fief dominant n'avait pas le droit de moulin au préjudice du fief servant ; ainsi le moulin des Suhardières dépendant du fief de Corbuzain, était indépendant du fief suzerain. Les moulins à draps ou à foulon pouvaient aussi être banaux. Quelque temps avant la révolution le moulin blaré des Subardières fut converti en moulin à foulon.
La coutume du Maine donnait le droit de banalité pour les pressoirs à vin ; elle le refusait pour les pressoirs à cidre, par la raison, sans doute, que le pommier à cidre n'était pas encore connu au temps de l'origine des fiefs. Les clos de vignes assez communs cà Sougé, dans les Beaux-Chênes, Gallerans, etc., au xve et xvie siècle, ont disparu depuis longtemps. Dans l'acte de fondation de la prestimome, de La Clialonnière, du 6 février 1554, il est parlé d'un pressoir à cidre.
On appelait mains-mortes ou gens de main-morte, les possesseurs d'immeubles qui avaient une propriété perpétuelle et non individuelle de leurs biens, tels que: les titulaires du prieuré, de l'École, de La Clialonnière, du Chesnay, de La Guyardière, etc., en Sougé. Pour acquérir ils étaient obligés, d'abord d'obtenir la permission du Roi et de lui payer un droit d'amortissement ; et ensuite de payer au seigneur du fief un droit d'indemnité fixé à trois années du revenu. Après ce paiement ils restaient soumis à tous les autres droits féodaux étrangers à la mutation de propriété, notamment au rachat, si le fonds était hommage.
Dans quelques titres, j'ai vu les seigneurs de Sougé s'intituler avec basse, moyenne et haute justice ; mais en réalité, dans les derniers temps, ils n'exerçaient que la basse justice. Pour donner une explication des noms des champs de la Potence et du Gibet qui existent, l'un près de Corbuzain, et l'autre, sur le vieux chemin de la forge de La Gaudinière, on est obligé d'accorder à la seigneurie de Sougé et à son annexe la moyenne et haute justice.
La basse-justice était la justice foncière ; elle appartenait à tout
propriétaire d'une terre hommagée, noble et féodale. Il pouvait citer devant lui ses sujets, les condamner aux amendes de coutume pour ses droits et devoirs non faits et non payés. Il faisait mettre les bornes entre les héritages de son territoire. Il connaissait des affaires civiles, réelles, possessoires et pétitoires, etc.
La moyenne-justice connaissait les matières de la précédente, s'étendait à toutes les affaires civiles, réelles ou personnelles et pouvait donner tutelles et curatelles. Elle connaissait de tous les simples crimes, mais qui pouvaient entraîner la mort. Elle avait gibet à deux piliers, à liens par haut et par bas, par dedans et non par dehors.
Le simple haut-justicier, outre la compétence civile et criminelle du moyen et du bas-justicier, connaissait de quelques autres crimes plus graves, mais pas de tous. Il avait gibet à deux piliers, à liens par haut et par bas, dedans et dehors.
Le seigneur-châtelain avait la haute-justice au plus haut degré, la compétence, non attribuée aux degrés précédents, des crimes appelés grands cas. Il instituait des notaires, faisait des règlements de police, etc. 11 avait trois piliers à son gibet.
Le seigneur de Sougé qu'il faut ranger parmi les bas-justiciers avait un procureur-fiscal et un greffier, formant un petit tribunal dont les séances s'appelaient les Assises du fief, avec un ou plusieurs sergents ou huissiers. Ces officiers étaient nommés par le seigneur. Leurs jugements, rendus dans les bornes de leur compétence, avaient l'authenticité et les effets de ceux des autres tribunaux. Quant au lieu de la tenue des assises, un auditoire n'était pas nécessaire ; elles devaient se tenir dans la maison, le château ou dans toute autre maison de ses sujets par lui désignés.
§ 7. — Impôts avant la Révolution.
En 1789, la France était divisée en trente et une généralités. Chacune avait un intendant, dont les attributions étaient analogues à celles de nos préfets aujourd'hui.
Les gouverneurs des anciennes provinces ne possédaient qu'un titre honorifique. Vingt de ces généralités appartenaient aux pays dits d'élections ; quatre des pays depuis peu réunis à la France, et sept aux pays d'États.
Le principal privilège des pays d'États, tels que la Bretagne, le Languedoc, la Navarre, la Bourgogne, etc., consistait dans le droit d'asseoir, par leurs députés, les impositions mises à leurs charges.
Les pays d'Élections, au contraire, étaient directement imposés par le Conseil du Roi, qui déterminait la quote-part de chaque province, tous les ans, dans un état appelé Brévetgénéral, lequel comprenait la Taille, la Capitation et le Vingtième. Ils étaient, en outre, soumis à toutes les autres taxes établies par les ordonnances royales.
Ces impôts étaient perçus, dans chaque paroisse, par des collecteurs nommés parmi les propriétaires ou les cultivateurs. Une remise leur était accordée, suffisante dans les paroisses riches ; mais clans les paroisses pauvres les frais dépassaient les remises, et la charge des collecteurs devenait onéreuse et ouvrait la porte à toute sorte d'abus.
Les pays d'Élections, comme le Marne, se trouvaient soumis au régime monarchique absolu : ils étaient, disait-on, taillables et corvéables à merci, c'est-à-dire que le Roi pouvait lever toutes les contributions qui lui paraissaient nécessaires.
Les collecteurs des contributions étaient nommés, comme le procureur syndic et le procureur de la fabrique, par le général des habitants. Toutes les délibérations d'intérêt public, qui étaient assez fréquentes se prenaient dans le cimetière, à l'issue de la messe paroissiale, les principaux habitants dûment convoqués au son de la cloche, et huit jours après une publication faite du haut de la chaire. De ces assemblées où, les notables du lieu figuraient particulièrement, et où tous les chefs de famille au moins se trouvaient couvoqués, il résultait un procès-verbal dressé par le notaire.
Il suffit de relever les procès-verbaux des assemblées provin-
ciales tenues en 1787, pour apprendre en chiffres officiels jusqu'à quel point le fisc peut abuser des hommes qui travaillent, en ne considérant que l'impôt direct, tailles, accessoires, capitation laillable, vingtièmes, taxe pécuniaire, substituée à la corvée. Si la propriété taillable doit produire; le taillable qui est sans propriété n'est pas oublié. A défaut de la terre, le fisc saisit l'homme ; à défaut de revenu, il taxe le salaire.
En voyant fonctionner cette machine à tondre, mal agencée, on est surpris de voir les taillables, employés comme instrument final, dans l'obligation de se tondre et de s'écorcher eux-mêmes. Dans chaque paroisse, il y en a deux ou plusieurs, qui, sous le nom de collecteurs, sont tenus de répartir et de percevoir l'impôt. Cette charge est considérée comme très-onéreuse ; chacun ne marche que par contrainte. Parfois, ils sont jetés en prison aux frais de la paroisse. On procède contre eux et contre les contribuables par établissement de garnisons, saisies, saisies-arrêts et ventes de meubles.
