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CHAPITRE XLIV

Comment le duc de Bourgogne retourna au pays de Hollande, où il fit assaillir la ville de Hermontforl, et autres matières.

Après que le duc de Bourgogne eut, comme dit est, ordonné de ses besognes en Hainaut, il retourna, atout grand’ puissance de gens d’armes, en Hollande, pour corriger aucuns qui autrefois lui avoienl fait serment, lesquels faisoient rébellion au dit pay?. Et en ce voyage, fil assaillir une ville fermée de fortes haies et fossés pleins d’eau, nommée Hermontforl. Lequel assaut dura assez longuement, et fut moult âpre, cruel et terrible. El mèmement le dit duc, de sa personne, passa l’eau des dits fossés, et alla combattre ses ennemis et adversaires très vaillamment. Et pour vrai, il se mit adonc en très grand péril et danger, car les défendants en grand’ hardiesse s’abandonnoient sans eux épargner pour eux défendre et sauver leurs vies. Durant lequel assaut, fut mis à mort an très vaillant et puissant chevalier, c’est à

savoir le seigneur de Vozdanquin. Et avecque lui étoient aucuns autres experts hommes do guerre; et si y fut navré Le Bon, seigneur de Saveuse, tant qu’il le convint porter hors des fossés, comme en péril et danger de mort, cl plusieurs autres. Et adonc le dit duc et ceux de son parti, voyant et considérant la perle et dommage de leurs gens, eurent conseil de faire sonner la retraite arrière, comme ils firent; et se logèrent assez près de la dite ville, où ils furent cette nuit assez pauvrement pourvus de ce que métier et besoin leur étoit. El le lendemain, le dit duc prit autre marche. El lors s’étoient alliés avec la duchesse Jacqueline ceux de la ville d’Utrecht; et aussi les ducs de Gueldres et de Clèves y étoient de la partie du dit duc, par quoi la guerre et tribulation croissoit et mulliplioit au dit pays de jour en jour.

En ce temps, s’assemblèrent ès marches de Picardie environ cinq cents combattants, tant hommes d’armes comme archers de plusieurs terres; lesquels, sous la conduite de messire Charles de Moyencourt, Matthieu de Humières, Jean de Longueval et aucuns autjes gentilshommes, furent menés par l’ordonnance et commandement du duc de Bourgogne, à la requête d’un chevalier nommé messire Philibert Andrinet, à l’aide et secours d’Amé, duc de Savoie, bel oncle d’icelui duc de Bourgogne, qui avoit lors guerre et dissension au duc de Milan. Lesquels cinq cents combattants dessus dits chevauchèrent par plusieurs journées, tant qu’ils vinrent au dit pays de Savoie, où ils furent joyeusement reçus du dit duc; et de là furent envoyés sur les marches en tirant vers Lombardie, où ils firent maux inestimables; et tant que par la renommée d’iceux et par la cremeur que les deux princes dessus dits eurent pour le pauvre peuple, ayant d’iceux compassion, se concordèrent et firent bonne paix; et la dite paix conclue, le duc Amé de Savoie donna congé à iceux Picards, en eux grandement remerciant de leur travail, et donnant à aucuns des plus notables draps de Damas et autres joyaux; et par ainsi les dessus dits Picards retournèrent en leurs propres lieux. La cause de la guerre si étoit pource que le duc de Milan avoit pris Novare et la cité de Verceil sur le duc de Savoie, lesquelles lui furent rendues.

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Après que le duc de Bourgogne eut, par plusieurs .journées, visité le pays de Hollande et mis ses garnisons sur les fronlières de la Gaude, où lors se tenoit la duchesse Jacqueline, délaissant aucuns de ses capitaines pour la garde et sûreté d’icclui, tels comme le seigneur de rile-Adam, messire Lyonnel de Bournonville et aucuns autres hommes d’armes expcris et renommés de guerre, s’en retourna en son pays de l’iandrc.

En l’an dessus dit, furent ès pays d’Espagne de Catalogne, et en Languedoc, grands mouvemenls de terre, dont en aucuns divers lieux plusieurs villes et notables édifices churent; dont le peuple d’iceux pays fut par long temps moult troublé et en très grand effroi.

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