‹ Chroniques de Sougé-le-GanelonChapitre 37 sur 42 · LA GERBE · texte numérisé non relu

LA GERBE

Voilà la saint Jean passée, Le mois d'août est approchant ; Et tous garçons des villages S'en vont la gerbe battant :

Ho ! batteux, battons la gerbe, Compagnons, joyeusement !

Par un matin je me lève Avec le soleil levant, Et j'entre dedans une aire, Tous les batteux sont dedans.

Ho ! batteux, battons la gerbe, Compagnons, joyeusement !

Je salue la compagnie, Les maîtres et les suivants ; Ils étaient bien vingt ou trente, N'est-ce pas un beau régiment ?

Ho ! batteux, battons la gerbe, Compagnons, joyeusement !

Je salue la jolie dame

Et tons les petits enfants,

Et dans ce jardin là j'entre

Par une porte d'argent.

Ho ! batteux, battons la gerbe,

Compagnons, joyeusement !

Vlà des bouquets qu'on apporte, Chacun va se fleurissant.

A mon chapeau je n'attache Que la simple fleur des champs.

Ho ! batteux, battons la gerbe, Compagnons, joyeusement!

Mais je vois la giroflée Qui fleurit et rouge et blanc ; J'en veux choisir une branche, Pour ma mie, c'est un présent.

Ho ! batteux, battons la gerbe, Compagnons, joyeusement!

Dans la peine, dans l'ouvrage, Dans les divertissements, Je n'oublie jamais ma mie ; C'est ma pensée en tout temps.

Ho ! batteux, battons la gerbe, Compagnons, joyeusement!

Ma mie reçoit de mes lettres Par l'alouette des champs, Elle m'envoie les siennes Par le rossignol chantant.

Ho! batteux, battons la gerbe, Compagnons, joyeusement !

Viendra le jour de la noce, Travaillons en attendant.

Devers la Toussaint prochaine, J'aurai tout contentement.

Ho ! batteux, battons la gerbe, Compagnons, joyeusement!

Autrefois les gens de la campagne avaient des chansons particulièrement consacrées à chacune des époques de leur vie et à tous les travaux importants. Quelques-unes de ces chansons iVavaient aucun rapport à la circonstance à laquelle on rappliquait; mais plusieurs aussi offraient des allusions gaies ou morales qui charmaient les auditeurs.

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