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CHAPITRE CXLII

Comment trois Porlugalois firent armes , présent le roi üc France, contre trois François, lesquels Portugalois furent vaincus par leur adverse partie.

En ces jours fut fait à Sainl-Audon, l’hôtel du roi, dehors Paris, un champ de trois Portugalois : c’est à savoir le premier, le seigneur d’Alberon ; le second, messire Jean Gonsalez, chevalier; et le tiers, messire Pierre Gonsalez, contre trois François , dont le premier éloit nommé messire François de Grimaulx; te second, Marigon, et le tiers, Larecques. Si furent amenés premiers au champ les trois Portugalois, pource qu’ils étoient appelants, par le comte Dorset, oncle du roi d’Angleterre, et les autres seigneurs angtois : et les François furent amenés par messire Clignet de Brabant , amiral de France, et Jean, frère au duc de Bar, avec plusieurs autres nobles hommes. Et lors, après que les cris furent faits de par le roi en la manière accoutumée , vinrent ensemble et commencèrent à combattre l’un contre l’autre moult àprement; mais en la lin iceux Porlugalois se rendirent vaincus aux François, pour doute qu’ils ne fussent occis, dont les Anglois qui les avoient mis en champ eurent grand’ indignation et déplaisance. El adonc iceux, par l’ordonnance du roi cl de son conseil, furent les premiers mis hors du champ , et les dessus dits François après furent remenés moult honorablement, ayants grand’ liesse de leur victoire.

En outre , après toutes ces besognes , la dame de Hainaul, et toute sa compagnie , se partit de Senlis , et retourna en son pays devers son seigneur et mari le duc Guillaume. El pareillement se partirent les Anglois, après qu’ils eurent été grandement fesloyés et hono-

rés du roi et de ses princes, et aussi qu’ils eurent reçu jflusieurs dons; toutefois ils ne besognèrent rien de ce pour quoi ils étoient venus, c’est à savoir pour le mariage de leur roi à la fille du roi de France, pource qu’ils faisoient demandes trop excessives , comme la duché de Normandie et la comté de Ponlhieu, avec la duché d’Aquitaine , à en jouir hérilablcment pour toujours. Et leur fut répondu que le roi envoieroit ses ambassadeurs en Angleterre devers leur roi, pour faire réponse finale sur les requêtes qu’ils avoient faites.

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