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CHAPITRE XXV

Commenl le duc Jean de Bourgogne alla à Paris et fit retourner le dauphin, que la reine et le duc d'Orléans em-

menoient, et d’autres matières.

En après, ’ quand le dit duc de Bourgogne eut conclu dedans Arras sur ses affaires , il se partit alout plusieurs hommes d’armes jusqu’à huit cents combattants ou plus, armés couver- Icmenl, la vigile de l’Assomption Notre-Dame, pour aller à Paris. Et alla par aucuns jours jusqu’en la ville de Couvres en Parisis ; auquel lieu lui furent envoyées unes lettres de Paris, contenants que le roi étoit de sa maladie retourné en santé, et aussi que la reine et le duc d’Orléans étoient partis de Paris pour aller à Blelun, et de là à Chartres, et qu’ils avoient ordonné d’emmener après eux le duc d’Aquitaine, dauphin de Vienne. Lesquelles lettres par lui visitées, il dormit un peu, et puis, au son de la trompette, avec ses gens se partit de la dite ville très matin, et hâtivement s’en alla au dit lieu de Paris, afin de trouver le dit duc d’Aquitaine : mais quand il fut venu dedans icelle, lui fut dit d’aucuns Parisiens qu’il s’étoit déjà parti pour aller à Blelun après la reine sa mère, ce qui étoit vérité.

Et pour ce , icelui duc de Bourgogne , sans descendre ni .■ targier , chevaucha très fort atout ses gens parmi la dile ville de Paris, tant (jue son cheval pouvoit trotter, et suivit le dit dauphin. Lequel de premier il raconsut entre

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la Ville-Juive el Corbeil, et raltendoienl la dite reine à Corbeil et le duc d’Orléans à dincr. Et avec le dit duc d’Aquitaine éloit son oncle de par sa mère ; c’est à savoir, Louis de Bavière, le marquis du Pont , fils au duc de Bar , le comte Dammartin, Montagu , grand maître d’hôtel du roi ; avec eux plusieurs autres seigneurs qui l’accompagnoient. Et étoit en une litière avec lui sa sœur, la dame de Préaux, femme de monseigneur Jacques de Bourbon. Et lors le dit duc de Bourgogne, approchant le dit duc d’Aquitaine, dauphin, lui fit très grand honneur et révérence , et lui supplia qu’il lui plût retourner et demeurer à Paris, disant que là il seroit mieux qu’en quelconque au tre lieu du royaume de France. Et avec ce, lui dit qu’il avoit à parler à lui de certaines besognes qui bien lui touchoient. Après lesquelles paroles dites par le dit duc, Louis de Bavière, voyant la volonté du dauphin son neveu incliner à la requête qu’on lui faisoit, si dit :

« Sire duc de Bourgogne, laissez aller mon- » seigneur d’Aquitaine mon neveu après la » reine sa mère et monseigneur d’Orléans son » oncle , là où on le fait aller par le consente- » ment du roi son père. »

Et après défendit icelui duc Louis à tous ceux qui là étoient que nul ne mît la main en sa litière , ni baillât empêchement , qu’il n’allat sa voie où ordonné lui étoit. Nonobstant lesquelles paroles , altargations et plusieurs autres paroles délaissées pour cause de brièveté, le duc de Bourgogne, de fait , fit retourner la dite litière et le dit duc d’Aquitaine avec tous ses gens, et le ramena à Paris ; excepté le marquis du Pont, le duc de Bar, le comte de Dammartin et plusieurs autres de la famille du dit duc d’Orléans, lesquels, sans délai, chevauchèrent outre jusqu’à Corbeil. Si racontèrent au dit duc et à la reine comme le dessus dit duc de Bourgogne avoit fait retourner le duc d’Aquitaine dedans Paris outre leur gré.

