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CHAPITRE CCLXX

Comment du mandement dessus dit les armes furent faites, et les noms de ceux qui dévoient faire les dites armes.

« En l’honneur de Notre-Seigneur et de sa très glorieuse mère, de madame sainte Anne et de monseigneur saint George, je, Pierre de

Beaufremont, seigneur de Charny, de Monliet et de Blontfort, chevalier, conseiller et chambellan de très haut, très puissant et très excellent prince, mon très redouté et souverain seigneur monseigneur le duc de Bourgogne , fais savoir à tous princes, barons, chevaliers et écuyers sans reproche, excepté ceux du royaume de France et des pays alliés et sujets de mon dit souverain seigneur, que pour augmenter et accroître le très noble métier et exercice des armes, ma volonté et intention est, avec douze chevaliers, écuyers et genlilshom- ; mes de quatre côtés, desquels les noms ci-après ( s’ensuivent , c’est à savoir: Thibaut, seigneur I de Rougemont et Mussy ; messire Guillaume I de Breremont, seigneur de Sées et Sauvegon ; i Guillaume de Brenne, seigneur de Mombis et I Gilly ; Jean, seigneur de Valengon ; Jean, sei- I gneur de Râpe et de Tirecourt ; Guillaume de I Champ-Divers, seigneur de Chevigny ; Jean de i Chiron, seigneur de Rancheinères ; Antoine de iVauldray, seigneur de l’Aille; Guillaume de iVauldray , seigneur de Collaon ; Jacques de (Challant, seigneur d’Aineville; messire Amé, seigneur d’Espirey; et Jean de Chavigny ; gar- ^der et défendre un pas séant sur le grand chemin venant de Dijon à Auxonnc, au bout de la chaussée partant de la dite ville, et un rgros arbre appelé l’Arbre des Ermites, tout par la forme et manière qui ci-après s’ensuit :

« Premier, y a deux écus, dont l’un est noir, semé de larmes d’or, et l’autre violet, semé de f; larmes noires; lesquels écus pendront au dit ; Arbre des Ermites, et seront de telle condition ü que tous ceux qui feront loucher par le roi ç d’armes, héraut ou poursuivant, l’ècu noir aux 1 larmes d’or, seront tenus à faire armes ù che- 1 val avecque moi ou avecque un de mes dits chevaliers ou écuyers, jusqu’au nombre de douze courses de lances à fer émoulu.

« Item, en faisant les dites armes, si l’un est porté à terre de coup de lance et droite atteinte sur les harnois , celui qui sera ainsi porté à terre donnera au compagnon qui ainsi l’aura porté jus un diamant tel (ju'il lui plaira.

» hem , sera armé de tel harnois que bon lui semblera, double ou single, accoutumé é faire armes, et sans mal engin , c’est à savoir que r.ai'rèt n’ait nul avantage, fors ainsi qu’on le porte en la guerre.

» Item , que chacun portera ses garnisons de lances et de fers, excepté que la rondelle qui gît sur les mains ne sera que de quatre doigts de large, et non plus.

» Item . les lances seront d’une même mesure depuis la pointe du fer jusqu’à l’arrêt, desquelles lances baillerai la longueur.

» Item, pour faire et accomplir les dites armes à cheval, fournirai lances à tous, et toutes prêtes dans les lices, telles et semblables de celles de mes dessus dits compagnons et des miennes.

» Item, et se feront les dites armes à cheval, à la toile, laquelle sera de six pieds de hauteur. »

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