‹ Chroniques de Sougé-le-GanelonChapitre 39 sur 42 · AUTRE CHANSON, AU MATIN · texte numérisé non relu

AUTRE CHANSON, AU MATIN

Mon père et ma mère n'ont que moi d'enfant,

M'ont fait tailler robe de beau satin blanc.

Ho! la rosée, fleurissez mes gants!

M'ont fait tailler robe de beau satin blanc.

Longue par derrière et courte par devant.

Ho ! la rosée ! longue par derrière et courte par devant.

J'ai pris mes forcettes, mes ciseaux d'argent: Je l'ai tant rognée, je la rognai tant ! Ho ! la rosée, fleurissez mes gants!

Et delà rognure j'en ai fait des gants Et à mon ami Pierre j'en ai fait présent. Ho! la rosée, fleurissez mes gants!

Les jeunes filles en revenant des champs chantaient :

Maîtresse, apprêtez à souper :

Seules, les bois nous faut passer, Il est bien temps de s'en aller, Comment les passerai-je, les bois !

Seulette, je m'en vas, etc.

Miche des noces. — La miche des noces, son nom l'indique, se rapporte aux préparatifs du mariage. Cet usage nécessitait la présence du meunier. Les garçons, employés à la somme, amenaient sur un cheval blanc, dont la crinière était ornée de fleurs, le sac de farine, destinée à faire le pain du jour des noces. La future épouse détachait le bouquet qui surmontait la bissachée et tous ceux du voisinage, qui n'auraient perdu pour tout au monde pareille aubaine, accouraient et se livraient au plaisir de la danse.

Quenouille de la mariée. — Après la cérémonie du mariage à l'église, le cortège allait s'agenouiller aux pieds de l'autel de la sainte Vierge; le garçon d'honneur prenait la quenouille garnie de poupée auprès de la statue, la remportait pour la mettre à la disposition delà mariée. Celle-ci filait la quenouille, puis, le plus tôt possible, rapportait le fil et la quenouille bien chargée, à la place accoutumée. La mariée tout en faisant une offrande à la madone semblait prendre l'engagement de demeurer laborieuse dans son intérieur. Cet usage a cessé vers 1840.

La plupart des noces ne se passent plus au domicile des conjoints, mais à l'auberge. Là, se trouve plus facilement ce qui est nécessaire pour le service de table, pour la danse. Le lendemain de la noce, tout le monde se rend à l'église à l'effet d'assister à une messe dite pour le repos de l'âme des parents défunts des mariés : touchant usage, qui tempère les enivrements du bonheur par de pieuses pensées, qui relie la famille présente à la famille passée.

Charivari aux veufs qui se remariaient. — A la sortie de la messe de mariage, les jeunes gens présentaient un bouquet d'une main et un grelot ou un clairon de l'autre. Si la mariée acceptait le bouquet, elle consentait à donner la danse au violon dans la quinzaine, sinon, le charivari, durant neuf soirs, commençait le lendemain des noces. Tout veuf ou veuve se remariant devait subir cette épreuve. Le dernier charivari, à Sougé, eut lieu en 1848. Cet usage était très-ancien puisque le concile d'Angers, en 1448, condamnait les charivaris que l'on faisait aux secondes

noces. M. le juge de paix prononce de temps à autre de légères peines contre les délinquants, poursuivis par ceux qui ne peuvent souffrir patiemment le charivari, émaillé de chants et de déclamations très-épicés. A Saint-Léonard et à Saint-Paul, l'usage se perpétue.

Cochelin. — Le jour des noces, les invités, les parents offrent linge, vaisselle, meubles et môme de l'argent : peu de personnes se dispensent d'offrir leur cochelin.

Pour expliquer ce nom, il faut se rappeler l'usage, dans certaines contrées du Maine, la veille de Noël, de cette émigration des domestiques des deux sexes dans les fermes. On les rencontrait, en bandes, se diriger chez leurs parents, porteurs de pommes, d'un pain surmonté d'ornements crêtes en pâte, avec un simulacre de coq. Cela s'appelait cochelin.

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