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prison pour ses niélaits dignes du feu : il se hâte de fuir en Bourgogne.
Efl'rayé de cette émeute, le roi se décide à envoyer aux Parisiens le sire de Couci^ pour traiter avec eux. P. 152, 153,
Sans autre suite que sa domesticité ordinaire, le sire de Couci se rend à Paris, descend à son hôtel et entre en négociations avec les chefs des émeutiers. En échange de la suppression des aides, ceux-ci s'engagent à payer chaque semaine à un receveur spécial du roi la somme de 10,000 francs, destinée uniquement à la solde des gens d'armes. Le roi, espérant mieux de l'avenir, accepte ce marché, mais reste éloigné de Paris 2. P. 153 à 155, 350, 351.
contre lui les clercs de l'Université par ses règlements de police. Il est créé chevalier par le roi et devient maître des comptes en 1378 {Arch. nat., P 2295, fol. 529). Aux obsè(nies de Charles V, il entre en lutte ouverte avec l'Université {Chr. des Quatre Valois, p. 288); accusé d'hérésie, de liaison avec des Juives et d'autres crimes encore (Religieux de Sainl-Denis, t. I, p. 102-104), il est arrêté, obligé de désavouer ses erreurs {Chronographia, t. III, p. 5) le 17 mai 1381 et condamné à la prison perpétuelle. Délivré le 1" mars 1382 par les Maillotins, qui veulent en faire leur chef, il s'enfuit d'abord en I5ourgogne, puis à Sommières en Languedoc, où le jiape lui assigne résidence (voy. la notice de Le Roux de Lincy, Bibl. de VÉc. des chartes, t. XXIII, p. 173-213, et Isl. et chr. de Flandre, t. II, p. 255-256). D'après les Grandes Chroniques (t. VI, p. 475), il « deinoura toujours |irevost de Paris » jusqu'à sa condamnation. Une cpiillance [Bibl. nul., Clair, vol. 7, n" 139) en date du 9 novembre 1375 nous ap|>rend quels étaient les gages d'Aubriol, qui, pour le terTne de la Toussaint, reçoit 150 livres, 2 .sols cl 7 deniers.
1. L'intervention d'Enguerran de Couci eut lieu deux fois : d'abord le 1" mars 13S2, et plus tard au mois d'avril, ai)rés la répression de l'émeute de Rouen. Froissart supprime tous les faits qui se sont passés entre ces deux dates. Le 1" mars 1382, à la première nouvelle de la révolte, le roi envoie le duc de Bourgogne et le sire de Couci pour apaiser le peuple. Sur le refus du roi de supprimer les impots, les troubles continuent : on ouvre les prisons du Chàtelet, dont on incendie les papiers, de Sainte-Geneviève et de Saint-Germain. L'émeute dure jusqu'au 4 mars. Après des pourparlers assez longs, le roi linit par obtenir des bourgeois, terrorisés par le peuple et les troupes menaçantes du duc d'Anjou , la punition des coupables. Dans la nuit du 10 au 11, on arrc''te un grand nombre de Maillotins qui, du 12 au 15, sont décollés ou pendus, à l'indignation croissante des Parisiens. La paix semble rétablie, sans (juc le roi ait obtenu de subsides : il part pour Rouen {Chronographia, t. III, p. 24-30).
2. Après son départ de Rouen, le roi s'arrête à Compiègne, où il convoque vers le milieu d'avril {Religieux de Saint-Denis, t. I, p. 148) les
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Même insurrection à Rouen au sujet des aides ; meurtres du châtelain et des collecteurs. Craignant que l'exemple ne soit contagieux pour les autres villes, le roi arrive à Rouen, apaise la révolte et obtient pour chaque semaine une somme qui sera payée à un receveur spécial'. P. 155, i56, 351.
