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Chroniques

Matthieu de Coucy, qui paraît avoir connu personnellement Monstrclct, dont il fut le continuateur, dit positivement qu’il était natif de la comté de Boulenois. Des renscignemens fournis par Monsirelet lui-méme il résulte aussi qu’il était né d’un père noble, mais peut-être quelque peu irrégulièrement, vers la fin du XV* siècle.

« Nous ne savons autre chose de l’histoire de ses premières années, dit M. Dacier dans son Mémoire sur cet historien, sinon qu’il montra dès sa jeunesse du goût pour l’application et de l’éloigncmentpour l’oisiveté. Les citations de Sallustc, de Tite-Live, de Vegèce et de quelques autres anciens auteurs qui se rencontrent dans le cours de son histoire, donnent lieu déjuger qu’il avait fait des progrès dans les lettres latines. Soit que l’amour de l’étude l’emportât chez lui sur le dé,sir d’acquérir de la gloire dans le métier des armes, soit qu’une faible constitution ou tout autre raison l’empéchàt de se livrer à cette profession, je ne vois pas qu’il ait cédé à la passion dominante de son siècle, où les noms de gentilhomme et de soldat étaient presque synonymes, I.’oisiveté qu’il voulait éditer, en recueillant, comme il le dit, les événemens de son siècle, prouve, ce me semble, qu’il n’en était que spectateur tranquille. Il n’aurait pas eu besoin de chercher à se faire des occupations solitaires s’il eût été Armagnac ou Bourguignon ; et ce qui prouve encore mieux qu’il n’élait ni de l’une ni de l’autre faction, c’est que Monstrelel, soigneux d’instruire ses lecteurs de l’état, de la qualité, souvent même des noms des personnes sur le rapport desquelles il écrit, ne fiit jamais valoir son propre témoignage. Dans tout son ouvrage il ne parle d’après lui-méme qu’une seule fois, lorsqu’il raconte la manière dont la pucelle d’Oiléans fut faite prisonnière par les Anglais devant Compïègne. Encore ne dit-il pas qu’il fût présent à l’escarmouche dans laquelle cette héroïne infortunée fut prise : il donne au contraire à entendre qu’il n’y était pas, et il n’en parle que pour nous apprendre qu’il avait été présent à l’entretien de la prisonnière avec le duc de Bourgogne; car il accompagnait Philippe dans cette •cçasioD, peut-être comme historien. Il demeurai!

dans la ville de Cambrai lorsqu’il composa son histoire, et il y passa le reste de sa vie; il y fut même fixé par différons emplois importaiis, dont chacun exigeait la résidence de celui qui en était pourvu.

» Monstrelet fut marié; il avait épousé Jeanne de Valbuon ou Valhuon, et en eut plusieurs enfans.

» Il avait été pourvu, en I4ô6, de l’office de lieutenant de Gavenier de Cambrai, concurremment avec l.e Bon de Saveuscs, écuyer d écurie du duc de Bourgogne, ainsi qu’on le voit par les lettres-patentes de ce prince, adressées, à cet effet, à son neveu le comte d’Étampes, en date du i5 mai de celte année, et qui étaient conservées dans le cartulaire manuscrit de l’église de Cambrai'. Elles supposent même que Monstrelet exerçait depuis quelque temps cet office, puisqu’il y est dit qu’il continuera de faire la recette dudit Gavène®, ainsi qu’il l’a fait par avant jusqu’à présent.

» Il y joignit bientôt celui de bailli du chapitre de Cambrai, pour lequel il prêta serment le 2o juin 1436, et qu’il posséda jusqu’au commencement de janvier 1440, qu’on lui donna un successeur.

» La considération qu’il s’était acquise lui méflîa, en 1444, la dignité de prévôt de la ville de Cambrai, pour laquelle il prêta le serment ordinaire le 9 novembre; et le I2 mars de l’année suivante, il fut pourvu de celle de bailli de Wallaincourt. Il les conserva l’une et l’autre jusqu’à sa mort, arrivée vers la mi-juillet 1453.

» Les Chroniques de Monstrelet sont une véritable histoire, où, malgré des imperfections et des omissions , se rencontrent tous les caractères de l’histoire proprement dite. Il y remonte toujours aux sources des événemens, il en développe les

* Extrait du Cartulaire de l’église de Cambrai, intitulé Cameracum, au mol gavahm iiij, in Cameraco.

