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DÉLASSEMENTS COMIQUES

THEATRE

DES

DELASSEMENTS COMIQUES.

CE théâtre, bâti boulevard du Temple, auprès de l'hôtel Foulon, qui existe encore aujourd'hui, remonte bien avant la révolution. Un sieur Valcour, homme de lettres et comédien, en était le directeur.

Cet homme actif et intelligent aurait vu prospérer son entreprise, si un incendie, arrivé en 1787, n'eût dévoré la salle et le

io8 Petits Théâtres de Paris,

matériel en quelques heures. On songea bientôt à la relever, et Ton en construisit une nouvelle qui était assez bien décorée, mais longue, étroite et peu commode. Ce théâtre, avant 89, était, comme tous les petits spectacles, en butte à la jalousie de ses voisins; ayant porté plainte à M. le lieutenant de police Lenoir, il fut entravé dans ses pièces et ses acteurs. M. Lenoir rendit une ordonnance par laquelle il était enjoint au directeur du Théâtre des Délassements Comiques de ne représenter à l'avenir que des pantomimes; de n'avoir jamais que trois acteurs en scène, et d'élever une gaze entre eux et le public. A peine cette ordonnance avait-elle été rendue, que la révolution arriva, et que la gaze fut déchirée par les mains de la Liberté *.

A partir de ce moment, l'administration eut, comme toutes les autres, le droit

* Almanach des Spectacles de Duchesne, année 1792.

Théâtre des Délassements comiques, 109

de parler, de chanter, de danser même, sans qu'il fût besoin pour elle de faire en aucune manière usage de gaze.

En 1794, le personnel des Délassements consistait d'abord dans son directeur, le sieur Colon. Ses acteurs étaient les nommés : Lebel, d'Hauterive, Larue, Robin, Borne, Fleury, Lallemant. — Comédiennes: les dames Bellavoine, Ducharme, Favi, Pichard, Roland, Fleury, etc.. Les destinées de ce petit spectacle n'étaient pas brillantes ; le grand nombre des théâtres faisait qu'ils se nuisaient les uns les autres, l'anarchie la plus complète régnait dans la plupart de ces établissements, où l'on jouait tous les genres, et où tous les genres étaient mal joués.

Sous les directions de Valcour, Colon et quelques autres, les théâtres du boulevard ne pouvant se soutenir par leurs ressources, appelaient à leurs secours différents genres de spectacles. J'ai trouvé dans des journaux du temps, qu'en 1791, un célèbre physicien, nommé Perrin, y donnait des récréations semblables à

1 1 o Petits Théâtres de Paris»

celles de M. Comte. Voici une affiche :

aujourd'hui a six heures et demie, dans la salle des Délassements Comiques,

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