‹ Chroniques des petits théâtres de ParisChapitre 27 sur 40 · A DIFFÉRENTES ÉPOQUES · texte numérisé non relu

A DIFFÉRENTES ÉPOQUES

A OIFFéaBNTBS ÉPOQUES.

LES premiers chefs-d'œuvre de Corneille ont été joués à Paris sur le théâtre construit près du Palais*Royal par le cardinal de Richelieu, et c'est cette même salle que Louis XIV donna à Molière et à sa troupe ; elle l'occupa jusqu'à la mort de Molière, arrivée en 1673; alors la salle du Palais- Royal fut consacrée à l'Opéra, dont Lulli avait obtenu le privilège ; TO*péra y resta jusqu'en 1781.

La troupe Molière avait pour rivaux le théâtre du Marais, situé vieille rue du

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Temple, et celui de l'hôtel de Bourgogne, dans la rue Mauconseil ; il y avait donc alors à Paris trois théâtres oii Ton jouait la tragédie et la comédie.

Lorsque Lulli obtint la salle du Palais» Royal, la troupe de comédiens qui l'occupait s'établit d'abord dans la rue Guénégaud, et plus tard, en 1688, elle alla dans la rue des Fossés-Saint-Germaindes-Prés, presque vis-à-vis l'endroit où l'on voit aujourd'hui le café Procope, si célèbre par ses querelles littéraires et les auteurs qui le fréquentaient. Piis, dans une chanson à quarante couplets qu'il composa à la gloire du café, n'a pas oublié l'ancien café de la vieille Comédie-Française :

Quand Boindain, par trop impie, Avait bien médit du ciel, Quand Piron, contre Olympie, Avait bien vomi son iiel.

Quand Rousseau le misanthrope Avait bien philosophé, « Ça, messieurs, disait Procope, Prenez donc votre café! »

Les divers Théâtres* 4^5

La troupe du Marais et celle de Thôtel de Bourgogne se réunirent bientôt à la troupe de Molière, rue des Fossés-St-Germain-des-Prés, et c'est là que la Comédie- Française est restée jusqu'en 1770 ; c'est pourquoi cette rue est encore appelée aujourd'hui par de vieux amateurs la me de la Comédie-Française.

Il y avait, en outre de cela, dans la capitale, une troupe italienne qui occupait rhôtel de Bourgogne. On ne comptait donc encore alors à Paris que trois théâtres : la Comédie-Française, l'Opéra et les Italiens, indépendamment des spectacles des foires Saint-Germain et Saint- Laurent, d'où sortit plus tard TOpéra- Comique, qui fut réuni à la Comédie- Italienne en 1750.

En 1791, la liberté complète du théâtre ayant été proclamée, il s'en établit un nombre prodigieux; il est même remarquable qu'en 1791 et dans les années suivantes, au moment où la fièvre politique dévorait si fort la nation, ce nombre ait été aussi considérable ; on en comptait

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alors cinquante et un, tant grands que petits ; le dénombrement en est assez curieux.

Théatrks de Paris bn 1794 et i 795

On peut comparer le nombre des théâtres qui existaient alors avec leur nombre en i838, que l'on trouve cependant considérable.

Dès que la liberté complète des théâtres eut été proclamée en 1791, il s'en éleva, à Paris, cinquante et un. En voici la liste :

J'ai marqué d'un astérisque les noms de ceux qui ont été incendiés, démolis ou fermés.

Concert spirituel et Théâtre de Monsieur, rue Feydeau.*

Théâtre de l'Opéra, boulevard à côté de la porte Saint-Martin. Cette salle fut construite pour recevoir l'Opéra, qui, le 8 avril 1781, devint la proie des flammes une seconde fois, et le 5 octobre de la même année l'Opéra s'ouvrit à la porte

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Saint-Martin, la salle ayant été construite en soixante-quinze jours.

