SOMMAIRE DU DEUXIÈME LIVRE, §§ 228-234. XM
Gauthier d'Enghien se garde de manquer à l'appel et, durant le siège de Gand, il se distingue dans maintes escarmouches, lui et ses chevaliers de Ilainaul. C'est ainsi qu'un dimanche de juin, il prend et brûle la ville de Grammont, y tue plus de 500 hommes, et vient recevoir les félicitations du comte sous les nmrs de Gand*. P. 141, 142, 346.
Un mois après, un jeudi, accompagné de plusieurs chevaliers, il est surpris par une embuscade de Gantois et massacré^. Avec lui sont tués le seigneur de Montigni, son fidèle compagnon, le bâtard d'Enghien, son frère, et Gilles du Trisson. Blessé grièvement, Michel de la Hamaide, cousin de Gauthier d'Enghien, n'est sauvé que grâce à Hustin du Lai. Le corps du seigneur d'Enghien est rendu par les Gantois contre paiement de 1,000 francs : on l'enterre à Eughien-*. P. 142 à 145, 346, 347.
Désespéré de la mort de Gauthier d'Enghien, le comte lève le siège de Gand et s'en retourne à Bruges, après avoir établi des garnisons dans les villes voisines. Il ne peut obtenir des Liégeois qu'ils renoncent à ravitailler les Gantois; il est plus heureux auprès du duc de Brabant. Le duc Aubert transmet ses ordres à son bailli de Hainaut, Simon de Lalaing'', qui les fait exécuter en Ilainaul, mais non en Hollande et en Zélande*".
1. Ce nouveau siège «le Gand commença dans les premiers jours de juillet 1381 et le sac. de Graiiiniont, (fui le précède, doit sans doute tHre daté du 30 juin, dimanche suivant la Saint-Jean (/s(. et chr., t. Il, p. 245). D'après certaines chroniques le siège ne dura guère que trois semaines; d'après d'autres, le comte le leva vers le 1°' octobre.
2. La date de la mort de Gauthier d'Enghien, qui varie suivant les chroniques, est fixée vraisemblablement |>ar Meyer au jeudi 18 juillet 1381.
3. Gauthier d'Enghien fut enterré, non pas à Enghien, mais dans une chartreuse près de Bruges, en octobre 13S1. Il fut payé pour ses obsèques à 0 sire François, l'aumônier et capellain Monseigneur, » la somme de 60 livres {Arch. du Nord, pièce citée i)ar Le Glay, Clir. rimée, p. 102).
4. Voy. une généalogie de la maison de Lalaing dans les Pièces originales (le la Bibl. nat., vol. 1622.
5. La levée du siège de Gand fut pour les habitants de cette ville le commencement d'une période de troubles et d'anarchie. Pour bien accentuer leur séparation complète du reste de la Flandre, les Gantois se déclarèrent urbanistes et nommèrent un évéque de cette opinion (voy. plus loin, [I. Lxxn; Isl. elcfir., t. II, p. 175); et, sous la conduite de Gilles le Foulon, ils se livrèrent au pillage de la campagne environnante; mais, harcelés sans cesse par les garnisons voisines, ravitaillés imparfaitement par leurs amis de Hollande et du Liégeois, pressés par le duc Aubert de
Cependant, des conférences s'ouvrent à Haerlebeke, où le comte et les villes de Flandre envoient des représentants', comme aussi les pays de Brabant, de Hainaut et de Liège. Les Gantois sont au nombre de douze, parmi eux Gilbert de Grutere^ et Simon Bette. La paix, désirée par tous les gens paisibles, est décidée sous certaines conditions; et les Gantois rentrent dans leur ville. Gilbert de Grutere et Simon Bette annoncent à leurs amis que bientôt la paix sera signée, joyeuse pour les honnêtes gens, mais funeste pour les mauvais citoyens. P. 145 à 147, 347, 348.
Informé de ce qui se passe et voyant dans les paroles de Gilbert de Grutere et de Simon Bette une menace pour lui, Pierre du Bois, d'accord avec Philippe d'Artevelde, convoque ses gens pout le jour oîi le traité doit être rendu public dans la halle de Gand. P. 147 à 149, 348, 349.
Le jour dit, à neuf heures du matin, les échevins et les notables de la ville se réunissent pour entendre ceux d'entre eux qui sont allés à Haerlebeke. Gilbert de Grutere et Simon Bette prennent la parole et expliquent comment, grâce à l'intervention des ducs de Brabant et de Bavière, le comte consent à la paix, sous la condition que dans les quinze jours on lui livre 200 otages, qu'il désignera lui-même, pour aller à Lille se mettre à sa merci. Pierre du Bois se montre alors et reproche à Gilbert Grutere d'avoir trahi la ville en disposant ainsi de la vie de 200 de ses concitoyens : tirant sa dague, il le frappe à mort; Philippe d'Artevelde poignarde de son côté
faire la paix, ils s'y seraient résolus dès septembre 1381, si les exigences du comte, qui ne cherchait qu'à différer, n'avaient pas été si grandes (Meyer, fol. 179 v). Après de nouvelles hostilités et malgré les résistances du parti révolutionnaire, les conférences de Haerlebeke eurent lieu du 30 septembre au 2 octobre et du 5 au 7 octobre 1381 [Rekeningen, p. 272- 273). Elles avaient été précédées d'autres conférences tenues A Oedelcm, près de Bruges, le 8 juin, et du 13 au 20 août (Ibid., ]>. 186 et 271).
1. Les représentants du comte aux conférences de Haerlebeke furent messire de la Gruthuse, Josse de Halewin, messire Jean de Halewin, maitre Pierre de la Zeppe, le receveur et Gilles le Souton, « envoyés par « deux fois ou mois d'octobre l'an llll-vx et I à Haerlebeke pour tenir « journée contre chiaus de Gand, » Les frais de cette ambassade montèrent à 142 livres, 13 sous, d'après un compte des archives de Lille, cité par Le Glay {Chr. rimée, p. 102).
2. Gilbert de Grutere n'assista qu'aux dernières conférences, du 5 au 7 octobre (Rekeningen, p. 272).
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Simon Bette. Une émeute semble poindre; elle se calme bientôt, tandis que le comte, apprenant à Bruges ces deux meurtres, jure de se venger'. P. 149 à 151, 349, 350.
Les Gantois pleurent tout bas ces deux victimes, mais ils sont terrorisés^ et continuent à souffrir de la guerre, exposés à être faits prisonniers par les garnisons qui les guettent, et ne recevant plus de vivres ni du Brabant ni du Hainaut. P. 151, 152, 350.