LA PEINE DE MORT
.Si l'exjcutîon pr la main du bsarreaa ii*était pas définitive, irrJpirabîe. jo l'approuverais pcat-étre. Un horanie o&ssc la té te il un autre, on iui casse la sienac et on lui en remet une meilleure, très bien ! Tête pour tête, c'est ii loi du talion. Belle chose en vcritiS que cette loi là I Ce n*c8t pas la peine, si la société, être collectif, froid, sut préjugé.", sans passion, n'est pas plus raisonnable qa*ui. simple individu, ce n'est pas la peine qu'elle se constitue et se décrète infaillible. Vaut autant revenir à la josfciee par soi et pour soi, qui a moins de formes et toat autant d'équité.
Au moyen-figc et plus tard, on trouvait que la mort ne sufl^it point, qu'il fallait torturer et faire mourir un condamné des milliers de fois avant de lui porter le coap-d^ grâce. La société moderne fait mieux; elle admet ki circonstances atténuantes, elle n'inflige pas de supplices préalables, elle s'est beaucoup adoucie, et c'est beaa de It voir balancer un pauvre diable, pendant dos semaines entières, entre la crainte et l'espérance, et lui accorder en« suite, s'il est condamné, plusieurs autres semaines, pour bien savourer d'avance toute l'horreur de son supplice.
Que penser do la loi qui impose à un homme pour fonoo tion et pour devoir d'en tuer un autre? Il faut pourtant bien, dit-on, qu'il y ait un châtiment pour punir le orimo. Kh ! mou Dieu I si cela mêuie était une erreur ? D'od
TÏant cette néoeesitiS àa cliatiment ? Pourquoi oâ pas prévenir au lieu de punir le crime? En médecine, on dit qu' an préservatif vaut mieux que dis reraèdes. Il en eaC ainsi dans l'ordre moral. Mais les sociétés, enaorc barbares, quoiqu'on en dise, plongées dans uno dpaisse nuit d'ignorance, en sont encore au moyen ptimitiF de la répression, tandis qu'en faisant ud seul pns de plu'j, elles touclicraieiit ù lu vraie oivilisation, qui n'a pas besoin d'être armée, paroe qu'elle n'a rien à craindre.
Ce qu'on a compris jusqu'il présent par la otvîlisation n'en est pas même l'image. Chaque peuple célèbre, qui a laissé des monuments de littérature et d'art, n'avait qu'une surface très restreinte, ne couvrant qu'un petit groupe d'hommes policés, pendant que la masse restait sauvage, brutale et toujourB féroce. La véritable civilisation De peut exister sans uno égalité parfaite de lumières et de conditions qui détruit l'envie, cause commaue de tous les criraes, qui élève et purifie l'intelligence.
Niveler, dana un sens absolu, est un mot destructeur et criminel ; il faut le repoaaser eana merci. Aspirer doit Stte le mot de.i sooiétéa modernes ; aspiration des classes inférieures, des masses au niveau conquis par le petit nombre d'esprits éciairéa qui servent comme de phare ù ohaqno nation. Qu'il n'y ait plus d'ignorance ni de oouohes 80cîalea, mais que toutes les classes soient également éclairées et humanisées, et le crîuie disparaîtra.
Ce n'est pas en donnant le epectaclo du meurtre qu'on peut espérer de distraire le crime ; on no civilise pas en faisant voir des échafauds, on no détruit pas les mauvais instincts en faisant couler le sang, on ne corrige pas et l'on n'adoucit pas les mcoiirs en ontrete'oa.utU ^wreûfe^^N^wg^"^
porte en lui toutes les passions eriminelles. La société n'a plus aujourd'hui l'excuse des siècles passés qui ne savaient se débarrasser d'un criminel qu'en l'immolant ; elle doit prendre sur elle le fardeau des principes qu'elle proclame et rendre efficaces les institutions qui ont pour objet de prévenir le crime. afin de n'avoir pas à le châtier.
