DÉCEMBRE I
— Ce jour, 2 décembre 1723, il est arrivé un événement bien surprenant. Le duc d'Orléans est tombé en apoplexie, sur les sept heures du soir, et est mort, à sept heures et demie, sans proférer aucune parole. Il était à Versailles, et n'était point venu à Paris, comme à son ordinaire, le jeudi. Son fils, le duc de Chartres, était à Paris, à l'Opéra, où il ne pensait pas à ce que la mort lui préparait. M. le Duc n'a pas manqué son coup ; il a appris la nouvelle au Roi, lui a demandé la place de premier ministre que le Roi lui a accordée, et sur-le-champ il en a fait expédier le brevet par M. de la Vrillière, et en a fait le serment entre les mains du Roi. Le duc de Chartres n'est arrivé qu'à onze heures du soir à Versailles ; il a trouvé son père mort, et sa place prise. La duchesse d'Orléans, sa mère, n'a pas voulu qu'on l'avertît d'abord, croyant que ce ne serait rien, et elle n'a pas voulu suivre l'avis de ceux qui lui ont conseillé de s'aller jeter aux pieds du Roi, et de demander de suspendre jusqu'au retour de son fils. Ainsi, voilà ce grand duc d'Or-
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léans, ce Régent si célèbre, ce prince qui voulait être roi, le voilà mort en un moment, et Dieu a renversé tous ses desseins.
Qpand il est tombé malade, il était avec M*"^ de Fallari, son ancienne maîtresse. Elle a crié, appelé ; à peine a-t-on pu trouver un chirurgien pour le saigner. Il a été saigné. On dit que M"'* de Sabran a dit insolemment : « Il ne faut pas le saigner, il sort de dessus sa gueuse. »
— Le jeudi i6, le corps du duc d'Orléans a passé au travers de Paris, en pompe funèbre, à dix heures du soir, pour être porté à Saint-Denis. Il y avait une foule de peuple^ et on n'a jamais entendu dire tant de sottises. Son cœur, quelques jours auparavant, avait été porté au Val-de-Grâce ; on demanda à un laquais s'il avait vu passer le cœur. « Non, dit-il, mais j'ai vu passer son âme par la rue d'Enfer. » — Mot de laquais.
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QUATRAIN sur le Régent
D*UQ protestant faire un papiste, D'un chancelier un scélérat»
D*un cardinal un apostat.
N'est-ce pas être bon chimiste ?
ÉPiTAPHE de M. le Régent, ou épigramme sur sa mort
Philippe est mort le verre en main , Le proverbe est bien peu certain, Qpi dit que Thomme meurt comme il vit d'ordinaire ; En lui nous voyons le contraire :
Car s*il fût mort comme il avait vécu, Il serait mort le v.. au c.