‹ ChroniquesChapitre 426 sur 562 · LIVRE · texte numérisé non relu

LIVRE

moult joyeusement et honorablement reçus du dessus dit messire Jean de Luxembourg, comte de Ligny, et de la comtess;.’ sa femme, ih furent eux et leurs gens servis très abondamment de plusieurs vivres à eux nécessaires et convenables selon le temps; et demeurèrent en celui lieu par deux jours, en prenant leurs éballeinenls en chasses et autres déduits.

Et entre-temps, les capitaines et chevaliers atout leurs gens d’armes se retrahirenl vers le pays de Réthelois. En après, le duc de Bourgogne et la duchesse sa femme, partant du dit lieu de Bohain, s’en allèrent à Provins, et de là, parmi la Champagne, passèrent assez tôt près de la ville do Rheims. Si avoit en la compagnie jusqu’à six mille combattants, tant hommes d’armes comme archers; desquels étoient les principaux conducteurs le seigneur de Croy, messire Jean de Ooy, son frère; messire Jean d’IIornes , sénéchal de Brabant; le seigneur de Crèquy, son frère; messire Jean, bâtard de Sainl-Pol et Louis son frère ; le seigneur de Ilumières, messire Baudo de Noyelle, le seigneur de Crèvecœur, Robert de Neufville, Lancelot de Dours, liarpin de Richammes et plusieurs autres moult nobles hommes, tant chevaliers comme écuyers ; et alors le dit duc de Bourgogne chtîvaucha parmi le pays de Champagne; lequel avoit avant-garde, bataille et arrière-garde. Laquelle avant-garde conduisoit messire Jean do Croy, au-dessous de son frère, et avec lui éloil le dessus dit liarpin de Richammes. Si étoit chacun jour mis le charroi entre l’avant-garde et la bataille. El la duchesse, qui lors étoit bien enceinte d’enfant, alloil avecque ses femmes près de la dite bataille, où étoit le duc ; et cheminèrent tenant telle ordonnance jusque devant Troyes, qui tenoit le parti du roi Charles. Devant laquelle ville passa le dit duc, et de là prit son chemin versCappes, tirant vers Bourgogne, atout grand nombre de combattants.

Et adonc vinrent devers lui les seigneurs de Bourgogne atout grand nombre de combattants, auxquels il fit joyeuse réception ; et bref ensuivant prit conclusion avecque ceux de son conseil de ce qu’ils avoient à faire. Si fut orionné que la duchesse et sa compagnie s’en roient à Châlillon-sur-Scine séjourner, cl le lit duc mena ses gens devant Mussi-l’Evèque,

SECO.ND. GT3

(lue tenoient les François, ses adversaires, cl mit le siège tout à l’environ. Si furent des assiégeants faites grandes préparations pour grever leurs adversaires et ennemis, c’est à savoir firent asseoir devant les portes et murailles plusieurs engins, pour iceux confondre et abattre. Et d’autre part, les assiégés firent très grand’ diligence d’eux défendre; néanmoins, eux voyant la puissance du dit duc de Bourgogne être si grande et aussi ciu’ils n’avoienl mio espérance d’avoir aucun secours, firent traité avecque les dits commis d’icelui duc dedans les huit jours après le siège mis, par tel si qu’ils s’en iroienl saufs leurs vies, corps cl biens en rendant la dite forteresse ; lequel traité conclu , se départirent sous bon sauf-conduit, id s’en allèrent à Saint-Florentin. Et après qu’icclui duc eut do par lui commis capitaine en icelle ville, il s’en alla à Chàtillon, où étoit la dite duchesse sa femme; et ses gens d’armes se départirent sous bon sauf-conduit et s’en allèrent vers la comté de Tonnerre.

Page 1