* Gave, ou gavéne, signifie en flamand don, présent. C’était une redevance annuelle que les sujets des églises du Cambrésis payaient au duc de Bourgogne, pour la garde de ces églises, qui lui appartenait en qualité de comte dè Flandre. Du nom du tribut se forma celuL de gavenier, qu’on donnait souvent au duc de Bourgogne; et le gentilhomme par qui le prince se faisait remplacer avait le titre de lieutenant de gavenier,

rniif'C;:, il Ips suit jusque (inus les moiiulrcs cE'lnils ; et , CP qui les rend iiifiiiiiiient [irc'cieuses , il iic ninuque presque jamais de rapporter les édits, (léelaratioiis , maiidemeiis, lettres, iiégoci itioiis , traités, plaidoyers, ete., eomme ()ièees justifienti ves, A l'exemide de l'roissart, il iic se home pas aux évéïiemeiis qui se sont passés eu France, il embrasse, avec des détails presque aussi étendus, ce qui est arrivé de considérable en Flandre, en Angleterre, en tcosse, en Irlande. Il rappelle, mais plus succiuctemenL, ce qu’il pouvait savoir des affaires d’Allemagne, d'Italie, de Hongrie, de Pologne, en un mot des différons étals de l'Europe; quelques unes meme (je ne citerai que la guerre des Sarrasins contre le roi de Chypre) sont traitées plus au long qu’on n’aurait lieu de l’attendre d’une histoire universelle. Enfin, quoique Monstrelet semble avoir eu pour objet principal de conserver la mémoire des guerres qui désolèrent de son temps la l’ rance et les pays voisins, de faire connaitre particulièrement les personnages qui se distinguèrent par des actions de vaillance dans les batailles, les assauts, les rencontres, les duels, les tournois, et d’apprendre à la postérité que son siècle a produit autant de héros qu'au' un de ceux qui l'ont précédé, il ne néglige pas de rendre compte des grandes affaires, soit politiques, soit ecclesiastiques, qui tombent au temps dont il parait ne vouloir écrire que 1 histoire militaire. On y trouve, pour celle des conciles de Pise, de Constance et de Bâle, des détails importans que les auteurs qui ont écrit I histoire de ces concifes ont dû emprunter pour les conférer avec les autres Mémoires sur lesquels ils .ravaillaienl.

» Il n’y a point d'historien qui ne cherche à gagner la confiance de ses lecteurs en commençant par exposer dans une préface tout ce qu’il a fait pour parvenir à être instruit à fond des choses qu’il va raconter. Tous protestent qu’ils n’ont omis aucun des moyens possibles, tant pour s’assurer de la vérité des faits que pour en recueillir les détails, et qu'ils n’ont épargné ni leur temps ni leurs peines. Sans doute il y a quelquefois à rabattre de ces protestations : celles de Monstrelet sont accompagnées de caractères qui nous répondent qu’on peut s’y fier. Aurait-il osé dire à des contcmpiiraiiis, prêts à le démentir s’il en eût imposé, qu'il avait eu soin de consulter sur les affaires militaires ceux qui par leurs emplois devaient être le plus à portée de voir les actions ; sur les affaires d un autre genre , ceux qui par état y avaient eu la plus grande part; sur les unes et sur les autres, les seigneurs des différens partis qu’il avait eu souvent l’adresse de faire parler des mêmes choses

à diverses reprises , comme pour les confronter avec eux-mêmes ; sur des objets moins importans, tels que les fêtes, les joutes, les tournois, ceux que leur office appelait à en être les témoins et les juges, c’est-à-dire les rois d’armes, les hérauts, les poursuivansî Pour surcroît de précaution, ce n’était jamais que plus d’un an après que l’événement était passé qu’il se mettait à rédiger ses matériaux et qu’il commençait à écrire; il attendait que le temps eût fait tomber les fausses relations et confirmé les véri'ables. Une infinité de traits répandus dans son ouvrage attestent d’ailleurs sa bonne foi. II distingue presque toujours les faits dont il est parfaitement sûr d’avec ceux qui lui laissent quelque incertitude. S’il n’a pu s’en procurer la preuve, il en avertit et ne va pas au-delà ; s’il croit avoir omis des détails qu’il aurait dû savoir , il ajoute naïvement qu’il les a oubliés. Ain'ii, après avoir parlé de l’entretien du duc de Bourgogne avec la pucelle, auquel il avait été présent, il se rappelle en gros que quelques circonstances lui ont échappé, et il avoue qu’il ne s’en souvient pas,