Pour lesquelles nouvelles eurent grand’ cremeur et furent fort émerveillés, pource qu’ils ne savoient quelle chose icelui duc de Bourgogne Icndoit à faire ; et tant que le duc d’Orléans laissa son dîner, qui étoit appareillé , et s’en alla bien en hâte à Melun , et la reine après lui , et tous ceux de leur famille. El le

dit duc de Bourgogne , comme dit est , avec tous ses gens s’en alla vers Paris , conduisant le dit duc d’Aquitaine; au devant et à l’encontre duquel issirent le roi de Navarre , le duc de Berri , le duc de Bourbon , le comte de la Marche, et plusieurs autres grands seigneurs, el les bourgeois de Paris en très grand’ multitude. Et entra dedans Paris très honorablement , toujours le duc de Bourgogne et ses deux frères qui étoient avec lui , durant celle besogne, an plus près de la dite litière, et aussi les autres seigneurs dessusdits. Si chevauchèrent tout le pas en cet état, tant qu’ils vinrent au châtel du Louvre , dedans lequel le dauphin fut mis jus de sa litière par Louis de Bavière, son oncle, el là fut logé

Si se retrahirent tous les seigneurs , chacun en son hôtel , réservé le duc de Bourgogne , qui là se logea; et bref ensuivant envoya plusieurs messagers garnis de scs lettres en tous ses pays , pour mander gens d’armes à venir devers lui au dit lieu de Paris. Si Icnoil icelui duc son état dedans le Louvre, en la chambre Saint-Louis, et ès chambres de dessous appartenant à icelle. Et le duc d’Aquitaine , avec toute sa famille, fut logé ès chambres de haut. Et le lendemain, le recteur , et aussi la plus saine partie de l’université de Paris, vinrent devers le dit duc de Bourgogne faire la révérence, et lui remercier en grand’ humilité publiquement de la bonne amour el affection qu’il avoit au roi, à sa génération el à tout son royaume , de laquelle ils étoient et se lenoient véritablement être informés qu’il tendoit à bonne fin, et à la réformationel réparation d’icelui ; lui requérant outre , qu’en ce voulsît persévérer et non cesser pour quelque chose qu’il advînt.

Le dimanche ensuivant, le dit duc de Bourgogne, avec tous ses gens, se délogea du Louvre el s’en alla loger en son hôtel d’Artois ; auquel lieu fit faire par les rues tout à l’environ de grands fortifications de palis et barrières , afin que de sa partie adverse ne pût être grevé. Et avec ce fil tant devers le roi cl ceux du grand-conseil que les chaînes de Paris, qui étoient au Louvre, furent rendues aux Parisiens et remises par les rues comme elles avoient autrefois été. Pour laquelle chose le dit duc de Bourgogne fut grandement en la

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fîracc de loulc la coniniunaulé do Paris généralomenl.

Et icolui cliâtcl du Louvre demeura on la garde de messire Renaull d’Angionnes, qui par avant y étoit commis de par le roi. La bastille Saint-Antoine fut mise en la garde de Montagu, grand maître d’hôtel du roi; mais jura et fit serment qu’il ne mcltroit homme dedans , sinon seulement ceux du conseil du roi là étant : et le duc d’Aquitaine fut baillé en gouvernement au duc de Berri, de par le roi et son grand-conseil.

En après , le duc de Bourgogne et ses deux frères baillèrent et présentèrent au roi et à son grand-conseil une supplication , de laquelle la teneur s’ensuit :

» ,Iean, duc de Bourgogne, Antoine, duc de Lembourg , et Philippe , comte de Nevers , frères, vos très humbles sujets, parents et obé- (lients serviteurs, vraiment et féablcmcnt connoissants, parjugement de raison, chacun chevalier de votre royaume, notoirement être tenus et obligés après Dieu à vous aimer, servir et obéir. Et ne sommes point tenus seulement de ne vous point nuire , mais avec ce sommes tenus de vous notifier et à votre personne faire savoir ce qu’on procure ou veut procurer encontre votre honneur et profit. Et mêmement à ce sont tenus ceux qui par prochaineté de votre sang tiennent de vous grandes seigneuries, par le moyen desquelles sont obligés à vous. Et pour tant nous nous sentons tenus , comme il appert ; car à vous sommes sujets , et au royaume; et de par notre dignité sommes vos cousins-germains. Et moi, Jean, par la grâce de Dieu et de vous, suis duc de Bourgogne, pair du royaume de France, et doyen des pairs, comte de Flandre et Artois; et moi , Antoine , comte de Bethcl ; et moi , ÏMiilippc, comte de Nevers et baron de Donzy. Et avec ce, par le consentement de vous, notre très redouté seigneur , et notre très redoutée dame la reine , et tout le sang royal, confirmé est le mariage entre le duc d’Aquitaine , dauphin devienne, votre fils, et la fille de moi, duc de Bourgogne ; et aussi entre la dame de Charrolois, votre fille, et Philippe , comte de Charrolois , mon fils. Si sommes à vous tenus par le commandement de feu notre très redouté seigneur et père , qui environ la fin de sa vie

