CHAPITRE eXXIV
Comsionl plusieurs malélices furent faits et perpétrés èspaji d’Amiénois, Santois et Vimeu.
Durant les tribulations dessus dites , Blanchefort, qui se tenoit au châtel de Breteuil, tenant le parti du roi Charles de France , fit moult de dommage ès pays de Santois, Amiénois, Vimeu et autres lieux, par feu, pillages et par épée, par quoi iceux pays furent, ou la plus grand’ partie, tous perdus et inhabités, sinon auprès des bonnes villes et forteresses. Et n’en pou, oient plus souffrir et pa er les grands tributs qu’ils avoient accoutumé de livrer pour leurs appactiz. Et d’autre part , furent réparées par ceux de ce même parti aucunes forteresses au pays de Vimeu , c’est à savoir à Rennes, Hornoy et autres, èsquelles se boutèrent plusieurs gens de guerre, dont le pays fut moult oppressé , et pareillement de ceux qui tenoient le parti du roi Henri et du duc de Bourgogne. Si ne savoient les pauvres laboureurs où eux bouter ni où aller à sauveté , et n’étoient aidés ni secourus d’aucun seigneur, de quelque parti qu’il fût ; et qui pis fut pour eux, en la marche dessus dite, Philebert de Vaudray , le seigneur d’Amont , qui étoient retournés des marches de France de servir le duc de Bedfort , se boulèrent atout leurs gens dedans l’île du Pont-Sainl-Remi , et en déboutèrent les gens du seigneur de Saveuse , qui l’avoienl en garde. Pour laquelle icelui seigneur de Saveuse fut très mal content, et pour iceux débouter hors de la dessus dite île, assembla grand’ partie de ses parents et féables amis ; mais enfin, pource que les dessus dits étoient trop forts dedans l’île dessus dite , il n’eut point conseil de les aller envahir, et pour tant demeurèrent là certain espace de temps, au grand dommage et préjudice de tout le pays.
MVRF, SECOND.