Théâtre-Italien, entre les rues de Savoie et Marivaux.*

Théâtre de Louvois, rue de Louvois.*

Théâtre Comique et Lyrique, rue de Bondy.*

Théâtre Montansier, au Palais-Royal.

Théâtre de la Nation, faubourg Saint- Germain, sur l'emplacement de TOdéon ; incendié deux fois et rebâti deux fois.

Théâtre des Variétés, rue de Richelieu.

(Aujourd'hui Théâtre- Français.^

Théâtre du Marais, rue Culture-Saintc- Catherine.*

Théâtre de Molière, rue Saint-Martin.*

Théâtre d'Emulation, rue Notre-Damede-Nazareth.*

Théâtre de la Concorde, rue du Renard-Saint-Méry.*

Théâtre des Muses ou de l'Estrapade, près du Panthéon.*

Théâtre du Mont-Parnasse, sur le boulevard neuf.

4^8 Petits Théâtres de Paris,

Théâtre du Vaudeville, rue de Chartres.* (Alors en construction.)

Théâtre de Henri IV, vis-à-vis le Palais de Justice. (Depuis Théâtre de la Cité.)*

Théâtre d'Audinot ou de l' Ambigu- Comique, boulevard du Temple.*

Théâtre des Délassements, idem,*

Théâtre Patriotique, idem. C'était celui des Associés, tenu par Salle, aujourd'hui par madame Saqui.

Théâtre des élèves de Thalie, idem.*

Théâtre de Nicolet, grand danseur du roi^ idem,*

Théâtre des Petits Comédiens français, idem* Théâtre du Lycée-Dramatique, idem.* Théâtre du café Yon, idem.* Théâtre du café Godet, idem.* Théâtre de Liberté, à la Foire St-Ger-

main.*

Théâtre du Vauxhall, boulevard St- Martin.* Théâtre du Cirque, au Palais-Royal.* Théâtre des Variétés comiques et lyriques, à la Foire St-Germain.*

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Théâtre des Ombres chinoises, Palais- Royal.

Théâtre du sieur Moreau, idem* Théâtre de Thalie ou théâtre Mareux ou de Saint-Antoine, rue Saint-Antoine.* Deux théâtres en bois, place Louis XV/ Théâtre du café Guillaume.* Théâtre delà rue des Martyrs. *" Cirque d'Astley, faubourg du Temple/ Théâtre des Amis de la Patrie/ Théâtre de la Gaîté. (Ce devait être celui de Nicolet qui avait pris ce nom à l'époque dâla Révolution.)

Théâtre de la Cité. (Le même que celui de Henri IV,)*

Théâtre du Lycée des Arts. (Le même que celui du Cirque, au Palais-Royal.)*

Théâtre des Sans-Culottes. (Rue Saint- Martin, le même que celui de Molière.)* Théâtre de la rue Antoine.* Théâtre de Mareux. (Déjà cité.)* Théâtre des Jeunes Artistes. (Le même que celui de la rue de Lancry.)*

Théâtre des Jeunes Elèves, rue de Thionville.*

41 o Petits Théâtres de I^arts.

Je chantai une chanson que j'avais fn:

en 1809, et dont le refrain était : Coirtj on fait son lit on se couche, Lorsque j'ej chanté ce couplet :

Bravant la chance des combats^ Lorsque leur chef les accompagne.

Voyez tous nos jeunes soldats En chantant faire une campagne !

Ils brûlent, ces braves guerriers, Jusqu^à leur dernière cartouche.

Puis ils dorment sur des lauriers :

Comme on fait son lit on se couche.

Jelaisse à penser Teffet que produisireot guerriers et lauriers.,, : ce fut une explosion, un délire, une rage.. On criait : bisl. encore, encore L... Tous les convives parlaient ensemble, on m'entourait, on me serrait la main : tout le monde m'embrassa, même le charcutier, après s'être essuyé le front, bien entendu.

On proposa mon admission, séance tenante ; je répondis que j'étais très sensible à cette marque de bienveillance, mais que je craignais de ne pouvoir assister régulièrement aux séances. On me

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