‹ [Chroniques du XVIIIe siècle] (volume 2)Chapitre 14 sur 61 · MADEMOISELLE FLORENCE · texte numérisé non relu

MADEMOISELLE FLORENCE

C'était une danseuse de l'Opéra, très belle personne, pour qui le régent marqua un goût soutenu pendant quelque temps. Il en eut un fils nommé l'abbé de Saint- Albin; jamais le prince ne voulut le reconnaître, et Ton attribue cette obstination à une haine secrète de Dubois; il ressemblait pounant à la famille plus que tout autre, sur-

tout à mademoiselle de Valoîs ; en sorte qu^il était impossible de ne pas reconnaître le frère et la sœur; c'était d'ailleurs un homme d'une jolie figure, d'une belle taille, de beaucoup d'esprit, et qui avait fait d'excellentes études.

« J'aime l'abbé de Saint-Albin, dit Madame, d'abord parce qu'il m'est fort attaché, ensuite parce qu'il tourne entièrement à bien, qu'il est plein d'esprit, très raisonnable, et qu'il est abbé sans h3rpocrisie.

a Ce pauvre abbé de Saint-Albin meurt presque de chagrin de ce qu'on ne veut pas le légitimer; mais comme il est fils de la Florence, danseuse, mon fils craint qu'on ne le plaisante, et l'aimable abbé Dubois, qui est l'ennemi déclaré de l'honnête Saint-Albin, fera toujours en sorte que mon fils ne légitimera pas ce jeune homme. »

Nous avons vu plus haut que les craintes de Madame ne se sont pas réalisées. L'abbé de Saint-Albin, fils de mademoiselle Florence, non-seulement fut fait archevêque de Cambrai, mais encore reconnu par son père sur la fin de

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