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CHAPITRE CL

Coinnient les clianoiiios de Sainl-Géry, à Cainbiay, eurent grand discoid aux liabilanls de la ville; cl de la guerre que leur lit le duc de Eourgoguc à celte caute.

En ce temps se mut une grand’ dissension entre les bourgeois et habitants de la ville de Cambrai, d’une part, et les chanoines du chapitre Sainl-Géry en Cambrai, d'autre part, pour tant que les dils bourgeois et habitants, voyants la guerre de France approcher do leur dite ville, conclurent ensemble, pour leur sûreté cl garde d'icelle ville, de réparer et élargir les allées de leurs murailles par dedans leur ville. Pour quoi, tant de force comme autrement, firent démolir et abattre plusieurs murs dqj jardins des habitants à l’encontre de leur dite muraille. El par spécial en firent plusieurs démolir entre les jardins des dils chanoines, entreprenant très 1 irgcmenl sur les héritages d'iceux chanoines, sans pour ce les vouloir de rien récompenser. El d’aulrc part les dils habitants voulurent défendre aux dessus dils à vendre vin à leur cellier non-

CIlKOMQliLS D’E^Gl’El\tU^D DE MO.NSTKELET.

obslant qu'iceux. chanoines long temps paravant avoienl vendu, et de ce étoienl en bonne possession. Pour Icscpiellcs otTenscs et oppressions les dits chanoines, après ce qu’ils curent plusieurs fois sommé les dits bourgeois et habitants, voyant que de ce ne leur seroit faite aucune raison, se retrahirent devers le duc Jean de Pourgogne et son conseil, eux très grièvement complaignant des dites oppressions ù eux faites par iceux bourgeois et habitants. Lequel duc de Bourgogne, à cause de sa comté de Plandre, est garde de toutes les églises de Cambrai, héritablement et à toujours, et pour la dite garde prend chacun an perdurablemenl certaine quantité de grains sur les terres et seigneuries des dites églises au pays de Cambresis, et se nomme icelle seigneurie appartenant au dit comte de Flandre la Gavanne de Cambrésis. Lequel duc, de ce non content, envoya scs messagers solennels à Cambrai devers les dits bourgeois et habitants eux signifier qu’ils réparassent les dommages et oppressions par eux faits aux dessus dits chanoines, lesquels étoient en sa garde, ou si ce non il y pourvoiroil par telle manière que ce seroit exemple à tous autres. Si n’eut pas sur ce réponse à son plaisir. Et pource qu’il étoit on son pays de Bourgogne, récrivit é Philippe, comte de Charolois, son seul fils, lequel étoit en Flandre, que très instamment il gardât et préservât les dits chanoines de Saint-Géry de toutes oppressions et violences, en contraignant les dessus dits bourgeois et habitants d’iceux réparer de leurs dommages et intérêts.

Lequel comte de Charolois, sentant la volonté du dit duc de Bourgogne son père, fit sommer derechef iceux bourgeois et habitants qu’ils rétablissent et dédommageassent les dessus dits chanoines; pour ce qu’iceux ne lui liront pas derechef réponse à son plaisir, il fit savoir secrètement aux dits chanoines qu’ils vidassent la ville et s’en allassent à Lille, auquel lieu il leur baillcroit demeure suffisante, l.esquels, sachants l’intention du dit Charolois, mirent grand’ partie de leurs biens à sauveté, et puis tout coyement, sans être aperçus, se départirent, et allèrent la plus grand’ partie demeurer à Lille. Et assez tôt après le Jit comte de Charolois fil défier la dite ville de i

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Cambrai cl habitants par Hector de Saveuse, lequel Hector assembla bien trois cents combaltants.Elle jour de l’Exaltation Sainte-Croix,

soudainement entrèrent en Cambresis et vinrent assez près des portes de la cité de Cambrai, pource que le marché y étoit, en pillant, occiant et navrant plusieurs de la dite ville, et en faisant cl perpétrant cruellement moult d’autres maux. Et tantôt après le dit Hector et ses gens, sans faire longue demeure, se départirent atout très grand’ dépouille et s’en allèrent loger vers Bray-sur-Somme, disants que ce avoicnt-ils fait au commandement du comte de Charolois.

Pour laquelle envahie les dits citoyens de Cambrai furent fort émerveillés et eurent grand’ doute ; pour quoi de plus en plus conçurent grand’ haine à l’encontre des dits chanoines, en eux préparant de garder leur ville, et prenant de jour en jour les biens des dits chanoines, c’est ô savoir vins, blés, bois et autres manières de vivres. Toutefois, après qu’iceux citoyens eurent été courus plusieurs fois et eu de grands dommages, considérants qu’au long aller la dite guerre étoit la destruction totale de leur dite cité, se relrahirent devers le duc Guillaume, comte de Hainaul, qui étoit gardien, de par le roi de France, de la dite cité de Cambrai, auquel ils requirent qu’il voulsît traiter leur paix devers le comte de Charolois, son neveu, et ils scroient prêts de faire toute raison aux dits chanoines, en eux réparant leurs pertes et intérêts. Pour quoi, tant par le moyen du dit duc Guillaume comme par autres, la défense fut soumise sur clercs de droit, et en la conclusion furent les dits citoyens condamnés à faire réédifier tons les murs que avoient fait abattre aux jardins des dits chanoines, et avecque ce s’obligèrent à payer chacun an perpétuellement aux dits chanoines cent francs, inonnoie royale, par condition qu’iceux chanoines ne pourroient vendre vin à leurs celliers; cl aussi les dits citoyens pourroient racheter la dite somme de cent fiancs pour certaine quantité de monnoic toutes et quantes fois qu’ils auroic-nt l’aisemcnl et volonté de ce faire. Et par ainsi, avecque aucunes autres conditions, furent icelles parties apaisées, et retournèrent les dits cha- I noines à leur église.

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