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ÉTÉS CHAUDS, HIVERS RIGOUREUX

Hivers rigoureux.

En 1G83, hiver long el très-âpre en France, notamment dans la Touraine et le Maine. La gelée dura treize semaines, aussi vit-on mourir quantité de malheureux de faim et de misère.

1709. Année de deuil et de misère à Paris, le froid dépasse 22 degrés. Les denrées alimentaires devinrent hors de prix. A Versailles, on servit du pain d'avoine sur la table des princes. Dans un grand nombre de provinces, la célébration de la messe fut interrompue, faute de pouvoir conserver l'eau et le vin à l'étal fluide. Dans le pays deFresnay, les noyers et beaucoup d'arbres périrent.

1740. Hiver rigoureux, surtout en Russie où on construisit à Saint-Pétersbourg un palais de glace de 51 pieds de longueur sur 17 de largeur. On façonna, avec de la glace, autour de ce palais six canons qu'on chargea de poudre et de projectile.

1768. Froid intense, plusieurs voyageurs périssent sur les grandes routes.

1776. Froid excessif. Les glaces emportèrent les ponts du pays.

1784. Hiver rigoureux, les neiges très-abondantes restèrent deux mois sur la terre.

1788. Ce fameux hiver commença le 24 novembre pour ne finir qu'au 25 janvier ; le thermomètre descendit 3 degrés plus bas qu'en 1709; la glace de la Sarthe avait 22 pouces d'épaisseur ; la misère fut bien grande.

1789, 1795 et 1799. Froid rigoureux en France et en Europe.

1812. Hiver mémorable par les désastres de l'armée française en Russie.

1820. Hiver désastreux pour toute la France.

1830 et 1840. Hiver long et rigoureux. Qui ne se rappelle les rigueurs du 15 décembre 1840, jour delà translation des cendres de Napoléon Ier.

1871. Hiver plus mémorable par nos désastres militaires que par ceux du froid.

1878-1879. De la neige pendant 5 semaines.

1879-1880. Froid rigoureux et long, le thermomètre est descendu jusqu'à 19 degrés. Neige abondante sur la terre, du 4 décembre au 26 janvier. La végétation a beaucoup souffert : les lauriers, palmiers, rosiers, fusains, beaucoup de poiriers, pommiers, souches de chêne, noyers, ont gelé.

Ego verum amo, verum volo niihi dici.

(Plaute, Mostellaria.)

Il ne faut pas vouloir trouver à Sougé ainsi que clans les communes voisines le type primitif de l'homme. Ici, il y a changement, bien plus lent et moins prononcé, il est vrai, dans les campagnes que dans les villes. Au physique, les traits du visage n'ont rien d'accentué. La peau emprunte chez certains sujets la blancheur normande. Le ton brun domine; les cheveux sont généralement châtains, les yeux également quand ils ne sont pas gris. La calvitie se prononce de bonne heure chez un grand nombre. La taille est grande et bien prise : Sougé fait partie d'un canton qui fournit à l'armée un contingent des plus robustes de la Sarthe.

L'ancien costume ne manquait pas d'originalité. Nos ancêtres ne connaissaient guère que le vêtement de laine ou de toile : leur veste échancrée, un peu longue par derrière ; leur gilet à deux battants et descendant sur les hanches, leur culotte courte continuée par de longues guêtres boutonnées, montant jusqu'aux genoux et couvrant les sabots ; tout était fait de la même étoile, d'une serge qu'ils Glaient avec la laine de leurs moutons. Les bas étaient

inconnus à la plus grande partie ; s'ils se mouillaient les pieds, ils en étaient quittes pour renouveller la paille dans leurs sabots ferrés et sans cuirs.

Les chemins étaient sans entretien, par conséquent, l'habitant des campagnes arrivait à l'église crotté et mouillé. Pour remédier à cet état on vit naître des fondations ayant pour objet de mettre à la disposition des habitants de Sougé et d'Assé de la paille sèche dans l'intérieur de l'église, aux quatre grandes fêtes d'hiver.