29 mars 1588. Me Jérôme Chotard, prêtre, lègue dans son codicile 26 écus aux habitants d'Assé, à l'effet d'aider les collecteurs dans la perception de la Taille. « Ayant bonne connaissance et longue expérience des grandes pertes qui adviennent, chacun an, à ladite paroisse d'Assé par faute de payer le premier quartier de la Taille au jour qu'elle est due, et ce, parce que plusieurs fois les collecteurs n'ont eu le loisir d'icelle recevoir et resserrer dont adviennent plusieurs frais par les courses des sergents... ledit Chotard a donné et légué la somme de 26 écus deux tiers revenant à la somme de 80 liv. 1 s... en fondation perpétuelle audit général des habitants... »
Nous avons trouvé dans les registres des fabriques plusieurs mentions de ce genre ; elles viennent à l'appui de ce que nous venons de constater.
Les archives de la fabrique d'Assé renferment 15 cahiers des tailles et impôts pour les années 1600 à 1614. Ces documents nous édifient sur ce qui nous occupe présentement.
1600. Les paroissiens ont été taxés à 135 écus pour portion de
la grande Taille ; à 20 liv. 5 s. pour les gages des collecteurs, etc., quatre cent quatorze noms figurent parmi les imposés. Les gens d'église et les nobles de la paroisse sont exemptés.
19 janvier 1600. Taux et égail de 17 écus 18 s. pour portion du Taillon.
19 janvier 1600. Taux et égail de 12 écus 5 s. pour portion de la créance du Provôt des marchands.
9 février 1600. Égail de 76 écus 13 s. pour part de la Grande Recrue.
9 février 1600. Égail de 6 écus 30 s. pour contribution d'achat de poudres et de boulets...
26 février 1600. Égail de 6 écus 6 s. pour augmentation de Taille.
7 mai 1600. Égail d'une Taille de 27 écus 3 s. 6 d., de plus, payer les collecteurs, la vérification, les quittances, etc.
En additionnant les sept répartitions de l'année 1600,on arrive à un chiffre respectable. Ajoutons les dîmes, les devoirs, rentes, corvées, droits de rachat, etc., nous verrons que du temps du « bon Roy Henry », il fallait payer des impôts tout aussi bien qu'aujourd'hui.
1602. Assé paye 2 écus 35 s. pour les réparations du pont de Bessé ; 138 écus 18 s. pour la grande Taille; 63 écus pour dépenses de guerre ; 29 écus 8 s. pour portion du Taillon ordinaire de la gendarmerie, etc. ; 2 écus 18 s. pour part de 226 écus 25 s. destinés à la réparation du pont de Pontliève (Ponllieue) ; 5 écus 24 s. pour part de 12,807 écus 42 s. 6 d. « pour la continuation de l'imposition et levée de la créance extraordinaire de 3 s. pour écu, destinés aux réparations des rivières de Loyre et Le Cher, pour le temps de six ans consécutifs... »
28 janvier 1603. Égail de huit vingt dix livres, 15 s. pour part de la somme de 75,680 liv. «... pour l'introduction en establissement de Soyes en ce royaulme planter des mûriers pour la nourriture des vers... »
8 janvier 1608. Égail de 430 liv. tournois, portion de la somme de 211,000 liv. pour la Grande Taille, à l'elfel de couvrir la solde
74 HISTOIRE FEODALE
des officiers, des provôts des maréchaux, les frais de recouvrement des deniers, taillon... — 21 janvier. Égail de 86 liv. pour portion de la somme de 35,532 liv. 3 s. 8 d. pour le Taillon etParisis d'icelui... avec 7 liv. 16 s. pour signature de MM. le président, lieutenant et élus; plus 7 liv. 14 s. pour frais. — 24 janvier. Égail de 193 liv. pour part de 77,100 liv. pour le paiement des garnisons... etc.
1614. Égail de 490 liv. pour part de 211,300 liv. de Taille.— Égail de 239 liv. pour divers. — Égail de 98 liv. 14 s. pour le taillon ordinaire de la gendarmerie : — Égail de 49 liv. 10 s. — Les citations précédentes concernent Assé-le-Boisne ; elle nous donnent un aperçu de l'importance de l'impôt dans le commencement du xviie siècle.
1737. Déparlement fait sur les habitants de la paroisse de Sougé-le-Ganelon de la somme 4,170 liv. pour leur part de la Taille et autres impositions ordonnées pour Tannée 1737, payables de quartier en quartier entre les mains de M. Leboucher, receveur en exercice ladite année.
Plus la somme de 104 liv. 5 s. pour le droit de collecte ; — 40 s. pour droit de quittance ; — 14 liv. 8 s. pour sceau ; — 52 liv. 2 s. 6 d. pour les hôpitaux ; — 52 s. 3 d. pour les sols pour livre de ladite somme. Toutes ces sommes s'élèvent à 4,345 liv. 7 s. 3 d.
Cette somme a été égaillée sur tous lesdits habitants par Jacques Héliant, Jacques Bouillon et Jean Saillant, collecteurs, comme en suit :
Et premier, André Coulonge, laboureur, sept personnes, six bœufs, trente moutons, trois vaches, quatre veaux, ne signe, 65 liv. ; — André Baucé, journalier, deux personnes, une (lieuse au mois, deux vaches, ne signe, 13 liv. ; — André Beauclair, journalier, six personnes, deux vaches, deux taures, deux veaux, un cheval, quinze brebis, ne signe, 44 liv. ; — André Fouquet et sa sœur, cinq personnes, quatre bœufs, trois vaches, trois chevaux, quatre taurailles, trente brebis, ledit Fouquet quitte la métairie à Pâques prochain, ne signe, 56 liv. ; — André Bougler,
bordager, six personnes, deux vaches, trois taures, dix-neuf brebis, signe, 41 liv. ; — André Mil, journalier, ne signe, quatre personnes, 3 liv. ; — Anselme Richard, journalier, trois personnes, deux vaches, deux taures, vingt brebis, ne signe, 30 liv. ; — Antoine Billon, bordager, sept personnes, deux vaches, deux veaux, un taureau, six brebis, ne signe, 37 liv. ; — Adrien Haran, journalier, trois personnes, deux vaches, une taure, un veau, ne signe, 18 liv. 10 s. ; — Antoine Hémery, maçon, cinq personnes, deux vaches, un génisson, dix brebis, ne signe, 19 liv. ; — André Cochet, laboureur, six personnes, quatre bœufs, quatre chevaux, quatre vaches, quatre taures, ne signe, 65 liv. ; — André Gaucher, journalier, trois personnes, une vache, ne signe, 6 liv. ; — Adrien Tribourdeau, journalier, trois personnes, deux vaches, une taure et douze brebis, ne signe, 18 liv. — (La suite manque.)
