CHAPITRE XII
CommeiU l'amiral de Erola;;nc et autres seigneurs combattirent les Anglois sur la mer; et de Guillebert de Fretin, qui lit guerre au roi Henri d’Angleterre.
Au commencement de cet an, l’amiral de Bretagne, le seigneur de Penhoê, le seigneur du Chàtel, le seigneur du Bois et plusieurs autres chevaliers cl écuyers de Bretagne, jusqu’au nombre de douze cents hommes d’armes, s’assemblèrent à Morlans, puis entrèrent en trente nefs à un port appelé Chàlel-Pol, contre les Anglois qui étoient sur mer en grand’ multitude , épiant les marchands, comme pillards et écumeurs de mer. Si que le mercredi ensuivant , iceux Anglois nageants devant tin port appelé Saint-Matthieu , les Bretons leur
pointe de Cornouailles, je croirois qu’il s’agit de file de XMght, prés de Plyniouth , qui, en effet, suivant le témoignage de XValsingham, fut prise à cette époque.
allèrent après et les poursuivirent jusqu’au lendemain soleil levant, qu’ils s’arrêtèrent ensemble en bataille , qui dura trois heures. Finalement obtinrent les Bretons victoire, et prirent des Anglois deux mille combattants, avec quarante nefs à voiles et une grosse canaque, dont la plus grand’ partie furent jetés à bord et noyés en la mer, et aucuns réchappèrent depuis par finance.
En outre, en ce même temps, un écuyer nommé Guillebert de Fretin, natif de la comté deGuines, défia le roi d’Angleterre , pource qu’il lui avoit fait ardoir sa maison à l’occasion de ce qu’il ne lui vouloit faire serment de fidélité; et pour ce icelui Guillebert assembla plusieurs hommes de guerre, et fit tant qu’il eut deux vaisseaux bien garnis. Si commença à mener forte guerre au roi dessus dit; et lui fit grand dommage, et tant que les trêves qui étoient entre les deux rois de France et d’Angleterre furent rompues par mer, dont plusieurs maux s’ensuivirent.