CHAPITRE ceux
Comment les besognes s’ép.indirent de celle nialiére en divers lieux; la prise de Douvrier, et le parlement que fil le duc de Bourgogne de la ville de Hesdin.
Le lendemain de la victoire du duc de Bourgogne furent les nouvelles portées en divers lieux, dont ceux qui tenoient son parti eurent grand’ liesse, et par spécial à Montreuil et au pays à l’environ. Après lesquelles ouïes, messire Jean de Blondel, qui naguère étoit retourné des prisons des Anglois, assembla aucuns gentilshommes du pays, entre lesquels étoit messire Olivier de Brimeu, moult ancien chevalier, et aussi plusieurs compagnons, tant de la dite ville de 3Iontreuil comme d’ailleurs , lesquels il mena devant la forteresse de Douvrier, que tenoient les gens de Pothon de Sainte-Treille, auxquels il parlementa , et les servit de si belles et subtiles paroles qu’ils furent contents de lui rendre la dite forteresse , par condition qu’il les feroit conduire sauvement jusqu’à Saint-Riquier, et ainsi en fut fait; et après il la regarnit de ses gens pour tenir frontière comme les autres contre les Dauphinois. En après, le dit de Bourgogne, quand il eut assis ses garnisons , comme dit est , contre ses adversaires, se partit de Hesdin, et alla à Lille et de là en pèlerinage à Notre-Dame-de-Halle, et puis retourna en Flandre , où il séjourna assez bonne espace pour entendre à ses besognes d’icelui pays.