Désireux de conquérir le royaume, dont le pape Clément l'a déclaré héritier, le duc d'Anjou prépare sa campagne d'Italie^.
trois États de la province de Reims, tpii ne lui accordent pas entièrement ce qu'il désire [Chronographia, t. III, p. 32). Il demande alors aux Parisiens sur quelle aide il peut compter de leur part. Le sire de Couci part de Meaux, où est le roi (ÎO avril), pour chercher une réponse. Paris ofTre 12,000 francs pour les besoins personnels du roi. Le 18 mai, une conférence a lieu à Saint-Denis entre les représentants du roi, à la tête desquels se trouve le président au Parlement Arnaud de Corbie, et ceux de la ville , dirigés par l'avocat Jean Desmarès. Moyennant une amnistie générale remontant au l"' mars et la renonciation à toute aide, la ville accorde au roi une taille de 80,000 francs (le Religieux de Saint-Denis dit 100,000), dont 12,000 pour le roi et 8,000 pour les réparations de la ville; les 60,000 autres, destinés à la solde des gens de guerre, doivent rester entre les mains d'un receveur spécial [Chronographia, t. III, p. 3C-37). « Et par ce furent pour lors paix et accort entre le roi et eulx « \chr. des Quatre Valois, p. 302). Le roi, mécontent de cette solution, ne fit son entrée à Paris que le 1" juin et se hâta d'aller ensuite à Maubuisson (p. 303).
1. L'émeute de Rouen ]irécéda celle de Paris et commença le lundi 24 février, jour de la Saint-Mathias, n pour ce que le roy et son conseil <( revoudrent avoir toutes les aides conime devant » {Chronique de Pierre Cochon, p. 163), et dura trois jours, pendant lesquels il y eut b infractions (c de prisons, maisons rompues, murtres, larrecins, monopoles, conspira- « cions, assemblées, sons de cloches, portes fermées, pors d'armes, crimes (( de lèse majesté, infractions de sauvegarde, sacrilèges et infractions «d'églises et lieux saints, et autres maulx et inconveniens » [Arch. nat., JJ 122, fol. 56 v°). Les Uouennais, ayant à leur tête un drapier du nom de Jean le Cras (Religieux de Saint-Denis, t. 1, p. 130), obtiennent par la force du chapitre de Notre-Dame et des religieux de Saint-Ouen le renoncement à leurs droits (Ibiil., p. 164-165; Chr. des Quatre Valois, p. 298), ]iuis envoient demander au roi dos lettres de rémission. Le roi part de Vinconnes le 17 mars et séjourne à Pont-de-l Arche du 23 au 27 (Petit, Séjours de Cli. VI, p. 13). Avant de faire une entrée triomphale à Rouen, il fait mettre à mort les plus compromis des émeutiers et déposer toutes les armes au château, puis, proclamant son pardon, il entre dans la ville le samedi 29, veille des Rameaux, et y reste jusqu'au 6 avril, jour de Pâques. Le maire de la ville est suspendu et sa mairie mise entre les mains du bailli de Rouen [Chr. de Pierre Cochon, p. 166). « Le roy B estant à Rouen, fut par les barons et prêtas et bourgois de Normendie 0 acordée l'imposicion eu cas que les autres provinces du royaume de « France l'acorderoient » (Chr. des Quatre Valois, p. 301).
2. Les hésitations du duc d'Anjou furent grandes avant de se décider à
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Ne négligeant rien pour se faire bienvenir des Parisiens, dont il espère obtenir des subsides, il s'entend avec le duc de Savoie', qui, moyennant 500,000 florins, lui fournira mille lances pour un an. Le duc, de son côté, engage à sa solde 9,000 hommes d'armes^ et s'occupe de tous les préparatifs nécessaires à un long voyage. P. 156, 157, 351, 352.
