CHAPITRE XXXIV
Comment le duc d’Orléans eut, par l’octroi du roi son frère,
la duché d’Aquitaine, et lors furent faites trêves entre le
royaume de France et d’Angleterre.
Au commencement de cet an , le duc Louis d’Orléans étant à Paris, par certains moyens que long-temps par avant il avoit quis fit tant que le roi de France, son seigneur et frère, lui donna la duché d’Aquitaine; laquelle par très long temps par avant il avoit désiré et contendu d’avoir.
En ce môme temps furent faites trêves entre les rois de France et d’Angleterre , par temps seulement, et furent publiées ès lieux accoutumés jusqu’à un an ensuivant; pour lesquelles ceux de la comté de Flandre furent fort réjouis, pource que , par le moyen d’icelles, leur sembloil que leur marchandise s’en conduiroil plus sûrement. Et alors vinrent à Paris les ambassadeurs du roi Henri d’Angleterre, entre lesquels étoit le principal messire Thomas Erpinion , avec lui un archidiacre et plusieurs autres nobles hommes^, lesquels conduisoit Tassin de Servillers ; et requirent au roi d’avoir en mariage une sienne fille, qui étoit religieuse à Poissy, pour le prince de Galles, premier fils du roi d’Angleterre. Mais pource qu’ils faisoient trop excessives demandes avec icelle fille, s’en retournèrent sans rien besogner. Si les reconduit jusqu’à Boulogne-surla-Mer, le seigneur de Hangest , qui de par le
* Il faut lire dans le moine de Saint-Denis les détails de ces affaires religieuses et des scandales que les deui papes doiinoient par leur irrésolution et la violation répétée de leurs serments.
2 Les ambassadeurs étoient sir Thomas Erpingham, John Cateryk, clerc, Hugh Mortimer, trésorier du prince de Galles. Par d’auires lettres de créance du mois de décembre de la même année, l’évêque de Dur ham fut adjoint aux premiers ambassadeurs.
roi fut, bref ensuivant, constitué pour ses mérites maître des arbalétriers de France