Le costume des femmes, peu favorable à la taille, n'avait de particulier que la mantille d'étoffe de laine garnie d'un capuchon que l'on ramenait sur la têle en temps pluvieux. Alors, un parapluie était un luxe presque inconnu. Il y a 60 ans, on ne comptait à Sougé que quatre parapluies. Un fichu se croisait sur la poitrine, et par dessus, les femmes portaient une pièce carrée tenant au tablier. Les jupons et les brassières ou camisoles étaient généralement en camelot ou serge fabriquée dans le pays.

Depuis longtemps, le costume des deux sexes s'est métamorphosé successivement. : le pantalon a remplacé la culotte. La blouse est devenue le pardessus monotone, sauf de rares exceptions, où l'on prend le paletot, la redingote, la veste, surtout à l'occasion d'un mariage, d'une cérémonie ou d'un voyage à la ville. La coiffure n'a plus, aujourd'hui, de caractère particulier ; c'est, l'hiver, le chapeau de feutre, de paille, l'été, la casquette d'étoffe est beaucoup portée. Le campagnard au milieu des siens n'aime pas à prendre le costume qui pourrait le rapprocher du bourgeois . Pour chaussure on porte des sabots, des galoches, des souliers, des bottines et des bottes à tiges qui se cachent sous le pantalon.

La femme est guidée depuis longtemps par les caprices de la mode. La robe a été tantôt de drap, de mélange de laine et de coton, et même de soie. La forme en a varié. Le modeste mouchoir de guingamp a longtemps couvert les épaules de la plupart des femmes ; les jours de fêtes, le châle de différentes prétentions a fait son apparition. Dans ces derniers temps, la femme prend le

pardessus, le paletot, le caraco, etc., avec velours et broderies. La coiffure est la bonnette avec des bords plus ou moins longs ; les personnes aisées posent dessus la fontange, des rubans et des épingles d'or. Cette coiffure est réellement gracieuse. Espérons que le bonnet parisien, si prosaïque, ne viendra point la détrôner. Somme toute, Sougén'a point encore sacrifié au luxe; il se trouve môme arriéré sur ses voisins en fait de toilette. Nous ne protestons que contre le trop grand usage de l'affreuse camisole qui donne un air de marilorne.

Au commencement du xvie siècle s'élevèrent de nombreuses maisons de campagne, caractérisées par leur tour polygonale flanquée en avant, au milieu de Tune des deux façades, pour loger l'escalier tournant en pierre, et couronnée par une flèche ou un toit ordinaire. Leurs larges fenêtres à croisée en pierre et vitrées à petits plombs, étaient défendues par de fortes grilles en fer. Les planchers, élevés laissaient à découvert leurs belles poutres et leurs soliveaux parfaitement dressés et peints de diverses couleurs. L'ancien presbytère de Douillet conserve encore ses peintures. Les cheminées en pierre ne mesuraient pas moins de six pieds de hauteur et de largeur. Les portes d'entrée était à un seul vantail, doublé de planches de chêne en travers ; elles se fermaient en dedans au moyen de fortes barres qui se perdaient dans la muraille.

Les plus anciennes maisons de Sougé sont : le Prieuré, l'École- Corbin, La Chapelle des Chardonnerets (deux maisons), Mons, le logis de La Sarragousserie.

Le mobilier était à l'avenant de la simple habitation. L'argenterie, à Sougé, n'était connue que chez le seigneur. La vaisselle le plus en usage était en étain ; elle était armoriée dans la maison du noble. Plats, assiettes, vases à boire, bassins à laver, tout était en étain, seulement dans les maisons où régnait un peu d'aisance. Cet usage a presque disparu. Aujourd'hui, les cuillers en étain ou en fer battu sont généralement employées. La vaisselle est en terre, porcelaine ou faïence.

L'emploi du marbre, déjà connu dans le Maine au xvni0 siècle,

n'a lieu que dans quelques maisons aisées. Dans les maisons ordinaires, les cheminées sont garnies de montants en pierre avec des tablettes également en pierre.

Les habitations, à l'exception de quelques-unes dans le bourg, sont assez mal éclairées, mais elles ne manquent pas d'air, par suite du peu de soin qu'on accorde aux fermetures. Alors l'air se renouvelle facilement et amène les habitants à faire une assez grande consommation de combustible qui provient de la tonte des haies. Le bois fourni par les souches donne des fagots qui se vendent à la ville.