L'horreur des échafauds s'est inspiré de chaque progrès de l'homme dans sa réconciliation avec les principes de la véritable justice. La peine de mort pour les hérétiques, pour les magiciens, pour les voleurs, a disparu; la peine de mort pour les assassins mêmes recale de plus en plus devant la protestation de l'humanité. Les circonstances atténuantes ont marqué la transition entre une époque barbare et les efforts que la société a faits pour détruire ses vices ; il ne reste plus qu'à accomplir le dernier triomphe de la civilisation sur les préjugés qui seuls arrêtent encore le progrès des mœurs.
Je dis que le châtiment, de même que le remède, est impuissant à guérir le mal tant que la cause de ce mal subsiste. C'est elle qu'il faut attaquer et détruire. L'ordre moral est analogue à l'ordre physique. Dans les pays où la fièvre jaune entasse ses victimes, si Ton ne faisait que soigner les sujets atteints, combien d'autres ne tarderaient pas à succomber au fléau ? Mais ce qu'on cherche avant toutes choses, c'est de détruire les éléments corrompus de l'air ; on combat l'épidémie dans ses causes permanentes, on desséebo les marais et Von eti\.xôù.eiiVi \^ ^\i^\i5at\\.^ ^^x
cuaosiQUES. 41
tons les moyens conDos de l'art. Fouvoot, ces moyens BÎinpIes et faciles ne sont pas ou sont mal employiîs, pnroo prfjugiîa, les disoourenra, les gens d'i'oolo et de s'y opposent au nom de l'usage et des proc^di!s consacrés pv le temps ; il en est ainù de l'iïtat socînl où le
lal snbsiste, parce qu'on ne veut pas en reconnuïtrc lu vëritable cause et parce qu'il y a toute espèce de classes d'bommea intéiesBiîes iL ne paa le diîtruîre.
' Quand nn membre est gangrené, s'i-crîent les apôtres talion, on le conpo ; ainsi faut-il qne la peine de mort dâlÎTro la société de ses membres corrompus." Ali ! si c'était lu nn raisonnement sans réplique, sont-ce bien les nenrtriers seulement qu'il faudrait conduire à l'éabafuud 'i Slais non ; tant qu'il y aura une loi du talion et que la justice n'aura pas trouvé d'antre formule que celle-ci; "œil pour oeil, dent pour dent;" tant qu'il y aura dos lois de vengeance et non des lois de répression et d'ameudemcnt, la société n'aura rien fait pour se rendre meilleure peut que consacrer par certaines furmcs ca qui redevient au crime quand ces formes disparaissent. Qu'on y songe bien un seul instant, en mettant décote toutes les ridées reguos, toutes Ica tromperies do l'éduculion, et la peine de mort apparaîtra plus borrible que le plus épouvantable des crimes. La justice n'cst-cUe donu que l'ap- .pareil formidable d'un juge, d'un jury et d'un bourreau, ou Lien est-elle ce sentiment profond, tu destructible, éternel,
. ce qui doit faire la rùglc dea bommes ?
Or, ce que je nie, ce que je nie nvco Imili' l'Jnergii! du la pensée, c'est que la socitUi; ■ ■■■ ■ ni' des écba-
fauds. Je dis le droif, te ■ : iKacho pas
l'opportunité, aux effets yv" • n.ité de C'jn-
*- CSr.OXlQUEF.
:\ :-••..'; .:; l'hisTwnrw tontes choses qai Bont .:■.: .< »r;u:rv la poinc do mort, je n'in- :*. vX.*.u>ivc'j:eut io droit, et voici sor
IVrvrr.v-, y'.> •/,:< li «vvL-u^ que Tindividu pris à part, :. K>î '.V- r.;uî::c ùx* !a \*o huiuràuo ; eiîe ne l'est pas davan- :,'.^o sous pîvux:.- vîo nrniro îi justice, car la justice des Ko-.unus iio ^K-.îC :/. tr ju<v-ju\;u jouvoir de Dieu. La société' i.c jx'ui tu^r non v'.us jour rendre au meurtrier ce qu'ils fuit, car alors I:\ jastioo n'est plus que la vengeance, et lotouruo à la loi rudimontairo et barbare du talion qui regarde le chat i mont comme la compensation da crime. Or, toute compensation veut dire représaille : cela ne résout rien, car ii compensation est arbitraire et relative. Vous voulei que le sang efface le sang ; les anciens ge^ inains se contentaient d'imposer une amende à l'assaaân; d'un côté comme de l'autre, il n'y a pas plus de jnstîee, car le châtiment ne doit pas viser à compenser, mau & prévenir le mal.
