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CHAPITRE XLm

Comment messire .Tean Blondel rendit la forteresse de la Malle-Maison, qu’il avoit prise, laquelle appartenoil à l’èvêque de Cambrai.

En après, le duc de Bourgogne alla à Mons en Hainaut, avec lui grand nombre de ceux de son conseil ; et là, comme dit est, constitua plusieurs otheiers natifs du pays pour gouverner la seigneurie d’icelui; auquel lieu, par saufconduit , alla le dit messire Jean Blondel , qui par le dit duc fut plusieurs fois sommé et requis de rendre et restituer à l’évêque de Cambrai sa forteresse. Auxquelles requêtes il ne voulut en rien obéir ; mais on dissimulant, s’excusoit aucunement. Toutefois , le dit duc de Bourgogne et son conseil conclurent et délibérèrent de bailler gens et aide au dit évêque pour assiéger et reconquêter sa dite forteresse. Et pour ce faire, le dit évêque manda ses amis, et SC mit en armes atout ce qu’il put avoir de gens. Pour lequel aider et réconforter, y furent commis et établis de par le duc de Bourgogne messire Guillaume de Lalain , bailli de Hainaut, Le Bègue de Launoy, chevalier, gouverneur de Lille, et aucuns autres nobles hommes, et certain nombre de gens d’armes. Durant lequel temps , messire .Tean Blondel , oyant ces nouvelles, et sachant que le dit duc de Bourgogne avoit son fait mal agréable , condescendit à traiter, et conclut et délibéra de rendre la forteresse, moyennant que sa paix seroit faite de*

vers le duc de Bedfort et le duc de Bourgogne, et si lui seroient rendues scs forteresses et seigneuries, lesquelles étoienl en la main du roi Henri deLancaslre, comme confisquées, et avec ce , emporteroient lui et ses gens tous leurs biens, et si auroit pour les dépens quatre mille écus ; lesquelles choses en conclusion lui furent accordées et promises, et de ce baillée sûreté. Et par ainsi, délivra la IMalle-JMaison en la main de Balthazar , bâtard du Quesnoy , qui par le duc de Bourgogne y fut commis et institué à le garder à certaine espace de temps. El pour payer la dite somme et autres frais, fut mise sus une grande taille par tout le pays de Cambrésis, tant sur gens d’église comme autres, lesquels à ce payer furent contraints très rigoureusement. Après lesquelles besognes, par le consentement du ditévéque et d’aucuns autres du pays, fut la dite forteresse de la Malle- Maison abattue et du tout démolie , dont ce fut moult grand dommage : car c’étoit la non pareille et la mieux édifiée qui fût en tous les pays à l’environ et au plus fort lieu. Ainsi messire Jean Blondel, par force de mal faire , vint à son intention , et fut, comme dit est, restitué et remis en la possession de tous ses héritages et édifices.

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