» Lorsqu’après avoir raconté un événement , il acquiert des connaissances qui peuvent ou supliléer ou corriger son récit, il en prévient ses lecteurs, et ajoute après coup ou retranche, conformément aux nouvelles lumières qu’il a reçues.

n La narration de Monstrelet est diffuse, mais claire ; sa marche est pesante, mais toujours égale; s’il se permet quelques réflexions , ce qui est rare, elles sont toujours courtes et judicieuses. La trempe de son esprit se manifeste surtout en ce qu’on ne trouve chez lui aucun de ces faits ridicules de sorcellerie, de magie, d’astrologie, aucun de ces prodiges absurdes qui déshonorent la plupart des ouvrages de son temps. On reconnaît de même la bonté de son cœur aux traits de sensibilité qui lui échappent dans les récits de batailles, de sièges, de prises de villes emportées d’assaut. Il semble alors s’élever au-dessus de lui-même; son style acquiert de la force et de la chaleur. S’il raconte les préparatifs et le commencement d’une guerre, son premier mouvement le porte à déplorer les maux dont il prévoit que le peuple sera bientôt accablé. Peint-il le désespoir des malheureux habilans de la campagne, pillés et massacrés par les différens partis, on sent qu’il en était pénétré et qu'il s’attendrissait en écrivant. L’humanité était le fond de son caractère ; je ne craindrais pas d y ajouter l’amour de la vérité.

» Je sais que, sur cet article, sa réputation n’est pas sans tache, et qu’on l’accuse assez communément de partialité pour la maison de Bourgogne et pour les Bourguignons; mais je crois cette asser-

tion dénuée de fondement. J’ai remarqué, dans le i cours des années dont Monslreleta écrit rhisloite, quelques faits qui peuvent, parla manière dont ils sont exposés, nous mettre à portée déjuger s’il était cap ble de sacrifier la vérité à son inclination pour la maison de Bourgogne.

» Un seul f lit suffira pour la justification de l'historien. Aucun l'.es historiens de son temps n’a parlé avec autant de détail que lui de la plus horrible des actions du duc de Boui gogne, je veux dire du monstrueux complot formé en 141 S par les émissaires que ce prince avait envoyés à Paris pour mac/uVter et traiter secrètement ; oii il ne s’agissait de rien moins que de prendre le roi, le mettre en chartre, puis le mettre à mort, avec la reine, le chancelier de France, la reine de Sicile et autres sans nombre. Monslrelet expose sans réserve toutes les circonstanees de la conspiration; il nous apprend par qui elle fut découverte ; il nomme les plus considérables d’entre les eoniplices, dont les uns furent décapités, les autres noyés. « Toutefois, ajoute-t-il, les nobles que le dit duc de Bourgogne avait envoyés s’en retournèrent ouvertement , au mieux qu’ils purent, et ne furent ni pris ni arrêtés. » Un historien dévoué au duc de Bourgogne aurait traité celte affaire avec pins de ménagement, et n’eùl pas manqué de mettre le projeMiur le compte des partisans du prince, sans dire expressément qu’ils avaient agi par son inspiration et par ses ordres contenus en lettres de crédence signées de sa main. Il est assez singulier que Juvénal des Ursins, qu’on ne saurait soupçonner d’avoir été Bourguignon, se soit contenté de rapporter ce fait 1res sommairement, sans y donner aucune part au duc, que même il ne nomme pas '.