Voici un homme qui a commis un crime, deux crimea atroces ; il se trouve en présence de la société vengeresse. La société vengeresse ! voilà déjà un mot qui étonne. Le penseur se demande si une société qui se venge a le droit de juger et de condamner : il se demande si la justice, qui est éternelle, peut bien aller do concert avec la loi qui n'est souvent qu'une convoution fortuite, une nécessité qui emprunte tout aux uironimlanooH et qui varie avec elles, parfois mCmo nu diMrinirnt do oo qui est juste.
Lo oriuiiupl oî«t ou pnWnoo do non juj;;o; il a un avocat pour lo (lôlondro. Tout m» luit dauH los lormos ; il a le bétu'tioo dx'ii oiroouKtnnooH uit^MiuuutoH ; main rion no pont lo
Ëoustraîro aa sort qui lo meDaac. On va le condninner ; \ qaoî 7 ù la pcitiQ da mort. Il a. tué ; n'est QO pua juste 7
Un iostant I Qui dit que cela est jnsto ? Youb, TOUS- même,, la Eooitté. Voua vous diîcriîtrz do co droit qui n'appartient qu'i Dieu, et puis voua le proclamez, voua l'érigez en maxime, il fuit loî. Voua no voye» donc pas que vous vous faites juge dans votre propre aasa? Rt ai cette Ici, oontre laquelle la coDscionoe humaine aujourd'hui proteste, n'est qu'uu manteau qui ouvre votre ignorance ou votre impuîssanao il trouver les vrais remâdos, n'est'elle pas cent fois plus criminelle que U passion aveugle qui a pouasû le bras dans un moment de colùrc irrtffliSchie 7 Le meurtre est un grand crime, c'est vraï : mais boU' vent ce crime n'est que l'effet d'une surexcitation passagère, ou de quelque viae de nature, lo plui souvent raCuie d'une l'duoatioD qu'on n'a rien fait pour corriger, et dont la sociâW est la première responsable. Et cependant cette socîi^tâ, qui veut @tre juste, punit le criminel d'un long aupplioo qui commence le jour de son emprisonnement et finit lu jour do son eidcutioa I
Qu'on Reparle pas de l'exemple: c'est moDstracax. N'y eût-il qu'un seul crime commis sur totilo la surface du globe en un siècle, que cela suffirait A démontrer l'impuissance de ce raisonnement. L'exemple des autres, hélis 1 est toujours perdu pour soi, et c'est une vétiti douloureuse qu'on no se corrige jamais, de mSme qu'on n'acquiert d'expdrience qu'à ses propres dépens, NDn, jamais, jamais la vue d'une exécution n'a servi d'exemple ni produit entre ebose qu'une démoralisation profonde. Et pourquoi? C'est bien simple. La vue du sang inspire une horreur qui vient de la sensibilité, mais qui cottoiuçt VcaçvA^ «x^-a^
voit bientôt avec plaisir ce qui ne donnait d'ubord que du dégoût. Toute exécution offre le spectacle hideux d'une fouie avide que le sang allèche et qui se plait à ce qui est horrible, parce que cela donne des émotions fortes que chacun aime à ressentir. ,
Une dégradante curiosité l'emporte sur la répugnance ; chacun se presse pour voir comment mourra la victime sociale. On ne va pas devant Téchafaud pour apprendre à détester le crime, mais pour se repaître d'un criminel. L'exécution n'est un exemple pour personne, parce que chacun se dit intérieurement qu'il ne commettra jamais un meurtre ; l'assassin lui semble un être tellement à part, et la pendaison un fait si éloigné de lui qu'il ne peut s'en faire la moindre application, et, du reste, es n'est pas le souvenir fortuit d'une exécution qui arrêtera le bras du meurtrier dans un mouvement de colère ou dans l'ivresse de la cupidité. De plus, l'idée dominante de tout homme qui commet un crime délibérément, est d'échapper à la justice ; cette idée l'absorbe complètement et lui fait perdre le souvenir de toute autre chose.