nous recommanda et fil promettre que devers vous et votre royaume toute féableté nous garderions : laquelle chose toujours de notre vie accomplir nous désirons et convoitons.

» Et afin que des devant dits liens aller au contraire par dissimulation ne soyons vus, et aussi que nous n’encourrons la divine indignation, il nous semble qu’il est nécessité que nous vous déclarions ce que souvent est traité contre l’honneur et profit de vous et votre royaume, principalement en quatre points, selon notre jugement. Le premier , si est de votre personne, car devant que sortiez de celle maladie de laquelle non mie seulement êtes grevé , mais tous les cœurs de vos amis qui vous aiment en sentent et souffrent très grand’ douleur, en votre conseil souventesfois sont faits traités contre votre honneur et profit, colorés par fiction de bien, et moult de choses irraisonnables vous sont demandées, jaçoit ce que par vos réponses les refusiez. Toutefois , par aucuns de votre conseil est donné , et tant qu’on obtient ce qu’on demande.

» Et autre point, n’avez vêtements, joyaux ni vaisselle , comme il appartient à votre état royal ; et si aucuns en avez, à peu d’occasion sont engagés. Aussi vos serviteurs n’ont nulle audience par devers vous, ni point de profit. Et avec ce, des choses devant dites et plusieurs autres qui touchent votre honneur n’oseroient faire mention selon ce qu’ils désireroient. Le second point est de la justice de ce royaume , qui devant tous autres royaumes souloit tenir la souveraine exécution de droite justice ; laquelle chose est de votre royaume le principal fondement. Et du temps passé vos officiers étoient faits par vraie et mûre délibération et élection des plus notables, qui vos droits grandement gardoient , et à tous grands et petits moyens également justice se faisoit; maintenant il est le contraire , car vos officiers par dons et par prières ils sont faits ; pour quoi vos droits sont grandement diminués et de jour en jour diminuent, par quoi le peuple est très fort grevé. Le tiers point est de votre domaine, qui très mal est gouverné , en tant que plusieurs maisons , châteaux et édifices si vont à ruine, semblablement vos bois , vos moulins , vos rivières, viviers et lès revenus de vos franc*

ques fêles, et généralement tout votre domaine, pour la grande diminution , se périt et va à néant. Le quart point est de l’église , des nobles et du peuple.

» Premièrement, quant à parler à la réale vérité de ceux de l’église , ils sont moult opprimés et très grands dommages et torts ils souffrent , tant de juges comme d’hommes d’armes , et plusieurs autres qui leurs biens et leurs vivres prennent et ravissent , et leurs maisons et leurs biens rançonnent : et pour cette cause , à peine ont-ils de quoi vivre ni faire le service divin. Les nobles souventes fois sont mandés dessous l’ombre de votre guerre, dont nul denier ils ne reçoivent; et pour acheter chevaux , armures et ce qu’à guerre appartient, souvent advient qu’ils vendent leurs choses.