Les rôles des vingtièmes de la paroisse de Sougé, de Tannée 1790 comprennent 378 articles formant un total de 3,777 liv. 18 s. 10 d. Principaux articles : Demoiselle Richardière, 38 liv. 10 s. ; — M. de La Ferrière, 49 liv. 2 s. ; — Mme de Montesson (ses héritiers), 686 liv. 19 s. ; — le curé de Douillet, 23 liv. 2s.; — Louis Gervaiseaux, 20 liv. 7 s. ; — François Dessartre, 33 liv. ; — René de La Mare, 16 liv. 10 s. ; — les héritiers de Mathias Beaucé, 48 liv. 8 s., etc.,
1787. En vertu de l'ordonnance de l'Intendant de la Généralité de Tours, du 1er août, le syndic de la paroisse de Sougé, faisant partie de la subdélégation de Beaumont-le-Vicomte, convoqua les habitants et biens-tenants, à l'issue de la grand'messe au lieu ordinaire des assemblées, à l'effet de procéder à la nomination de trois, six ou neuf membres et d'un syndic, qui, avec le seigneur et le curé de cette paroisse, doivent composer l'assemblée municipale, ordonnée par règlement de Sa Majesté, du 18 juillet dernier. Je n'ai pu me procurer ni les noms, ni les chiffres d'impôts.
La gabelle, les aides et les traites sont affermées, vendues chaque année à des adjudicataires qui, par métier, vis-à-vis du
contribuable, ne sont pas des administrateurs, mais des exploitants. Dans les pays de grande gabelle, comme le Maine, le sel coûte plus de 13 s. la livre, quatre fois autant et, si Ton lient compte de la valeur de l'argent, huit fois autant qu'aujourd'hui. En vertu de l'ordonnance de 1680, chaque personne au-dessus de sept ans est tenue d'en acheter sept livres par an ; à quatre personnes par famille, cela fait annuellement plus de 18 fr. Des répartiteurs sont nommés d'office, et, comme les collecteurs de la taille, ils sont solidairement responsables du prix du sel. Défense de détourner une once de sept livres obligatoires, pour un autre emploi que pour « pot et salière. »
Si un villageois a économisé sur le sel de sa soupe, pour saler un porc et manger un peu de viande, gare aux commis ! Le porc est confisqué et l'amende est de 300 liv. Il faut que l'homme vienne au grenier acheter de l'autre sel, fasse déclaration, rapporte un bulletin qu'il présentera à la première réquisition du gabelou.
20 octobre 1614. N'ayant rien trouvé dans les archives de Sougé, nous mettons à contribution celles d'Assé : « Taulx et esgail faict sur tous et chascuns des paroissiens manants et habitants de la paroisse d'Assé-le-Boisne du nombre et quantité de dixsept septiers, deux nùnots de sel, a quoy se monte leur impost, en vertu de la commission de Messieurs les officiers du grenier a sel de Fresnay, en datte du quatriesme jour d'octobre 1614, signée : Leboucher, Trezain et Dubreil . Quel egail a este faict par nous Pierre Bedeau et Jehan Carrel, taxeurs et collecteurs de sel, élus par les paroissiens, auquel esgail avons vacqué comme s'ensuyt:... » La répartition comprend trois cent cinquante noms de chefs de ménage. Les nobles et le clergé sont exemptés. Les collecteurs reçoivent 26 liv. 12 s. tournois pour les frais, charroi du sel... « Cette somme évaluée et départie sur dixsept septiers deux minots de sel, revient sur chacun minot à 12 s. 8 d. et icelle jointe au 12 liv. 3 s. qui se paie au grenier à sel revient en tout : le minot à 12 liv. 15 s. 8 d. ; le demi minot à 6 liv. 7 s. 10 d. ; le quart à 63 s. 11 d. ; la pinte à raison de
HISTOIRE FEODALE 77
treize pintes au quart, à 4 s. 11 d. Quelle somme lesdits collecteurs sont autorisés et leur avons permis lever et non en plus avant, à peine de concussion... Fait à Fresnay, par devant nous grenetier et contrôleurs susdit le vingt-cinquième jour d'octobre 1614. »
Un muid, ou quatre mille huit cents livres contenait douze setiers, l'un quatre cents livres ; le setier, quatre minots pesant l'un cent livres de sel. — Sougé s'approvisionnait au grenier à sel de Fresnay, dépendant de la Direction d'Alençon ; dans les derniers temps un regrattier en fournissait sur place.
§ 8. — Armées.
Le chevalier banneret vers 1250 commandait cinquante hommes d'armes ; au xive siècle, cent lances et sept cents chevaux étaient commandés par un chevalier ; dix lances par un dizainier ou capitaine. Ces divisions répondaient à celles de nos régiments et de nos compagnies.
1439. Établissement d'une force année permanente à cheval.
1448. Institution des francs-archers, ainsi nommés parce qu'ils furent affranchis de toutes tailles. Les élus furent chargés de choisir, dans chaque paroisse de leur élection, un homme, propre au service. Il était pris parmi les plus aisés, parce qu'il était obligé de s'équiper ; s'il n'était pas riche, sa paroisse en était chargée.
Les instructions du 10 novembre 1451 font connaître que les francs-archers furent divisés en capitaineries territoriales, et qu'il devait y avoir en France un franc-archer par 50 feux ou environ.
Vers la fin du xve siècle, l'homme d'armes à trois chevaux était payé 15 liv. par mois (468 fr.)
L'arbalétrier, le coulevrinier ou artilleur recevait chacun 4 liv. par mois, 125 fr. ; et le simple piquier, 2 s. par jour.
1530. Règlement sur la résidence des gens d'armes, le logement, les étapes et les congés des gens de guerre. François 1er
créa une armée nationale, il organisa plusieurs légions ; mais sans grand succès. Bientôt il dut recourir aux troupes mercenaires. Cette méthode a subsisté jusqu'à la Révolution.
L'organisation de l'armée par régiments remonte à Charles IX (1560-1574.) Celle par bataillons et par escadrons, à Louis XIII (1610-1643.) Louis XIV créa le corps d'état-major et celui d'artillerie ; Louis XVI, celui du génie.
1666. Les enfants morts au service du Roi seront réputés vivants pour exempter leurs parents des charges et impôts.
29 novembre 1688. Règlement concernant la levée des milices destinées à former les troupes réglées. Les bataillons se recrutaient par province au moyen du tirage au sort. La durée du service varia de six à huit ans.
1715. Les gens de guerre qui auront quitté le service avec congé ou par réforme seront exempts de la taille pendant six ans.
1775. Bref du Pape qui dispense les troupes du Roi de l'observance du maigre.
Les cadets de la noblesse, déshérités par leurs aînés, étaient favorisés dans l'optention des grades dans l'année, d'une manière exclusive, excepté dans l'artillerie et le génie, armes dans lesquelles la naissance et même la bravoure ne pouvaient suppléer à des connaissances spéciales. Par un abus déplorable, on vit des jeunes gens de seize à dix-huit ans acheter des compagnies et des régiments.