» I- impartialité de Monstrelet n’est pas moins sensible dans le manière dont il parle des chefs des deux partis : Bourguignons et Armagnacs sont loués ou blâmés, sans acception de personne, suivant le mérite de leurs actions. Les excès auxquels on se livrait de part et d’autre sont décrits avec la meme force et le meme Ion d'indignation. En 141 1, Charles VI, ligué avec le duc de Bourgogne, ordonna, par un mandement exprès, que partout le royaume on courût sus « à ceux qui tenoient le parti d Orléans. El si était alors piteuse chose, dit I historien , d ouir raconter les grièves persécutions que chacun jour faisaient. » On voit que les termes ne sont pas ménagés Ils ne le sont pas davantage dans le réeit qui suit immédiatement :

« Trois mille combattants s’en allèrent à Vice-Ire,

en une moult belle maison . apjiarti'nanl au duc

de Berri (qui tenoit le parti du duc d’Orléans), et

' Histoire de Charles VI.

en la haine du dit duc . la détruisirent et démo¬

lirent très vilainement, excepié les murs. >>

» L’espèce d’intérêt qu’il témoigne ici pour le duc de Berri s’accorde parfaitement avec celui qu’il montre ailleurs pour Charles VI. Il fallait avoir le cœur vraiment français [)our peindre comme il l’a fait rabaissement et l’abandon auxquels la cour de France fut réduite en 1420, comparés à la pompe de celle du roi d’Angleterre ; il est touché de l’état d’humiliation de l’une et parait blessé du faste de

l’autre ; « lesquels étuienl bien différ nts . ; car

le roy de France étoit petitement et pauvrement

servi et accx)mpagné . et h peu, ce dit jour, fut

visité, n’aecornpagné, sinon d’aucuns vieils serviteurs et gens de petit état; laquelle chose moult devoil déplaire aux cœurs des vrais F'r niçois. » Et quelques lignes plus bis : « Quant est à parler de l’état du roi Henri d’Angleterre, nul ne sauroit raconter les grands états , pompe et bobans qui furent fai. s en son hôtel. » Cette idée l’avait tellement frappé qu’elle lui revient encore à l’occasion de la solennité de la Pentecôte, que le roi 1 1 la reine d’Angleterre vinrent célébrer à Paris, en 1422 : « Tindrcnt à ce dit jour les dits roi et roine

noble court et large . Ma s le roi Charles . se

séoit en son hôtel à Saint-Pol, avec lui la roine sa

compagne, assez seuls . par lesquelles choses

plusieurs loyaux François avuicnl au cœur grande tristesse, et non pas sans cause

» Ces différens traits réunis concourent, si je ne me trompe , à [irouver qu’on a trop légèrement taxé Monstrelet de partialité pour la maison de Bourgogne et de mauvaise volonté pour celle de France. »

I.es manuscrits de Monstrelet sont fort multipliés en France; la bibliothèque du roi en possède seule un assez grand nombre : deux en particulier méritent d’être mentionnés.

Le no S299 », autrefois Colbert 19, est un magnifique manuscrit à lettres gothiques allongées et sur parchemin; mais son exactitude ne répond pas à sa beauté. Le copiste parait avoir été aussi ignorant en tout ce qui concerne l’iiisloire qu’habile en calligraphie.

Le n“ 854” »», autrefois Colbert :ii86, est moi is beau d’exécution. Il est écrit aussi sur parchemin, mais d’une écriture courante assez peu élégante.

Quant aux éditions imprimées et ;’i la tradu' tion anglaise de Johnes, elles sont remplies des fautes les plus grossières et défigurées par les omissions les plus essentielles.

' I.a Chronique inédite de Ceorges Chastelain, que je piililie ilaiis celle collection du l’aiiltiéoii , contient des rcnscignemcns curicuv sur celle incinc ciioiiue et CCS iiiéir.cs faits.

I.a prc^li^r(î édilion française esl en caraclèrcs polliiqiios. in-l». à deux colonnes, chez Jean Petit et Michel l.e Noir, avec des additions jusqu’à la mort de Charles VIH inclusivement.

I.a deuxième, aussi gothique, est in-folio, sans da'e. chez .Vidoinc Yerard.

La troisième, in-folio, en beaux caractères, a été retouchée par Denis Sauvage; Paris, Guillaume Chaudière. 1572. Elle va jusqu’à l’année 1516, et comprend le récit de la bataille de Marignan. La bibliothèque spanheimienne de Berlin contient un exempi ire de Monstrclct portant la même date, mais avec le nom de Pierre L’Huillier, à Paris.

La quatrième édition est de Laurent Sonnius; Paris, t'.ne, in-folio.

La cinquième est de 1605.