Or, à quoi sert de donner un exemple, s'il ne doit être utile à personne 7
Exécuter un criminel, c'est entretenir chez les hommes le goût de la cruauté ; c'est donner toutes les satisfactions à cet instinct mauvais qui porte à suivre avec tant d*ardeur les convulsions de la souffrance ; c'est contenter toutes les passions honteuses auxquelles cette satisfaction momentanée donne une excitation durable. Demandez à tous ceux qui voient le condamné se tordre dans son agonie, de quitter ce spectacle d'horreur. Ils resteront jusqu'au dernier moment, ^etle savoaeront d'autant plus c^ue \a moi^ %^t;j^^\\\.%\^\i\fôO^^
CHRONIQCEB.
Boppïiee plus atroce. Et c'est cola, un cscmplo ! Je dis f|Uô c'est de la Krocitiî, qua c'est de la Larbarïe convortio en justice, autoria:?e, applîquiîo par les Toia, et que la Bociéti; prod-'gc au nom de la civilisation.
Y alril rien de plus horrible que de voir en plein soleil, S0U3 le regard d'une foule immoiiîle et palpitante, un homme assassine froidement, donii<5 en spectacle pour mourir, entre un bourreau payé pour tuer, et un prêtre qui prononce le nom de Dieu, ce nom qui ne devrait jamais descendre sur la foule que pour apporter la mîséri- COFdfi et le Salut ? Quoi ! vous donuâz à un homme le pouvoir d'en tuer un autre ; vous lui donucz des armes pour cela, et vous voulez que sa conÈOtenea ne se dresse pas en lui menaçante, qu'elle ne fasse pna entendre les oris d'un étemel remords, et qu'elle lui dise qu'il a commis là une action légitime I Et pourquoi, si cet homme rend la justice, inspire-il tant d'horreur, et ne peut-il trouver un ami qui serre sa main couverte de sang ou marquÉe encore de la corde du gibet? Pourquoi cette réprobation de la sociiité contre un homme qui la venge, et qui n'est que soa instrument ? Pourquoi ne pas lui rendre les honneurs d&s à l'accomplisfiement de tout devoir dîiHaile ? Si la socit^td a vraiment le droit de détruire un de ses membres, ce droit est sacré comme le sont lo js les autres. Pourquoi alors no pas respecter le bourreau qui ne fait qu'appliquer ce droit ? Pliurguoi reculer d'horreur devant W\t ti\\\ "^ ca\.ç»&a. V. hi jette la conscience \i\iiïnv\tiCi ■, '* 'Sv V'vi- ^^^^
46 OHBONIQUES.
mdticr de tuer tes semblables, est-ce à tes semblables de te «errer la main ? " Ah ! c'est ea vain qu'on invoque un droit impie et une loi qui le consacre ; la nature et la vérité sont plus fortes que lui ; le sentiment universel remporte sur cette justice de fiction qui autorise le meurtre, parce qu il est légal, et parce qu*il porte le nom de cliâtiment. , La justice, la vraie justice, celle qui est au fond des coeurs, et que les codes n'enseignent pas, proteste contre le crime sous toutes les formes, et flétrit le bourreau par la haine et le mépris, ne pouvant pas l'atteindre avec les armes de la loi.
