L'ÉTAT DE LA FRANCE
L'argent s'anéantit.
Le banquier manque de crédit.
Le marchand demande répit.
Le courtisan languit.
Le soldat réformé périt.
La noblesse s'avilit.
Tout le monde pâtit.
Le régent rit.
Le bourreau s'enrichit.
La dame de cour se remplit.
Le parlement s'enorgueillit.
Le conseil s'étourdit.
Fourqueux fait bien du bruit.
La chambre apporte peu de fruit.
L'homme d'aâEaire se tapit.
Le comptable à sec déguerpit.
La grisette n'a plus d'habit.
La belle sans argent vieillit.
De Rome le pouvoir est frit.
Loyola crève de dépit.
Le jansénisme reverdit.
La vérité médit.
La vertu se séduit.
L'honneur s'enfuit.
Le juste compatit.
Le sage en vain rougit.
Le voluptueux s'enhardit.
Tout se perd petit à petit.
Le moine seul à l'aise rit.
Qpi l'eût pu croire ? ô chose étrange 1 Aujourd'hui par les soins de Lass, Comme dans les mains de Mydas, Dans nos mains tout en or se change.
Qpe chacun prenne garde i soi; Après avoir chanté merveilles, II pourrait bien, comme à ce roi.
Nous venir de grandes oreilles.
Veux-tu savoir en quoi diflfëre De Mazarin le ministère De celui de Lass le pendu ?
L'un ne f..tait que la régente, Et par l'autre tout est £....., Le régent, l'eut et nos rentes.
Dubois dit : Ce qui m'embarrasse.
C'est que l'empereur veut l'Alsace ; Son envoyé me fait damner.
Le régent dit : C'est trop prétendre, Plutôt mourir que la donner ; Mais il faudra la laisser prendre.
Dieu, protecteur de nos murailles, Tu viens de nous ôter Noailles Et son tartuffe d'Aguesseau :
Si tu veux finir nos misères, Retais de la Force un bedeau, Nous n'aurons plus de vœux affaire.