‹ [Chroniques du XVIIIe siècle] (volume 2)Chapitre 16 sur 61 · LA DUCHESSE DE PHALARIS · texte numérisé non relu

LA DUCHESSE DE PHALARIS

Cette dame était du Dauphiné, et se nommait d'Harancour ; elle avait épousé une espèce de duc italien qui se nommait George d'Antraigues, fils d'un financier dont Boîleau parle dans sa première satire :

Que George vive ici, puisque George y veut vivre.

Ce fut dans ses bras que mourut le régent. Sortant dé donner une audience, il trouva cette dame en entrant dans son cabinet; il lui dit : « Entrez, vous me ferez plaisir; vous me direz quelque conte amusant; car j'ai grand mal à la tête. » A peine furent-ils seuls ensemble qu'il se trouva mal, et resta sans mouvement et sans connaissance. Madame de Phalaris effrayée appela du secours; on ne put administrer aucun remède efficace au prince; il mourut

entre les bras de sa maîtresse, ce qui fit dire à quelque mauvais plaisant qu'il était mort assisté de son confesseur ordinaire.

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