Qu*on n'invoque pas la parole du Christ : '* Quiconque frappe avec le glaive périra par le glaive. " La morale du Christ, toute d'amour et de pardon, n'enseigne pas la reprét saille. En parlant ainsi, Jésus n'avait d'autre idée que do prouver que la violence attire la violence ; il ne voulait pas instituer par là tout un système, de représailles sociales, ni consacrer le meurtre juridique. Il connaissait trop le prix de la vie humaine, lui qui était venu pour sauver les hommes ; et s'il souffrit d'être exécuté lui-même, c'était pour offrir, du haut du calvaire, une protestation immortelle contre l'iniquité de la peine de mort. Si la violence attire la violence, comment peut-on appliquer cette vérité lugubre à la société qui tue froidement, sans passion, sans haine, et au nom d'une justice qu'elle méconnaît ? Ces paroles du Christ, on ne les a pas comprises, et Ton a fait de la méconnaissance d'une triste vérité le fondement d'une continuelle injustice
La peine de mort comme tous les principes dont on commence à reconnaître la fausseté et le danger, a d'affreuses conséquences. On la maintient malgré les mœurs, malgré les protestations de la oonsoienoe pubWc^^ ^\> ^^ Qis>^\\\&4daic4^
CHaONlQUEP. 47
AuseÎ, <iuoU cffiits pi'oJait-oilo ? elle nnltiplio les criuio', car rioo us séduit plus que l'espoir d'un acquiltonicri t, quan J on suit (|u'uno peine n'esîate que iaas la loi et qu'ella rûpugno à oeus qui l'appliquent. Celte situalion osl profomk'iiicnt iiiimornle, comme tout ce qui est composite ttee oortrurio c» mutièrc de principes. L'csfoQtion est une chose bÎ horrible qnc chaque fois qu'un homme il commis un orima «Iroce, évident, et qo'il ne peut (îchapptr à l'i5chafaud, l'opinion sV'meut en sa f.ivctir ; on ie ref ru'seota comme une vic- (iuic, on provoque dessymputhîcsinsensiÎQs qiii ont le triste v&ultat de tàiro oublier le crime, et do pervertir le sens m:)ral. Chacun acquitte le criminel au fond de sa cons- «ieaoc, et s'insui^e ainsi moralement contre !a loi. Il y u «onflitentrc la justice naturelle et l'aatorïtd ; il fuut entourer le gibet de troupes ; il fiut arracher le condamna à une pitié menaçante, et risquer de fiuir par la violence ce qu'on a eommenci.^ avec toutes les apparences du droit.
Rien n'est plus fjcile, je le sais, rien n'est plus eïpt'iiiif -qno de se débarrasser d'un criminel eu le supp'ii'iant. Aux temps où la justice n'avait pas dérègles certaines, où lea notions en étaient inconnues, oblitérées sans cesse par l'arbï- 4rrtire qui gouvernait les peuples, comme au moyen-iîgo ; nus temps oii la violenoc était une mixima sociale, et quo lu ■combat s'appelait le jugement de Dieu, je comprends que j'on eberohût lo moyen le plus simple et le plus prompt pour rendre ee qu'on appelait la justice. Il n'y avait pas alors d'institutions qui rJforinaËsent lo criminel ; on ae songeait p^s au pccfectionnemeot des sociétés. Uuns un état de violeuci:. il no fallait [-as chercher lo calme et la réflexion qoi ooadu'. £eQt atis Baines idiies philosoi>hi>]ue(j| ïl ne fiilluit pua eher- «!ier i^ja^Hc-' ià où h fumû s'iSti^envVu^^^^Â^^gK^'
tous les jours par de monstrucaz attentats. Mais nous qui avons pass6 par toutes les épreuves d'une civilisation qui a coûté tant de sacrifices, devons-nous hériter des erreurs de CCS temps malheureux ? devons-nous les sanctionner et les maintenir ? Ah ! il a coulé assez de sang innocent durant ces longs siècles de barbarie et d'ignorance pour expier d jamais tous les crimes dos hommes !
On ne peut rendre un jugement irrévocable que lorsqu'il est infaillible, parce qu'il faut toujours laisser place à la réparation quand on peut commettre une erreur fatale. Ne pouvant pas rendre la vie b, un homme, on n'est donc pas en droit de la lui ôter.
Le châtiment n'a d'autre objet que d'amender. Or on ne corrige point un homme en l'immolant et l'on pervertit les autres hommes par le spectacle de cette barbarie. On les pervertit ; des milliers de faits attestent la vérité de cette assertion ; et c'est si bien le cas que pour échapper à l'inflexi» bilité de la logique, à une réforme radicale de la pénalité^ on propose de rendre les exécutions secrètes. C'est donc le droit de pervertir les hommes que la société a réclamé jus» <ju'ici.