» Tant qu’est de votre peuple , il est tout clair, que tous ou à peu près tendent à perdition pour les dommages qu’ils reçoivent de vos baillis , prévôts et spécialement des fermiers ou autres offîjiers, et avec ce les gens de guerre, lesquels sans cause trop longuement ont été tenus et encore sont ; pourquoi on doit douter que Dieu encontre vous ne se courrouce si autrement par vous n’y est pourvu. Et c’est tout notoire comment vos ennemis , du temps de Philippe et Jean , tous deux rois de France , vos nobles prédécesseurs, se maintinrent, et les grands dommages qu’ils firent en votre royaume ; et comment à Richard , roi d’Angleterre à vous allié , premièrement son royaume tollurent, et sa femme votre fille à l’encontre de sa volonté, et la vôtre pareillement longuement ils détinrent ; et pour l’amour d’elle, tant nobles comme marchands, ils tuèrent et noyèrent dedans la mer; les trêves ils rompirent , et votre royaume en moult de lieux par feux et pilleries ils ont gâté ; c’est à savoir en Picardie , en Flandre , en Normandie, en Bretagne, en Aquitaine, où dommages irréparables ils ont fait.

» Néanmoins , très noble sire , la guerre que vous avez entreprise contre vos ennemis ne disons point que la laissiez ; car s’il étoit ainsi, très grand’ honte pourroit être imputée on votre grand-conseil, pour la dissension laquelle est entre vos ennemis, et aussi sembla- Menient l,i guerre qu’ils ont d’une part contre

les Gallois, et d’autre part contre lesÉcossois; et s’ils éloient pacifiés, plus grand dommage pourroient faire en votre royaume que devant. En après il semble, et c’est vérité, que grand’ chose avez à faire pour maintenir votre guerre, tant en votre domaine comme ès aides qui vous sont faites. Derechef deux grandes tailles nouvellement sont taillées en votre royaume sur titre de la guerre ; nonobstant , rien n’en est dépendu pour vos dites guerres. Pourquoi il est à douter qu’il n’en vienne très grands maux , considérée la murmuralion du clergé , des nobles et du peuple; car si tous ensemble se mouvent, que jà n’advienne ! chose plus périlleuse seroit qu’oneques mais ne fut jusqu’à l'heure présent. Et chacun de votre royaume, qui féablement à vous est sujet , doit avoir grand’ douleur quand il voit en telle manière tant d’argent de votre royaume périr. Et pour ce, trèsnoble seigneur, que nous, comme devant est dit , à vous tant sommes obligés , et afin que n’encourions l’indignation de vous , de notre dame la reine , et d’autres de votre sang royal , et d’autres hommes féables de votre royaume, sans ce que nous quérons quelconques injurier ni autre gouvernement, mais tant seulement pour nous acquitter féablement envers vous, très humblement vous supplions que vous vcuilliez mettre remède aux conventions dessus dites , et appeler les non suspects en cette matière, et qu’ils n’aient point de doulance à vous dire vérité, et qu’ils vous donnent bon conseil, et en bref ce soit mis en exécution et effet. Et à ce faire nous offrons corps, richesses et amis , et à tous ceux qui véritablement se voudront acquitter; car vraiment nous ne pourrions voir ni souffrir tels inconvénients être faits contre vous et votre majesté royale ; et n’est point notre intention de cesser ni taire celle pétition , jusqu’adonc que premier remède y sera mis. »

Ainsi fina la supplication du dit Jean de Bourgogne et de ses deux frères.

Un autre jour que le roi étoit en assez bonne prospérité de santé , les devant dits frères suppliants, avec le duc de Berri leur oncle , et autres princes, le chancelier de France , maître Régnault de Corbie , le premier président en parlement et grand nombre d’ofiiciers royaux s’en allèrent en l’hOlel de Saint-Fol *,

