LA DUCHESSE DE PHALARIS
Cette dame était du Dauphiné, et se nommait d'Harancour ; elle avait épousé une espèce de duc italien qui se nommait George d'Antraigues, fils d'un financier dont Boîleau parle dans sa première satire :
Que George vive ici, puisque George y veut vivre.
Ce fut dans ses bras que mourut le régent. Sortant dé donner une audience, il trouva cette dame en entrant dans son cabinet; il lui dit : « Entrez, vous me ferez plaisir; vous me direz quelque conte amusant; car j'ai grand mal à la tête. » A peine furent-ils seuls ensemble qu'il se trouva mal, et resta sans mouvement et sans connaissance. Madame de Phalaris effrayée appela du secours; on ne put administrer aucun remède efficace au prince; il mourut
entre les bras de sa maîtresse, ce qui fit dire à quelque mauvais plaisant qu'il était mort assisté de son confesseur ordinaire.