Depuis Charles VII (1422-1461), ou nos troupes permanentes ne montaient qu'à trente mille hommes, quelle progression sous Henri IV, pendant la guerre de Trente ans, avec ses quatre cent mille hommes. La première République et Napoléon 1er levèrent armées sur armées. Sous la Restauration, le contingent militaire annuel était de quarante-huit mille hommes. Plus tard, il fut porté à soixante, à quatre-vingt mille et à cent mille. Depuis 1872 tout le monde jusqu'à 40 ans est soldat, dans l'active, la réserve ou la territoriale. Grande armée, budjet colossal !
En 1792 et 1793, la Convention classa les hommes en état de
porter les armes en trois catégories, les levées extraordinaires, les levées en masse et la réquisition.
En 1798, le Directoire subsistua à ce dernier système celui de la Conscription, qui consiste à inscrire les noms de tous les citoyens ayant l'âge déterminé et appelés par la loi à faire partie de l'armée, puis à faire désigner par le sort ceux qui seront appelés sous les drapeaux. Ce système existe encore aujourd'hui. Ce mode n'exclut pas les engagements volontaires.
Une loi spéciale détermine la quotité du contingent annuel. Une répartition est faite entre les arrondissements et les cantons de chaque département par le Préfet en conseil de préfecture. Le contingent assigné à chaque canton est fourni par un tirage au sort entre les jeunes gens qui ont leur domicile légal dans le canton, et qui ont atteint l'âge de vingt ans dans le courant de l'année précédente. Ce tirage au sort a lieu au chef-lieu de canton, en séance publique devant le sous-préfet, assisté des autorités municipales du canton.
Il y a des exemptions, des enrôlements volontaires et des engagements.
L'exonération est supprimée depuis la chute de l'Empire. Le Volontariat d'un an est une espèce d'exonération au moyen de 1,500 fr.
Toutes les opérations du recrutement sont soumises au contrôle du conseil de révision, établi dans chaque département. Ce conseil se compose du Préfet, président, ou, à son défaut, du conseiller de préfecture qu'il a délégué, d'un conseiller de préfecture, d'un conseiller général, désigné par le chef de l'État. Un membre de l'intendance militaire et le sous-préfet qui a pris part au tirage, assistent à la séance, ainsi qu'un chirurgien du service de santé.
§ 9. — Monnaies.
Jusqu'à la fin de la seconde race de nos rois, nous avons trouvé, dans la monnaie du Maine, les indices d'un monnayage ecclésiastique, fonctionnant sans doute avec l'agrément du Roi.
Les Normands s'emparèrent plusieurs fois du Maine; par suite des rapports fréquents entre Manceaux et Normands, s'imposa une entente sur le cours de la monnaie.
Pendant l'espace de deux siècles, la monnaie des évoques et des comtes du Maine ne subit aucune altération dans le type, dans le poids, ni dans l'aloi. Forgée dans de bonnes conditions, elle fut adoptée par les populations, et dans le commencement du xme siècle, elle était répandue dans le Maine, la Normandie, la Bretagne, l'Anjou et le Poitou. Dès le xe siècle, la monnaie mansaise avait cours dans les pays environnants.
L'ordonnance sur les monnaies des prélats et barons, de 1315, est le plus ancien document officiel qui fixe d'une manière précise les éléments des monnaies.
« Les marnais doivent être de 6 d. argent-le-Roy, et de 16 s. de poids au marc de Paris, et vaudront 13 d. mansais 2 s. de petits tournois. »
Le titre de 6 d. argent-le-Roy, c'est-à-dire de 11 d. 24 g. équivaut au titre actuel de 0,750, ce qui donne, pour la valeur intrinsèque du denier mansais, le chiffre de 13 c. 627 m.
En 1360, le roi Jean investit Louis, son second fils, du comté du Maine, et retint la monnaie. Depuis lors, la monnaie du Mans, fermée par les rois de France, ne fut plus rouverte que sous Henri VI, roi d'Angleterre, suivant lettres-patentes, datées de Paris, des 22 et 26 octobre 1425. Ce. prince fit délivrer à Jean Pophin, chancelier du régent, et à Jean Ffaslolf, gouverneur d'Anjou et du Maine, des fers destinés à fabriquer, au Mans, des saluts d'or, des grands blancs, des petits blancs et des deniers tournois. (M. Hucher.)
Il fallait 3 d. normands pour valoir 2 d. mansais. D'après Du Cange, le d. mansais avait cours pour un treizième de moins que le tournois royal, puisque la liv. tournois contenait 240 d., et la liv. mansais 260. Le môme auteur ajoute : le d. mansais est inférieur au tournois, double de l'angevin, et d'un tiers plus fort que le normand.
La coutume du Maine , au contraire, article 4 et 5
porte que le s. manczais vaut 2 s. tournois et 1 s. 1/2 de Normandie ; et Louis XII, dans ses lettres-patentes de janvier 1513, relatives à la procession des Rameaux, dit : « Treize mansais valants à tournois 26 d. « Dicton proverbial : un manceau vaut un normand et demi.
Il n'y a presque rien de certain sur la valeur, le poids, le titre de la monnaie avant Philippe-le-Bel. Il fit faire des florins d'or, qui valaient 20 s. tournois, en 1308 ; des royaux de 24 s. parisis, en 1310; des deniers d'or de 15 s. tournois, en 1310 ; et d'autres espèces de mêmes noms, mais d'un prix différent.
Philippe de Valois fit fabriquer des parisis d'or, de 20 s. parisis, en 1329 ; des anges de 75 s., en 1342 et d'autres de différentes valeurs. Le roi Jean fit faire des francs d'or de 20 s., en 1360. Charles VI fit faire des écus à la couronne qui valurent 30 s., en 1418 et 50 s., en 1619. Louis XI fit battre des écus au soleil, du prix de 33 s. tournois, en 1475. Sous Henri II on fabriqua des d. d'or appelés Henris et ducats de 50 s. tournois, en 1549. Sous Charles IX il y eut des écus au soleil de 50 s. tournois, en 1561, qui valurent 60 s. en 1575. Le même roi, en 1577, ordonna que l'on ne compterait plus par liv., mais par écus valant 60 s. Louis XIII fit fabriquer des louis d'or du prix de 10 liv. Louis XIV continua ce genre d'émission, et dans certains moments, le prix s'en éleva jusqu'à 15 liv.
En argent il y avait, le tournois d'argent, d'un d. tournois ; le parisis d'un d. parisis, plus fort d'un quart ; le gros, tournois d'argent, de 10 d. d'argent, en 1303 ; le teston de 10 s. tournois, en 1510; le franc d'argent, de 21 s. tournois, en 1575; le quart d'écu, de 15 s. tournois, en 1577: les écus blancs et les pièces de moindre valeur, ont été fabriqués sous Louis XIII et continués sous son successeur.