On serait tenté de faire une charge à fond contre l'incurie de la plupart : ils laissent les fumiers des étables près de leur habitation, y entretiennent des fosses, où l'eau, mêlée aux détritus de tous genres, développe l'infection et le germe de maladies qu'on cherche à imputer à d'autres causes. Le bourg de Sougé si heureusement situé, gagnera en beauté, en' propreté et l'hygiène y trouvera son compte, le jour où ses habitants voudront se surveiller un peu. En France il y a un code avec ses prescriptions, des commissions d'hygiène dans chaque département, c'est vrai, mais les abus marchent leur train.

Les anciens meubles en bois de chêne ou de guinier, aujourd'hui, comme par le passé, sont simples, solides et commodes. Toutefois, une fausse élégance tend à chasser les vieux meubles des maisons des plus aisés. Quand les garçons et les filles n'ont pas de chambres particulières, les premiers couchent à retable, et les filles dans l'appartement des père et mère. Les lits souvent pied à pied sont larges, garnis de couettes de plumeet surmontés de ciels carrés d'où pendent des rideaux. L'armoire, haute et à deux battants, est embellie par de longues fiches ouvragées et toujours brillantes, elle tient la place d'honneur dans l'appartement. La maîtresse du logis aime à y entasser de beau et bon inge de chanvre qu'elle a filé elle-même ou que lui ont laissé ses parents. Elle enlr'ouvrira son meuble avec un certain orgueil devant les visiteurs. Un buffet, une huche, un ou deux lits, une longue table, flanquée de deux bancs, le tout bien ciré, com-

plètenl l'ameublement. Son état vous donne la mesure de l'activité et de la propreté de la ménagère.

Les cultivateurs font trois repas en temps ordinaire; mais quand ils fauchent, ou moissonnent, ils mangent à 10 heures et à 4 heures, ce qui fait cinq repas en comprenant ceux du matin, de midi et du soir. Aux trois principaux la soupe forme le principal plat. La viande n'apparaît pas tous les jours à un ou deux repas, comme dans certains pays. Ici, l'homme des champs était bien mal nourri autrefois : son pain comportait les deux tiers, la moitié d'orge ou de seigle. Depuis que l'orge se vend bien, on y renonce davantage, et le froment entre en plus grande quantité dans la confection du pain.

Un morceau de pain avec le fromage du pays, le Mot, le tout arrosé d'un verre de cidre plus ou moins pur, compose l'ordinaire de la généralité des habitants, dont il faut reconnaître la sobriété et l'économie. L'usage de la viande de porc et de bœuf commence à s'établir. Les hommes se mettent à table, lorsque les femmes, assises près du foyer, veillent à ce que rien ne manque pendant le repas qui commence par la soupe. Il n'y a point d'assiette : chacun, à son tour et sans précipitation, porte au plat sa cuiller ou sa fourchette.

Depuis trente ans, les hommes et les femmes se sont habitués à sortir de chez eux pour se rendre aux foires et marchés, aux fêtes des villes. Les facilités de communications, l'aisance assez générale, jointes au besoin de locomotion, ont fortement ébranlé les allures simples et sobres d'un bon nombre. L'usage du café, est devenu général, par suite, les règles de la sobriété ont perdu de leur rigueur.

La Guilanleu. — Cet usage, qui mettait naguère en marche des populations entières, dans les jours qui précèdent et qui suivent le premier jour de l'an, dans le but de se récréer avec les amis et de recueillir les offrandes de la bienfaisance publique, est presque tombé en désuétude dans notre pays. Le premier janvier, les enfants courent encore souhaiter la bonne année dans un but intéressé; les pauvres vont faire une collecte qui a plusde

chance d'être abondante ce jour là. Généralement c'est dans les auberges qu'ont lieu les épanchements les plus bruyants. — Au gui-l'an-neuf ! Bardes au gui ! tel était le cri des Druides en s'acheminant vers leurs forêts sacrées ; leur grand prêtre marchait en tête, la serpe d'or à la main. Qui ne voit dans cette celte Gnilanleu la vieille pratique du bardisme, au vieux temps des Gaules.

