‹ [Chroniques du XVIIIe siècle] (volume 2)Chapitre 56 sur 61 · ÉCHO · texte numérisé non relu

ÉCHO

A l'écho ce matin j'ai demandé comment Irait notre Gouvernement ;

Après le vif discours du président de Mesme, L'écho m'a répondu : de même.

COUPLET satirique contre M. d'Argenson

Pleurez, pleurez, peuples de France, Et n'espérez plus rien de bon,

210 LA KÊGBNCB

Puisque les sceaux et la finance Sont entre les mains d'Argenson.

AUTRE amtre h duc de Noailîes

Enfin Noaiiles s*en est allé,

Cela ne doit pas vous surprendre ;

Il a tant pris et tant volé

Qm'îI ne trouve plus rien à prendre.

AUTRE sur un air de viohn de Vopira

Puisque nous n'avons plus d'argent, Sans nous contraindre Nous pouvons nous plaindre.

Puisque nous n'avons plus d'argent. Le diable emporte et Lass et le régent ; Le premier est un animal.

Fripon, igiiorant et brutal, QmI nous réduit à l'hôpital ; Le second rit de voir le mal.

Dieu nous &sse Bientôt la grâce De voir déconfit Ce couple maudit.

Aveuglé par ses courtisans, Philippe jusqu'ici a trouvé maint obstacle A suivre de son cœur les désirs bienfaisants. Un oculiste enfin nous prépare un miracle.

Toi, dont la main hardie étalant ton savoir Inspire également la crainte et l'espérance, Ne manque pas ton coup, achève et fais-lui voir Les maux que nous ont faits deux ans de sa régence.

Toi qui, par un juste effroi, Veux découvrir dans un verre Tous les ressorts de la guerre Qpi se trame contre toi, A tes vœux chacun s'oppose ; Tout le monde te maudit.

N'en cherche point d'autre cause Qne ta vie et ton édit.

Que la peste soit en Provence, Ce n'est pas notre plus grand mal ; Ce serait un bien pour la France Qu'elle fût au Palais-Royal.

En abattant certaines têtes, Elle en conserverait cinq cents ; Badauds, vous en seriez exempts ; Elle n'attaque point leis bêtes.

Mais pour la santé du régent, Ce serait une bonne affaire Que la peste fût sur l'argent, Pour l'obliger à s'en défaire.

CHANSON SUR l'eXIL DU PARLEMENT A PONTOISE (1720)

Air : Du branle des filles de P Opéra

Ces messieurs, sans aucun doute.

Sont fâchés d'être partis ;

Ce qui leur parait de pis,

N'est pas l'argent qu'il leur coûte ;

Chacun craint qu'étant banni,

Sa femme à Paris ne f..... ; i

Chacun craint qu'étant banni,

On ne ponde dans son lit.

Ces messieurs sont par trop sages

Pour s'en faire un embarras;

Le régent, qui sait leur cas,

A pris soin de leurs ménages ; Il laisse au lieu des maris.

Pour payer les arrérages.

Il laisse, au lieu des maris, La cour des aides à Paris.

AUTRE SUR LES BILLETS DE LASS Sur l'air : Lanturlu

Jamais, quoi qu'on dise.

Nos petits neveux N'auront leurs chemises Ni leur cul bemeux; Car en abondance Ils auront des torches eu, Lanturelu.

AUTRE sur Voir de Joconde

Lass ne nous donne qu'en petit

De Louis la figure ; Ce portrait, dit-il, vous suffit.

Il est en miniature.

N'espérez pas le voir plus grand,

Le ciel est son partage ; Jamais de ce royal entant

Vous n'aurez que l'image.

Sénèque autrefois a prêché

Le mépris des richesses , Cela vous a-t-il empêché

D'en faire une déesse ?

De notre régent, prix pour prix,

La sagesse est plus grande ; Pour en enseigner le mépris.

Tous nos biens il demande.

Vous me direz que du régent

La gloire serait ample.

Si pour le mépris de l'argent

Il nous servait d'exemple ; Mais il agit en vrai chrétien,

Et son zèle est extrême, Puisqu'il demande notre bien

En dépit de nous-même.

La vertu de notre régent

En tout se manifeste ; Il est savant, chaste et prudent,

Et le vice il déteste :

De l'église il se rend l'appui,

Le jeûne l'incommode ; Mais il nous fait jeûner pour lui :

La pieuse méthode !

AUTRE sur Vair du Confiteor

Jadis vous étiez pleins d'honneur, Mousquetaires, gens intrépides :

De votre nom seul la terreur Rendait les ennemis timides; Mais vous n'êtes plus à présent Que les pousses-cul du régent.

L'archer de l'étoile enragé, Puisque vous faites son office.

L'archer du grand prévôt changé Ne vous appelle avec justice Que les pousses-cul du régent Pour arrêter le parlement.

Archers du Cromwel des François, Jeunesse autrefois redoutable, Vous ternissez tous vos exploits Par un ministère exécrable, En arrêtant, le sabre en main, Feydeau, Blamont et Saint-Martin.

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