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CHAPITRE CCXXXI

Comment il y avoit grand discord entre le i>ape Eugène et le concile de Bàle, et autres matières. I

En cet an, furent envoyés devers le roi de' France, le duc de Bourgogne et autres nobles princes du sang royal les ambassadeurs de notre saint père le pape Eugène et pareille-' ment ceux du concile de Bàle ; lesquels étoient en grand discord l’un contre l’autre ; car, en j

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proposant devant les dessus dits princes , ils diCfarnoient assez vitupérablement chacun son adverse partie ; et dura cette dissension assez longuement. Toutefois pour ce temps le roi étoit plus enclin à la partie du concile qu’à lapartie d’icelui pape ; et le duc de Bourgogne'

se tenoit pleinement pour le pape Eugène; et '

pareillement faisoit le roi d’Angleterre. Ésquels jours le duc de Bourgogne envoya devers notre dit saint père le pape une solennelle ambassade , c’est à savoir maître Quentin Mayart, prévôt de Saint-Omer, le prieur de Lihons en Santois, messire Simon de Lalain,;i Guillaume Le Jeune, frère du cardinal de Thé rouenne, et plusieurs autres notables person-i nés , lesquels du dessus dit saint père furent] reçus très agréablement; et obtinrent en la.

plus grand’ partie tout ce pour quoi ils étoient ■■

venus. Esquels jours le seigneur de Crève-

cœur, qui étoit moult sage et prudent, fut envoyé de par le duc de Bourgogne devers le roi de France pour plusieurs besognes, et entre les autres, pour traiter le mariage de la seconde fille du roi et du comte de Charolois , seul fils du dit duc de Bourgogne.. Auquel seigneur fut faite très joyeuse réception, tant de par le roil t comme de par la reine; et pour tant que la | fille pour quoi il alloit étoit nouvellement tré- f passée, lui fut remandé par le dit duc qu’il' l demandât la maisnée ; ce qu’il fil ; et lui futi accordée et promise, et se nommoit damel Catherine. . |

El après, devant le dit retour du seigneur de^ Crévecœur, fut accordé envers le roi le dis-! cord des évêques de Tournai, c’est à savoir de . maître Jean de Harcourt et maître Jean Che-,

vrot, lequel Chevrot demeura à Tournai, et le

dit de Harcourt demeura archevêque de Nar-^ bonne. Et toutes ces besognes et aucunes au-^ très accomplies par les manières dessus dites, s’en retourna le dit seigneur de Crévecœur

devers son seigneur le duc de Bourgogne , qui le reçut moult joyeusement et moult honorablement.

En ce môme temps, un gentilhomme chevalier, qui étoit de l’hôlel du duc de Bourgogne, prenant son chemin pour retourner en Savoie, dont il étoit natif, par la licence du dit duc, en son chemin alla en la ville de Guise voir messire Jean de Luxembourg, duquel il étoit très bien en grâce, et le fesloya moult grandement en son hôtel; mais après qu’il fut départi de là et qu’il eut pris son chemin pour aller en son pays, comme dit est, il fut rencontré d’aucuns saquements, lesquels se disoient être au dit de Luxembourg , entre lesquels y étoit un nommé Garmonset. Si le prirent et le menèrent à Meaux en Brie devers les Anglois , et depuis fut mené à Rouen , où il fut détenu prisonnier par certaine espace de temps; et enfin il mourut de maladie qui le prit, comme aucuns dirent , par déplaisance et par courroux. A cause de la prise duquel le duc de Bourgogne fut très mal content, et en récrivit aucunement au dit de Luxembourg avec autres besognes. De laquelle prise le dit de Luxembourg s’excusa grandement , car il est à supposer que d’icelle prise n’étoit en rien coupable ; car depuis fit exécuter aucuns d’iceux qui l’avoient pris et détenu, et aussi fit moult grand’ diligence de faire délivrer le dit chevalier, nommé messire Philebert , de la main des dits Anglois, par le moyen du cardinal de Rouen, son frère.

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