‹ ChroniquesChapitre 513 sur 562 · CHAPITRE CCXXX · texte numérisé non relu

CHAPITRE CCXXX

Comment les villes et châteaux de Montargis et Chevreuse furent mis en l’obéissance du roi Charles de t- rance.

Durant le temps dessus dit, furent remises en l’obéissance du roi Charles de France les villes et forteresses de Montargis et Chevreuse, que tenoient les Anglois. Et d’autre part, les garnisons de Meaux en Brie, de, Creil, Pontoise et Gisors travailloient moult fort le pays d’icelui roi Charles, et par spécial ès pays de Santois, Vermandois, Arniénois, Beauvoisis et autres seigneuries. Et pareillement les garnisons qui étoient assises contre les Anglais faisoient moult grands dommages aux pays dessus nommés, dont le pauvre peuple, en plusieurs manières éloit moult travaillé et lassé. Et quant au regard de messire Jean de Luxembourg, il se tenoit comme neutre, et pour icelui temps avait peu de hantise avecque nulies de ces parties. Si faisoit très fort fournir et garnir ses villes et châteaux de vivres et d’artilleries, sur espérance de lui défendre contre ceux qui nuire ou grever le voudraient. Et jà soit ce que par plusieurs fuis il eût été requis et admonesté de faire serment au roi Charles de France, néanmoins oncijues ne s’y voulut consentir ; et étoit tout réconforté d’attendre les aventures qui advenir lui pourroient ; car il avoit les scellés du roi d’Angleterre, du duc d’York et de plusieurs autres s ûgneurs anglois, par lesquels ils lui prometloient sur leur foi et honneur que, s’il advenait que les François approchassent en aucune manière pour lui faire guerre, ils le viendroient secourir à si grand’ puissance qu’ils le délivreroient de tous ses ennemis, quelque autre besogne qu’ils eussent à faire ; et sur ce le dit de Luxembourg se fioit très grandement.

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