‹ ChroniquesChapitre 558 sur 562 · CHAPITRE CCLXXIY · texte numérisé non relu

CHAPITRE CCLXXIY

Commcnl .lucuns des gens du dauphin se lirèrenl vers le pays de Bourgogne, lesquels lurent rués jus par le maréchal de Bourgogne et les siens.

Au commencement de cet an , le dauphin de Viennois, premier fils du roi, retourna devers son père, qui étoit à Tours en Touraine; et avoit le dit dauphin été moult grand espace de temps au pays de Languedoc , tant pour le fait du comte d’Armagnac comme pour autres affaires. Auquel retour moult de gens de son armée se tirèrent sur les marches de Bourgogne, où ils firent de grands desrois, comme autrefois avoient fait. Si s’en allèrent loger à un gros village nommé Espoise, auquel lieu leur vint courre sus le seigneur de Beaumont, maréchal de Bourgogne, accompagné de plusieurs nobles du pays ; cl y eut dure rencontre entre eux ; mais enfin , par la diligence et vaillance du dit maréchal et d’aucuns autres seigneurs de sa compagnie, furent iceux François tournés à déconfiture, et y eut grand nombre que morts que pris. Et bref ensuivant en furent portées les nouvelles au dit dauphin, et lui fut dit comment ses gens avoient été rués jus au pays de Bourgogne ; lequel dauphin jura lors un grand serment qu’il s’en iroil lors au pays pour les contre-venger. El d’autre part, le duc de Bourgogne fut averti de ce que le dit dauphin avoit dit et juré. Si dit pareillement qu’il iroit aider à garder son pays. Et par ainsi eut aucun commencement de rigueur entre ces deux princes ; mais assez bref après , par le moyen d’aucuns notables et sages personnes d’un côté et d’autre , furent les choses rapaisées, et le dit dauphin refreignit son ire et son courroux.

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