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CHAPITRE CXCII

Commenl le roi de France envoya ses ambassadeurs à Von-

Icreau-Faul-Vonne , pour l’union de l’église, el coaimenl

ceux de Rouen se rendirenl Eoui guignons.

En après, le roi Charles et son connclable envoyèrent leurs ambassadeurs à IMonlereau, où faut Yonne ', c’est à savoir l’archevêque de Rheims, les évêques de Paris et de Clermont en Auvergne, Jean de Harcourt, comte d’Aumale; messire IMansarl d’Esne el messire Régnault de IMerqueques, chevaliers; maître Guérard-IMarchel, le Juge-maître Jean de l'Olive el autres. Jusqu’au nombre de seize notables personnes, pour être el convenir avec les ambassadeurf . »lin de traiter paix entre icelles parties. El furent cn\o\és de fiar la dite reine el le duc de Bourgogne à Bray-sur-Seine, c’est à savoir l’archevêque de Sens, frère à messire Charles de Savoisy , les évêques de Langrcs et d’Arras, messire Jean de La Trimouille, seigneur de Jonvelle ; le seigneur de Courcelles, messire Jacques de Courte-Jambe, Coppin de Yieilville, maître Pierre Cohen, depuis évêque de Bi auvais; Jean Le i 1ère, depuis chancidier de France; Gilles de Clamicy, maître Thierry Le Roi, Jean Le IMercier, Jacques Branlait et inailre Baude des Bordes, lesquels ambassadeurs dessus dits avoieni chacun de son adverse partie bon el sùr sauf-conduit.

El eux venus aux villes dessus dites, c’est à savoir à Monlercau cl Bray, avisèrent d’un commun accord de convenir ensemble, el à certains Jours nommés, en un village nommé la Tombe, qui éloit à mi-voie des deux villes. Auquel lieu fut ordonné, pour la sûreté des deux parties , ayant certain nombre de gens d’armes, le seigneur de La Trimouille. Et dura celle ambassade par l’espace de deux mois ou environ, souvent les deux parties a. anl recours devers leurs se gneurs, envoyant les réponses de leur adverse partie, chacun en droit soi, sur l’espérance de inercr la besogne à bonne conclusion

' Où l’Yonne se jette dans la Seine.

CHRONIQUES lyENGlERRAND DE MONSTRELEÏ. [i4i7]

Et adonc, en ccs nièines temps, fut mise l’union par toute l’uni verselle église. Car, après que pape IMartin fut pontifié, il fit mettre hors de prison le pape .lean, lequel se mit du tout en sa merci et obéissance, et le dit pape IMartin le reçut ce bénignement et le lit cardinal ' , mais il mourut dedans brefs jours ensuivant.

En outre, en ces propres jours , les bourgeois et citoyens de la ville de Rouen, qui moult étoient favorables au duc de Bourgogne, mandèrent secrètement aucuns capitaines tenants son parti ; lesquels, avec foison de gens d’armes, ils boutèrent dedans leur ville, c’est à savoir messire Guy Le Boutillier et Lagnon, bcMard d’Ailly. Et quand ils furent dedans, à l’aide des dessus dits citoyens, allèrent assaillir très puissamment la forteresse, que tenoient les gens du roi contre la dite ville; et en ce tant continuèrent que ceux de dedans la rendirent, par si qu’ils s’en allèrent sauvement; et fut le dit messire Guy Le Boutillier constitué capitaine. Auquel assaut se porta très vaillamment icelui Lagnon d’Ailly, et tant qu’il en acquit la renommée et bienveillance de tous les bourgeois et- manants d’icelle ville. Pour laquelle besogne ainsi achevée, le roi de France et ceux qui le gouvernoient furent très mal contents ; et pour vrai, alors, en la plus grand’ partie du royaume de France y avoit guerre et divison ; et par ce moyen étoient les églises et le pauvre peuple moult désolés , et aussi n’y étoit justice aucunement obéie.

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