SOMMAIRE DU DEUXIÈME LIVRE, §§ 169-192. XI
France, des passes d'armes mettent en présence à Château- Josselin des chevaliers des deux nations, entre autres le Galois d'Aunoi' et Guillaume Clynton''^, Lionnel d'Airaines'' et Guillaume Frank-*. P. 32 à 34, 307, 308.
Les joutes se continuent à Vannes, en présence du comte de Buckingham et des principaux chefs anglais^. P. 34, 35, 308.
Joute des seigneurs de Pouzauges et de Vertaing; le seigneur de Pouzauges est blessé. Joute de Jean d'Aubrecicourt et de Tristan de la Jaille. Joute du bâtard de Clarens* et d'Edouard de Beauchamp'^, remplacé par Janekin Stonckel. P. 35 à 37, 308, 309.
1. Voy. sur Robert d'Aunoi, dit le Galois, que Kervyn confond avec son pkve Philippe, la notice détaillée de M. II. Moianvillé dans le Son^e î'crjlaMe, p. 93-96 (Extrait des Mémoires de la Soc. de l'Hisl. de Paris, t. XVII).
2. La Chronique du bon duc Loijs fait mourir ce n banncret » anglais sous les murs de Nantes. Il est probable (lu'cUc commet une erreur, car en avril 1.399, nous voyons un Guillaume Clyjilon accoinpagnaut le roi Richard en Irlande et intervenant, en 1406, à l'acte réglant la succession du roi Henri IV (Rymer, t. VIII, p. 78 et '163).
3. Peu de terajis auparavant, le 1" octobre 1380, Lionnel d'Airaines assistait à une revue à Ardres [Bibl. nal., Clair, vol. 5, n" 238).
4. Ce chevalier anglais est sans doute le même que Jean Franc, que la Chronique du bon duc Loys fait mourir à tort dans une escarmouche du siège de Nantes, puisque nous le retrouvons plus tard en Barbarie en 1390. Le témoignage de Cabaret est du reste ici comme ailleurs assez sujet à caution, car parmi les chevaliers anglais tués en même temps que Franc, il cite Thomas Trivet, qui ne mourut qu'en 1388 d'une chute de cheval (Froissart. éd. Kervjn, t. .\11, p. 251-252).
5. La Chronique du bon duc Loijs |>arle longuement de ces joutes de Vannes, où devaient primitivement ligurer quinze hommes d'armes de l'hôtel du duc de Bourbon contre (piinzc Anglais (p. 127-128) et combattre à outrance. Les chamiiions, réduits à cinq de chaque coté, par suite de la fatigue des chevaliers anglais (p. 130), ne portent pas tout à fait les mêmes noms que dans Froissart. Ce sont, du jiarti anglais : Wautier Cloppeton, Edouard de Beauchamp, Thomas de Hennefort, Brisselal et Jean de Traro; du parti français ; Jean de Châleaumorand, le Barrois, le bâtard de Glarains, le vicomte d'Aunai et Tristan de la Jaille.
6. De la maison du duc de Bourbon, le bâtard de Clarens se trouvait en Bretagne, après avoir fait la campagne d'Auvergne, en 1375, et accompagné B. du Guesclin en Bourbonnais en 1380. En 1382, il assiste à la bataille de Rosebecque et, en 1386, il fait partie des chevaliers partant porter secours à lévêque de Metz, Pierre de Luxembourg.
7. D'après la Chronique du. bon duc Loi/s (p. 131), Éd. de Beauchamp était ivre, ce qui l'empêcha de fournir sa joute. Cet écuyer fit, en 1386, la campagne d'Espagne au service du roi de Castille (Rymer, t. VII, p. 490).
Xll CHRONIQUES DE J. FROISSART.
Joute de Janekin Cloton ' et de Jean de Châteauniorand. Janekin Cloton est jugé trop faible pour lutter. P. 37, 38, 309.
