‹ Chroniques des petits théâtres de ParisChapitre 24 sur 40 · RUE SAINT-MARTIN · texte numérisé non relu

RUE SAINT-MARTIN

VERS Tannée 1791, un homme à qui l'amour de la comédie a fait sacrifier des sommes considérables, M. Boursault de Malherbe, résolut de doter le quartier Saint-Martin d'une salle de spectacle.

Ce fut dans une cour assez vaste qui faisait partie d'un passage appelé passage des Nourrices, et qui allait delà rue Saint- Martin à celle Quincampoix *, que M.

* Le nom de Quincampoix est celui de quelques villages situés près Paris. Un sei-

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Boursault en posa la première pierre.

Secondé par un habile charpentier, M. Boursault prouva que ce qu'on regardait comme impossible ne Tétait pas ; car, en moins de deux mois, on vit une vaste salle bâtie, et les alentours du terrain pour ainsi dire recréés ; de sorte que les personnes qui, deux mois auparavant, avaient passé sur l'ancien emplacement ne le reconnaissaient plus.

La salle Molière offrait une jolie façade sur la rue Saint-Martin ; elle était composée de trois rangs de loges, d'un or^ chestre et d'un pourtour. Toutes les premières loges étaient ornées de glaces, qui semblaient doubler le nombre des spectateurs. Une sortie donnait sur la rue Quincampoix.

Cette rue Quincampoix avait obtenu

gneur de ces villages fit sans doute bâtir ua hôtel sur l^em placement de cette rue. Lenom dtQuincampoix dérive du latin quinque pagi, cinq pays^ cinq territoires.

(DuLAURE, Histoire de Paris).

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sous la régence une célébrité malheureuse. C'est là qu'avaient lieu les échanges de la banque de l'Ecossais Law. L'or et l'argent y devenaient papier, et le papier, rien. Ce honteux trafic ruina le trésor royal, et réduisît à la misère un grand nombre de familles *.

C'était donc une idée heureuse et philanthropique que celle de bâtir un théâtre destiné à faire rire, dans un quartier où tant d'honnêtes gens avaient pleuré.

Substituer le nom de Molière à celui de Law...; mettre le talent et l'esprit là où la fraude et l'intrigue avaient établi leur comptoir, c'était, en quelque sorte, purifier le lieu au feu du génie, c'était balayer les écuries d'Augias.

Mais le théâtre de Molière, ouvert à l'aurore d'une violente révolution, devait, comme beaucoup d'autres, suivre le torrent. Dans ces jours d'effervescence et de fièvre, ne gardait pas la neutralité qui voulait.

* Voir les Mémoires de Duclos.

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On lit dans un recueil du temps * :

« Plusieurs patriotes ont porté au théâtre de Molière des pièces désespérantes pour raristocratie : elle y est complètement bafouée et livrée à la risée publique. La meilleure de ces pièces est la Ligue des Fanatiques et des Tyrans; elle est de M. Roussin. Est venu ensuite : le Dîner du roi de Prusse à Paris^ re^ tardé par r indisposition de son armée. »

Ce titre rappelle celui des Frères féro^ ces, ou les Haines de famille infiniment trop prolongées, titre auquel Bonardin^ Potier conseillait de faire de larges coupures.

La première année fut heureuse et brillante; mais 1793 était à nos portes. M. Boursault ayant quitté la direction, et plusieurs de ses sujets s'étant retirés avec lui, ceux qui restaient, réunis à quelques nouveaux venus, prirent le théâtre, et

* Alman, des Spectacles, de Duchesne, année 1792.

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placèrent à leur tête un de leurs camarades appelé Lachapelle *,

Ce théâtre fut pendant quinze ans, comme la plupart de ses confrères, en pleine anarchie. Je le laisserai donc ouvrir et fermer tous les mois, changer de directeur toutes les semaines. J'indiquerai seulement ses phases les plus remarquables, les révolutions qu'il a subies ; je parlerai des pièces et des acteurs qui mériteront quelque attention.

Dé)à, en 1792, il avait pris le titre de Théâtre national de Molière. Jamais le mot national n'avait été aussi bien placé qu'à côté du nom du Térence français.

En 1793, presque tous les spectacles de Paris quittèrent leurs anciens noms, pour

♦ Jl a été condamné à mort par le tribunal révolutionnaire, et exécuté le 24 mars 1794. Son théâtre avait été imprimé en 1786, au profit de sa belle-mère ; i vol. in-12 : à Paris, chez Cailleau. Barbier, dans son Dictionnaire des Anonymes, lui attribue encore la traduction de la Chute de Rufln, 1780, in-8.

