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CHAPITRE CCXXXV

Comment une assemblée se fit entre Calais et Gravelines, du cardinal d’Angleterre et de la duchesse de Bourgogne, pour trouver manière d’avoir paix finale entre les parties d» France et d’Angleterre.

Environ le mois de janvier de cet an, s’assemblèrent entre Calais et Gravelines, en un lieu devisé par les parties, où furent tendues aucunes tentes pour tenir convention, c’est i». savoir le cardinal de Vincestre, d’une part, et la duchesse de Bourgogne, d’autre part, chacun d’eux grandement accompagné de nobles personnes, tant ecclésiastiques que séculiers ; avec lesquels y étoient de par le roi de France comme ambassadeurs, un sien maître-d’hôtel, nommé messire Régnault Girard, chevalier, seigneur de Bazoche et maître Robert jMallien, conseiller et maître des comptes, afin d’avoir tous ensemble avis, conseil et délibération sur la paix finale entre les deux royaumes, et aussi pour la délivrance et rançon de Charles, duc d’Orléans. Si furent plusieurs ouvertures mises avant, et par plusieurs journées; et en la fin ne purent autrement conclure, si non de prendre jour, par l’avis et conclusion des deux rois et de leurs conseils, chacun pour tant que loucher lui pouvoit, à l’an ensuivant, pour tenir nouvelle convention ; lequel jour et lieu on devoit faire savoir à la dessus dite duchesse de Bourgogne, pour ('Il avertir et faire savoir à chacune des dites parties. Laquelle journée, nouvellement reprise , devoit être amené en personne le dit duc d’Orléans, c’est à savoir à Cherbourg ou à Calais, auquel des deux il seroil avisé en dedans le dit jour. Et après que les besognes dessus dites furent ainsi conclues entre icelles parties, se départirent de là et retournèrent és lieux dont ils étoient venus.

En cet an, le duc de Bourgogne assembla environ seize cents comballanls, lesquels furent menés et conduits vers Calais, pour garder contre les .4nglois très grand nombre de pionniers, de charpentiers et autres manouvriers, qui y furent menés et conduits pour rompre et démolir une digue de mer, afin de noyer et dé-

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truire ceux de la ville de Calais et le pays environ. Et avoil-on donné à entendre au dit duc de Bourgogne qu’il étoit très possible de le faire, et que par ces moyens icelle ville seroit du tout mise à destruction ; mais quand ce vint que les pionniers dessus dits eurent ouvré certaine espace de temps, on aperçut assez bien que ce n’étoit point une chose qui se put bonnement achever. Si fut l’entreprise délaissée, et fit-on rompre le pont de Milau et aucunes autres petites digues, qui peu firent de dommage aux dits Anglois.

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