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CHAPITRE CCXVI

Comment, après la paix entre le dit dauphin et le duc dt Bourgogne, icelle fut piililice en divers lieux du rojaume de France, et autres matières suivant.

Le lendemain de la paix dessus dite, se départit le duc de Touraine, dauphin, de IMelun, atout sa puissance , et s’en alla par Tours en Touraine vers Parthenay, laquelle il avoit fait assiéger par avant par le comte de Vertus et autres scs capitaines, pource que le seigneur de Parthenay avoit tout son temps tenu et encore tenoit le parti du duc de Bourgogne , lequel com^ et tous les autres fit départir ledit dauphin, et fit préparer ses gens à toute diligence pour mener guerre aux Anglois.

Et pareillement le dit duc de Bourgogne s’en retourna à Pontoise devers le roi et la reine, auquel lieu fut faite grand’ joie pour la réconciliation dos deux parties par-dessus déclarées; de laquelle ville de Pontoise icelui duc de Bourgogne mena le roi, la reine et tout leur état demeurer à Saint-Denis, et laissa en icelle, pour la garder contre les Anglois , le sire de l’Ile-Adam , maréchal de France , auquel fut délivré grand’ finance pour payer gens d’armes à mettre en icelle ville de Pontoise.

En après, tantôt après que la paix fut publiée d’entre iceux princes dessus dits, la plus grand’ partie des nobles, du clergé et du peuple eurent grande liesse, espérant parle moyen dece avoir grand’consolation et le dit royaume être réparé des griefs et persécutions que long temps avoit soulT rts par la guerre, qui si longuement avoit duré ; et commencèrent les gens des deux parties à marchander et repairer les uns avec les autres. Et avec ce en plusieurs bonnes villes et cités fut faite joie en criant : Noël! faisant les bourgeois grands assemblées et grands feux par tous les carrefours , et par spécial dedans la ville de Paris.

Le vingtième jour du dit mois de juillet furent portés au dit lieu de Paris par l’archevôque de Sens les lettres do la paix , lesquelles furent présentées aux seigneurs de la cour de parlement, des requêtes du palais et de la chambre des comptes; présents lesquels fu-

CÎIROMQUES D’ENGIJERRAM) DE MONSTRELET. [1410]

rent lues par inailrc Nicole Raulin. Et si y éloient maître Robert IRaillière et maître Jean Champion , tous deux secrétaires du dit dauphin ; et après (pfelles furent leutes , le dit archevêque présenta un mandement du roi , auquel étoit contenu que le roi faisoit abolition générale de tous crimes et cas perpétrés en son royaume à l’occasion des divisions par avant passées, et veut que chacun etourne à ses héritages, bénéfices et autres biens, réservé meubles ; et avec ce , que le duc de Bourgogne mette capitaine à Parthenay, pour garder le pays de Poitiers , qui soit favorable au dauphin, et que toutes garnisons , tant d’un côté commé d’autre , soient mises hors, sinon sur la frontière des Anglois.

Après, furent présentées autres lettres du dauphin, lesquelles étoient incorporées avec les lettres du roi; et par icelles le dit dauphin consentoit , accordoit et promettoit tenir le contenu des dessus dites lettres-royaux; et pareillement le dit Raulin montra lettres semblables et de par le duc de Bourgogne. Et après que par les dessus dits tout eut été visité , la paix fut publiée en plusieurs lieux de Paris; et jurèrent les dits seigneurs de parlement , tous les dessus nommés et autres gouverneurs d’icelle cité à la tenir : et le lendemain fut faite une solennelle procession à Saint-Martin-des-Champs pour la dite paix.

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