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prendre des noms révolutionnaires; le théâtre de Molière échangea le sien contre celui de Théâtredes Sans^Culottes, On y joua le Véritable Ami des Lois^ et les Crimes de la Féodalité. Ces pièces étaient d'une femme, la citoyenne Villeneuve. Il était assez plaisant de voir un auteur en jupons travailler pour le théâtre des Sans-Culottes.

Louis XIV et le Masque de fer suivirent de près les Crimes de la Féodalité; c'était l'histoire du Masque de fer, telle à peu près qu'on la trouve dans les Mé~ moires de Richelieu^ par l'abbé de Soulavie. Louis XIV, dit un critique du temps, y est représenté sous des couleurs trop odieuses; on ne l'a guère plus ménagé de nos jours.

Après la Terreur, le mot sans-culottes fut effacé, et le nom de Molière reprit la place que jamais il n'aurait dû quitter. Molière mérite assez que son nom traverse toutes les époques, et soit respecté par toutes les révolutions.

A quelque temps de là. Léger, qui

Le Théâtre Molière. SSy

jouait les Gilles au théâtre de la rue de Chartres, ce qui ne l'empêchait pas de faire des vaudevilles assez spirituels, Léger s'étant brouillé avec Barré, son directeur, éleva un second théâtre chantant, le Théâtre des Troubadours. Piis se joignit à lui, et le 1 5 floréal an vu, les Troubadours jouèrent à la salle Molière jusqu'à ce qu'ils allassent à celle de la rue de Louvois.

Vers 1800, le nom de Molière disparut encore de la façade, sur laquelle on lisait ce titre : Variétés nationales et étrangères. Et, en vérité, je ne sais pas trop pourquoi...; car, au lieu d'y donner des traductions, devinez ce qu'on y jouait le plus souvent?...

Biaise et Babet ^ Robert le Bossu ^ Alexis et Justine^ le Devin de village, les Chasseurs et la laitière^ la Fête de Co^ lette^ les Sabots^ et autres petites niaiseries, bergeries, moutonneries ejusdem farina.

Au commencement du consulat, en 1801, MM. Gouraincourt et Bruno pri-

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rent la direction de ce théâtre; le premier était un négociant, et le second un journaliste qui faisait de la littérature dans les petites affiches. Charmante association! Voici une anecdote qui mérite d'être rapportée. Aujourd'hui, quand une pièce est reçue, il faut quelquefois solliciter pendant plusieurs années avant de parvenir à la faire représenter. On va voir que, sous le consulat, les vaudevillistes étaient plus heureux qu'à l'heure présente.

Dumersan, qui entrait dans la carrière, avait remis au régisseur de ce théâtre un vaudeville assez spirituel (il en était bien capable).

Depuis six mois il n'en avait point entendu parler, lorsqu'un jour il lit dans les petites affiches : a L'auteur d'un vaudeville, intitulé : la Petite Revue^ déposé il y a six mois au théâtre de Molière, est prié de passer à la nouvelle administration pour distribuer les rôles de la pièce. »

Maintenant, peu d'auteurs reçoivent de

Le Théâtre Molière, 3Sg

semblables avis; mais en revanche les directeurs reçoivent souvent des assignations et jouent, non-seulement les vaudevilles, mais encore les tragédies et les drames modernes par jugement du Tribunal de commerce.

La Petite Revue * était jouée par Moessard, Villars, Lequien et madame Bras**, alors jeune, jolie et chantant à merveille.

L'acteur Lequien étant tombé malade, le bout de rôle qu'il remplissait fut appris et joué par Joly ; c'était la première fois que Joly montait sur la scène. On sait qu'il est devenu l'un des meilleurs comédiens de Paris.

J'avais composé en 1804, avec Henrion,

* Cette bluette obtint du succès. Dumersan fit encore représenter à Molière, avec M. de Bugny, M, Botte, tiré du roman de Pigauit-Lebrun.

** Madame Bras a joué successivement à Paris, en province, à Milan. Revenue au Vaudeville en 1817, elle est partie ensuite pour Saint-Pétersbourg et vient d'y mourir.

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un vaudeville fort innocent, // faut un mariage. A ce propos, permettez-moi de vous donner quelques détails biographiques sur l'estimable vaudevilliste Henrion : il avait une certaine originalité dans la personne et dans Tesprit ; on le voyait toujours habillé de noir avec jabot et manchettes ; il avait conservé la queue, les oreilles de chien et la poudre. On le rencontrait rarement sans un paquet de rôles à la main.

Henrion, sous-chef à Tadminist ration des postes, était l'auteur le plus productif de l'époque ; il avait une facilité prodigieuse ; on aurait dit qu'il était venu au monde tout exprès pour précéder la vapeur et les chemins de fer, Henrion était une espèce de locomotive tenant plume.

Il écrivait une pièce, prose et couplets, dans une matinée, ce qui faisait que souvent ses chutes étaient en proportion du nombre des ouvrages qu'il composait.

