‹ Chroniques des petits théâtres de ParisChapitre 9 sur 38 · M. PERRIN · texte numérisé non relu

M. PERRIN

physicien célèbre

Donnera une Représentation de ses prestiges :

ï ® L'Encrier uniquement et parfaitement isolé ^ qui fournit à volonté de V encre rouge ^ bleue j verte, lilas, etc., etc.. • (Il parait que déjà à cette époque on en faisait voir au public de toutes les couleurs) ;

2^ Le grand tour du citron^

3° Le grand tour de la colombey qui rap^ porte une bague mise dans un pistolet véritable, et tiré par une croisée;

4« L'expérience de la montre pilée dans un mortier, et retrouvée aussi belle qu'auparavant^ etc.

La preuve qu'il alternait avec les comédiens, c'est que l'affiche du lendemain

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annonce les Chasseurs et la Laitière, les Folies amoureuses^ et la Constitution vil-' lageoise^ vaudeville patriotique en deux actes.

Vers 1796, un nommé Deharme et sa femme, tous les deux comédiens, prirent la direction des Délassements. Là, commença seulement pour ce théâtre une ère nouvelle de talents et de prospérité. La troupe se reforma de nouveau, elle y joua la tragédie, la comédie, et même Topera d'une façon satisfaisante.

Un fait que je ne saurais passer sous silence, et que je suis heureux de constater ici, c'est que ce théâtre a vu commencer des acteurs, qui sont devenus par la suite des sujets de premier ordre...

Joanny, qui est depuis longtemps une des gloires de notre scène tragique, et qui reçut au service d'honorables blessures, y jouait étant tout jeune homme et comme amateur. Joanny aimait son art avec passion, il était sévère dans son costume, soigneux dans ses rôles ; quand son nom décorait Taffîche, la petite salle

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des Délassements était comble. Je lui ai vu jouer Or este, Néron, Britannicus^ et beaucoup d'autres rôles, dans lesquels il annonçait ce qu'il devait être plus tard.

Il quitta Paris pour aller en province, d'où il revint pour entrer au second Théâtre-Français, et de là tenir à la Comédie- Française la place que son talent lui avait assignée depuis longtemps. Ce théâtre était assez suivi; un nommé Leroy, autre amateur, s'y faisait remarquer à côté de Joanny. Un vieux comédien de société, Gobelin, ne manquait pas d'un certain mérite. Un jeune homme du nom de Viot, chantait avec assez de goût et de méthode. De jolies femmes: mesdames Pichard, Dorvilliers et Lolotte y brillaient aussi ; la dernière surtout étai^charmante dans la Jeune Indienne de Champfort, le costume sauvage lui allait à merveille.

Une tragédienne, nommée Bosquillon, y tenait l'emploi de mademoiselle Raucourt, et la rappelait quelquefois avec bonheur... Quant au directeur Deharme, il jouait un peu de tout, sans être déplacé

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dans rien ; je Tai vu dans la même soirée

jouer Abel^ les Fausses Infidélités , et

Colin du Devi/i du Village.,, Voilà ce

qu'on appelle :

[sévère. »

« Passer du grave au doux^ du plaisant au

Potier, notre grand comique, s'essaya tout jeune aussi sur cette scène du boulevard du Temple. Est-ce que je ne lui ai pas vu jouer le cocher des Visitandinés?.,. Il était déjà fort plaisant, je vous assure... Nous avions tous prédit à Potier qu'il serait comédien, et nous ne nous sommes pas trompés, j'espère!... Potier était, quant au physique, ce qu'il est aujourd'hui, ce qu'il a toujours été : maigre, pâle, avec des jambes de fuseaux... mais comique des pieds à la tète... J'y ai vu Cazot débuter, en arrivant de Tlle-de- France, dans la Laitière Prussienne^ petite comédie d'un nommé Gabiot ; Cazot a fait depuis de grands progrès.

Ce théâtre a, dans les temps, donné aussi des ouvrages de réaction ; ce fut lui qui placarda sur tous les murs de Paris

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cette singulière affiche, dont on a tant ri dans le monde et dans les coulisses.

Théâtre des Délassements Comiques,

aujourd'hui 5 VENDÉMIAIRE AN Vil DE LA

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