Th. Johnes a traduit Monsirelet en anglais, et en a donné une édition de luxe in 4°, dans sa maison d'Ilafod, en iSOS; mais elle est encore plus imparfaite que sa traduction de Froissart.

Toutes ces éditions avaient paru si mauvaises au célèbre Du Gange, qu’il s’était occupé de relever pour son propre usage les fautes les plus saillantes de l'édition de Chaudière, qui était la plus belle. Ces errata, en 2i pages petit in-folio, forment un petit pamphlet à part, déposé à la Bibliothèque royale avec les manuscrits de Du Gange, et ne sont pas, comme le dit Johnes, copiés aux marges d’une édition de Monstrelet. J’ai eu ce petit volume entre les mains, et j’ai profité, dans celte édition, de scs corrections, qui, au reste, pour la plupart étaient rendues inutiles par l'exactitude du manuscrit 8547 que j’ai suivi.

Aucun des éditeurs de Monsirelet n’avait hésité iusqu’ici à lui donner les quatre livres des Chroni ques comme lui appartenant en propre.

J’ai examiné celte question avec l’attention la plus scrupuleuse. Il était aisé de voir que le quatrième livre devait d’abord être retranché sans laborieux examen. Monsirelet, étant mort en 1455, n’a pu écrire ce qui s’est passé en 1467 et années suivantes.

Quant au troisième livre, qui commence avec l’année 14 54, j’ai déjà prouvé dans ma première édilion qu’il fallait le lui retrancher également. La publication faite par moi de la Chronique de J. du Clcrcq, d'après l’édition toute récente de M. de Rciffenberg, ne me permcllail de conserver aucun doute. Indépendamment du témoignage de

Matthieu de Coucy, qui déclare lui-même que Monsirelet s’est arrêté en 1444. et qu'il commence en conséquence sa continuation à partir de celte année, on a encore, pour en attaquer l’authenticité, des témoignages puissans tirés de sa Chronique elle-même. Mon opinion est qu’un libraire-éditeur, voulant donner une Chronique complète, aura réuni ou fait réunir par quelque personne inexpérimentée les divers matériaux qui devaient composer ce troisième livre. J’ai comparé scrupuleusement ce texte avec les chroniqueurs contemporains, et voici le ré* sullat de mon examen année par année.

Depuis l’année 1444, qui commence le livre, jusqu’à la guerre de Gand, en avril 1455, l’éditeur s’est contenté de copier servdement les grandes chroniques, en les mutilant seuhnient quelquefois et en intervertissant de la manière la plus maladroite l’ordre des chapitres. Ces quarantedeux pages in-folio n’offrent que çà et là quelques interpolations prises dans J. du Clcrcq.

Avec la guerre de Gand commence la copie littérale de ce chroniqueur, qui est , avec Matthieu de Coucy et Georges Chastelain, un des chroniqueurs les plus iiiléres«ans du quinzième siècle.

De 1455 à 1466, époque de la mort de Charles VII, l’éditeur a littéralement copié J. du Clcrcq, en mutilant parfois le texte d'une manière inintelligible et en confondant les chapitres et les dates.

En 1467 commence une .addition qui comprend tout le règne de Louis XI jusqu’en 1482, époque de sa mort ; c’est une copie textuelle, mais imparfaite encore, de la Chronique de Louis XI, comme sous le nom de Chronique scndalcuse.

De 1482 à 1497, époque du règne de Charles VIII, l’éditeur a copié la Chronique de Desrey.

Pour le règne de Louis XII, de 1497 à 1524, il ne m’a pas été possible de trouver quelle chronique avait fourni des matériaux aux ciseaux de l’éditeur, qui a terminé sa compilation en tlonnarit une douzaine de pages sur les deux prenuères années du règne de François i®'’, de 1514 à 1516.

Si, dans toutes les éditions in-folio qui ont été données jusqu'ici de Munslrele' , en France et dans les pays étrangers, on a laissé subsister ces grossières mutilations, c’est que ces sortes de travaux étaient faits avec la plus grande négligence , les libraires remplissant eux-mêmes les fonctions d’éditeur. j’espère qu’à dater de mon édilion, Monstrelet sera dégagé à jamais de cet importun bagage.

;J0 octobre 1836.

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