Le système de Law, établi en 1716, ne tarda pas à produire de grandes perturbations, qu'augmenta encore, en 1720, le cours simultané, mais fort inégal des écus et des liv. d'argent. Le désordre fut alors complet dans le système monétaire. Ce fut du mois de juin au mois de septembre, que la crise monétaire fut
portée à son plus haut degré : la liv. tournois valait successivement 60 c, 60 c, 74 c, 41 c, 47 c. et 55 c. En décembre elle revint à 66 c. et resta tixée à ce taux jusqu'au mois de juillet 1723. Ce fut alors que, dans l'espace de moins de trois ans, elle subit huit mutations qui relevèrent progressivement à 1 fr. 25 c, et ramenèrent en mai 1726 à la valeur de 1 fr. 02 c. qu'elle conserva jusqu'à 1785 ; elle se trouva abaissée, à cette date, à environ 99 c, valeur qu'elle avait encore dans l'émission de 1793. Quand, du règne de Saint Louis on descend jusqu'aux dernières années du règne de Louis XVI, on trouve que dans l'espace de cinq siècles et demi, la liv. tournois a perdu au moins les dixneuf vingtièmes de sa valeur intrinsèque. Une rente de 100 liv. avait valu d'abord 2,026 fr. 32 c, puis était tombée à 98 fr. 94 c. Quelque énorme que soit cette dépréciation, elle ne donnecependant qu'une idée incomplète des conséquences désastreuses qu'ont entraînées les mutations des monnaies. Quand on étudie cette page de notre histoire, on reconnaît que jamais révolutions ne furent plus fréquentes, plus fertiles en crises et en réactions de toute nature, au point qu'il serait peut-être difficile de décider si le régime des assignats fut plus désastreux pour la France que les pratiques déplorables du roi Jean, en matière de monnaie.
Le mal fut alors si grand qu'il est impossible d'en mesurer l'étendue et en calculer toutes les conséquences.
Pouf déterminer le pouvoir de l'argent il faut appliquer avec discernement la valeur intrinsèque à des termes de comparaison convenablement choisis dans le moyen-âge et dans les temps modernes. Ce choix restera toujours la principale difficulté du problème ; il faut nécessairement mettre de côté un grand nombre de textes qui manquent de clarté ou de précision nécessaire, puisqu'ils nous laissent ignorer, tantôt la mesure, le poids et la qualité des objets, tantôt les circonstances accidentelles de rareté ou de surabondance qui donnent au prix des mêmes objets une signification très-d iverse.
Valeur intrinsèque moyenne de la livre tournois, déduite du cours légal de l'or combiné avec le cours légal de l'argent : 1258,
20 fr. 263,822; — 1299, juin, Il fr. 916,680,314; — 1306, octobre, 17 fr. 63,758; — 1316, avril, 20 fr. 263,822,188 ; — 1341, août, 5 fr. 07,375 ; — 1350, août, 10 fr. 08,617 ; — 1405, avril, 9 fr. 43,769; — 1420, mai, 3 fr. 00,985 ; — 1487, juillet, 5 fr. 71,117, etc. A multiplier les chiffres précédents de la valeur par cinq faible, pour obtenir le rapport avec notre monnaie. — 1516, novembre, 4 fr. 87,976; — 1550, janvier, 4 fr. 06,378; — 1580, octobre, 3 fr. 14,603, etc. A multiplier les chiffres précédents de la valeur par quatre pour obtenir le rapport avec notre monnaie. — 1602, septembre, 2 fr. 92,293 ;
— 1666 , septembre , 1 fr. 88,284 ; — 1693 , octobre, 1 fr. 52,341, etc. A multiplier par trois, etc. — 1700, juin, 1 fr. 62,665 ; — 1715, juin, 1 fr. 72,547 ; — 1720, vingt changements dans Tannée, mars, 0 fr. 83,398 ; — 1774, mai,
1 fr. 02,239 ; — 1793, février, Ofr. 989,423,966, etc. A multiplier par deux, etc. — Francs d'or, 1360 à 1369, 13 fr. 24,216;
— 1374 à 1389, 13 fr. 24,216. — Francs d'argent, 1575 à 1636,
2 fr. 60,571.
§ 10. — Notaires.
Notaire, notarius dénota (note). En France rien n'est plus obscur que l'histoire du notariat jusqu'au règne de Saint Louis. Les seigneurs devaient avoir le droit d'intervenir entre les particuliers dans leurs affaires intimes puisqu'ils rendaient la justice par leurs baillis. Saint Louis attacha au Ghâtelet soixante clercs sous le nom de notaires royaux, chargés de recevoir tous les actes de la juridiction volontaire.
Philippe-le-Bel étendit cette institution à toutes les terres de la couronne. Au mois de novembre 1542, un édit de François 1er créa sous le nom de tabellions, de nouveaux officiers publics, qui eurent pour fonctions de mettre en grosse et de sceller les actes des notaires.
En 1575, Henri III créa encore, sous le titre de gardes-notes, de nouveaux officiers publics auxquels, à la mort d'un notaire,
toutes les minutes de ce dernier devaient être remises, et qui avaient pour mission de les conserver. Enfin, en 1597, Henri IV remania toute la législation antérieure, et, supprimant les trois classes d'officiers institués par ses prédécesseurs, les remplaça par une classe unique dont les titulaires réunissaient les dénominations et les attributions des notaires, des tabellions et des gardes-notes. Les choses restèrent dans cet état jusqu'à la Révolution
Le 6 octobre 1791, un décret de l'Assemblée constituante transforma les notaires royaux en notaires publics. La loi du 25 ventôse an XI (16 mars 1803) donna une nouvelle organisation qui subsiste encore aujourd'hui.
Cette loi dit que : « Les notaires sont des fonctionnaires publics établis pour recevoir tous les actes et contrats auxquels les parties veulent ou doivent donner le caractère d'authenticité attaché aux actes de l'autorité publique ; ils en assurent la date, en conservent le dépôt, et en délivrent des grosses et expéditions. »
Dans chaque département, le nombre des notaires et leur résidence sont déterminés par le gouvernement. Le canton de Fresnay en a quatre, deux à Fresnay, un à Saint-Georges-le- Gaullier et un à Assé-le-Boisne.
En 1515, Louise de Savoie, mère de François 1er, comtesse du Maine, obtint du Roi des lettres-patentes ordonnant la réduction « du grand, excessif et effréné nombre de notaires dont la plu* part sont non scavans et ignorants le fait et exercice de leurs offices et, qui pis est, ne scavent lire, escrire ne faire seings. »
Commission fut donnée par la Reine Mère à Jacques Taliureau, lieutenant-général de la Sénéchaussée du Maine, pour opérer cette réduction. (E. 234, T. Ier de notre Analyse des archives départementales.)
En vertu de l'octroi de Philippe de Valois, comte du Maine, depuis roi de France, les notaires s'intitulaient en cour ro\ aie du Gué-de-Maulny, et de Bourgnouvel, quelquefois des deux cours en même temps. Les prêtres eux-mêmes exerçaient cette profession, aussi trouvons-nous nombre de testaments dressés par eux, surtout par les curés et les doyens.
Notaires de Songé.
