L.et divers Théitrea
On A vu les Franfais joyeux S'en montrer bien plus idAiatres.
K'a-t-on pas ru ce peuple, enfin.
Subsistant comme par miracle...
Pendant le jour mourir de faim.
Et le soir courir au ipectacle '>.
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mait le lard et les petits oignons. Vinrea! ensuite le carré de veau, la barbe de capucin flanquée de betteraves, un morceac de fromage de Gruyère ; deux assiettes de mendiants fermaient la marche.
On se mit à table ; on me plaça à côté du président: « Monsieur», me dit-il ici chacun a sa bouteille; si le rouge vous incommode, vous avez celui de demander du blanc. » Je répondis que le rouge ne m'incommodait pas.
Je mangeai de bon appétit. La gibelotte de lapin me parut délicieuse, je dis de lapin, parce que c'est la foi qui sauve, et que j'ai le bonheur de croire.
Pendant le dîner, on ne parla que do grand Napoléon... «Heml » disait l'un, <K c'est celui-là qu'en valait bien un autre,,. Hem 1 oui... qui n'était pas feignant y comme on dit che^ nous,,. Hem !... s^H n'avait pas été trahi à Waterloo î HemU qui n'est pas mort pour tout le monde.
« Ahl oui... » dit le charcutier en s'essuyant le visage (car le malheureux ne faisait pas d'autre métier^, « le petit ca»
Les Sociétés chantantes. 407
r-a/ vit encore... et il leur ^^y en fera
ÏT' de toutes les couleurs
Il n'en faut pas tant, des couleurs », tp>rit le peintre en bâtiments, avec un >virire de Méphistophélès.. ; « qu'on nous n donne seulement trois ^ des couleurs.. » k. ce mot de trois couleurs^ les applaudisements partirent de tous les points de la a.Ile ; )*ai vu le moment où Ton allait :rier vive l' Empereur!.., Alors la conversation prit une teinte tout à fait politique.
Je m'aperçus que j'étais dans une réunion séditieuse, et je pensai que, si le commissaire du quartier venait à faire sa ronde, il pourrait faire évacuer la salle et envoyer les Enfants de la Gloire à la préfecture de police. Je comptai combien nous étions; quand je vis que le nombre ne dépassait pas dix^neuf^ c'est bon, me dis-je, nous sommes dans la loi.
Le moment de chanter étant venu, le président fît l'appel nominal, et quand chacun- eut répondu, en portant la main droite au front, le n^ i monta sur la
4o8 Petits Théâtres de Paris,
table, €t chanta d'une voix de Stentor
Salut; monument gigantesque De la valeur et des beaux-arts ; D'une teinte chevaleresque Toi seul colores nos remparts.
De quelle gloire t'environne Le tableau de tant de hauts-faits :
Ah ! qu'on est fier d'être Français Quand on regarde la colonne !
A chaque couplet les convives se regardaient, se faisaient des yeux ; j'en ai tu qui pleuraient. Le n* 2 ne se fit pas attendre. Je me souviens encore qu'il chanu un couplet dont le premier vers était :
Sur son rocher de Sainte-Hélène,
et qui finissait par celui-ci :
Honneur à la patrie en cendre!
Du reste, toutes les chansons respiraient le plus pur napoléonisme ; c'était toujours :
Il reviendra le petit caporal.
Vive à jamais la redingote grise !
Honneur, honneur à not'grand empereur!
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Je demandai si l'on ne chantait que des D\iplets qui eussent rapport au grand [apoléon : « Monsieur », me répondit aon voisin, « je vais vous dire, nous otnines tous ici des bons enfants qu'a ;ervi ensemble; nous ne reconnaissons ][ue deux choses, l'empereur et la colonne. »
Quand mon tour de chanter fut arrivé, tous les yeux se tournèrent vers moi, au point que je devins timide et embarrassé. ) e me défendis de mon mieux, mais avec la modestie d'un auteur qui n'est pas iàché qu'on le prie un peu. Je dis à ces bonnes gens que j'étais venu pour les entendre. Le président fît faire silence ; il fallut se résigner. On me fit un honneur, ')efus dispensé de monter sur la table; je n'ai jamais su pourquoi. Bien que je possède un volume de voix assez étendu, je craignais qu'elle ne parût faible et fiûtée à côté de celles des Amis de la Gloire ; car ces lurons-là avaient tous des voix de xonnerre : c'étaient des petits Derivis dans son bon temps.
43o Petits Théâtres de Paris,
Théâtre de la rue du Bac*
Théâtres des Troubadours et des Victoires nationales, rue Chantereine.*
Théâtre de Doyen, alors rue Notre- Dame-de-Nazareth.*
Théâtre de la rue Nazareth. (Sans doute le même.)*
Théâtre de la rue du Renard-Saint- Méry.*
Il n'existait pas tout à fait cinquante et un théâtres, puisque Ton voit que plusieurs changeaient de nom selon les événements politiques ; mais le*chiffre n'en est pas moins considérable, en comparaison de celui d'aujourd'hui, car il y en avait peut-être encore d'autres, dont les noms se sont perdus.
Donnons maintenant la liste des théâtres qui existaient à Paris en 1807, avant le décret impérial :
L'Opéra.
Le Théâtre-Français.
Feydeau.
Favart (fermé).
Louvois.
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Odéon (fermé).
Le Vaudeville.
Le Théâtre de la Porte Saint-Martin.
Montansier (au boulevard Montmartre).
L'Ambigu.
La Gaîté.
Théâtre Sans- Prétention.
Molière.
La Cité.
Le Boudoir des Muses.
Le Marais.
Les Jeunes Elèves.
Les Jeunes Artistes.
Les Nouveaux Troubadours (boulevard du Temple).
Les Jeunes Comédiens (Jardin des Capucines).
Le Cirque-Olympique.
Le Théâtre de la Victoire (rue Chantereine).
Théâtre de la rue du Bac.
Théâtre Mareux, rue Saint-Antoine.
Théâtre du Panthéon, à TEstrapade.
Théâtre de Thôtel des Fermes, rue de Grenelle-Saint-Honoré.
432 Petits Théâtres de Paris,
Théâtre de la Jeune Malaga, boulevard
du Temple.
Ombres chinoises. ;
Total, vingt-huit salles de spectacle. \