CHAPITRE YI
Coininciil Cléinenl duc en Bavière fui par les éloclours d'AI- Iciiiagnc élu à élre empereur, el coramenl il fui à grand puissance mené à Francforl.
En l’an dessus dit. Clément duc en Bavière fut par les électeurs d’Allemagne élu empereur de Rome *, après ce que réprouvé et dé-
• Lorsque les vices el la crapule de Wenccslas, roi (le iJohiùnc el empereur d’.MIcmagnc , décidèrent à
[t401] LIVRE PREMIER. VS
posé fut le roi de Bohème, jadis empereur de Rome. Si fut mené par iceux à Francfort; et avoit adonc en sa compagnie bien quarantedeux mille hommes de guerre. Si mit le siège devant icelle ville, qui étoit à lui rebelle, là où il fut environ quarante jours , durant lequel temps se commença entre ses gens une grand’ mortalité d’épidémie , dont bien moururent quinze mille de scs gens ; en la lin desquels quarante jours, un traité se fit, et se mit icelle ville de Francfort en l’obéissance du dit empereur. Et pareillement s’y mirent Cologne, Aix et plusieurs autres villes ; et lui baillèrent leurs lettres, reconnoissant que son élection avoit été bien et duement faite. Et après fut couronné en icelle ville parrévèque de 3Iay once , à laquelle coronalion plusieurs princes et seigneurs du pays firent grand’ fêle. Et y furent faites nobles joùtes et grands ébattements. Laquelle fête passée, le dit empereur envoya Etienne, son cousin-germain, duc en Bavière, père de la reine de France, à Paris, pour confirmer la paix entre ledit empereur et le roi de France; lequel duc Etienne, venu au dit lieu de Paris, fut reçu à grand’ joie, tant de salifie la reine , comme des princes et seigneurs du sang royal; car le roi étoit pour lors malade. Et après qu’il eut faite sa requête, en un certain jour lui fut faite réponse par les dessus dits seigneurs, que bonnement, sauf l’honneurdu roi et leur serment, ne pouvoient faire paix au préjudice de leur beau cousin le roi de Bohème, qui autrefois avoit été élu et couronné roi d’Allemagne. Après laquelle réponse icclui duc s’en retourna à par le pays de Hainaut, en Allemagne, devers le dit nouvel empereur, auquel il raconta et dit ce qu’il avoit trouvé et besogné en France: si n’en fut pas bien content, mais autrement ne le put avoir. En après, icelui empereur avoit proposé d’aller
faire le choix d'un nouvel empereur, le.s trois électeurs ecclésiastiques et le comte palatin du Rhin, assemblés le 20 août 1 iOO, déposèrent d’abord VVenceslas; et s’etanl transportés de là à Kent/, ils y élurent empereur Frédéric, duc de lîrunswick-riimbock. C.clui-ci ayant été tué deux jours après par le comte de VValdcck, une nouvelle assemblée eut lieu à Munster, en août 1 iOO, où se réunirent les mêmes électeurs, auxtiuels se joiguireiit rélecteur de lsa\ière et plusieurs princes. O fut alors (pic Robert, comte palatin du Rhin, fut élevé à l’empire.
personnellement en Lombardie, à puissance de gens d’armes , pour conquerre les passages , et en envoya une partie devant ; mais les gens d’armes du duc de Milan vinrent à main armée contre iceux, et en occirent et prirent plusieurs. Entre lesquels fut pris messire Gérard , chevalier, seigneur de Iléraucourf , maréchal du duc d’Autriche , et plusieurs autres. Et pour ainsi fut rompu le voyage du dit empereur.
CllAFITBE VIL
Coinnienl lleiiri de I.enciaslrc , roi d’.lnylclcrre, cuinballit
ceux de l'ersi.ique ' et de tîalle.», qui éloient entrés en son
pays, et les vaiiupiit.
Environ le mois de mars de cet an , s’émut grand dissension entre le roy Henri d’Angleterre et ceux de Persiaque et de Galles, avec lesquels estoient plusieurs Ecossois : si entrèrent en grand’ puissance au pays de Northurnberland ; et là les trouva le dessus dit roi Henri, qui, pour les combattre , avoit fait grand’ assemblée; mais de première venue iceux déconfirent et ruèrent jus son avantgarde-, et pour ce, sa seconde bataille n’osa aller contre eux. Et adonc le roi, qui menoit l’arrière-garde, épris de grand’ volonté, voyant aussi ses gens doutablement assembler à leurs adversaires, se mit et plongea vigoureusement dedans la bataille de .ses ennemis , en laquelle il se conduisit et porta si chevaleureuscment, comme il fut su et relaté par plusieurs nobles des deux partis, que ce jour il occit et mit à mort, de sa propre main , plus de trente-six hommes d’armes, jaçoit ce qu’il fClt par Iroi.s fois, à coups de lance, abbattu du comte de Douglas ; et eût été pris ou occis d’ icelui comte , si ses gens ne l’eussent défendu et rescous. Là fut occis Thomas de Persiaque , et Henri, son neveu, pris, lequel le roi fil tantôt mettre à mort devant lui ; et icelui comte de Douglas y fut pareillement pris et plusieurs autres. Après laquelle besogne, icelui roi Henri se partit du champ, joyeux de sa victoire; et envoya en Galles plusieurs de ses gens d’armes pour assiéger une ville en hupjclle étoieni aucuns favorables aux dessusdits Persiaque.
' C’c:l-ù dire ceux qui étoiciil du p.-irlt de Terry.
CHKOMQllES D’ENGUERRVND DE MONSTRELET.