Jehan Teilleul, 1477 : — Jehan Touzé, 1513 ; — Pierre Gerboust, 1514: — Jehan Louaison, 1529; — François Fontenelle qui mourut de la peste en 1612 ; — André Bigot, 1612-1649 ;
— Mathurin Chouin, 1619 ; — René Perdereau, prenant le titre de notaire de la baronnie de Touvoie, 1619-1663 ; — Charles Bougler, 1620 ; —Jean Letessier, 1633 ; — Jean Chemin, 1649;
— Antoine Bigot, 1660 ; — Julien Agin, 1687 ; — Jean-Baptiste Houet, 1698 ; — Julien Lamy, 1747 ; — François-Louis Gaudemer, avocat au siège d'Assé-Ie-Boisne, 1753 ; — Etienne Lechanteur, 1784 ; — Julien Dioré, 1787, dernier notaire de Sougé, décédé en 1804.
Les minutes de l'étude de Sougé ont été déposées dans celle de Saint-Georges-le-Gaultier. Les notaires résidaient ordinairement au bourg ; j'en ai trouvé à la résidence de la Buissonnière, de la Chapelle-des-Chardonnerets. J'ai trouvé un Gervaiseaux, notaire à Coslin, en Saint-Léonard, et un autre notaire à la Pataudière, en Assé.
En 1757, les provisions de notaire royal coûtaient à Sougé et autres paroisses la somme de 125 livres. De plus il y avait la taxe d'hérédité, qui donnait à la famille le droit de vendre la charge après le décès du titulaire.
2 octobre 1781. Quittance délivrée par le trésorier général des maisons et finances de Monsieur,de la somme de 114 liv. 11 s. 8 cl., y compris les 2 s. par liv., au sieur Bonaventure Joseph-Georges Hatton, agréé par Monsieur comme successeur de Georges Hatton, résignataire de l'office de notaire, à Fresnay, ayant payé le centième den. sur l'évaluation dudit office à la somme de 2,500 liv. et taxé à la somme ci-dessus. (Siège royal de Fresnay.)
§ 11. — Forges de La Gaudinière et de Monnaie.
Au commencement du xvie siècle, la Gaudinière possédait un moulin qui fut converti en forge à fer, comme le prouvent les documents que nous donnons plus bas.
Ce lieu, avec une partie des terres environnantes, appartint d'abord à Samson Fouqué, fondateur de la forge, puis à Guillaume Fourmy, dont la fille, Louise, épousa M. Barreau, par suite, sieur de La Gaudinière.
Plusieurs membres de cette famille furent successivement fermiers généraux du prieuré d'Assé-le-Boisne.
Les bâtiments nombreux de la forge se sont développés, peu à peu, tels que nous les voyons aujourd'hui.
Le logis, au bas de la cour, d'une apparence assez modeste, a subi, dans sa distribution et ses étages, des modifications notables à l'arrivée de M. Roussel (1855), maître de forge. Au haut de la cour, en face du logis, se trouve la maison du principal commis. Entre eux deux s'aligne une rangée de petites habitations, de hangars, tournés vers le midi et ayant vue sur les fourneaux, la fenderie, la soufflerie et le long barrage de la rivière.
Les maisons sur main gauche, à l'arrivée de la forge, appartiennent à divers propriétaires cultivateurs, dont les jardins sont situés sur la ruelle des Hardières, non loin de la fontaine du Bignon qui fournit une eau abondante à tous les ménages.
Dans les jours de prospérité de la forge de La Gaudinière, les étrangers s'y rendaient volontiers pour y jouir d'un spectacle assez rare dans une campagne. Us suivaient la belle route de grande communication, n° 4, et, arrivés à l'entrée du village du Gué-Ory, un beau chemin, pavé de scorie, le bruit des pesants marteaux, une lourde atmosphère enfumée, leur annonçaient le voisinage du foyer industriel.
Autrefois , l'activité y régnait ; d'innombrables chevaux , chargés de charbon, pris dans la forêt de Pail, venaient déchar-
ger leurs sacs dans les immenses hangars ; les charroyeurs vidaient les minerais, les calcaires, chargeaient du fer, de la fonte et de la chaux.
Quand la vie eut cessé dans cette usine, tout y était triste et ne présentait plus que l'image de la désolation, avec des habitations délaissées et effondrées.
Dans les derniers jours de cette belle forge, sous l'habile direction de M. Roussel, son dernier locataire, La Gaudinière faisait mouvoir un personnel nombreux et répandait l'aisance dans toute la contrée. Quand on voit que tant de sacrifices, tant de machines montées à grands frais, tant de bras occupés ont reçu un coup mortel de la part du libre-échange, cette innovation dont le dernier mot n'est pas dit, on maudit le présent et on regrette le passé .
La Gaudinière, en dépit de ce que nous venons de dire plus haut, aura encore de beaux jours sous l'impulsion intelligente d'un nouveau maître, M. Guérin-Beaugé, qui vient (1876) de rallumer ses fournaises éteintes depuis dix ans.
1527. Etienne de Champrond, licencié en lois, bailli de Brou, fait savoir que par devant Jehan Gouyn, tabellion juré, en la ville châtelaine et baronnie dudit Brou, messire Christofle de Mésenge, chevalier, seigneur de la Rivière, Sougé-le-Ganeron, Saint Paoul et de La Chapelle des Chardonnerets, maréchal ordinaire des logis du Roi, notre sire, et dame Jehanne Girard, son épouse, fondent par testament, en l'église de Sougé-le-Ganeron, une chapelle ou chapellenie, qu'ils dotent de 25 livres tournois de rente, à toucher, chacun un, de Samson Fouqué, maître des forges de Monnay. En la paroisse de Sougé, et de Marie, sa femme, et de leurs héritiers ou ayants cause, c'est à savoir la somme de 17 livres pour raison de la baillée à rente faite par lesdits chevalier et dame audit Fouqué et femme, du moulin du Tremblay, ses appartenances et dépendances, situés en ladite paroisse de Sougé, en la seigneurie de La Chapelle-des- Cbardonnerets, et la somme de 8 livres, à raison de la baillée à
88 HISTOIRE FEODALE
rente faite par les mêmes du moulin de La Gaudinière, situé au fief et seigneurie de Sougé.
La vendition du moulin de La Gaudinière eut lieu, le 13 mars 1527, devant un notaire de la cour royale de Bourgnouvel, par honnête homme Jehan Saillant, demeurant à Sougé, au nom et comme procureur spécial de noble et puissant seigneur messire Christofle de Mésenge, chevalier, etc., à honnête personne Samson Fouqué, marchand, et Marie, sa femme. Outre la vente ci-dessus mentionnée de 8 livres tournois, par an, ladite vendition porte cme les acheteurs et leurs héritiers donneront aux vendeurs une douzaine d'anguilles, chacun an, au terme d1 an.oevine. Témoins : honnête homme Jehan Tisrot, huissier royal, M. Gervais Dagron, prêtre, et Jacques Lengfroy.
