AVEC PRÉFACE PAR
GEOTiGES VHEÏLLI
Librairie ancienne et moderne ED. ROUVEYRE ET G. BLOND ' 98, rue de Richelieu, 98
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ksle commencement, le règne de Louis XV a été le régne des courtisans et surtout celui des courtisanes ; ce sont eux qui ont rempli ce long régne de cinquante-neuf ans du bruit de leurs intrigues et de leurs scandales, eux qui ont dibauchi le roi, pour le conduire de dégradation en dégradation des demoiselles de Nesle à la Du Barry, en passant par Mr'de Châteauroux et Af"' de Pompadour, c'est'à-dire en descendant du lit des dames r jusqu'au grabat d'une fille du ruisseau.
ssi Roger de Pâmes, l'inginieux compilateur des travaux historiques dont je suis
chargé de présenter aujourd'hui k quatt tente volume au lecteur, s^est-il borné pour peindre, en ses traits les plus vifs, y époque de Louis XV, à choisir une série de portraits des personnages marquants qui Vont signalée, les donnant ici un peu sans ordre et sans chronologie rigoureuse, de manière à varier V intérêt que leur étude peut offrir, pc^ssant dti grand seigneur à la dame de cour, du prélat peu sévère au financier peu scrupuleuxy et même du voleur de grand chemin d la maîtresse royale. Cette réunion de portraits constitue une lecture suffisamment attachante, et elle fournit en outre une source de sérieux documents oùy comme dans les autres volumes qui ont précédé celui-ci, le travaillenr peut trouver son profit et le simple lecteur sa distraction et son amusement.
Le chapitre que Roger de Parties a consacré aux maîtresses royales donne sommairement leurs portraits. Il me semble curieux de reprendre ici ces portraits et de faire ressortir quelques points quil a négligé de mettre en lumière.
La princesse que le parti triomphant du duc de Bourbon avait fait épouser à Louis XV, le $ septefnbre 172J, Mafie LecT^inska, était de sept ans plus âgée que le roi. Il avait quin:(e ans et sa femme en avait vingt-deux. Elle était d^un caractère sérieux et froid; pleine de douceur et de bonté il est vrai^ mais sans grâce ni attraits. Petite, brune, pas jolie, elle ne pouvait produire une itrtpression bien durable sur ce débauché précoce ci qui une fille de chambre avait inspiré le premier éveil de V amour. Cet enfant de quin:(e ans se mit cependant à aimer tout d^ abord la reine, et pendant un certain nombre d'annàs tous deux donnèrent V exemple d'un ménage uni et heureux. Dix enfants, deux garçons et huit filles, furent à la fois les fruits et la preuve de cette passion première qui s'éteignit ensuite faute d'aliments. On a, en effet, reproché à la Reine de n'avoir pas su l'entretenir et