Dieu nous a donné le droit de nous protéger ; c'est pour cela qu'il n'a pu nous donner celui de tuer un criminel qu'où a mis dans l'impuissance de nuire. Et comme corollaire, ajoutons que toute peine est injuste dès qu'elle n'est pas nécessaire au maintien de la sécurité publique.
La peine de mort n'est pas un droit, c'est une institution,.
et ce qui le prouve, c'est qu'elle s'est modifiée. Le droit,
étaut éternel, ne se modifie pas. Autrefois on condamnait
à mort pour vol, pour cause po\\lvçv)iû, ^^ \vi\v\\Vax\,^ wv \x^x-
turait; la société disait qu'eWe en aNtxW^X^ ^^Q^^- K\\\^xix.
CHROITIQtJBB, 49
il'huî dans bon nombre d'étnts, on n'cxiScute plus. La eoci<5t^ aurait Jonc abdiqué un droit, et oela en faveur des crimincla ! Qui oserait le prétendre ?
La notion du juste n'est pas encore acquise, parce que l'amour mutuel n'est pas encore riîpnndu parmi les liomma?. Quand on verra dans un oriinincl un malheureux lîgnré plutôt qu'un ennemi, alors il n'y aura plus de peine de mort.
On dit que la peine capitale a existé dans toutes les li<gislations, et cela depuis que le monde est monde, Avant tout, quand on veut citer l'histoire, il faut la comprendre. Or, s'il est un enseignement historique dont l'évidence éclate, c'est la oomplûte impuissance de rCobafaud ^ riîpri- Ica crimes. Quoi ! voili un châtiment que l'on inflige depuis sis mille ans, il n'a jamais produit d'cffat ot l'épreuve n'est pas encore assez longue ! Quoi ! les statistiques démontreront que partout où la peine de mort est abolie, où l'instruction publique est répandue, les crimes sont
moins nombreux et l'on continuera de se servir de ce
moyen pour moraliser les masses ! Etranges moralisateurfl qu'une corde et un gibet I Kt quand bien mOmc l'histoire no donnerait pas cet enseignement, est-ce que l'exemple do tous les sii^eles peut Strc invoqué contre la vérité qui est étemelle et imprescriptible? Ab I la peine capitale n'est pas le seul débris que nous ait laissé un passé ténébreux, et dont la civilisation et le progrâa modernes se défont péniblement, pas a pas. La somme des erreurs transmises de ïiôcle en siècle est immense ; quelques vérités surnagent à peine, et l'on vient parler des onscignemenls du passé ! !
C'est la mit>ère et Tignorance qui enfantent les crimes; il n*j en eût jamais autant qu'au moyen-âge et sous Tempirc romain, époques où Ton mettait à mort sons les plus futiles prétextes. Or, on ne détruit pas rignorance et la misère pur (les spectacles horribles, mais par Tinstraction publique qui est la condition du bien-être.
Les exécutions sont un non-sens dans une société civilisée, parce qu'elle a d'autres moyens de cbâtiment et de répression. Elle sont un reste de ces temps de violence où l'on ne cherelialt pas à moraliser, mais à jeter la terreur dans les esprits. Aussi, do quels raffinements de cruauté s'entourait une exécution.
L'homme ignorait le droit dans rori(]:ine, c'est pour cela qu'il en a faussé tous les principes. Il n'était qu'un être imparfait, rudimcntaire, incapable de chercher la vérité que de grossières erreurs lui dérobaient sans oestie. Quand il forma une organisation sociale, ce fut an milieu dos dangers ; tout était un ennemi pour lui, la guerre et le carnage régnaient partout; il ne trouva d'autre remède que la mort, d'autre expiation que par le sang. Quand de grands erimes étaient commis, quand de grands malheurs frappaient on peuple, on prenait l'innocent et le faible, et on le saorifiait aux dieux vengeurs. Mais à mesure qu'augmentait le nombre des sacrifices, l'esprit des peuples s'obscurcissait, et leur cœur devenait insensible.
On a fait l'histoire des siècles d'oppression et de barbarie ; reste à écrire colle des temps civilisés. Dans cette histoire encore à faire, j'en atteste l'humanité et la raison, on ne verra pas 0( mot affreux" La Tvevnft à<i m^tVi."'