La baillée à rente du moulin du Tremblay sur la rivière de Sarthe, par Messire de Mésenge et sa femme, à honnête homme Samson Fouqué, marchand, à Sougé, eut lieu le 21 février 1529, devant Me Jehan Louaison, notaire et tabellion en la cour royale de Bourgnouvel, demeurant à Sougé, en présence de noble et discret messire Jehan de Mellant, prêtre ; Me Jehan de Maignen, prêtre, receveur dudit chevalier; Jehan Le Silleur, seigneur de Sougé ; Pierre Tisrot, d'Assé-le-Boisne ; Geoffroi Bouillon, de Sougé ; François Fouqué, fils.
Cette vendition du moulin du Tremblay se fit à titre d'arrangement, vu que messire de Mésenge ayant vendu auparavant aux époux Fouqué le moulin de La Gaudinière, ceux-ci l'avaient transformé en grosses forges et, pour ce, avaient fait dans la rivière de Sarthe des travaux qui causèrent un dommage considérable, au point de rendre celui du Tremblay incapable de marcher.
18 novembre 1554. Vente des prés de la fabrique, sis à La Gaudinière, à Marie Fourmy, fille de Guillaume, maître de forges, épouse de Jehan Barreau, sieur de La Gaudinière, moyennant 90 livres tournois, par devant MeLouayson, notaire, en présence des principaux habitants de Sougé, ayant à leur tète messire François de Mésenge, seigneur de La Buissonnière et de Sougé.
Le seigneur de Sougé affermait le droit de pèche dans la Sarthe au maître de forge de La Gaudinière, avec faculté de tirer de la castine dans une pièce de terre faisant partie de la métairie du Ray, (27 avril 1788, partages des biens de M",e de Montesson.)
1792. Acte passé devant- Jean Davoust, notaire à Villepail, qui accorde jouissance provisoire de la terre d'Averton et dépendances au citoyen Hector-Jacques-Louis Picard et à la citoyenne Marie-Anne Rouen Bermonville, son épouse, séparée civilement du citoyen Soudelier. Notification en fut faite à Assé, chef-lieu de canton, à cause de La Gaudinière, faisant partie de la terre d'Averton.
1815. Plan assez grossier des forges de La Gaudinière r-^>
par Levillain, à Alençon présenté conformément à la loi du 21 avril 1810, signé par l'ingénieur en chef des Mines, Mathieu, \u par le Préfet, le 20 septembre 1815. (Archive* départementales, série S —).
La loi du 21 avril 1810, art. 78, porte ce qui suit : « Les établissements existants sont maintenus dans leur jouissance, à charge par ceux qui n'ont jamais eu île permission, ou qui ne pourraient représenter la permission précédemment obtenue, d'en obtenir avant le 1er janvier 1813, sous peine de payer un triple droit de permission pour chaque année pendant laquelle ils auront négligé de s'en pourvoir et continué de s'en servir. »
5 décembre 1814. Extrait d'une lettre, datée de Caen, de M. Le Picart de Formigny, à M. Pacquier, préfet de la Sarthe, qui lui réclame des titres de propriété : «... Je n'en possède réellement qu'un, mais il suffit, je pense, pour établir la propriété. C'est l'arrêté rendu par M. le Préfet de la Seine-Inférieure, en date du 17 (loréal an 8, qui envoie Mme de Moutbiers (demeurant à Évreux) et moi en propriété de la forge de La Gaudinière. Cet arrêté est déposé dans les bureaux de la préfecture de la Sarthe et avait été rendu pour opérer le partage que le gouvernement d'alors imposait. Le gouvernement représentait M. Rouen de Bermonville, réputé émigré, lequel ainsi que
Mme Rouen de Vaudelle, maintenant Mmc de Mouthiers et moi sommes héritiers des immeubles que possédait, selon la coutume du Maine, la feue demoiselle Marie-Ajune-Françoise-Aimée Lanquedoc de Becthomas, décédée à Neufchâtel, le 5 décembre 1785. Laquelle était héritière de son père, qui possédait les terres et la forge de la Gaudinière de temps immémorial. Il me semble que, puisque cet arrêté nous a envoyés en possession de la forge de La Gaudinière, et qu'il a été déposé au département de la Sarthe, qu'il devrait suffire, la notoriété publique corroborant au besoin la confiance due à l'arrêté...»
Armes de messire de Beaulieu, marquis de Becthomas, seigneur d'Averton, Courcité, etc. : d'argent à six croix pâtées de sable, 3, 2, 1.
Marie-Anne de Rouen, épouse séparée quant aux biens de M. Jacques-Charles de Mouthiers, habitant Évreux, -et M. Hector-Jacques-Louis Le Picart de Formigny, domicilié à Caen, demeuraient donc propriétaires des forges de La Gaudinière et de la forêt de Pail, qui servait à en alimenter les fourneaux. La terre d'Averton, patrimoine de la famille Belin, ayant été vendue et morcelée dans le siècle précédent, la forêt de Pail fut achetée par les ancêtres des derniers propriétaires sus-énoncvs. Il faut croire que la forge appartenait aux Belin et avait depuis longtemps la forêt pour affouage.
La famille Buon acheta en 182. la propriété de La Gaudinière avec les Minerais, bois d'Assé, et les trois cinquièmes de la forêt de Pail. L'autre portion passa aux mains de la famille de Foucauld.
M. Edouard Buon, époux de M'le Belle, de Versailles, fut maître des forges en 1830. Il devint commandant d'un bataillon de la garde nationale du canton de Fresnay, et député. Il mourut à Versailles, le 23 mars 1849, à l'âge de 46 ans.
Des mains de la famille Buon, toute cette propriété passa en celles de M. le duc René de Ghoiseul, propriétaire de la belle terre de la Flèche. A sa mort, elle tomba en partage à une de
ses enfants, Mme de Polignac qui, nous croyons, la donnée à une de ses filles, mariée au fils du marquis Duplessis d'Argentré.
Le chiffre de la location de La Gaudinière avec ses bois, ses minerais, ses terres, à M. Roussel, avant dernier maître de forge, était de 34,000 fr. Il faut remarquer qu'à eux seuls les bois, la forêt, produisent cette somme.
1804. La Gaudinière fabrique, par an, 24,457 à 34,240 myriagrammes, 5 cà 7 cent milliers de fer se vendent à Caen.
« État du 4e trimestre de 1814 de la forge et haut fourneau de La Gaudinière : 1 haut fourneau ; 1 affinerie ; 22 ouvriers ; 257,200 kil. de minerai consommé ; 64,300 kil. de fonte en gueuse ; 25,000 kil. de fer en barres ; 28,300 kil. de fers fondus ; prix courant des 100 kil. de fers fondus, 56 fr. ; idem des fers en barres, 56 fr. Certifié véritable par le soussigné, maître de forge de La Gaudinière, Guérin-Desnoës, ce 5 mars 1815 ; Contencin, sous-préfet. »
1er mai 1876. Règlement d'eau accordé à Mmo la marquise de Polignac, propriétaire de La Gaudinière, par M. le Préfet Servois. On doit poser un repère définitif et invariable. Du 1er décembre au 1er mars de chaque année le niveau légal ne sera pas obligatoire.
