H25] LIVRE
quelle consolation et aide ils me voudroient faire. Sur laquelle chose , mon très doux seigneur et père , il vous plaise savoir que le lenr demain j’allai à la maison de ville , et leur fis remontrer comment, à leur requête et prière, vous avoit plu à moi laisser en leur protection et sauvegarde, comme à ceux qui vous avoient fait serment d’être vos vrais et loyaux sujets , et qu’ils fissent de moi bonne garde pour vous en rendre compte; lequel serment ils firent devant le sacrement de l’autel et sur les saintes évangiles.
» Sur quoi , mon très honoré seigneur et père, ils répondirent tout à plein qu’ils n’étoient point assez forts dedans la ville pour pioi garder. Et en ce faisant , de fait appensé s’émurent en disant que mes gens les vouloient meurtrir, et tant, mon très redouté seigneur, qu’en mon dépit ils prirent un de vos sujets, sergent, nommé Maquart, et présentement lui firent prestement couper la tête , et firent prendre tous ceux qui vous aiment et tiennent votre parti, comme Bardout de La Porte , Collart, son frère , Gillet de La Porte, Jean du Bois, Guillaume de Lève, Sanson , votre sergent, Pierre, Baron, Sandart, Dandre et plusieurs autres jusqu’au nombre de deux cent cinquante de votre parti. Et derechef vouloicnt prendre sire Baudouin , trésorier, sire Louis de Monlfort, Jean Fresné et Etienne d’Estre, lesquels ils n’ont point encore pris , ni je ne sais qu’ils feront. Aussi , mon très redouté seigneur, ils me dirent tout à plein que, si je ne faisois traité, ils me livreroient ès mains de beau cousin de Brabant, et n’ai plus de dilution à demeurer en cette ville que huit jours , que ne sois contrainte d’aller en Flandre , qui m’est douloureuse chose et dure ; car je doute que tant que je vivrai plus ne vous verrai, s’il ne vous plaît moult en hâte moi aider. Hélas ! mon très redouté seigneur père , toute ma vraie espérance et toute ma conclusion est en votre domination, vu, mon très redouté seigneuret ma seule et souveraine liesse, que tout ce que je souffre est pour l’amour de vous. Donc très humblement je vous supplie, tant et si très chèrement que je puis en ce monde, pour l’amour de Lieu, qu’il vous plaise avoir compassion de moi et mes besognes, et à moi, votre dolente créature, venir