‹ Chroniques (volume 2)Chapitre 19 sur 60 · Eléonore d'Aragon · texte numérisé non relu

Eléonore d'Aragon

SOMMAIRE DU DEUXIÈME LIVRE, §§ 209-227. xxi

au trône de Castille de ses deux cousines, Constance et Isabelle, filles de Pèdre le Cruel, et mariées, l'une au duc de Lancastre, l'autre au comte de Cambridge. Le roi Jean se défend avec l'aide des chevaliers français', qui sont venus se mettre à son service depuis l'entrée des Anglais en Bretagne : le Bègue de Villaines, Pierre^, son fils, Jean de Berguettes, Guillaume de Nailhac 3, Gauthier de Passac*, Bertrand de Ter-

1. Depuis son avènement au trône de Castille (30 mai 1379), Jean était resté l'allié du roi de France, avec letpiel il avait renouvelé les traités conclus par son père. Une première fois, en 1379, il envoie une flotte en aide à Charles V; une seconde fois, en 1380, ses vaisseaux entrent dans la Tamise. La guerre semble cependant suspendue pour (fuelque temps, et des fiançailles sont même décidées entre Henri, infant de Castille, et Béatrice de Portugal. Mais, tout à coup, le roi Jean, retenu à Salamanque par les obsèques de sa mère, morte le 27 mars 1381, apprend (jue le roi de Portugal s'apprête à une nouvelle lutte pour laquelle il attend d'Angleterre des troupes commandées par le comte de Cambridge. Jean renouvelle alors à Vincennes, le 22 avril 1381, par ses ambassadeurs Lopez de Ayala et Fernando Alfonso de Algana, les traités antérieurs conclus avec le roi de France (Rymer, t. VII, p. 285). Il décide de s'opposer tout d'abord à l'arrivée des renforts anglais, ce qu'il ne peut cependant faire, malgré la victoire navale que remporte son amiral, Fernao Sanchez de Toar, sur la flotte portugaise commandée par Juan Alfonso Tello, le 17 juillet 1381. Sur terre, les Portugais ne sont pas plus heureux : ils voient leurs villes ruinées par Fernando Oserez et leurs châteaux pris par le roi Jean luimême, qui manque mourir sous les murs d'Almeida (Lopez de Ayala, Cronicas, t. II, p. 125-153; Duarte Nufiez, Cronicas, t. II, p. 308-317).

2. Pierre de Villaines figure en 1388 comme écuyer dans une montre de son père, le Bègue de Villaines, avant de partir pour l'expédition de Gueldre {Bibl. nat.. Pièces orig. vol. 3001); en 1386, il est envoyé par Charles VI au secours du roi de Castille {Religieux de Saint-Denis, t. I, p. 440).

3. Guillaume, seigneur de Naillac, du Blanc et de Châteaubrun, vicomte de Bridiers, conseiller et chambellan du roi et du duc de Berri, surnommé le Preux, parait comme chevalier en 1376 {Bibl. nat.. Clair. vol. '80, n° 153), prend part en 1382 à la campagne de Flandre {Clir. du bon duc Loijs, p. 170), est créé sénéchal de Saintonge et gouverneur de la Rochelle le 16 avril 1383 (Guérin, Arch. hist. du Poitou, t. XXIV, p. 201, note 1), et nommé garde du château de TaiUebourg en 1385 {Chr. du bon duc Loy s, p. 140); le 5 février 1387, il s'engage avec Gauthier de Passac, moyennant 100,000 fr., à mener en Castille 2,000 hommes d'armes contre le duc de Lancastre (Douët d'Arcq, Choix de pièces inédites, t. I, p. 76-78); en mars 1396, il reçoit du duc de Bourgogne, à la maison durjuel il appartenait aussi, une livrée pour assistera une réception d'ambassadeurs (E. Petit, Itinéraires, p. 552).

4. Gauthier de Passac, que nous trouvons chevalier bachelier en 1372 (Bibl. nat., Pièces orig. vol. 2209), assiste, avec le duc de Bourbon, à la prise de Brive-la-Gaillarde en 1374 et de la Roche-Senadoirc en 1375

ride', Jean et Tristan de Roye, d'autres encore. Le roi de Portugal songe alors à envoyer en ambassade en Angleterre Jean- Fernandez-, pour demander au duc de Lancastre de venir à son secours avec une nombreuse armée. Jean-Fernandez s'embarque à Lisbonne et arrive à Plymouth, alors que les troupes du comte de Buckingham, venant de Bretagne, débarquaient en Angleterre après avoir essuyé une violente tempête. Buckinghara et l'ambassadeur de Portugal font route ensemble jusqu'à Londres, où est le roi. P. 86 à 89, 326, 327.

Jean-Fernandez est bien accueilli par le roi et ses oncles; il assiste aux fêtes de Saint-Georges (23 avril) à Windsor, en même temps que Robert de Namur, venu auprès du roi relever ses fiefs anglais^. Le parlement s'assemble à Westminster et décide que le comte de Cambridge ira en Portugal avec 500 lances et 500 archers, tandis que le duc de Lancaslrc par-

[Chr. du bon duc Loijs, p. 58 et 102); il est si'iiéclial do Limousin en 1376 {Bibl. nul.. Clair, vol. 83, n° 217) et conseiller du roi en 1381 (^Bibl. nat., Pièces orig. vol. 2209); en 13S2, il fait la camiiagno de Flandre, assiste à la bataille de Uosebecquc {Ckr. du bon duc Loi/s, p. 109 et 172), fait partie de l'armée de l'Écluse (p. 185) et part avec. Guillaume de Naillac (voy. la note précédente) pour l'Espagne en 13S7. Il était chambellan du roi {Bibl. nat., Clair, vol. S4, n" 3) et vivait encore en li05 {Ibid., n- 6).

1. Bertrand de Terride, fils de Bertrand de Tcrride, seigneur de Penneville et sénéchal de Bigorre (Bibl. nat.. Pièces orig. vol. 2809), était chambellan du duc d'Orléans en 1403 et chambellan du roi en 1410 {Bibl. nat., Ibid.).

2. Juan Fernandez d'Andeiro, qui devait jouer un jicu plus lard un rôle considérable comme favori de la reine Éléonore, avait été exilé en Angleterre |>ar suite du traité intervenu entre la Caslille el le Portugal. Ayant reçu du roi les pouvoirs nécessaires pour traiter avec le Portugal (Rymer, t. VII, p. 253), il était revenu secrètement auprès de Ferdinand, qui s'engageait, le 15 juillet 1380, à payer un prix raisonnable pour trois mois les 1,000 hommes d'armes el les 1,000 archers que lui amènerait le comte de Cambridge; il promettait de plus de marier sa fille Béatrice au lils du comte (Rymer, I. VII, p. 203), qui devait succéder à son beau-iière sur le Iroiie de Portugal. Le 14 mai 1381 a lieu à Westminster le renouvellement de l'alliance entre l'Angleterre et le Portugal (Rymer, t. VII, p. 307).

3. En 1340, lors du siège de Calais, Robert de Namur avait reçu du roi d'Angleterre « trois cens livres à l'estrelin, i|ui valent dix huit cent « frans de Franche... Adonc fist bommaige le dit conte au roy d'Engle- « lerre » (Froissart, t. IV, ]>. 200). Le 12 mai 1370, il reçut du roi, pour hommage, la conlirmation d'une pension annuelle de 1,200 llorins (Rymer, I. Vil, p. 102-103).

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