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CHAPITRE CLXIII

Comment l’empereur alla à Londres; le frère du roi de Chypre vint â Paris; de la mort du duc de Berri, et de plusieurs ambassades qui se tirent entre la France et l’Angleterre.

Au commencement de cet an ^ , l’empereur et roi d’Allemagne arriva à Londres. Audevant duquel alla le roi d’Angleterre , ses frères et autres princes, accompagnés de grand nombre de nobles hommes , et aussi grand’ multitude de gens d’église, bourgeois et populaires; et lui fut faite par le roi et ses princes très grand’ révérence et honneur. Et brefs jours ensuivant, y alla le duc Guillaume, comte de Hainaut, atout six cents chevaucheurs , pour parler de la paix de France; et lors allèrent devers icelui roi ambassadeurs de divers pays , entre lesquels y en alla cent de par le duc de Bourgogne.

Esqucls jours vint à Paris devers le roi de France le comte des trois cités, frère au roi de Chypre - ; à l’encontre duquel allèrent le connétable de France, Charles fils au duc de Bourbon, le prévôt de Paris et plusieurs autres, par lesquels fut amené devers le roi et la reine, qui le reçurent liement et honorablement.

Et le sixième jour du mois de mai ensuivant, à Amiens, par vertu d’un mandement, furent bannis du royaume de France Jannet de Poix, Jacques de Fosseux , le seigneur de Saint- Léger, Binet d’Anfleu , Hue de Sailly, maître Philippe de Morvillier, Guillaume Sanguin, et aucuns autres des gens du duc de Bourgogne; et fut par le soupçon d’être coupables de la conspiration faite à Paris contre les royaux dont dessus est faite mention.

Esquels jours aussi, Jean, duc de Berri , moult ancien et plein de ses jours ”>, s’accoucha malade à Paris, en son hôtel de Nesle; et fut grandement visité par le roi son neveu, qui lors éloit assez en santé, et par les autres seigneurs du sang royal. IHais toutefois il trépassa le treizième jour du mois de juin , sans délaisser hoir môle de sa chair ; pour quoi la

* En commençant l’année à PAques.

* Janus, qui avait épousé Charlotte de Bourbon enl

* Il était Agé de quatre-vingt -cinq ans.

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duché de Bcrri et la comté de Poitou retournèrent au domaine du roi , lequel les donna à Jean, duc de Touraine, son aîné fils, et filleul du dit défunt , et fut son cœur enterré à Saint- Denis et ses entrailles dedans l’église de Saint- Pierre-dcs-Degrés , et son corps fut porté à Bourges en Berri 5 et là , enterré en l’église cathédrale.

Celui duc de Berri avoit eu deux filles de sa femme, dont l’aînée étoit comtesse d’Armagnac, mère d’Anié, duc de Savoie ; la seconde étoit duchesse de Bourbon. Et il est vrai que le duc de Berri donna à .Tean, duc de Bourgogne, son neveu et filleul, la comté d’Etampes par certaines conditions. Et après la mort du dessus dit, le roi de France donna à Charles, son inaisné fils, la capitainerie de Paris, sous le gouvernement du roi Louis, son beau-père, et avec celui donna le roi la duché de Touraine.

En outre, les ambassadeurs du roi de France qui étoient allés avec le roi d’Allemagne en Angleterre, c’est à savoir l’archevêque de llheims, le seigneur de Gaucourt et aucuns autres, retournèrent en France devers le roi ; et à l’instance du dit roi d’Allemagne vinrent à Calais les ambassadeurs du roi d’Angleterre, c’est à savoir l’évêque de Norwègue, Thomas Erpingen, chevalier de grand renom, et le grandmaître-d’hôtel du roi, accompagnés de soixantedix chevaucheurs. Lesquels, de Calais, par sauf-conduit du roi de France, allèrent à Montreuil, et par Abbeville, à Beauvais. Auquel lieu ils furent honorablement reçus par les gens du roi qui de Paris étoient là envoyés pour traiter trêves un certain temps entre les deux rois de France et d’Angleterre, et aussi des rançons d’aucuns prisonniers que tenoient les dits Anglois ; mais rien ne purent accorder, pour tant que le connétable-de France avoit fait mettre le siège par mer devant la ville de Harfleur, lequel il ne voulut pas faire départir. Et pour ce s’en retournèrent les dits Anglois en Angleterre sans rien besogner; mais bref ensuivant furent envoyés de par le roi Henri autres ambassadeurs devers Jean et Philippe de Bourgogne à Lille , c’est à savoir le comte de Warwick et aucuns autres ; lesquels traitèrent tant devers le dit duc qu’ils eurent trêves l’un avec l’autre depuis la Saint-Jean-Baptiste de l’an dessus dit jusqu’à la Saint-Michel l’an

mil quatre cent dix-sept, tant seulement pour les comtés de Flandre et d’Artois et les enclavements. Si furent tantôt publiées de par le dit duc de Bourgogne, ès lieux accoutumés, dont moult de gens furent fort émerveillés pour icelles trêves ainsi faites particulières au royaume de France.

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