‹ Chroniques (volume 2)Chapitre 29 sur 60 · CHAPITRE XV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XV

1382, 24 février, révolte a kouen. — 1"^'' mars, émeute des MÀiLLOTiNS. — Ik janvier, mariage du roi richard ii et d'anne

DE BOHÊME. 22 février, le duc d'aNJOU arrive a AVIGNON.

13 Juin. IL jart pour l'italie. — 14 octobre, il pénètre sur le territoire napolitain. — Mai-Juin, chevauchée des anglais EN estramadure. — Aoitt. commencement des pourparlers de PAIX entre le PORTUGAL ET LA cASTiLLE. — Octobre, départ du comte de CAMBRIDGE (§§ 234^ à 262).

Les Parisiens, eux aussi, s'insurgent à la même époque contre le roi, qui veut rétablir les aides et autres impôts dont la suppression, accordée par feu Charles V, avait été confirmée lors du couronnement à Reiras ''.

1. D'après le Memorie Boek de Gand, cité par Kervyn (t. IX, p. 566), un mouvement populaire se produisit le 26 janvier 1382. Simon Bette, premier échevin de la Keure, ne périt que le jeudi 30.

2. Maître de la ville, Philii)pe dArtevelde édicté de nouvelles lois et fait nommer quatre tribuns ; Pierre du Bois, Jacques le Riche, doyen des tisserands, Jean de Heyst et Rasse Vande Voorde (Meyer, fol. 180 v°). Voy. Kervyn, t. IX, p. 566-567.

3. Ce paragraphe ne commence dans ce chapitre qu'à la ligne 13 de la page 152.

4. La suppression des aides accordée à Paris le 15 novembre 1380 (voy. plus haut, p. v, note 2) avait été accueillie avec joie. La fin du règne de Charles V fut en effet marquée par une augmentation sensible des impôts, dont on soutfrit vivement : « Dyableraent y ait part, » disait en parlant du feu roi un homme du peuple, « quant il a vescu si longue- « ment, car il nous feust mieulx, s'il feust mort passé a .x. ans! » [Arch. nat., JJ 136, fol. 13 v). « Maudite soit l'heure (jue il fu onques nez ne <i sacrez! » disait un autre {Ibid., JJ 144, fol. 169 v°). Aussi, quand le 4 mars 1381 « ont esté mandé à Paris les gens des trois estas de la Lan-

XLiv CHRONIQUES DE J. FROISSART.

Le roi et son conseil sont forcés de se réfugier à Meaux ' ; le peuple de Paris prend les armes ^, massacre les collecteurs, ouvre les portes des prisons^, pille les maisons '' et délivre Hugues Aubriot ^, ancien prévôt du Châtelet, condamné à la

« guedouyl et a esté assemblée à Paris pour avoir ayde pour le fait de la « guerre » {Ibid., Xla 1471, fol. 443), les États refusèrent l'aide. De m^me à Compiègne et à Sentis. Le roi dut se contenter d'une taille accordée à Paris et dans le diocè.se de Sens et de subsides du clergé obtenus par le pape en septembre 1381. Apn^'s un accord fait avec le prévôt des marclxands et les bourgeois de Paris en janvier, il est décidé qu'au 1°' mars prochain un impôt sera perçu sur le vin et sur le sel et 8 deniers (12, d'après d'autres chroniques) par livre de toute marchandise [Chronographla, t. 111, p. 3-8). L'ordonnance est publiée au mois de janvier à hui.sclos au Châtelet; on aftérme les impôts, et le dernier jour de février on a recours à une ruse pour l'annoncer au peuple (Religieux de Saint- Denis, t. I, p. 134).

1. Les détails donnés par Froissart sur la révolte des Maillotins sont assez confus et incomiilels: ils doivent être rectifiés et complétés par d'autres cbronii|ucs, principalement par la Chronographia regum francorum, p. p. M. H. Moranvillé. Lorsque, le 1°' mars 1382, la révolte éclata au sujet du recouvrement de l'impôt, la cour, forcée de fuir à la hâte, se réfugia non pas à Meaux, mais à Vincennes (Œuvres d'Eustache Deschamps, t. III, p. 139), où était le roi, qui n'alla à Meaux qu'en avril, après la répression de l'émeute de Rouen (Petit, Séjours de Charles VI, p. 13).

2. Le iieu|ile s'empare à l'hôtel de ville de douze mille maillets de plomb, que Hugues Aubriol avait autrefois fait faire en prévision d'une guerre (Chronographia. t. III, p. 23); les insurgés, au nombre de 4,000, se rassemblent sur la jilaee de Grève.

3. L'émeute avait des partisans, même ])armi les sergents du guet : l'un d'eux, Jean Évrarf, « fut un des principaulx rompcurs et briseurs (( de noz prisons du Chastellet » (Arch. nal., JJ 138, p. 123).

4. Les Maillotins tuent plusieurs gens de justice (Chronographia, t. III, p. 23-24), portent le pillage n à Montmartre, à Sainte Katherine, à « Saint Éloy et en l'ostel » du duc d'Anjou (Arch. nat., JJ 136, fol. 1 \°). Le peuple profite du désordre pour tuer et piller de nouveau. Les Juifs ne sont pas épargnés à Paris (tbid.. JJ 122, fol. 55, et JJ 13fi. fol. 114), non plus qu'à Mantes (Ibid., JJ 122, fol. 96 v°) n et en aucunes autres « villes » (Ibid., JJ 136, fol. 113) : on les tue, on les robe « de toutes « leurs chevances tant d'or, d'argent, de jojaux et autres meubles, comme « de leurs lettres et obligations en quoy leurs debteurs estoient lenuz à Il eux 1) (Ibid.).

5. Bourguignon d'origine, Hugues Aubriot intervient en 1360 (Froissart, t. V, p. i.xvii, note 2) avec six autres bourgeois au traité par lequel le roi d'Angleterre s'engage A respecter la Bourgogne, moyennant une somme garantie par les dits bourgeois. Bailli de Dijon en 1362 (Moranvillé, Étude sur Jean le Mercier, p. 85, note 2), il l'est encore en 1366 (Petit, Itinéraires, p. 469). Charles V le fait alors venir auprès de lui. Prévôt de Paris en 1367, il embellit et assainit la ville, mais indispose

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