Armand Gouffé, qui ne laissait guère échapper une occasion de faire un couplet malin y avait improvisé sur Henrion

U Théâtre Molière. 36 1

celui que voici, qui amusait fort dans le tomps ou un couplet amusait encore :

Vous connaissez tous Henrion, Homme de lettres à la poste ; Henrion rime et fait ses vers en poste» Henrion chante en dépit d'Amphion.

Henrion 1... pas un ne Tignore, Tes chutes ne t'ont pas meurtri...

Nous en rions! Nous en avons bien ri!... Et no.us en rirons bien encore !..«

Henrion a obtenu, nonobstant eette plaisanterie, plusieurs succès au théâtre : Manon la ravauàeuie^ Dr^indinéin^ le Télégraphe d'amour^ la Dupe de sa ruse^ V Homme en deuil de lui-^même. Il a aussi composé quelques romans. Henrion possédait des qualités estimables ^ il partageait ses appointements et ses droits d'auteur avec sa mère et sa sœur. Il est mort en i8o8.

Il fau$ un mariage était mon troisième

vaudeville, il était joué par l'élite de la

troupe : Genest, Cazot, Sai*jt-Preux, Le-

coutre; les dames Montariol, Cartigny II. 16

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(soeur de Tex-sociétaire de la Comédie- Française), une jeune personne^ mademoiselle Montano, qui chantait déjà si bien qu'on lui faisait toujours recommencer son couplet au public^ ce qui flattait infiniment mon amour-propre d'auteur.

Beaucoup de littérateurs recommandables ont' travaillé pour ce théâtre.

Armand Charlemagne y a donné le Souper des Jacobins^ Dorat-Cubière, Ma^ dame de Pompadour; Lévrier du Champion, le Diable couleur de rose^ opéra, musique de Gaveaux. Bosquier-Gavaudan était fort amusant dans Je rôle de Valogne, /valet normand. Il y exécutait une danse si originale qu'il était toujours obligé de la danser deux fois. Gosse, l'auteur du Médisant y y fit jouer le Nouveau débarqué. Enfin un comédien de province, Richaud-Martelli, jouant les premiers rôles d'une manière très distinguée, dota ce théâtre des Deux Figaro^ comédie d'intrigue qui eut beaucoup de succès à Paris.

On disait alors que cette comédie n'é-

Lt Théâtre Molière. 363

tait pas de lui, qu'il l'avait rapportée de province, où un jeune homme la lui avait confiée. Aucune réclamation publique n'ayant paru à ce sujet, il hut supposer que ce n'était là qu'une calomnie de cou* lisse ; les auteurs modernes sont exposés aux mêmes désagréments.

Vers l'année 1806, le goût de l'étranger commençait à s'emparer des esprits ; Ducis avait déjà donné le signal en nous faisant connaître quelques-unes des beautés de Shakespeare. On pensa qu'un théâtre spécialement consacré à l'importation des productions exotiques pourrait devenir utile à la littérature française ; ce fut daro cette pensée que le théâtre Mo- Uère changea encore une fois de nom ; il s'appela Théâtre des Variétés étrangères» M. Boursault, toujours dominé par la passion du théâtre, se mit à la tète de cette entreprise qui lui faisait honneur, puisqu'elle tendait au progrès de l'art.

La nouvelle ouverture eut lieu le 29 novembre, devant une assemblée brillante et nombreuse. Un discours fut pro-

:i à plat, et qui por- '.lison vide et occu-

rédacteur, ol occupée^ I pas eu de succès; qu'elle ne che. L' administrasoir même aijiont point obiijj. En empruncomédies, il sepoint, de produire

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inimitable, ne jouait pas à la Comédie- Française, elle assistait aux représenta* tions des Variétés étrangères; elle encourageait les artistes, et on l'a souvent entendue dire, en frappant de son éventail sur le bord de sa loge : a II y a de l'avenir dans ce théâtre-là 1 »

Les Variétés étrangères^ ouvertes le 29 novembre 1806, furent fermées par décret impérial du i3 août 1807, ce qui borna leur existence à huit mois et quatorze jours.

La mesure qui frappait de suppression douze théâtres à la fois ne devait pas s'étendre à celui de Molière. Peut-être cette entreprise méritait-elle d'être encouragée et protégée; mais le sabre qui gouvernait ne s'inquiétait guère de Calderon ni de Schiller.

Les Variétés étrangères ont joué plus de soixante traductions : Kotzebue est l'auteur qui leur a fourni le plus de sujets.

Je le répète, malgré le talent de quelques littérateurs, ce premier essai n'a

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point porté tous les fruits qu'on aurait pu espérer.