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auquel lieu ilslrouvùrcnl le roi qui de sa cliambre éloil descendu en un jardin. E( après que très humblemenl l’eurent salué, lui firent les trois frères dessus dits hommage des seigneuries qu'ils lenoient de lui : c’est à savoir, le duc Jean, de sa duché de Bourgogne et de ses comtés de Flandre et d’Artois ; Antoine, duc de Lembourg, de sa comté de Relhel ; et Philippe, le moins-nè, de sa comté de Nevers. Si y avoit pour ce un très grand nombre de nobles hommes, chevaliers et écuyers, qui firent pareillement hommage au roi de plusieurs seigneuries qu’ils tenoient en divers pays de son royaume. Et après qu’iceux trois frères eurent requis au roi lettres , et icelles obtenues par les diligences qu’ils avoient faites , prirent congé de lui et s’en retournèrent en leurs hôtels. Et adoncen ces mêmes jours, vint à Paris et ès villages à l’environ , au mandement du dit duc de Bourgogne et de ses deux frères , bien six mille combattants; entre lesquels étoient pour les conduire Jean-sans-Pitié, évêque de Liège , et le comte de Clèves. Et fut faite celte assemblée pour résister à l’encontre du duc Louis d’Orléans, si aucunement vouloit faire entreprise à l’encontre d’eux ; car déjà étoient bien informés qu’il n’éloit point bien content de ce qu’on avoit ainsi fait retourner le dit duc d’Aquitaine , son neveu , comme dessus est dit , et aussi de la proposition qu’avoient faite devant le roi les trois frères dessus dits, et que de ce étoient fort en son indignation, et par spécial le duc de Bourgogne ; et sentoit icelle proposition dessus dite être faite plus à sa charge principalement que de tous les autres princes du royaume. Et pour ce que le dit duc d’Orléans ne savoit à quelle fin icelles besognes pourroient venir, ni comment on se voudroit gouverner envers lui , manda gens d’armes de toutes parts pour lui fortifier. Entre lesquels lui vint Harpedène, atout ses gens qui étoient ès frontières du Boulenois. Et d’autre part y vinrent le duc de Lorraine et le comte d’Alençon, atout très grand nombre de gens qui se logèrent autour de Melun et au pays à l’environ, bien quatorze cents Ijassinets, avec grand’ multitude de gens. Et par ainsi furent les pays d’entour de Paris et de la marche de l’Iie-de-France et de Brie, moult tra¬

vaillés et oppressés par les gens d’armes des deux parties. Et portoient les gens du duc d’Orléans, en leurs pennonceaux, au bout de leurs lances en écrit : Je l’envie. Lequel duc manda tantôt à venir devers la reine et devers lui, au dit lieu de Melun , le roi Louis, lequel se disposoit à puissance de gens d’armes pour aller en son roj aume de Naples. Si délaissa tantôt son entreprise, et alla devers la reine et le duc à Melun, avecque lesquels il eut aucun parlement , et puis se tira à Paris en intention de traiter entre les deux parties ; et se logea en son hôtel d’Anjou, et puis assembla par plusieurs journées avec les ducs de Berri et de Bourbon , et avec le grandconseil du roi, pour traiter entre icelles deux parties d’Orléans et de Bourgogne.

Durant lequel temps, le dit duc d’Orléans écrivit à plusieurs bonnes villes du royaume ses lettres , en remontrant comment on avoit proposé et semé paroles diffamatoires, à Paris, à l’encontre de lui et de son honneur, lesquelles on ne devoit pas croire ni tenir icelles pour véritables, sans premier l’avoir ouï. Et pareillement en écrivit à l’université de Paris, et y envoya ses ambassadeurs , requérant que la matière qui étoit entre lui et le duc de Bourgogne fût par eux bien avisée et disputée , ainçois qu’ils donnassent le tort ou faveur à l’une des parties. Après lesquelles lettres reçues, la dite université renvoya devers ledit duc à Melun leurs messagers très notables, qui lui touchèrent sur trois points la cause pourquoi ils étoient venus devers lui. Premièrement le remercièrent de l’honneur qu’il avoit fait à eux d’envoyer ses ambassadeurs. Secondement, que très bien leur plairoit que la réformation du royaume fût faite. Tiercement , seroient très désirants et joyeux qu’ils fussent pacifiés lui et le duc de Bourgogne.

Lesquelles choses ouïes par le duc d’Orléans des dessus dits ambassadeurs, fit réponse de lui-même qu’ils n’avoient pas fait sagement de compagner ni assister te dit duc de Bourgogne ès besognes dessusdites, lesquelles avoient été proférées en la plus grand’ partie contre lui, attendu qu’ils ne pouvoient ignorer qu’il ne fût fils et frère du roi, auquel avoit,, été baillé le régime du royaume , comme à ce-!

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