Carnaval. — Le temps de carnaval a toujours été bruyant à Sougé : mascarades, promenades, théâtre, rien n'y manque. Mais depuis quelques années il y a relâche. On chante à Sougé : Tout est de carême prenant... — Carnivora, mardi gras; caramenlrant, caramentranus, caramentranum ou carem prenium, le mardi gras, nommé aussi carême entrant, carême prenant (Wailly). Dans l'après-midi du mercredi des Cendres, on promenait un mannequin représentant un vieillard, qui devenait la proie des flammes ou qu'on enterrait.

Nous avons vu, certaines années à Sougé, dans les jours du carnaval, une partie de la jeunesse en mouvement : elle était costumée; avec les masques la joie était sur tous les visages. La bidoche dansait : elle ralliait autour d'elle le cortège et absorbait même les regards delà foule. La bidoche simulait la partie supérieure d'un cheval. Un jeune homme passait le corps au milieu ; ses jambes étaient dissimulées sous un caparaçon plus ou moins riche. Le centaure avait pour tâche de se mouvoir gracieusement. Autour de lui ce n'était que danseurs. L'un d'eux lui présentait l'avoine dans une vannette enjolivée; un autre claquait du fouet d'une manière très prosaïque : le cheval ruait, alors gare à ses pétarades. Un jeune homme, qui savait se distinguer dans ce rôle, en était récompensé parles compliments du beau sexe.

Nous avons vu, plusieurs années, pendant notre séjour à Lisbonne, l'exhibition du cavallinho, cavaligne (petit cheval), le liou chivalet de Montpellier. Un cortège de jeunes gens, ornés de fleurs et de rubans, costumés un peu à la manière des comparses d'opéra, accompagné de la guitare et du tambourin, se livre à la danse en passant sous des cercles ornementés que tien-

lient les danseurs. Un robuste gaillard fait bondir le cheval de carton, cavallinho, passé à sa ceinture. Il suit la musique en caracolant et bondissant sans relâche. Survient un danseur, muni d'une corbeille remplie d'avoine qu'il essaie de présenter au cheval. Des ruades acharnées arrivent pour réponse. Le talent du danseur consiste à éviter la croupe qui lui revient constamment. Alors, assaut de souplesse, de grâce et de malice : c'est un spectacle original.

Joute de coqs. — Le jeudi gras, les élèves de l'école des garçons se réunissent dans une grange ou une cour, chacun avecun coq, renommé par ses aptitudes belliqueuses. La joule s'exécute au milieu des cris des spectateurs. L'écolier, possesseur du coq vainqueur, qu'il tient dans ses bras, est déclaré roi et est porté en triomphe dans les rues, sur un troue improvisé, sur les épaules assez mobiles de ses condisciples. Les enfants font une collecte de farine, de graisse, d'œufs, de pommes, de cidre, en vue de faire face à un festin copieux et bruyant, habituellement présidé par quelques mères dont la présence est assez nécessaire. Peut-on crier à la barbarie en voyant cet usage se perpétuer ?

Autrefois, le même jour, les enfants de l'école des filles faisaient rouler sur une table des œufs; celui, qui, en fracassant les autres demeurait intact, procurait à sa petite maîtresse le titre éphémère de reine.

Chandeleur. — Deux quêteurs, désignés l'année précédente, dans une tenue convenable, portant à leurs chapeaux des rubans, parcouraient la paroisse pour faire une quête d'argent, de fil, de poupée, etc. Quelques semaines avant la fête de la Purification de la sainte Vierge, les dons en nature étaient vendus à l'effet d'ornementer l'autel de la Madone et de couvrir les frais de la fête. Les jeunes filles, qui ne voulaient rien donner, étaient exposées à se voir enlever de gré ou de force leurs jarretières, honni soit qui mal y pense, et, le dimanche de la vente des objets recueillis, lesdi tes jarretières figuraient au bout d'un bâton.

La messe de la Cbandeleur était précédée d'une procession solennelle dans l'intérieur de l'église : y figuraient nombre de

personnes portant des cierges, pain bénit monstre et les objets .destinés à l'autel de la sainte Vierge. Les jeunes gens, après l'office, se réunissaient dans une auberge, dînaient et désignaient les quêteurs pour Tannée suivante. Depuis 1860, il n'y a plus rien de cette fête en dehors de l'église, une quête s'y fait pour entretenir l'autel de la Vierge.