Pendant que le comte de Cambridge et ses gens se reposent à Lisbonne, on célèbre le mariage de Jean ', fils du comte de Cambridge, et de Béatrice, fille du roi de Portugal, tous deux
aller en Italie. Malgré la prise d'Arezzo par Charles de la Paix, que le pape Urbain avait reconnu roi de Sicile, malgré les appels de la reine Jeanne {4 juin 13S1), qui lui pronieltait de le faire couronner roi dès son arrivée en Italie {Bibl. nat., coll. Dupuy 845, 2° partie, fol. 26), malgré l'entrée à Rome (8 juin) de Charles, qui se fait couronner ]iar Urbain et s'empare de Naples (16 juillet) , le duc attend toujours, n illam guerram (( arripere trepidans » [Chronographia, t. III, p. 15 et 20). Dans un conseil du roi tenu à Créci les 26-28 juillet {Journal de Jean le Fèvre, p. p. H. Moranvillé, t. I, p. 8), il avait été alloué au duc 60,000 francs sur les aides; le roi lui donnait de plus 50,000 francs en pièces d'argenterie, n subsides auxquels il convient de joindre 32,000 francs que Louis s'était a appropriés à la mort de son frère » (Valois, La France et le grand schisme d'Occident, t. II, p. 14-15). Décidé pour le moment à envoyer des secours pécuniaires à la reine Jeanne {Journal de Jean le Fèvre, t. I, p. 9-10), il apprend le 25 septembre qu'assiégée dans Castel Nuovo, elle s'est rendue à Charles de la Paix après la défaite de son mari, Othon de Brunswick; tout le pays, devenu urbaniste, s'est soumis au nouveau roi (Valois, La France et le grand schisme, t. II, p. 11-12) Le duc semble renoncer à ses ])rojets définitivement; mais, à la fin d'octobre, il cherche à se renseigner auprès du pape sur les dispositions des Provençaux à son égard; enfin, le 8 janvier 1383, il s'engage à risquer l'entreprise malgré tout et envoie à Avignon son chancelier Jean le Fèvre {Journal de Jean le Fèvre, t. I, p. 11-14).
1. Avant de partir pour l'Italie, le duc d'Anjou avait essayé, mais en vain, de contracter une alliance avec les Bolonais, les Florentins et les Génois. Ses ambassadeurs avaient été plus heureux avec les Visconti de Milan. Un projet de mariage avait été ébauché entre Louis, fils aîné du duc d'Anjou, et une des filles de Bernaho. Ce dernier s'engageait à i)ayer pendant six mois la solde de 2,000 lances, commandées par un de ses fils. Même réussite auprès d'Amédée, comie de Savoie, auquel le duc abandonnait sur son futur royaume le Piémont et quelques villes. Le comte, en échange, suivait le duc en Italie avec 1,200 lances (Valois, La France et le grand schisme, t. II, \i. 29-35).
2. La majeure jiartie des troupes recrutées par le duc d'Anjou se composait des (( gens d'armes de Berfram du Guesclin, qui encore se tenoyent « ensemble » {Ist. et ch. de Flandre, t. II, p. 173).
3. Les fiançailles d'Edouard, et non de Jean, fils du comte de Cambridge, avec la princesse Béatrice, furent solennellement célébrées. Cou-
XLViii CHRONIQUES DE J. FROISSART.
âgés de dix ans ou à peu près. Les enfants sont couchés nus dans le même lit.
Après les fêtes du mariage ' , le roi assigne comme garnison au comte de Cambridge et à ses gens la ville d'Estreraoz^; aux chevaliers anglais et gascons Villa Viçosa^, leur recommandant de ne faire aucune chevauchée sans sa permission. Pendant ce temps, le roi de Castille ', séjournant à Séville, fait venir des renforts de France. P. 157 à 159, 352.
Désireux de ne pas rester inactifs dans leur garnison de Villa Viçosa, le Chanoine de Robersart et les autres chevaliers gascons et anglais'* envoient un des leurs, Jean de Sandwich, demander au roi l'autorisation de faire une chevauchée en pays ennemi. Refus du roi. Les chevaliers décident d'agir quand même, et, avec 400 hommes d'armes et 400 archers, ils partent un jour, sous les ordres du Chanoine, pour aller assiéger le château de Higuera^, défendu par les frères Pierre et Barthélemi Gouse''. P. 159 à 161, .'552, 353.
chés dans le même lit, suivant la coutume anglaise, ils furent bénis par l'évéque de Lisbonne et reçurent le serment de lidolilé des nobles de Portugal (D. Nuiiez, Cronicas, t. II, ]). 321).
1. Les troupes anglaises se livrèrent à Lisbonne à des excès et à des désordres sans nombre; se conduisant en hommes qui viendraient, non pas défendre le pajs, mais le ruiner, ils i)illaient les villes el violaient les femmes (F. Lopes, dans la Collecûo de libros ineditos de José Correa de Serra, t. IV, p. 41.3). Le roi de Portugal chercha alors à les éloigner; il aurait voulu les voir s'établir sur les rives de la Guadiana, à la frontière même; mais ils restèrent à Villa Viçosa, où ils continuèrent à exaspérer les populalions, qui ne pouvaient se venger d'eux qu'en cachette (D. Nunez, t. II, p. 3-23-3'24).