Maîtres de forges.
Samson Fouqué, 1529 ; — Guillaume Fourmy, 1544 : — Jehan Guyon, sieur des Plantes, 1610 ; sa femme, Marie Levannier, fut enterrée dans l'église de Sougé, le 8 novembre 1618 ; — Michel de La Myre, 1620 ; — Thomas Poulain, 1640 ; — M. Davy ; — Jacques Ango, 1661 ; — René Poybeau, sieur du Clos, maître également de l'Aune, 1673 ; — René-Gabriel de Moloré, 1697 ; — Jacques Guyard, maître d'Orthes, 1698 ; — Ambroise Cabaret, seigneur de La Bouchardière, 1715 ; — Duplessis et Champion, 1732 ; — Jacques Patou, 1748 ; — Urbain Giiyot-Duviûneul, 1759 ; — Gabriel Chenon, sieur du
Boulay, seigneur d'Avessé, Martigné, 1767 : — Jean-Baptiste- René Champion de Quincé, avocat en Parlement, 1770, avait pour femme Jeanne-Thérèse-Judith de Terville ; Anne-Perrine J. S. épousa M. Jean-Philippe Lemonnier, possesseur du château de Malicorne ; — François-René Guérin, député aux États- Généraux, par l'ordre du Tiers-État, 1789, décédé à Brùlon, en 1812 ; — Joseph Dutertre et son frère René-Barnahé, 1796 : — Desegremont-Dutertre, 1804 ; — Guérin-Desnoës, 1815 ; — Lhermenault, père, 182. ; — Edouard Buon, député, élu par le 7e collège électoral de la Sarthe, siégeant à Beaumont, 1834 : — Lhermenault, fils, 1850 ; — J. Boussel, 1866, ancien maître des forges de Carrouges et Saint-Denis (Orne) ; propriétaire de celles de Rosière, ayant appartenu au marquis de Boissy, dans le Berry (1869) et d'Orthe, en Saint-Martin de Connée, depuis 1838 ; député de la Mayenne en 1848 et 1849, deux fois élu par le canton de Bais membre du Conseil général de la Mayenne, est décédé en 1877, sans laisser de successeur dans ses nombreuses entreprises. — M. Guérin-Beaupré vient de louer la forge de La Gaudinière et nous fait espérer les meilleurs résultats, 1876.
Le canton de Fresnay, dans plusieurs parties de son territoire, fournit abondamment du minerai de fer, notamment à Assé-le- Boisne, et dans les Berçons, sur le territoire de Montreuil-le-Chétif.
A proximité de ces gisements et des bois ou forêts, dans un grand nombre d'endroits, se disséminèrent des forges à bras. Les scories que nous retrouvons abondantes prouvent que les moyens usités dans la fabrication du 1er étaient imparfaits, puisqu'elles renferment encore une quantité de fer capable d'inviter les industriels à les soumettre à une seconde fusion.
Jusqu'au xvic siècle, les forges à bras suffirent a une fabrication affranchie de mesures fiscales. Vers cette époque, notre pays Ait surgir, dans un rayon assez rapproché, des forges mues par l'eau, à Sougé, Saint-Léonard-des-Bois, Saint-Denis, La Poôté, etc.
HISTOIRE FEODALE 93
Avant 1638, une forge à acier existait à côté du pré de la Corvée de Linthe, au champ des Fourneaux. Le sol de ce champ, mélangé aux scories, offre un aspect noir qui éveille l'attention. Cette forge de Linthe dépendait de la seigneurie du même nom.
Au-dessous, dans le pré de la Fenderie, on rencontrait la fenderie de La Gaudiniére qui y envoyait fendre ses fers. Cette succursale de La Gaudiniére a existé une partie du siècle dernier. Elle fut fixée par la suite à La Gaudiniére. M. Le Guerchais, propriétaire de cette forge, en Saint-Léonard, payait une rente de 25 livres à la seigneurie de Linthe.
Avant rinvention de la pointe et surtout de sa vulgarisation, dit M. Le Guicheux, l'industrie de la plupart des hommes du bourg de Saint-Léonard consistait cà faire du clou. On se servait pour cela de l'excellent fer de La Gaudiniére. Chaque semaine, on voyait sur les bords de la Sarthe nombre d'ouvriers revenir de cette forge, chargés de baguettes de 1er destinées à être transformées en clous. Ces hommes étaient tous coiffés de bonnets de laine d'un rouge hrun, qui leur donnaient une physionomie particulière. Cette industrie est totalement perdue.
Forges de Mon unie.
Avant les forges de La Gaudiniére existaient celles de Monnaie, à près d'un kilomètre et demi au-dessous, sur la Sarthe. En 1527, Samson Fouqué, maître des grandes forges de Monnaie, créa celles de La Gaudiniére. Le cours de l'eau, il est permis de le croire, n'étant pas aussi avantageux:, engagea à déplacer le centre industriel pour le fixer dans une position très-favorable, sous le rapport de la force motrice.
En 1855, lors de la construction du pont de Monnaie, on vo\ait encore des débris de murs au milieu de la rivière, ils servaient à appuyer des planches qui permettaient de franchir la Sarthe, lorsque ses eaux n'étaient pas grandes. Quelques habitations ont, depuis l'existence de la forge, formé un petit village.
§ 1. — Maires, Adjoints. — Instituteurs et Institutrices.
7 Février 1790. — Joseph Thimont, maire.
1792. — André Thimont, premier officier municipal.
1792. — Jacques Gervaiseaux, maire.
An II. — André Thimont, maire.
An III. — G. Fortis, officier puhlic.
19 Brumaire an IV. — Joseph Du tertre, maître de forges, agent municipal, adjoint François Cliarbonneau.
13 Germinal an V. — Julien Dioré, agent municipal; adjoints, Cl. Gervaiseaux et François Gervaiseaux.
20 Messidor an VIII. ( René Saillant, maire ; Julien 28 Fructidor an XI. ) Dioré, notaire, adjoint.
20 Brumaire an XI. — Julien Dioré, maire ; Gabriel Fortis, adjoint.
12 Germinal an XII. — Gabriel Fortis, maire ; François Peccate, adjoint.
13 Brumaire an XIII.— S.-P. Grange succède à l'adjoint Peccate.
1808. — Jacques Lamare, adjoint.
15 Décembre 1812. — Simon Grange-Fontaine, maire;
6 \ Jacques Lamare, adjoint.
12 Juin 1821. — René Gervaiseaux, maire ; J. Lamare, adjoint.
17 Août 1830.— Simon Grange, maire ; 31 oct. 1830, François Laumonier, adjoint.
9 Décembre 1831. — Pierre Bruneau, maire; 9 décembre 1831, Louis Gervaiseaux, adjoint.