Saint Martin. — La fête religieuse du patron de la paroisse a lieu le 11 novembre. L'assemblée se tient le troisième dimanche de juillet. Elle présente la physionomie de toutes les fêtes de villages, avec chevaux de bois, jeux de tir, jeux de loterie, boutiques de vaisselle, etc.

Bonaventure. — Cette fête des tisserands était dans son principe au compte du roi, puis elle se fît par cotisation. Naguère, M. le Curé disait la messe à laquelle assistait la corporation, il permettait de se réunir dans la belle charmille du presbytère et trinquait avec les tisserands. Cette fête a subi bien des vicissitudes, puis a cessé, le nombre des tisserands venant à diminuer sensiblement.

Saint Éloi. — La fête des forgerons de La Gaudinière se célébrait avec entrain. Ils assistaient à une messe chantée. Le maître de forge contribuait à la fête par sa munificence : chaque ouvrier invitait ses amis. Au retour du bourg, on levait la pale et le gros marteau ornementé se mettait en mouvement : on lui présentait un verre de vin et un biscuit. Le tout volait en éclats avec accompagnement du refrain :

Verse à boire au forgeron (bis), Car il aime le vin bon...

Dans la cour de la forge, danse au son du violon.

Saint Jean d'été. — ïl y a une trentaine d'années, la saint Jean commençait en mai par un pavoi tiré aux Planches de Monnai. Dans le bourg, on suspendait des couronnes de fleurs dans les rues d'une maison à l'autre ; la jeunesse des deux sexes se promenait habituellement le soir des beaux jours, jusqu'à la saint Pierre, en chantant et en évoluant des rondes sous les couronnes.

Premier dimanche de mai. — Dans la nuit du samedi au premier dimanche de mai, à Sougé, les jeunes gens, mus par je ne sais quel démon, réunissaient sous les ormeaux du cimetière et sur la voie publique, jusqu'à la porte du presbytère, charrettes, charrues, roues, brouettes, contrevents, herses, balais, etc., enlevés dans la campagne ou dans le bourg. Le lendemain, les propriétaires de ces objets venaient les démêler et les enlever en maugréant. Cet usage, tombé en désuétude depuis trente ans, a existé aussi à Assé-le-Boisne .

Fête des Laboureurs. — La Madeleine. — Autrefois, cette fête réunissait bon nombre de cultivateurs sous le sceptre pacifique de l'un d'eux : mais les frais considérables de la royauté ne permirent pas longtemps cette réunion qui avait lieu dans une grange. Au moyen de cotisation, elle aurait pu se continuer plus longtemps.

Fête delà Transfiguration. — 6 août. — Ce jour là, à l'église, on pendait à un des bras de la croix processionnale une grappe de raisin provenant d'une vigne précoce du jardin de la Basse-Cour. Le prêtre, à l'offertoire, en pressait quelques grains dans son calice. Depuis 1846 cet usage a disparu.

La première gerbe. — Lorsque la première charretée de gerbes entrait dans le bourg, on s'empressait d'attacher h la porte de l'église une poignée d'épis et aussitôt le sacriste faisait entendre le carillon des cloches. Pourquoi cet usage si gai a-t-il cessé ?

L'oison d'août. — Aussitôt la récolte ramassée, les gens de la ferme s'empressaient de donner un bouquet à la maîtresse de la maison, qui, en échange, donnait un dîner où paraissait le volatile qui faisait le principal mets, l'oison d'août. Le dimanche suivant, parée de son bouquet, elle venait à la messe.

La gerbe. — Une gerbe de la dernière airée était ornée d'un bouquet enrubanné ; on cachait au milieu de ses épis une bouteille de vin. Tous les batteurs, fléau au bras, se rendaient à la porte delà maison pour inviter la maîtresse à sortir; \erameneur présentait son bras à la dame et le cortège regagnait faire en chantant : Batteur, buttons la gerbe, etc. Elle prenait le bon-

quet, la gerbe marchait en avant, portée au bout d'un broc. Les travailleurs se mettaient à faire le tour de Faire en chantant la chanson de la gerbe. Les épailleurs jouaient de l'écouvas devant la maîtresse du logis. La journée se terminait par un souper arrosé du meilleur cidre.

La gerbe, depuis l'apparition des machines à battre, à Sougé, vers 1856, est bien simplifiée. On chante un peu, on mange et on boit de son mieux.

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