CHAPITRE eXXIV
Comment le duc de Dourgogne eut grand parlement avec les
nobles de scs pays à Arras , oui lui oromirenl de le servir
contre tons ses adversaires,
Leduc de Bourgogne, qui chacun jour avoit nouvelles comment le roi et le duc d’Aquitaine étoient du tout tournés contre lui par le moyen de ceux qui pour lors gouvernoient, fit assembler en la ville d’Arras tous les nobles d’Artois et de Picardie ; auxquels, quand il y fut venu, en la présence d’iceux premièrement s’excusa de ce qu’il avoit tant targé à venir. Et leur dit qu’il étoit allé à Paris au mandement du duc d’Aquitaine, et derechef fil lire les lettres écrites de la main du dit duc. Outre, dit qu’il avoit laissé ses gens és v illes de Compiégne et de Soissons, é la requête d'iceux, pour le bien du roi, lesquelles villes il savoit v’érital lemenf. que le roi, par l’induction de ses adversaires,
faisoit grand’ assemblée de gens d’armes pour icelles reconquerrc; pour quoi requéroil aux nobles dessus dits que sur ce lui voulsissent bailler conseil et aide.
A quoi lui fut répondu par iceux que volontiers le serviroient contre tous ses adversaires, réservé le roi et ses enfants ; et ainsi lui promirent, excepté le seigneur de Rouq, qui dit qu’il le serviroit contre le roi et tous autres.
Et adonc régnoit par toutes les parties du royaume de l'rance et en divers autres pays une maladie générale qui tenoit en la tête, de laquelle moururent plusieurs personnes, tant vieux que jeunes, et se nommoit icelle la coqueluche.