Il est remplacé par Guillaume de Faringdon^, qui blesse à la cuisse Jean de Châteaumorand. P. 38, 39, 309, 310.
Tandis que les Anglais, logés à Vannes et aux environs, sans autre ravitaillement que ce qui leur vient des îles de la Manche et de Cornouailles, attendent la fin de l'hiver pour recommencer la guerre avec de nouveaux renforts, les barons bretons continuent à Paris leurs négociations en vue de la paix, désirée surtout par le duc d'Anjou qui prépare son expédition d'Italie^.
On arrive enfin à une entente : le duc de Bretagne s'engage à faire évacuer son duché par les Anglais, auxquels il fournira des navires. Ceux d'entre eux qui appartiennent à la garnison de Cherbourg seront libres de retourner par terre avec un sauf-conduit. Le duc viendra en France faire hommage au roi^. P. 39 à 42, 310, 311.
Quand les Anglais apprennent que la paix est conclue entre le roi de France et le duc de Bretagne, ils s'en montrent fort mécontents. Après de longues explications et excuses de la part du duc^, le comte de Buckingham quitte Vannes le
1. Le mèini^ sans doute que le Gautier Cloploii de la Chronique du bon duc Loys, que Rymer cite à la date de 1397 (t. VIH, \>. tfl).
2. La joule de Jean de Châteaumorand et de Ouillauine de Faiingdon eut lieu le lendemain de celle où avait ligure Janekin Clolon.
3. Grâce aussi au due de Bourgogne, allié |)ar sa femme au duc de Bretagne (Religieux de Haint- Denis, I. I, p. 60t.
4. Le traité de paix, par lecpiel le duc de Bretagne fait sa soumission au roi, est signé le 15 janvier 1381 â Vincennes. Par cet acte, le duc de Bretagne demande pardon au roi et s'engage à lui faire hommage; il promet son concours contre les ennemis du roi de France el particulièrement les Anglais: il ]iaie une indemnité de ÎOO.OOO francs (l)om Lobineau. Hisi. de Bretagne, t. II, col. (ilO el suiv.). Olivier de Clisson ralilie ce Iraité le 23 février, remettant aux mains du roi son dillerend avec le duc de Bretagne, qui, le 1 avril, à (^.uc'rande. appose son sceau au traité en présence des commissaires royaux : Jean le Fèvre, évéïpu' de Chartres, Arnaud de Corhie, premier président au Parlement, Pierre de Clievreuse, Jean le Mercier et Jean Tabary, secrétaire du roi (11. Moran\ille, l-tude sur Jean le Mercier, p. Sô). Ce n'est que le 27 septembre, à Paris, (jue le duc de Bret;igne |iréle liouunagc au roi (Doin Morice, Hist. de Bretagne, t. 1, p. 384). Charles VI n'avait pas attendu celle date ]iour accorder une rémission générale aux partisans du duc de Bretagne à Saint- Denis, le 2 mars 1381 {Arcli. nat.. JJ US. fol. 187).
5. Pour apaiser Buckingham. le duc avait, le II avril, fait dresser un
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11 avril 1381 ^ et s'embarque aussitôt : il part le soir même pour l'Angleterre, refusant une dernière entrevue que lui demande le duc. P. 42 à 44, .311.
Le connétable fait donner des sauf-conduits aux Anglais qui retournent à Cherbourg; parmi eux se trouvent les chevaliers Jean Burley, Yves Fitz-Warin, Guillaume Clynton et l'écuyer Nicolas Clilford'^. Ce dernier rencontre à Château-Josselin un écuyer du comte de la Marche, Jean Boucinel, qui l'avait défié autrefois à Valognes. Un nouveau défi a lieu, et, malgré les résistances de Clifford, le connétable, pris comme arbitre, décide que le lendemain le combat se fera. P. 44 à 47, 311, 312.
Jean Boucinel est tué par Clifford. Les Anglais, sous la conduite du Barrois des Barres, s'acheminent vers Cherbourg. P. 47 à 51, 312, 313.