La belle édition des chefs-<l'œuvre dramatiques devait nous faire connaître plus à fond toutes les beautés de Shakespeare, de Goethe, de Schiller, de Caldéron,deMoratin, de Lessing, de Lope de Vega, et d'un grand nombre d'auteurs plus modernes, qui depuis ont illustré leur pays.

Historien jfidèle, je dois rapporter ici quelques passages d'une lettre qui prouve que parfois le théâtre des Variétés étrangères ne fut pas très scrupuleux dans ses traductions. Cette lettre fut envoyée au Journal de Paris^ le 1 3 mars, jour de la clôture du théâtre.

« Monsieur le rédacteur,

« Le théâtre des Variétés étrangères expire ce soin Mon intention n'est pas, assurément, d'insulter à ses derniers moments ! mais je crois devoir à ma patrie et aux grands hommes qui l'ont illustrée quelques observations, que je bornerai ici à une seule, pour ne pas abuser de la

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place que je vous demande : on vient de donner au théâtre dont il s'agit Louise et Ferdinand, comédie en trois actes, de Schiller. J*y ai couru, croyant que c'était une œuvre posthume de ce grand poète; mais jugez de mon désappointe-^ ment; à force d'attention, j'ai démêlé que cette comédie était fabriquée avec la tragédie de Schiller, Cabale und Liebe» Tout y est interverti, dénaturé, falsifié, et le dénouement si terrible est remplacé par un morceau de papier, que tous les personnages se passent les uns aux autres, à peu près comme à un certain jeu

I innocent, que vous appelez, je crois,

Petit bon^homme vit encore!*..

c Et cette rapsodie porte le nom de Schiller !

* t Que diriez-vous, messieurs, d'un

Allemand qui mutilerait, qui dépècerait ainsi une tragédie de Corneille, et intitulerait effrontément son monstrueux gâchis : comédie de Pierre Corneille?

Le journaliste de Vienne ou de Berlin ne pourrait-il pas aussi, avec votre Cor-

Le Théâtre Molière. Sbg

neille, égayer le peuple des faubourgs?

a J'ai l'honneur de vous saluer.

« Germanicus. »

Cette lettre sent un peu la colère germanique, mais la signature fait absoudre son auteur ; il défend Schiller comme nous défendrions Corneille : à chacun ses dieux!...

Je le répète donc, la pensée d'un théâtre chargé de reproduire les chefs-d'œuvre étrangers était une chose excellente en soi; mais l'exécution en était fort difficile. Cela ne doit pas nous empêcher de rendre justice, en iSSy, à la bonne intention qui anima, en 1806, quelques hommes de talent.

De 1807 à i83o, la salle Molière eut le sort de toutes les salles abandonnées; elle servit à donner des séances de physique, des assauts d'armes, des concerts, des bals, des banquets de francs-maçons.

En i83i, M. Lemétayer obtint de

rouvrir la salle de la rue Saint-Martin,

mais la façade avait disparu, une maison

l'avait remplacée : il fallut refaire une enir. 16.

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trée par la rue Quincampoix, ce qui en rendait Taccès triste et désagréable.

On remit la salle à neuf, et le 9 juin i83i, le théâtre Molière fut rouvert, peut-être pour la vingtième fois depuis son origine. On joua, le premier jour, un vaudeville amusant, la Rue Quincam^ poix. C'était l'histoire du petit bossu qui prêtait son dos pour servir de pupitre aux agioteurs du temps : les auteurs, MM. Alboize, James Rousseau et Charles Des* noyers supposaient que ce bossu avait été le célèbre Moyeux.

Pourquoi non? Pourquoi Mayeux n'aurait-il pas existé sous la Régence ? Il ne fut peut-être- qu'un type retrouvé en

La troupe du théâtre Molière, pour ainsi dire improvisée, n'offrait point de noms connus; je ne parlerai donc pas des acteurs qui, pour la plupart, débu* taient dans la carrière.

Il n'en fut pas de même des auteurs.

On a lu sur les affiches les noms de MM. Théaulon, Maillan, Frédéric de

Le Théâtre Molière. 371

Courcy, Merville, Blanchard, Lhérie, etc.

Fermé le 3 1 octobre i83i, le Théâtre Molière a été rouvert le j6 mars i832, mais pour la dernière fois ; car le 5 novembre, il fut pour toujours rayé de la liste des vivants.

La cage et quelques rangs de loges sont encore debout, mais les costumes et les décorations ont été vendus. Un misérable bal a lieu les dimanches et fêtes dans rédifîce bâti en 1791 par M. Boursault-Malherbe, que l'on peut, à juste titre, surnommer la providence des théâtres.

Le passage, qui existe toujours, porte le nom de Passage Molière^ et au-dessus de la porte de ce passage, qui donne dans la rue Saint-Martin, on lit encore aujourd'hui ces mots écrits en lettres (Vor: THÉÂTRE MOLIÈRE!!

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