MADEMOISELLE FLORENCE
C'était une danseuse de l'Opéra, très belle personne, pour qui le régent marqua un goût soutenu pendant quelque temps. Il en eut un fils nommé l'abbé de Saint- Albin; jamais le prince ne voulut le reconnaître, et Ton attribue cette obstination à une haine secrète de Dubois; il ressemblait pounant à la famille plus que tout autre, sur-
tout à mademoiselle de Valoîs ; en sorte qu^il était impossible de ne pas reconnaître le frère et la sœur; c'était d'ailleurs un homme d'une jolie figure, d'une belle taille, de beaucoup d'esprit, et qui avait fait d'excellentes études.
« J'aime l'abbé de Saint-Albin, dit Madame, d'abord parce qu'il m'est fort attaché, ensuite parce qu'il tourne entièrement à bien, qu'il est plein d'esprit, très raisonnable, et qu'il est abbé sans h3rpocrisie.
a Ce pauvre abbé de Saint-Albin meurt presque de chagrin de ce qu'on ne veut pas le légitimer; mais comme il est fils de la Florence, danseuse, mon fils craint qu'on ne le plaisante, et l'aimable abbé Dubois, qui est l'ennemi déclaré de l'honnête Saint-Albin, fera toujours en sorte que mon fils ne légitimera pas ce jeune homme. »
Nous avons vu plus haut que les craintes de Madame ne se sont pas réalisées. L'abbé de Saint-Albin, fils de mademoiselle Florence, non-seulement fut fait archevêque de Cambrai, mais encore reconnu par son père sur la fin de