‹ ChroniquesChapitre 145 sur 562 · CHAPITRE CXLIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE CXLIV

inissairos du roi , i.'osl à savoir le niaîlre des arbaloiricrs de France, le seigneur de Rainbures et maître Jean de A'ailly, président en parlement ; et vinrent à Tournai au dit mois de mars. Auquel lieu vinrent pareillement les dits ducs de Rrabant et dame de Ilainaut, Philippe de Bourgogne, comte de Charolois, les nobles et prélats avec ceux de Gand et autres bonnes villes de toute la comté de Flandre , des appartenances et des enclavements. Et là, a, rès la lecture et publication des dites lettres du roi, iceux, c’est à savoir comte de Charolois cl tous les autres dessus dits, dirent et jurèrent les serments dessus nommés ès mains des dits commissaires , en la présence des dits ducs de Brabant et dame de Hainaut ; et promirent à tenir la dite paix et contenu des dites lettres-royaux pour la forme qu’il a plu au roi à ordonner et commander en tant qu’il leur touche. Semblablement jurèrent le clergé et les nobles gens de Tournai et du pays, tous en baillant leurs lettres , comme avoient fait les dits de Charolois et de Flandre aux dits commissaires , à porter à maître Etienne de Mauregard, garde des chartes du roi, à Paris, scellées de leurs sceaux.

Après, en la semaine peineuse, par le dit seigneur de Charolois furent convoqués à Arras par lettres les prélats , collèges et les autres nobles et bonnes villes de toute la comté d’Artois, avec les ressorts et enclavements d’icelles ; lesquels tous jurèrent et baillèrent leurs lettres aux dits commissaires, comme avoient fait les autres à Tournai. Et depuis furent envoyés de par le roi en Bourgogne les dits commissaires , pour recevoir les dits serments du dit duc de Bourgogne et des trois états de sa dite duché, avecque les enclavements et appartenances d’icelles. Les dits commissaires étoient les seigneurs de Tignonville et maître Simon de Nanterre, président en parlement. Lesquels jurèrent tous les serments contenus ès dites lettres-royaux , et promirent à tenir , comme avoient promis les autres dessus nommés, en baillant leurs lettres et envoyant au dit gardechartes du roi à Paris. Toutefois le dit duc de Bourgogne ne voulut point jurer, et dit qu’il parleroit au roi et au duc d’Aquitaine son fds, ainçois qu’il jurât la dite paix, pour certaines causes qui à ce Je mouvoienl.

Commciu ceux cic la communaulé de la ville d’.Vmiens furent assemblés pour juger et cnlrelcnir la dite paix d’Arras; et pareillement les gens d'église.

Au commencement de cet an , ceux de la ville d’Amiens écrivirent telles lettres :

« Le mayeur, échevins et communauté d’Amiens, faisons savoir que le dix-huitième jour du mois d’avril l’an mil quatre cent quinze , par le commandement de maître Jean de A^ailly, président en parlement, commissaire en cette partie du roi notre sire , nous et tout le peuple d’icelle ville d’Amiens convoqués et appelés d’hôtel en hôtel , et au son de la cloche, à comparoir en la place du marché de la dite ville, et présents nous et toute la communaulé ou la plus grand’ et plus saine partie de la ville, icelui président fit lire et publier certaines lettres-royaux dont la teneur étoit telle:

« CharLes , par la grâce de Dieu , roi de France, etc. {comme dessus). Lesquelles lues et publiées, nous et tout le peuple assemblé audit lieu, fîmes, jurâmes et promîmes sur la croix et saintes évangiles de Dieu, et encore par ces présentes jurons et promettons les serments contenus et déclaré's ès lettres dessus écrites tenir, et garder la paix et le contenu de la dite ordonnance à notre loyal pouvoir en tant qu’il nous touche, tout ainsi par la forme et manière que le roi notre sire par ses dites lettres l’a voulu ordonner et commander. En témoin de ce, nous avons mis à ces présentes le scel de la dite communauté de la ville d’Amiens.

» Donné l’an et jour dessus dits. »

El sur la substance des dites lettres furent lettres faites, et par deux notaires apostoli ques, qui certifièrent la dite ordonnance avoir été publiée et les collèges avoir été assemblés au chapitre Notre-Dame d’Amiens : c’est à savoir tels et tels, et furent lettres scellées du scel de l’évéque d’Amiens , du scel du chapitre et des sceaux des autres chapitres et collèges. Lesquelles lettres furent baillées au bailli d’Amiens à porter à Paris à maître Etienne de Mauregard , garde des chartes du roi dessus nommé. Et avecque ce le bailli fit publier ès mettes de son bailliage , hors les terres du duc de Bourgogne, la dite ordonnance, ésquels

lieux le mandement du roi avoit été publié et exécuté ; et fit taire les serments contenus en la dite ordonnance par les gens de tous étals, on chacune châtelenie de son dit bailliage, et de ce fit faire lettres scellées du scel royal et des sceaux des prélats, collèges, nobles à bannière ou chevaliers notables. Et en icelles paroles éloit icelui môme bailli. Et ainsi fut fait adonc par tous les bailliages et sénéchaussées de tout le royaume.

Et furent la dite paix et ordonnance proclamées en tous les lieux accoutumés à faire proclamations et publications. Et après ce, par les dits commissaires furent demandées lettres du clergé , nobles et bonnes villes , et portées ù Paris , comme dessus est déclaré des autres.

Page 1